Article N°20

Ce qui fit basculer le destin d’Andrew Wakefield fut un article publié en 1998 dans The Lancet, prestigieux journal médical anglais. Cet article décrivait un groupe de douze enfants hospitalisés dans le service de gastro-entérologie pédiatrique du Royal Free Hospital de Londres, où travaillait Andrew Wakefield comme chercheur. En plus de douleurs abdominales et de graves troubles digestifs, ces enfants présentaient une régression du comportement (langage, acquisitions de marche, de propreté, de communication, etc.), ce qu’on nomme maintenant l’autisme régressif. Chez neuf d’entre eux, les parents signalaient une corrélation dans le temps entre le début des symptômes et une vaccination ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole), laquelle est en général proposée par les pédiatres dans la deuxième année de vie. Pour un des enfants, cette correspondance dans le temps avec le vaccin n’a été découverte que plus tard, car les parents avaient décidé de ne plus en parler. Ils avaient en effet remarqué que la mention de ce fait leur fermait les portes des hôpitaux et des cabinets médicaux et rendait les médecins agressifs. Les douze enfants malades avaient tous été présentés au professeur Walker Smith ou au Dr Mulch, éminents gastro-entérologues pédiatres qui devaient être plus tard les co-accusés d’A.W. et perdre aussi leur travail. Les examens et traitements avaient été coordonnés par eux et décidés en équipe. Les biopsies de la muqueuse intestinale, en particulier, avaient un but thérapeutique, ce n’était pas de la recherche. Pour ce fameux article, nommé «Lancet 12», Wakefield était entouré de nombreux collaborateurs qui avaient tous relu les épreuves. Pour cette première étude clinique, aucun financement n’avait été fourni par les études d’avocats défendant des parents d’enfants lésés par les vaccins. Ce fut le cas pour les études suivantes, mais elles étaient surveillées par un Comité d’éthique et les parents dûment avertis signaient des autorisations. «Lancet 12» n’était qu’une description de douze enfants gravement malades physiquement et psychiquement, nettement améliorés sur tous les plans par une désinfection du tube digestif et un régime alimentaire sans gluten et sans caséine.

Campagne de dénigrement

Cet article fut l’élément déclencheur d’une campagne de dénigrement des travaux et de la personne d’A.W ., à qui le General Medical Council intenta un procès qui dura de 2004 à 2009, « le plus long procès de l’histoire de la médecine anglaise», à l’issue duquel l’accusé fut expulsé de son hôpital et de sa patrie, y perdant son droit de pratique. A.W. continue inlassablement son travail aux Etats-Unis. Il a acquis une renommée internationale. Pour certains, cette renommée est d’être un fraudeur, mais de plus en plus de professionnels et de gens du public le considèrent comme un homme honnête, voire un héros.

Il est évident qu’une des raisons de son procès, très médiatisé, est de faire peur aux autres médecins, pour qu’ils se tiennent tranquilles. Les détracteurs du chercheur lui reprochaient entre autres d’avoir pratiqué chez ces enfants des ponctions lombaires, inutiles et douloureuses selon eux. Or, des spécialistes de l’autisme internationalement reconnus la déclarent indispensable aussi bien dans l’autisme primaire que secondaire (l’autisme régressif) et trouvent dans près de 40% des cas investigués ainsi une raison médicale aux troubles autistiques, ce qui peut conduire à des traitements utiles. L’examen du liquide céphalo-rachidien obtenu grâce à la ponction lombaire permet, entre autres, de détecter un trouble des mitochondries. Les parents d’une enfant américaine, Hannah Poling, souffrant de ce trouble qui rend l’enfant plus vulnérable, viennent de gagner leur procès et de recevoir 150.000 dollars, le tribunal ayant admis l’origine vaccinale de son état. Hannah est gravement handicapée après avoir reçu en l’an 2000 neuf vaccins le même jour. On peut aussi mesurer dans le liquide céphalo-rachidien des traces de virus sauvages ou vaccinaux. Chez les douze enfants de l’article litigieux, du matériel génétique du virus de la rougeole a été trouvé dans deux tiers des cas. Un des reproches importants fais à Wakefield est de n’avoir pas spécifié dans son article qu’il était alors déjà expert dans des procès contre les fabricants de vaccins ROR, du côté des parents bien sûr. Wakefield reconnaît n’avoir pas spécifié ce fait dans l’article, mais il prouve que ses supérieurs et le directeur du Lancet étaient tous au courant. Il n’a rien voulu cacher intentionnellement.

