Les autorités le reconnaissent elles-mêmes : il n’y a aucun fondement scientifique à l’utilisation des masques pour protéger la population de la pandémie de coronavirus – pour autant que celle-ci soit réelle. Non seulement ceux-ci sont inefficaces et inutiles, mais ils présentent même des inconvénients avec des conséquences sanitaires potentielles néfastes. En fin de compte, la seule justification admise par l’OMS est un effet psychologique potentiellement bénéfique sur la population vis-à-vis de l’ensemble des mesures prophylactiques imposées par les autorités. Toutefois, même cet effet-là présente des inconvénients, car il n’a quasiment pas été scientifiquement étudié. Le château de sable de la pandémie de coronavirus commence à s’écrouler, mais la mesure emblématique de l’imposition des masques est particulièrement intéressante pour démontrer la manipulation de la population à partir d’arguments  plus politiques que scientifiques.

Par Hughes Belin

L’usage des masques par l’ensemble de la population est désormais considéré par les autorités comme une mesure de choix pour gérer le « déconfinement ». Les masques ont ainsi fait leur apparition en fin (?) de crise alors qu’ils étaient quasiment absents en début de crise pour diverses raisons : absence de stocks stratégiques de masques pour l’ensemble de la population, usines de production locales fermées, difficultés d’approvisionnement. Bref, il y a avait très peu de masques sur le marché et ils devaient alors être en priorité être réservés au personnel soignant, même si de nombreuses personnes « en première ligne » (caissières, éboueurs, agents de sécurité, forces de l’ordre, commerçants encore ouverts, livreurs, etc.) étaient également en contact direct avec l’ensemble de la population. À ce moment-là, les autorités annonçaient qu’ils étaient de toute façon inutiles pour se protéger de l’infection.
Avec le déconfinement, elles ont créé une confusion totale en opérant un revirement à 180° scientifiquement infondé – c’est-à-dire qu’aucune nouvelle étude scientifique n’est venue soutenir – en préconisant le port du masque par toute la population. Car selon l’OMS[1], « il n’y a, à l’heure actuelle, aucune preuve directe (provenant d’études sur le COVID-19 et auprès des personnes en bonne santé au sein de la communauté) sur l’efficacité du port du masque universel pour prévenir l’infection avec des virus respiratoires, y compris le COVID-19 ». Et en juin 2020, l’OMS recommande toujours de réserver les masques médicaux pour le personnel de santé et aux personnes à risque là où il y a des problèmes d’approvisionnement. Protéger la population générale n’est donc pas la priorité absolue. Pendant toute la crise, la question des masques a donc été plus politique que scientifique.
Avant toute chose, quels sont les fondements scientifiques de l’utilisation de masques ? L’Organisation mondiale de la santé (OMS) le reconnaît elle-même : l’usage des masques est un complément des autres mesures prophylactiques (lavage des mains et distanciation physique) jugées, elles, « critiques » pour prévenir la transmission du COVID-19. Celle-ci est l’objet d’intenses débats scientifiques. L’OMS considère que  les « portails d’entrée » dans le corps sont la bouche, le nez et le tissu conjonctif (œil). La charge virale potentielle serait ainsi transportée par des gouttelettes expectorées (éternuement, toux, et même le fait de parler, voire de respirer) ou des surfaces touchées par des personnes malades au contact de personnes saines. Selon l’OMS, il semble que les individus infectés mais asymptomatiques sont « beaucoup moins susceptibles de transmettre le virus que ceux qui développent les symptômes ». La transmission par aérosols est également étudiée mais loin d’être conclusive[2]. Quant à la quantité de virus pouvant provoquer une infection, aucune étude n’a apporté de réponse satisfaisante, vu que le plupart ne se déroulent pas dans les conditions réelles de vie mais en laboratoire.

C’est quoi, un masque ?

