Le mois dernier, dans mon article intitulé « Décoder le sens des maladies suffit-il pour guérir ? », je soulignais la dérive dangereuse qu’avait prise le courant du décodage biologique. Car, comme je le montrais en me fondant sur les propos de Carl Gustav Jung, la prise de conscience du sens de nos maladies ne suffira presque jamais à déclencher un processus de guérison…

À la compréhension doivent s’ajouter deux autres dimensions : l’action efficace et la persévérance. Dans les deux prochains numéros, je me pencherai sur ces fameux actes nécessaires pour guérir et sur les caractéristiques qui les rendent efficaces ou non.
Posons-nous donc une première question : quelle finalité l’acte doit-il poursuivre pour favoriser une guérison ? Comme je l’ai démontré dans mon livre « Prenez soin de vous, n’attendez pas que les autres le fassent », ainsi que dans le DVD du même titre, la maladie survient toujours lorsqu’un ou plusieurs de nos besoins sont en déséquilibre ou ne sont pas satisfaits. Qu’il s’agisse de besoins physiologiques, psychologiques ou spirituels, lorsque ceux-ci sont en carence ou en excès, tôt ou tard, la pathologie s’installe.
Pour guérir, il est donc nécessaire que les besoins retournent à une situation d’équilibre. Mais comment ? En théorie, c’est très simple. Il « suffit » de poser des actes concrets et adaptés. Car un besoin, quelle que soit sa nature, c’est du concret. C’est même vital. Et quand nos besoins ne sont plus satisfaits, c’est notre survie qui est en jeu. Que nous manquions de nourriture, d’eau ou d’air, pour ne pas périr, il est impératif d’agir. Que nous perdions notre territoire de chasse ou de reproduction, pour ne pas disparaître, nous devrons nous battre pour reconquérir ce qui a été perdu, nous soumettre au dominant ou changer de région. Que nous soyons empêché de bouger ou de nous déplacer, que nous soyons empêché de communiquer avec nos semblables ou de rejoindre le clan, à nouveau, pour ne pas crever, nous devons agir…
Or, c’est ici que beaucoup d’approches trop psychologisantes peuvent nous entraîner dans des culs-de-sac thérapeutiques. En effet, en mettant toute l’attention sur la prise de conscience de ce qui ne va pas, en se focalisant essentiellement sur l’origine de la maladie ou du malaise, les professionnels de l’accompagnement pourraient faire croire à tort à leurs patients que cette démarche est suffisante. J’illustre souvent cette situation en comparant notre corps à une automobile. La langue française ne les qualifie-t-elle pas tous les deux de « véhicules » ? Car notre corps, tout comme l’automobile, a des besoins qui doivent être satisfaits pour bien fonctionner. Si le réservoir à carburant arrive au niveau de la réserve par exemple, j’en serai informé par un des voyants lumineux de mon tableau de bord. De la même façon que lorsque mon besoin de nourriture commence à manquer, j’en suis informé par une sensation de faim ou une sensation de faiblesse physique (hypoglycémie). À partir de là, je peux prendre conscience du lien entre le symptôme (voyant lumineux allumé) et la cause (le manque de carburant) et en être très satisfait. Je peux aller plus loin : je peux procéder à un décodage minutieux des connexions qui relient la cause et le symptôme, en identifiant le réseau électrique qui transmet le signal de la jauge vers l’ampoule du tableau de bord, et celui qui permet à cette ampoule de s’allumer ! Je peux même encore pousser mon travail plus avant, en développant la certitude absolue que, tôt ou tard, mon réservoir se remplira sans difficulté, parce que j’en ai la volonté et la conviction… Pendant ce temps-là, je poursuis ma route au volant de mon véhicule, sans rien changer à mes comportements. Que se passera-t-il ? La réponse est évidente : je finirai pas tomber en panne sèche…
Si nous transposons cet exemple au corps, l’issue d’une telle attitude devient évidente : j’aurai beau prendre conscience du lien entre ma maladie et sa cause, j’aurai beau comprendre avec précision comment le système nerveux relie telle zone du cerveau à l’organe touché par la maladie, j’aurai beau connaître sur le bout des doigts l’ontogenèse de ma maladie, en remontant aux fonctions fondamentales de chaque partie du cerveau, j’aurai beau avoir la certitude absolue de guérison, pratiquer quotidiennement la visualisation créatrice et la pensée positive, écouter des CD de reprogrammation subliminale de mon cerveau et de mes cellules, si je ne fais rien pour changer ma situation, je finirai par tomber en « panne sèche » de vie. En d’autres termes, si je n’agis pas pour modifier les conditions qui ont déclenché mon déséquilibre et ma maladie, je finirai par mourir.