“They had to silence me“

Oui, les autorités devaient réduire A .W. au silence, car il savait trop de choses sur les campagnes de vaccination ROR lancées en Grande-Bretagne et, surtout, osait en parler. Une des plus graves « erreurs » avait été de choisir en 1988 le vaccin trivalent contenant la souche URABE du virus des oreillons. Un expert canadien (rencontré plus tard en secret par A.W. au moment de son procès) avait en vain cherché à éviter que ce vaccin ne soit choisi et utilisé en Grande-Bretagne : il venait d’être retiré au Québec, car il avait causé un nombre important de méningites. Le nom fut simplement changé, le Trivirax devint Pluserix et fut choisi au mépris de toute prudence, car il était fabriqué dans le pays et coûtait quatre fois moins cher. Il fut utilisé de 1988 à 1992, puis finalement interdit et remplacé par celui de MSD, américain. Notons un point intéressant au sujet de cette souche URABE des oreillons : aucune méningite n’avait été décrite si le vaccin oreillons était employé seul, mais bien s’il était combiné à ceux de la rougeole et de la rubéole. Ceci démontre clairement l’interférence nocive entre les virus et le danger des vaccins combinés. Il est à noter également que ce vaccin Pluserix fut revendu en 1992 au Brésil…causant une épidémie de méningites. Sans commentaire. Une autre campagne discutable avait eu lieu en 1994: une vaccination massive dans les écoles anglaises avec un vaccin Rougeole-Rubéole en prévision d’une épidémie de rougeole prédite mathématiquement. Les études préalables avaient été nettement insuffisantes et la surveillance active inexistante. Et pourtant, en se basant sur des études américaines, on pouvait prévoir 14 337 chocs anaphylactiques potentiellement mortels sur 8 millions d’enfants vaccinés….pour éviter 50 cas prévus de décès par rougeole. Le gouvernement avait en effet annoncé ce chiffre de 50, alors que les prévisions réelles étaient….de 0 à 50 cas. Joli exemple de manipulation des chiffres par les autorités sanitaires (il y en a bien d’autres). Le service de Santé britannique n’avait donc pas du tout envie qu’on reparle des dangers des vaccins contenant la valence Rougeole ni surtout qu’un soupçon aussi grave que le rôle du vaccin dans l’épidémie d’autisme risque d’être confirmé.

Les liens entre le tube digestif et le cerveau

Le dogme officiel est que l’autisme est une maladie génétique touchant le système nerveux central. Toute étude portant sur les effets bénéfiques d’un traitement anti-inflammatoire du tube digestif et surtout des régimes alimentaires est en général ridiculisée. Et pourtant… Les gastro-entérologues sont en général plus conscients des liens entre le tube digestif et le cerveau que les neurologues et surtout les psychiatres. Les pédiatres savent bien que dans la coeliaquie du nouveau-né, la courbe de poids se casse à l’introduction du blé dans l’alimentation, avec des signes clairs au niveau du comportement : le bébé devient triste ! De même, la phénylcétonurie et la galactosémie, troubles enzymatiques de la digestion, ont de graves conséquences au niveau du cerveau si un régime approprié n’est pas rapidement instauré. Il y a plus d’un demi-siècle, on observait déjà le lien entre le virus de la rougeole, les troubles digestifs et le comportement. Le 15 février 1956 le Dr Guy Daynes fit un exposé à Londres à la «Royal Society of Medicine», sous le titre : Le pain et les larmes – troubles du comportement, dépression et convulsions après rougeole, dus à une hypersensibilité au gluten. Les enfants décrits présentent les mêmes symptômes que les «Lancet 12». Ces troubles peuvent régresser en un ou deux mois mais peuvent aussi devenir chroniques, accompagnés de petit mal (épilepsie). En ayant étudié 40 cas guéris par le régime sans gluten, l’auteur propose un nouveau tableau pathologique : le syndrome pré-coeliaque, la coeliaquie étant l’allergie au gluten.
Disons ici quelques mots des dangers de la rougeole sauvage. Il est vrai que c’est la maladie d’enfance qui crée le plus de complications car elle diminue notablement l’immunité de l’enfant, ce qui explique son taux important de mortalité chez les enfants dénutris du Tiers Monde. De plus, le virus peut attaquer la muqueuse intestinale et aussi le cerveau, causant une encéphalite, rarissime mais très grave. Cette encéphalite, ainsi que «les jours de travail perdus par les mères d’enfants malades» furent il y a plus d’un demi-siècle les deux raisons évoquées pour lancer les campagnes de vaccination. Nous connaissons le tableau actuel, conséquence de cette vaccination massive et partiellement efficace : on a décrit beaucoup d’épidémies chez des individus vaccinés, et surtout la fourchette d’âge a été complètement bousculée. La nature avait prévu la rougeole pour les enfants de 5 à 9 ans, âge où les complications sont le moins fréquentes. Les bébés étaient protégés par les anticorps de leur mère, qui sont insuffisants chez les femmes vaccinées. Les statistiques d’hospitalisation pour rougeole brandies par les autorités sanitaires montrent bien que les cas graves et parfois mortels sont actuellement dans les pays du Nord: des bébés, des adolescents et de jeunes adultes. Mais revenons à Andrew Wakefield.