Que sont les masques préconisés par l’OMS, dont les directives sont la référence pour la réponse à la pandémie dans de nombreux pays ? On ne s’étendra pas ici sur les masques de protection FFP qui sont requis pour le milieu médical ou industriel. Tout au plus peut-on dire que les masques FFP doivent parfaitement épouser la forme du visage, qu’ils sont filtrants sur toute leur surface, et qu’ils obéissent à des paramètres stricts concernant l’accumulation de CO2, les fuites vers l’intérieur lors de l’inspiration et la tension des attaches élastiques. Cela a son importance, car ces facteurs sont justement ce qui les distinguent des masques imposés à la population en termes de performance de filtration : d’une part les masques médicaux (normalisés) et d’autre part des masques en tissu de fabrication artisanale ou industrielle qui ne sont quasiment soumis à aucune norme. L’OMS note toutefois que « les méta-analyses de revues systématiques de littérature scientifique indiquent que l’utilisation des masques N95 [correspondant aux masques FFP2, ndlr] comparée à l’utilisation des masques médicaux n’est pas associée avec un risque statistique associé significativement plus faible de manifestations cliniques de maladie respiratoire ni d’infections de type influenza ou virales confirmées par un laboratoire ». Le bon sens pourrait indiquer que plus le masque est filtrant, plus il protège des maladies, mais ce n’est apparemment pas le cas. En outre, les études observationnelles qui montrent que les masques FFP2 et médicaux offrent une protection au personnel médical sont, semble-t-il, peu fiables.
Les masques chirurgicaux offrent pourtant une protection bien moindre face aux virus potentiellement transmis par voie aérienne : selon la Food & Drug Administration américaine[3], les masques chirurgicaux sont « résistants aux fluides, jetables et instables qui créent une barrière entre la bouche et le nez du porteur d’une part et l’environnement immédiat d’autre part. Ils sont utilisés dans des environnements de chirurgie et ne fournissent pas de protection totale contre l’inhalation de pathogènes aériens, comme les virus ». Selon l’OMS, ils sont un compromis entre une filtration élevée et une respirabilité adéquate ainsi qu’en option, une résistance à la pénétration des fluides. Cela fait beaucoup de trous dans la théorie de l’utilité des masques.
Mais s’ils ont une quelconque utilité, leur utilisation est assortie de nombreuses recommandations pour une soi-disant efficacité – c’est d’ailleurs pour cela que le personnel médical est formé au port du masque. Selon l’OMS toujours, les précautions suivantes doivent être strictement suivies à la lettre par celui-ci : changement de masque obligatoire s’il est humide, souillé ou endommagé ; si le porteur le touche, il doit changer de masque et doit se laver les mains ; il doit être changé après chaque contact avec un patient ; les masques ne doivent pas être réutilisés.
Lorsqu’on parle de masques en tissu, on descend évidemment de plusieurs crans dans la protection, pour autant qu’il y en ait une. Pour éviter la fabrication sauvage de masques artisanaux, l’AFNOR (association française de normalisation) a édité un référentiel de fabrication[4] pour les « masques barrières », c’est-à-dire les masques en tissu fabriqués industriellement ou par des particuliers. Ce document, qui n’est pas une norme, « permet de concevoir un masque destiné à équiper toute la population saine ». Il détaille les exigences minimales pour la fabrication industrielle et artisanale, les tests à réaliser pour s’assurer de la qualité du masque barrière, des conseils pour l’utilisation et l’entretien, ainsi que des patrons prêts à l’emploi. L’OMS détaille sur plusieurs pages de nombreuses spécifications et précautions pour la fabrication et l’utilisation de tels masques, notamment la qualité du tissu à employer, le changement de masque lorsqu’il est humide ou visiblement souillé, la manière de le retirer, où le conserver en attendant d’être lavé, ainsi que des conseils de lavage. Lorsqu’on risque une amende de 250 euros dans une rue commerçante de Bruxelles pour n’avoir pas porté de masque, s’embarrasse-t-on de telles précautions ?
Répétons-le, il n’y a aucune base scientifique pour recommander de telles contraintes. L’OMS le reconnaît d’ailleurs en « appelant les pays qui ont publié des recommandations sur l’utilisation de masques médicaux et non-médicaux par les personnes en bonne santé dans les milieux communautaires de mener des recherches sur ce sujet important. » Serions-nous en train de vivre une expérimentation à grande échelle sur toute la population, du genre télé-réalité ?
Selon Denis Rancourt, chercheur-militant à  l’Association des Libertés Civiles de l’Ontario et ex-professeur de l’Université d’Ottawa, dans un article[5] (non revu par les pairs) censuré par ReasearchGate, quand bien même on voudrait faire des études scientifiquement acceptables sur l’efficacité des masques, « il serait impossible d’obtenir des résultats sans ambiguïté ni parti pris » pour une série de raisons, notamment :