Lors de ma première rencontre avec le docteur Hamer(1), je me suis disputé en public avec lui, lui reprochant ce que je considérais (du haut de mon impertinence) comme un manque de psychologie. Il m’a répondu très poliment et très calmement : « Monsieur Crèvecoeur, je ne suis pas psychologue. Je suis médecin. Mon métier, c’est de soigner les gens pour qu’ils guérissent. Le reste ne m’intéresse pas. » Il m’a fallu des années pour comprendre la logique de sa réponse. Mais je dois reconnaître que son approche était efficace. En voici quelques exemples.
– Un entrepreneur était venu trouver Hamer avec un cancer du foie déclenché par le refus de sa banque à lui octroyer un crédit temporaire. Son entreprise en pleine croissance manquait de trésorerie tout simplement parce qu’il avait plus de clients qu’avant, mais que ses clients payaient avec un délai de 90 jours, alors que ses fournisseurs devaient être payés à 30 jours. Hamer sortit son carnet de chèques et lui fit un prêt de vingt mille Deutsche Marks (l’équivalent de dix mille euros). Instantanément, le cancer du foie commença à régresser jusqu’à la guérison complète. Quelques mois plus tard, l’entrepreneur remboursait son sauveur avec une double reconnaissance : non seulement, il avait évité la faillite, mais il s’était guéri de son cancer…
– Une femme était atteinte d’un cancer de l’ovaire parce qu’elle venait de perdre son adolescent de 15 ans. Hamer lui expliqua que dans la nature animale, les femelles qui perdent leur petit font très souvent un cancer des ovaires, ce qui les rend encore plus fécondes. Et que la solution concrète de cette perte de progéniture était de refaire d’autres petits. Il conseilla donc à cette femme de refaire un autre bébé pour « remplacer » l’enfant perdu. La femme suivit ses conseils et guérit complètement de son cancer.
– Dernier exemple parmi beaucoup d’autres : un homme souffrait d’un cancer des testicules parce que son unique fils avait « échoué » à l’examen d’entrée d’une grande école d’ingénieurs. Cet homme n’avait pas pu faire ses études d’ingénieur parce qu’au moment de rentrer à l’école, la deuxième guerre mondiale avait éclaté. Il avait donc reporté son projet avorté sur son fils, comme une façon symbolique de réparer la frustration de sa vie. Son fils avait été classé trente-huitième sur cinq cents candidats. Malheureusement, l’école ne retenait que les trente-cinq premiers candidats. Hamer écrivit au recteur de cette école en lui demandant d’accepter le fils de son patient à titre exceptionnel et pour des raisons médicales. Dès que le père reçut la lettre de confirmation de la part du recteur, son cancer des testicules disparut rapidement.
Quels enseignements tirer de ces exemples ? Bien sûr, si j’étais médecin et thérapeute, je n’agirais pas comme le docteur Hamer, malgré tout le respect que je lui porte. Parce que cette façon d’accompagner les patients les laissent dans l’incompétence à identifier et à poser les actes adaptés pour retrouver leur équilibre et leur intégrité. Par contre, il ressort des trois exemples ci-dessus que les solutions qui ont présidé à leur guérison complète étaient on ne peut plus concrètes. Je manque d’argent ? Je reçois de l’argent ! J’ai perdu un enfant ? J’en refais un autre ! Mon fils n’est pas admis à l’école ? J’obtiens qu’il soit admis… Un autre enseignement très intéressant, c’est que, pour guérir, les patients de Hamer n’ont pas eu besoin de faire un « travail » de décodage biologique ou un « travail » de remise en question psychologique. Dès qu’une solution a été apportée à leur problème, ils sont sortis de leur sur-stress et sont passés en phase de vagotonie. Fin de l’histoire. Autre enseignement édifiant : ils n’ont même pas eu besoin de « croire » en leur guérison pour que celle-ci survienne… Nul besoin d’avoir la foi, de prier, de visualiser sa guérison pour que le corps se répare. Il suffit qu’une solution concrète soit apportée pour que tout rentre dans l’ordre… Dernier enseignement : vu que les solutions étaient concrètes et définitives, la persévérance que Jung appelait de ses vœux n’était plus nécessaire à court terme. Par contre, à plus long terme, les patients de Hamer n’ont acquis aucune compétence pour retrouver leur équilibre suite à un éventuel nouveau choc.
Se pose à présent une nouvelle question. Que faire lorsqu’une solution concrète ne peut être mise en œuvre ? L’entrepreneur sans argent aurait-il pu se guérir sans le chèque de Hamer ? La mère en deuil aurait-elle pu se guérir si elle avait été ménopausée ? Le père déshonoré par l’échec de son fils aurait-il pu se guérir si le recteur avait refusé son admission exceptionnelle ? C’est ce que nous verrons le mois prochain…

(1) lire le numéro 10 de Néosanté