Le vilain n’est pas celui qu’on croit

La presse classique, aussi bien médicale que grand public, continue à traiter A.W. de vilain : il aurait agit par appât du gain (ce serait le cas de dire que c’est la charité qui se moque de l’hôpital), il aurait pratiqué des examens inutiles chez de pauvres enfants, il n’aurait pas suivi les directives du comité d’éthique… Pourtant, le principal vilain de cette histoire est un autre personnage : Brian Deer, journaliste, qui s’est lui-même vanté d’être à l’origine de la comparution du médecin devant le GMC. Proche des milieux de l’industrie pharmaceutique, c’est un triste sire. Il est prouvé qu’il s’est présenté pour enquêter dans une des familles d’enfants gravement lésés par la vaccination sous un faux nom et déclarant de façon mensongère appartenir au Sunday Times. Il a eu accès aux dossiers médicaux des enfants, chose parfaitement illégale. Au procès, il a présenté des textes qui étaient des rapports préliminaires corrigés par la suite, et fait disparaître des dossiers tout ce qui pouvait être contraire à ses objectifs. Les articles de Deer ont largement contribué à l’image publique de faussaire d’A.W. Il a même publié au début 2010 un article destiné à prouver qu’A.W. est un menteur dans un journal médical reconnu, le British Medical Journal, où les auteurs sont habituellement toujours des médecins. Dans son livre, Andrew Wakefield réfute chacune des affirmations de Deer. Le journaliste accumule les erreurs et les inexactitudes dans sa description des enfants malades. Ironiquement, A.W. relève la seule phrase correcte de ces articles: «certains parents le soutiennent, et d’autres, épuisés, sont découragés de lutter». Il y a bien sûr d’autres « vilains » dans cette histoire, le professeur Rutter entre autres, un des féroces détracteurs de Wakefield. Payé comme expert par le gouvernement des Etats Unis et par l’industrie pharmaceutique pour défendre le vaccin ROR, il a publié depuis 2005 cinq articles dans le but de contrer les conclusions de Wakefield, sans y déclarer ses conflits d’intérêt. Encore des vilains : le trop fameux Robert Murdoch et son fils James, accusés en 2010 d’écoutes téléphoniques illégales, ont des liens très étroits avec les laboratoires pharmaceutiques. James Murdoch fait partie de la direction du groupe GlaxoSmithKline, l’un des fabricants du ROR (cf. Financial Times, 2 février 2009). Il y a peu de doutes qu’ils aient joué un rôle dans le procès. Citons aussi le frère du directeur du Lancet (ce journal a du reste retiré l’article litigieux), un juge puissant qui a fait retirer l’aide juridique aux familles d’enfants lésés par le ROR.

Andrew Wakefield s’indigne….dignement

Le titre de son ouvrage paru en 2010 est un cri d’indignation :
Callous disregard…..grossière indifférence, total mépris pour la souffrance des enfants et de leurs parents de la part des médecins en place qui privilégient leurs institutions et leurs sacro-saints programmes de vaccination. Dans les nombreuses interviews qu’on peut trouver sur le net et où il parle toujours calmement, souvent en souriant, répondant clairement aux questions, A.W. aussi s’indigne.
– Indignation devant les injustices faites aux parents, rarement écoutés par la gent médicale et souvent accusés à tort, par exemple d’avoir secoué leur bébé moribond après un vaccin ou d’avoir inventé un diagnostic d’autisme dûment posé par un spécialiste chez un enfant guéri ou grandement amélioré par un régime alimentaire.
– Indignation devant le fait que les autorités sanitaires nord-américaines continuent à nier tout lien entre autisme et vaccination, alors que les autorités judiciaires du même pays ont reconnu ce lien et donné compensation financière à de nombreuses familles. Plus de la moitié des parents d’enfants autistes témoignent que les problèmes ont commencé après une vaccination et 90 % des parents américains jugent que la recherche sur la sécurité des vaccins est une priorité.
– Indignation devant l’omerta sur les causes de l’épidémie d’autisme (un véritable et très grave tsunami, dit-il). Cette épidémie touchant actuellement plus d’un enfant sur cent (un enfant sur 38 dans une des études !) ne peut être due logiquement qu’à des causes environnementales, car comment peut-on sincèrement accepter l’hypothèse d’une cause génétique dans une épidémie planétaire d’une telle proportion alors que les autistes ont rarement une descendance ? Or, la quasi-totalité des fonds consacrés à la recherche va aux chercheurs travaillant sur la génétique…
– Indignation devant les lois qui protègent Big Pharma contre toute poursuite de la part des victimes de vaccinations. Ce sera l’Etat (donc les gens, donc nous) qui devra payer.
– Indignation contre ceux qui prétendent que ses travaux ne valent rien, alors que des chercheurs dans plusieurs pays arrivent aux mêmes conclusions que lui.
– Indignation du peu de recherches sur la sécurité des vaccins. Ces recherches doivent être actives, et non passives (basées sur les cas signalés).
– Indignation sur le fait que les pédiatres sont les jouets de l’industrie. Coincés dans le système car une grande partie de leur revenu est basée sur les vaccinations, ils ne prennent pas le temps ni la peine de lire une autre littérature médicale que celle que leur fournit Big Pharma.
– Indignation encore: les autorités californiennes permettent aux jeunes filles dès 12 ans d’être vaccinées avec le HPV sans le consentement de leurs parents, après avoir visionné le matin à l’école une vidéo montrant une femme mourant d’un cancer du col.