  • Les effets très notables comme le changement d’humidité de l’air écraseraient ceux, plus faibles, des avantages éventuels à porter des masques.
  • Il est quasiment impossible d’évaluer le respect du port du masque et les habitudes d’ajustement et cela peut fortement entacher les résultats.
  • Les habitudes culturelles ont beaucoup d’influence sur les résultats.
  • L’auto-évaluation est notoirement biaisée dans les enquêtes, car les personnes ont un intérêt bien compris à croire au bien-fondé de leurs efforts.
  • La progression des épidémies n’est pas vérifiée par des tests fiables de grande ampleur sur de larges échantillons de population mais sur des statistiques non-représentatives de visites à l’hôpital ou d’hospitalisations

Ajoutons-y que d’autres facteurs, comme la pollution atmosphérique[6], peuvent fortement aggraver la propension à des maladies respiratoires en « sabotant » l’état de santé de la population avec des maladies cardiovasculaires et respiratoires préexistantes. Les autorités sont, nonobstant, prêtes à tenter l’expérimentation sur la population sans base scientifique, bien que non seulement les masques faciaux pussent s’avérer inutiles, mais aussi néfastes.
Attention danger !
Une méta-étude de 2017[7] résume leur inutilité, voire leur danger, dans ses conclusions : « Notre analyse confirme l’efficacité des masques médicaux et [FFP2] contre le SRAS [un autre coronavirus, ndlr]. Les masques jetables, en coton ou en papier ne sont pas recommandés. » L’étude ne recommande pas non plus les masques en tissu « pour lesquels il n’y a aucune preuve de protection et qui pourraient faciliter la transmission de pathogènes lorsqu’ils sont utilisés à répétition sans une stérilisation adéquate ».
L’OMS elle-même détaille la longue liste des dommages potentiels et des inconvénients des masques :

  • Risque potentiel plus élevé d’auto-contamination due à la manipulation du masque facial et du contact ultérieur avec les yeux avec des mains contaminées.
  • Auto-contamination potentielle qui peut arriver si des masques non médicaux ne sont pas changes lorsqu’ils sont humides ou souillés. Cela peut créer des conditions favorables de développement des microorganismes.
  • Mal de tête potentiel et difficultés à respirer selon le type de masque utilisé.
  • Développement potentiel de lésions dermatologiques faciales, dermatite irritante ou aggravation de l’acné lorsqu’ils sont utilisés pendant de longues heures.
  • Difficulté à communiquer de façon claire.
  • Inconfort potentiel.
  • Fausse impression de sécurité, qui peut conduire à une adhésion plus faible à d’autres mesures préventives potentielles telles que la distanciation physique et l’hygiène des mains.
  • Faible respect du port du masque, en particulier chez les enfants en bas âge.
  • Problèmes de gestion des déchets, élimination des masques [usagés] inappropriée conduisant à l’augmentation des déchets dans les lieux publics, risque de contamination des cantonniers et risque environnemental.
  • Difficulté à communiquer pour les sourds qui lisent sur les lèvres.
  • Inconvénients ou difficultés à les porter, en particulier chez les enfants, les handicapés moteurs ou mentaux, les personnes âgées avec des problèmes cognitifs, et chez ceux qui ont des problèmes d’asthme ou respiratoires chroniques, les personnes avec un traumatisme facial ou avec une chirurgie maxillo-faciale récente et ceux qui vivent dans un environnement chaud et humide. N’en jetez plus !

Selon le lanceur d’alerte[8] allemand d’origine thaïlandaise, le Dr Sucharit Bhakdi[9], professeur émérite de microbiologie médicale à l'université Johannes Gutenberg de Mayence, « ces masques sont dangereux pour les enfants et les personnes âgées, ce sont des nids à microbes. » La communauté scientifique réfute les thèses selon lesquelles les masques faciaux réduisent l’apport en oxygène[10] (hypoxie) et augmentent la teneur en CO2[11] dans le sang (hypercapnie) sans pour autant y apporter de preuves scientifiques. Nonobstant, il semble y avoir un consensus sur le fait que les personnes avec des affections respiratoires obstructives ne devraient pas porter de masques faciaux.

Bénéfice politique ou sanitaire ?

