Article N°4

Qu’est-ce que la psychogénéalogie  ? « Une histoire d’amour », répond la psychothérapeute Ananda Meyers. Chacun donne en fonction de ce qu’il a reçu et reproduit les relations émotionnelles de son enfance. Au lieu de faire d’éternels reproches à nos parents, nous pouvons choisir d’évoluer et de nous faire justice en nous apportant à nous-mêmes ce qu’ils n’ont pu nous donner. Un chemin de libération.

Nous, êtres humains, sommes primordialement des êtres d’amour. Sans amour, nous dépérissons. De tristes constatations ont d’aileurs été faites dans des orphelinats : les enfants « manipulés » techniquement sans chaleur aucune présentaient tous des retards de développement ; les enfants cajolés grandissaient normalement. La grande question que chacun peut se poser est donc : « ai-je ou non été aimé  ? » .La seconde est : « qu’est-ce qu’un amour véritable  ? »

Très souvent, nous ne recevons pas, de nos parents ou conjoints, l’amour espéré et concluons que ces personnes ne nous aiment pas, alors qu’elles prétendent le contraire. Qui donc a raison  ?

Quatre formes d’amour

Il est important de comprendre que l’être humain est constitué de quatre aspects : le corporel, l’émotionnel, le sexuel et l’intellectuel.
Qui peut prétendre être parfaitement épanoui dans l’ensemble de ces domaines ? Ces éléments vont déterminer quatre types d’amour :
• L’amour de type matériel qui pourvoit à la sécurité, la santé, le confort, la réussite professionnelle et sociale, le bien-être, …. Dans les généalogies où ce type d’amour prédomine, toute l’énergie est consacrée au travail. L’émotionnel et le sexuel meurent de soif. L’intellect, parfois, y trouve son compte.
• L’amour de type émotionnel est un gouffre incommensurable, source de souffrances analogues. Le cœur de la majorité d’entre nous est resté enfantin. L’amour alors est demande, besoin, dépendance, manque vis-à-vis des parents, du conjoint, des enfants. Nous répétons, toute notre vie, les relations émotionnelles vécues avec nos parents. Ceci est valable pour nos ancêtres aussi.

Le cœur est notre talon d’Achille. C’est par lui que l’être se déséquilibre le plus aisément.Comment s’aimer vraiment et aimer l’autre inconditionnellement si, dès le départ, on a reçu un amour limité ? L’adulte émotionnel est une des denrées les plus rares de ce monde.C’est un véritable travail d’évolution que nous avons tous à faire.
• L’amour de type sexuel, lorsqu’il est dévié, va conduire aux grands drames de l’inceste, des attouchements mais aussi du viol conjugal.
Il est essentiel de comprendre que personne ne viole s’il n’a pas été lui-même violé, et donc d’aller jusqu’à la source du problème pour, enfin, en libérer la généalogie et retrouver la paix intérieure.
• L’amour de type intellectuel met toute l’énergie dans la quête des diplômes et connaissances. L’investissement des parents par rapport aux études y est énorme.
Ce sont des arbres froids où l’émotionnel se meurt.

Ne dit-on pas que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». Enfant, nous recevons un ou deux de ces types d’amour, jamais les quatre à la fois,sains, épanouis, harmonisés l’un par l’autre : c’est la cinquième forme d’amour, l’Amour complet, qui commencerait à nous combler.
Il nous faudra cependant aller plus loin encore, vers l’amour universel, et ensuite l’amour sacré, couronnement d’un travail sur la psychogénéalogie où enfin le cœur est devenu adulte et sans demande.

Liberté illusoire

Ces quatre formes d’amour, et tous les drames et souffrances qui leur sont liés, vont se transmettre de génération en génération : on ne donne – si on ne se remet pas en question – que ce que l’on a reçu ( même si on s’est juré le contraire ).
Tout stress non résolu va être représenté à un descendant jusqu’à solution du problème. C’est de la sorte que nous héritons de la vie de nos ancêtres. Notre liberté est un leurre : nous ne faisons que copier nos ascendants.
Pour devenir un être libre et conscient, vous ne pourrez faire l’économie de l’étude de votre psychogénéalogie et de votre inconscient.

Différents thèmes sont à explorer, en fonction de l’histoire personnelle de chacun : les noms de famille, les prénoms, les accouchements, les projections, les rivaux ( fratrie, grands-parents, nouveau conjoint, …. ), l’inceste, l’homosexualité, les légendes et secrets, les relations « bourreau/victime », les partis pris ( enfant qui entre dans le clan d’un parent ), les suicides, les accidents, la ou les « vedette( s ) » de l’arbre, les mésalliances, les maladies ainsi que les méandres des relations familiales à travers abandon, séparation, communication malade et rivalités dans la fratrie.Il nous faudra comprendre que si nous sommes « programmés » par notre histoire généalogique, il en est de même pour nos ancêtres et nos enfants. Le hasard n’existe pas. Nous allons attirer dans nos vies les personnes qui correspondent à nos thèmes : si nous avons besoin d’être une « victime », nous tomberons sous le charme d’un « bourreau », si nous avons besoin de faire faillite, nous rencontrerons ceux qui vont nous y aider, . Au moins 50% de responsabilité nous reviennent dans tous les événements de notre vie.
Notre inconscient provoque malheurs et problèmes pour nous éveiller car nous sommes venus sur terre pour grandir en conscience, évoluer, guérir notre généalogie et, de la sorte, libérer nos enfants.
Le chemin de la liberté, de la joie et de l’amour inconditionnel passe

• par la quête des informations et l’étude de la psychogénéalogie avec une personne compétente ( nous sommes aveugles pour nous-même )
• par l’empathie vis-à-vis de ceux qui nous ont fait souffrir et l’acceptation de notre responsabilité personnelle dans tous les faits de notre existence : il n’y à rien à pardonner, ils sont venus aux rendez-vous que nous leur avons fixés dans l’invisible. Comme nous, ils ont souffert, comme nous, ils ont fait de leur mieux, même si c’était les plus grosses erreurs du monde.
• par le deuil de recevoir de nos parents l’amour dont nous rêvions: impossible s’ils ne font pas un travail d’évolution
• par le développement d’un authentique amour/estime/respect de soi, source de l’amour/détachement
• et, la paix intérieure retrouvée, par la gratitude pour le don sacré de la Vie que nos parents et ancêtres nous ont transmise.

Oui, la psychogénéalogie est une histoire d’amour  !

Par Ananda Meyers

Thérapeute holistique en Belgique, créatrice du Spine-Up Yoga et praticienne en diverses disciplines et massages énergétiques, Ananda Meyers a été formée au tarot psychologique et à la psychogénéalogie par Alejandro Jodorowski, et à la Biologie Totale par Claude Sabbah. Elle est l’auteure du livre « Sacrés parents, Parents sacrés », publié à compte d’auteur. Info : www.beaming.be

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