Physiologie

Le glaucome est une maladie de l’œil associée à la destruction progressive du nerf optique. Cette pathologie constitue la seconde cause de cécité dans les pays développés. Le plus fréquent des facteurs destructeurs du nerf optique est l’hypertonie oculaire, c’est-à-dire une pression trop importante à l’intérieur de l’œil. L’atteinte visuelle causée par la maladie touche d’abord la périphérie du champ visuel, puis s’étend progressivement vers son centre. Le glaucome est souvent diagnostiqué à un stade déjà très évolué, lorsque la vision centrale est menacée. Le handicap visuel est alors irréversible.

Conflits

Comme on vient de le voir, le glaucome rétrécit le champ visuel de l’intéressé. Il y a dès lors deux pistes principales : les œillères que l’on aurait besoin de se mettre ou bien dont on souffre, ou bien deuxième possibilité inverse, un effet de loupe dont on aurait besoin ou dont on souffre. Dans ce cas, il pourrait s’agir de vouloir à tout prix se rapprocher de quelqu’un, de quelque chose ou d’une situation. Grâce à un effet de loupe, on pourrait y parvenir. « Je voudrais déjà être dans la chose, ou bien je voudrais que la chose soit à moi par l’annulation de la distance qui m’en sépare ! »
S’agissant de l’œil, il y aura nécessairement une tonalité visuelle, au sens propre comme au sens figuré (par exemple, une situation ou un souvenir visuel qu’on s’imagine, dont on souffre car on ne le voit plus ou, au contraire, qu’on ne voudrait absolument plus « voir »).
La langue des oiseaux nous donne la piste de la vision traumatique d’un « homme glauque », ou tout au moins quelque chose de glauque qu’il n’aurait pas fallu voir ou qu’il ne faudrait plus voir. En allant un peu plus loin dans ce domaine, on peut se demander si les expressions suivantes se rapportant à l’effet de loupe mentionné au-dessus nous parlent : « ai-je loupé quelque chose ? (ai-je raté de peu un examen que je visais profondément ?), suis-je parvenu à tout passer à la loupe comme je l’aurais souhaité ou comme il aurait fallu que je le fasse ? »

Des histoires

Trente ans après un exil, une personne retourne dans sa terre natale qui ne ressemble pas au souvenir qu’elle en conservait. Les paysages se sont dégradés. Le paradis originel a disparu. C’est un grand stress. Il faudrait des œillères pour supporter cette vision. Le glaucome se déclenche par nécessité symbolique.
Christian Flèche donne dans son ouvrage sur les problèmes oculaires cet exemple qui se rapporte cette fois à l’inverse, c’est-à-dire à un effet de loupe symbolique : « une femme corse est, à cause de ses enfants vivant à Paris, loin de son pays d’origine. Elle le vit mal et veut garder ce repère dans son œil, sous la forme d’images mémoires. Reconnaissant son émotion, puis l’acceptant, elle a guéri rapidement. » Dans ce cas-là, c’est comme s’il avait fallu grossir par effet de loupe la vision de ces souvenirs de jeunesse. N’y parvenant pas, la « mal-à-dit » s’installe.
Pour illustrer cette fois un cas issu de la langue des oiseaux, Jean vient d’apprendre que son fils s’est suicidé en se pendant dans sa maison. Il est effondré, d’autant qu’il s’agit de son fils préféré. Deux jours plus tard, il se rend à la morgue pour voir une dernière fois son enfant qui porte encore les stigmates de la pendaison. C’est probablement la vision la plus glauque de sa vie.
Il déclenche un glaucome (« homme glauque » en l’occurrence) à ce moment-là, et la maladie sera perceptible physiquement chez lui quelques semaines plus tard.
On notera enfin que cette maladie touche davantage les femmes que les hommes. Se pourrait-il qu’une femme découvrant une infidélité de son conjoint considère ce dernier comme « glauque » ? A moins qu’il ne s’agisse pour elle de souhaiter le voir revenir vers elle à travers un effet de loupe symbolique ? Ce ne sont que des pistes que seul le ressenti des personnes concernées pourra venir confirmer ou infirmer.

En homéopathie

Les remèdes les plus usités sont « Prunus spinosa » ou « Bryonia alba ». A noter que dans les cas d’urgence et afin de faire baisser la pression dans l’œil, dans son « dictionnaire homéopathique d’urgence », le docteur Louis Pommier préconise l’utilisation de la glycérine (1.5 gramme multiplié par le poids en kilos de la personne à absorber avec un jus de fruits).

Pour conclure

Il existe de nombreuses sortes de glaucome (pigmentaire, d’origine cristallinienne, primitif à angle fermé, primitif à angle ouvert, secondaire,…). Pour plus de précisions sur les différentes tonalités associées, on pourra se référer à l’ouvrage d’Eduard Van den Bogaert, le « Dictionnaire des codes biologiques des maladies ». Néanmoins, les tonalités principales resteront en général celles citées dans la partie consacrée aux conflits, à savoir : les œillères, l’effet de loupe au sens large et la vision glauque.
On peut ajouter que dans les cas plutôt rares de glaucomes congénitaux, on ira chercher nécessairement dans le vécu des parents pendant la gestation, et plus particulièrement de la mère, un stress correspondant à ceux mentionnés plus haut. Si on ne trouve rien, il conviendra de se lancer dans une recherche transgénérationnelle avec ces deux questions essentielles : « Avec quel ancêtre cet enfant est-il en lien privilégié et qu’y aurait-il dans son vécu qui pourrait nécessiter cette solution adaptative« inadaptée » de naître avec un glaucome ? »

Emmanuel Ratouis

Emmanuel-RatouisPsyschogénéalogiste spécialiste des liens entre les histoires familiales et les prises de risques, Emmanuel Ratouis est l’auteur des livres « Pourquoi j’aurais du mourir en montagne », « Cent histoires pour mieux comprendre l’inconscient familial qui nous gouverne » et « Nos accidents ont-ils un sens ? » (éd. Les Méandres). Il partage aujourd’hui sa vie entre les expéditions lointaines, son métier de guide de haute montagne, l’écriture et les consultations en analyse transgénérationnelle. www.tupilak.com
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