Selon l’OMS, les bénéfices du port du masque chez les personnes en bonne santé dans la population générale, à part celui (non prouvé, ndr) de la réduction du risque d’exposition provenant de personnes infectées avant qu’elles développent des symptômes, sont essentiellement d’ordre psychologique et social (que l’OMS n’étaye par aucune preuve scientifique, ndr) : réduction potentielle de la stigmatisation des individus portant des masques, « faire en sorte que les gens peuvent jouer un rôle en contribuant à arrêter la propagation du virus », rappeler aux gens de respecter les autres mesures prophylactiques, même si cela peut avoir un effet inverse[12], « encourager le public à créer leur propre masque en tissu peut promouvoir l’entreprenariat individuel et l’intégration de la communauté », voire apporter une source de revenus pour certains, « les masques en tissu peuvent être « une forme d’expression culturelle », encourageant l’acceptation des mesures de protection en général. La manipulation mentale est très documentée par la science. Si on considère que « dans la manipulation interpersonnelle, le manipulateur fait des prédictions et des déductions sur les intentions de sa victime au regard de certains actes et résultats pertinents »[13], il s’agit alors bien ici de manipulation pure et simple de la part des autorités, ouvrant la voie à des dérives autoritaires.
A Bruxelles, par exemple, les maires de trois communes (arrondissements) ont décidé d’aller encore plus loin que les mesures prônées par le gouvernement belge en adoptant en urgence des ordonnances de police imposant le port du masque dans certaines parties de l’espace public et tous les magasins[14] sous peine d’une amende de 250 euros maximum. La seule base scientifique citée est un rapport de deux chercheurs belges[15] (non revu par les pairs). Ces derniers arrivent tout de même à faire mieux que le Centre for Disease Control and Prevention (CDC) américain qui étaye sa recommandation de porter  des masques en tissu pour ralentir la propagation  du virus – les masques chirurgicaux et FFP2 étant réservés au personnel médical – avec sept « études récentes »[16] dont aucune n’étaye, justement, le bien-fondé du port du masque ! Sur une autre page, celle de la grippe saisonnière[17], le CDC se garde toutefois bien de recommander le port du masque « aux personnes asymptomatiques, y compris celles à haut risque de complications ».
Comme le résume Patricia Neuenschwander[18], une infirmière avec 25 ans d’expérience, « c’est la peur qui pousse cette recommandation à porter des masques chez les bien-portants, pas la science ». L’imposition des masques est bien une manipulation de masse fondée sur une supercherie scientifique avec des conséquences psychologiques profondes que la science, elle, fera bien d’évaluer un jour.

 


[1] Brochure Advice on the use of masks in the context of COVID-19 – interim guidance, 5 juin 2020, Organisation mondiale de la santé (OMS)
[2] Haut Conseil de la santé publique, Avis relatif au risque résiduel de transmission du SARS-CoV-2 sous forme d’aérosol, en milieu de soin, dans les autres environnements intérieurs, ainsi que dans l’environnement extérieur – 8 avril 2020
[5] Rancourt D. “Masks Don't Work: A review of science relevant to COVID-19 social policy”, avril 2020, DOI: 10.13140/RG.2.2.14320.40967/1 http://archive.is/RuA5z
[6] Wu X, Nethery N.C, Sabath M.B, Braun D, Dominici F. Exposure to air pollution and COVID 19
mortality in the United States. 5 avril 2020. https://projects.iq.harvard.edu/files/covidpm/files/pm_and_covid_mortality.pdf
[7] Offeddu V., Yung CF., Low MSF., Tam CC., “Effectiveness of Masks and Respirators Against Respiratory Infections in Healthcare Workers: A Systematic Review and Meta-Analysis” Clinical Infectious Diseases, Volume 65, Issue 11, 1 December 2017, Pages 1934–1942, https://doi.org/10.1093/cid/cix681
[9] Voir https://www.servustv.com/videos/aa-23zjmvcz51w12/ pour une vidéo en allemand avec sous-titres en anglais de son interview exclusive de 51 minutes par le média autrichien Servus TV.
[12] Cartaud A. et al., “Beware of virus ! Wearing a face mask against Covid-19 results in a reduction of social distancing”, PsyArXiv Preprints, mai 2020
[13] Kligman M., Culver CM. “An Analysis of Interpersonal Manipulation”, The Journal of Medicine and Philosophy: A Forum for Bioethics and Philosophy of Medicine, Volume 17, Issue 2, April 1992, Pages 173–197, https://doi.org/10.1093/jmp/17.2.173
[15] Baele Ph., Gala J.-L. « Bases scientifiques justifiant le port du masque en public lors d’une épidémie virale à transmission respiratoire » 15 mai 2020 https://fr.calameo.com/read/004374794c37bf4146f3b