De semaine en semaine, les interventions publiques du Dr Louis Fouché m’épatent de plus en plus. Vous avez vu son décryptage de l’allocution de Macron annonçant le deuxième emprisonnement de la France ? J’admire la manière calme et souriante avec laquelle ce jeune médecin-réanimateur employé aux Hôpitaux Universitaires de Marseille dézingue au bazooka l’avalanche de mensonges présidentiels et replace la pseudo-deuxième vague de covid dans un cadre rationnel, celui d’une hausse de syndromes grippaux qui met l’hôpital sous tension mais qui n’a rien de dramatique ni de très inhabituel. Cette vidéo est, avec l’interview de l’épidémiologiste Laurent Toubiana par le sociologue Laurent Mucchielli, mon coup de cœur « ré-informatif» de la semaine écoulée. Ce dernier, par ailleurs directeur de recherche au CNRS, est aussi l’auteur d’une tribune dénonçant le « piège du reconfinement » et cosignée par 400 personnalités du monde scientifique, universitaire et médical. C’est sans surprise que j’ai retrouvé Louis Fouché parmi les signataires de ce texte sans pitié pour la narration officielle de la pandémie. Par contre, j’ai été assez étonné de retrouver le toubib marseillais au micro de la « lanceuse d’alerte » suisse Ema Krusi. Je ne m’attendais pas à ce qu’il accepte d’être interviewé par une Youtubeuse connotée « complotiste » et connue pour sa passion des médecines douces. En visionnant cet entretien d’une heure, j’ai cependant compris que le casting n’était nullement insolite: non content d’invoquer à tout bout de champ le principal adage hippocratique (« D’abord ne pas nuire »), le Dr Fouché éprouve visiblement un intérêt prononcé envers les approches naturelles de santé.

L’homme que les bactéries laissent de glace

C’est en toute fin d’interview que le médecin-réanimateur dévoile sa largesse d’esprit et l’étendue de sa curiosité à l’égard des méthodes médicales alternatives. Non seulement il tire son chapeau à Christian Tal Schaller et à ses « bons conseils » naturopathiques mais il connaît et relate les expériences scientifiques menées avec Wim Hof. Si vous lisez la revue Néosanté depuis un bout de temps, le nom de ce sexagénaire hollandais ne vous est pas étranger. Connu pour avoir battu plusieurs records d’exposition au froid extrême enregistrés au Guinness Book, ce viril barbu surnommé « l’homme de glace » a développé dans les années 2000 une méthode de méditation et de maîtrise de la respiration qui porte son nom. En 2002, il est resté 6 min 20 sec en apnée sous la glace polaire. En 2007, il a grimpé l’Everest en tongs et en short et a bien failli atteindre le sommet, à 400 m près. En 2008, à New-York, il est resté 72 minutes enfermé dans un cube translucide rempli de gros glaçons. Ces incroyables exploits ont attiré l’attention de chercheurs américains qui ont découvert une part du mystère à l’aide de la neuro-imagerie: Hof parvient à réguler volontairement la température de sa peau et à moduler l’activité de son système lymphatique pour résister au froid. The Ice Man soutient pour sa part que l’exposition répétée à de très basses températures lui a permis de développer plus de graisse brune que de graisse blanche et que la première modifie le métabolisme de la seconde pour générer de la chaleur. Quoi qu’il en soit, Win Hof est la preuve vivante qu’un être humain peut travailler sa fragilité et renforcer considérablement son organisme face aux contraintes de l’environnement. C’est le principe de la régénération par l’hormèse, expérimentée et popularisée en France par Thierry Casasnovas. (*) À force de fortifier le corps, on lui permet de résister aux maladies, de les prévenir et même d’en guérir. Même les pathologies infectieuses ? Même elles et surtout elles puisque l’exposition au froid sollicite le système immunitaire et le rend plus robuste. Pour le vérifier, des chercheurs néerlandais ont eu l’idée d’inoculer à Wim Hof la bactérie Escherichia coli, dont les toxines ne présentent pas de danger réel mais qui provoque de multiples symptômes chez le commun des mortels. À leur grande stupéfaction, les scientifiques bataves ont constaté que leur compatriote était à peine incommodé par l’injection du microbe ! L’étude a été reconduite sur 12 volontaires formés par Hof et a donné les mêmes résultats spectaculaires : les méditants du froid ont a peine ressenti l’agression bactérienne tandis que le groupe témoin a été symptomatique pendant 3 jours. Brièvement racontées par Louis Fouché, ces expériences décrites plus en détails ici et ici fournissent l’éclatante démonstration qu’un germe n’est rien sur un terrain conditionné à être plus sain. Comme nous l’avions déjà remarqué, le Dr Fouché est subtilement occupé à saper le dogme pasteurien voulant qu’un « ennemi » microbien doit être combattu sans songer à consolider l’immunité des individus. Il lui reste peut-être à découvrir que Pasteur s’est complètement fourvoyé et que la contagiosité aléatoire est un mythe déjà mis à mal il y a plus d’un siècle…