Andrew Wakefield est-il un « anti-vaccinaliste » ?

J’ose écrire en souriant : pas encore ! Il peut par exemple regretter en conférence que les parents perdent leur confiance dans la sécurité des vaccinations, montrant par là qu’il ne les condamne pas totalement. On en a un exemple dans sa très remarquable conférence (1) donnée récemment à l’AAPS (Association américaine de médecins et chirurgiens). Ses premières réactions, dans les années 90, furent de déconseiller le vaccin trivalent pour privilégier les vaccins monovalents à cause du danger des interférences virales. Une grande partie des parents anglais le suivirent dans cette politique…et le vaccin rougeole seul fut six mois plus tard retiré du commerce en Grande Bretagne ! Son discours de base est l’urgence de recherches actives sur les suites des vaccinations et surtout l’urgence d’augmenter leur sécurité. En effet, les dangers proviennent de l’addition des toxiques des adjuvants (mercure, aluminium surtout), du rôle des virus vaccinaux et de la présence d’ADN recombinant, comme on l’a prouvé récemment dans le vaccin HPV. Les facteurs liés au receveur du vaccin doivent aussi être étudiés : vacciner un enfant malade, ne serait-ce qu’enrhumé devrait être formellement interdit. Reculer l’âge des vaccins à une période où son système immunitaire est plus mature devrait être pris en considération : de nombreux travaux prouvent que l’enfant plus âgé, même seulement de deux mois, fait moins de complications vaccinales. Des études aussi doivent être faites sur les effets des vaccins chez un enfant prenant des médicaments.

Andrew Wakefield est un juste

Je n’ai pu cacher dans cet article ma sympathie et mon admiration pour le courage, l’honnêteté, la gentillesse et l’intelligence d’Andrew Wakefield. En guise de conclusion, voici une citation de cet homme juste et droit : «Un nouveau syndrome a été décrit et reconnu dans le monde entier. La perte de mon droit de pratiquer en Grande- Bretagne est un prix léger à payer pour avoir le privilège de travailler avec des familles meurtries.»

( 1) Voir http://vaccineliberationarmy.com/dr-andrew-wakefield-speaks-at-the-american-assoc-of-physicians-and-surgeons.

Contre-attaque

Andrew Wakefield, , qui n’avait pas fait appel lors de sa condamnation par les autorités sanitaires britanniques, a porté plainte en diffamation le 3 janvier 2012 auprès des autorités juridiques du Texas, où il réside. Les accusés sont le journaliste Brian Deer, le Bristish Medical Journal et son éditorialiste Fiona Godlee. Reste à voir maintenant si la justice osera permettre à A.W de laver son honneur et de confondre ses détracteurs.

Pédiatre homéopathe à Genève, le Dr Françoise Berthoud fait partie du Groupe Médical de Réflexion sur les Vaccins en Suisse francophone et du Forum Européen de Vigilance Vaccinale. Elle est l’auteure des livres « Mon enfant a-t-il besoin d’un pédiatre ? » (éd. Vivez Soleil), « Hyperactivité et déficit d’attention de l’enfant : comprendre plutôt que droguer » (éd. Marco Pietteur) « La santé des enfants non vaccinés (éd. Jouvence) et « Trois enfants de ce temps » (éd. Xena)