Ce terrifiant virus totalement impuissant

Nous sommes en novembre 1918. La grippe espagnole ravage le monde et un médecin militaire et infectiologue américain, Milton Joseph Roseneau, a la brillante idée de vérifier que la maladie se transmet bien d’être humain à être humain. Pour ce faire, il recrute 68 volontaires dans les rangs de l’US Navy, en réalité des marins détenus dans un centre pénitentiaire près de Boston et à qui l’on fait miroiter une remise de peine. À cette époque, on croit que la pandémie est provoquée par le même agent infectieux que la précédente à la fin du 19ème siècle, à savoir le bacille de Pfeiffer ou Haemophilus Influenza. Le lieutenant Roseneau fait donc inoculer des cultures de ce virus aux prisonniers mais il constate qu’ils ne tombent pas malades. Qu’à cela ne tienne, il fait collecter chez des grippés toutes sortes de sécrétions corporelles (écoulement nasal, mucus prélevé dans la gorge et même crachats) et ordonne qu’on les asperge sur le visage des volontaires, ainsi que dans leurs narines et leur bouche. Nouvel échec car 10 jours plus tard, aucun d’entre eux ne manifeste le moindre symptôme. Aux grands maux leurs grandes causes présumées, l’infectiologue fait alors conduire 10 détenus au chevet de 10 malades et demandent aux premiers de serrer la main et de respirer l’haleine des seconds. Ceux-ci sont même incités à cracher à la figure des marins cobayes, à nouveau sans que grippe espagnole s’ensuive. Très honnêtement, le médecin étasunien en conclura qu’il n’était pas possible de démontrer la transmissibilité de la maladie entre patients atteints et personnes en bonne santé. Ces « expériences de Roseneau » ne sont pas faciles à retrouver sur le web mais j’ai fini par les dénicher et vous pouvez en lire le compte rendu en cliquant ici. Le toubib militaire, qui sera plus tard parmi les fondateurs de la prestigieuse école de santé publique de Harvard, n’est pas le seul à avoir tenté de prouver la contagiosité interhumaine du terrible fléau viral. Un autre scientifique américain, un certain Edwin Jordan, a diligenté 5 autres études qui ont fait également chou blanc à l’époque. Je n’ai pas retrouvé la source originale mais ces travaux ont été mentionnés dans un article du Virology Journal en 2008. Cette publication est du reste très intéressante car elle suggère que, bien davantage que la circulation d’un virus de toute façon ubiquitaire, le statut en vitamine D et la vigueur immunitaire sont les principaux facteurs prédictifs des épidémies grippales. Il y a 12 ans, on savait déjà comment endiguer efficacement les viroses saisonnières comme celle qui terrifie le monde actuellement !

Wanted : les expériences perdues

Mais revenons au début du siècle dernier, à une période de l’histoire où les théories pasteuriennes n’avaient pas encore envahi tous les cerveaux. En mai 1919, un dénommé John B. Fraser aurait publié dans le Physical Culture Magazine un article intitulé « Do germs cause disease ? ». Dans cet article, il aurait relaté des expériences menées à Toronto entre 1912 et 1914 et montrant que les microbes prolifèrent seulement après que les maladies auxquelles on les associe se soient déclarées. Il aurait également décrit des expérimentations au cours desquelles des millions de germes redoutables (ceux de la diphtérie, de la pneumonie, de la fièvre typhoïde, de la méningite et de la tuberculose) ont été administrés à des individus via leur nourriture et sans que cela porte à conséquence. Selon Fraser, 150 expériences rigoureusement scientifiques auraient également été menées durant la guerre 14-18 et aucune d’elles n’aurait montré que l’exposition de personnes saines à des germes infectieux n’entraînait l’affection qu’on leur impute. Je mets tout ça au conditionnel car je n’ai même pas retrouvé l’article de Fraser dans les archives du Physical Culture Magazine. On ne trouve sur la toile que des citations de cet article devenu introuvable. A fortiori, je n’ai pas retrouvé ses sources et les expériences dont il parle semblent perdues dans les oubliettes de la littérature médicale. Suite à l’invention des antibiotiques, cette dernière semble avoir effacé de sa mémoire tout ce qui ne cadrait pas avec l’idéologie pasteurienne faisant des microbes la cause des maladies. Mais peut-être ai-je mal cherché, ou pas au bon endroit. Si des internautes plus doués que moi pouvaient débusquer la trace de ces « expériences oubliées », je leur en serais très reconnaissant. Elles m’intéressent beaucoup car depuis plus de 100 ans, les chercheurs ne cherchent plus à démontrer que des hommes porteurs d’agents infectieux sont aptes à refiler la maladie à leurs semblables en bonne santé. Cette doctrine ne repose plus que sur des études conduites en laboratoire sur l’animal, chez qui on peut effectivement déclencher des pathologies en injectant le virus ou la bactérie prétendument responsable. Cela ne prouve absolument pas que dans la vie réelle et dans des circonstances naturelles, un être humain en contact étroit ou distancié avec un malade puisse « choper » son mal sans que soient réunies d’autres conditions pathogènes. Bien documentées, les expériences de Roseneau sont déjà une solide réfutation de la croyance selon laquelle un fléau viral frappe indistinctement ses malheureuses victimes. S’il a la curiosité d’en prendre connaissance, je serais curieux à mon tour d’entendre ou de lire les commentaires du Dr Louis Fouché. À l’heure où l’hystérie envers la grippe covid est repartie de plus belle et nous vaut la deuxième décision démentielle de confiner les gens jeunes et bien-portants, cela pourrait grandement contribuer à ouvrir les consciences… et les grilles.

 
Yves Rasir
 

(*) Thierry Casasnovas et son approche de l’hormèse sont au cœur du film « Vivante ! Le secret de la force », le nouveau documentaire d’Alex Ferrini dont Néosanté assure volontiers la promotion. Le réalisateur a d’ailleurs été interviewé par Carine Anselme dans notre numéro d’octobre. Plus d’infos sur le film et ses dates de diffusion en salles de cinéma en France en cliquant ici.