Lorsque les informations bousculent les idées reçues, elles passent généralement inaperçues. Soit nos médias censurent purement et simplement les nouvelles dérangeantes, soit ils les relaient très discrètement. Par exemple, les découvertes scientifiques qui contredisent  le discours médical dominant ont peu de chances de passer la rampe médiatique. C’est ce qui s’est passé dernièrement avec une étude japonaise publiée dans la revue Journal of Epidemiology. J’en ai seulement entendu parler via le site internet LaNutrition.fr. Elle n’a pas fait la une des quotidiens et des télévisions alors qu’elle aboutit à la saisissante conclusion que la consommation de fruits et de légumes ne diminue pas le risque  de cancer. En analysant les données de plus de 250.000 hommes et femmes, les chercheurs nippons n’ont pas trouvé qu’une alimentation riche en végétaux est synonyme de protection contre les pathologies cancéreuses. Ça fait pourtant des décennies qu’on nous raconte le contraire. Dans la grande église de la médecine classique comme dans les nombreuses chapelles de la médecine naturelle,  on nous sermonne sur nos moeurs alimentaires et  on nous incite à mieux manger pour échapper aux pinces du crabe. Or c’est bien ce credo qui vient de voler en éclats ! 

Certes, un léger effet protecteur des fruits et légumes est apparu dans d’autres études préalables. Certes encore,  la recherche japonaise a trouvé  un faible bénéfice préventif de ces deux  catégories d’aliments sur des cancers spécifiques comme celui de l’estomac, du poumon et du sein. En outre, ce travail a le défaut qu’il ne fait pas la distinction entre les  fruits et les  légumes (ce sont surtout ces derniers qui sont bénéfiques) ni entre les différents légumes (ce sont surtout les crucifères qui contiennent des agents anticancéreux). Si l’enquête avait porté sur les baies rouges ou le seul chou brocoli, ses résultats auraient probablement été différents. De plus, elle met dans le même sac les produits conventionnels et ceux issus de l’agriculture biologique alors que les fruits et légumes bio renferment davantage d’antioxydants et pas (ou très peu) de résidus de pesticides. Enfin, l’analyse japonaise porte sur le régime habituel d’une large population et ne s’intéresse nullement aux monocures végétales, encore moins à l’ingestion de fruits et légumes sous forme de jus. Il serait donc abusif d’en déduire que toute stratégie nutritionnelle est impuissante à éloigner ou soigner le cancer. Le rôle précieux de certains minéraux et vitamines est d’ailleurs bien démontré, notamment depuis la fameuse étude SUVIMAX.  Et les atouts  la diète méditerranéenne sont suffisamment prouvés.

Il n’empêche que l’étude en question marque un tournant. Elle montre qu’il n’y a aucune association inverse significative entre la consommation de fruits et légumes et le risque de cancer en général. Et ce n’est pas la seule étude du genre.  En cherchant les références de l’étude japonaise, j’ai par exemple trouvé une autre étude parue en 2011  dans le prestigieux  British  Journal of Cancer.  Son auteur explique qu’il n’y a pas de preuve solide que les gros mangeurs de denrées végétales développent moins de tumeurs. Il est donc permis d‘en inférer qu’on ne crée pas – ou très modestement –  cette maladie avec ses dents  et que les principaux facteurs cancérigènes ne se situent pas dans nos assiettes. Logique : si une « bonne » nourriture est impuissante à repousser le crabe, on ne voit pas pourquoi une moins bonne lui ferait office de nid.  Quels sont alors les vrais catalyseurs  de cancer ? L’abus d’alcool et de tabac bien sûr. La pollution de l’environnement évidemment. Mais un mode vie et un cadre de vie malsains ne sont-ils pas aussi des boucs émissaires trop commodes ? En tout cas, ils obnubilent les mêmes médecines qui nous vantent sans désemparer l’illusoire bouclier des fruits et des légumes. Il serait temps de leur mesurer notre confiance et de s’intéresser, enfin,  à la causalité psycho-émotionnelle des maladies.  Car il ne faut pas compter sur elles pour le faire.

Dans une précédente infolettre, je vous ai par exemple exposé la véritable omerta entretenue par L’INCa (Institut français du cancer).  Dans toutes ses campagnes d’information et de prévention, cet organisme ne cite jamais le stress et les conflits existentiels parmi les causes des pathologies cancéreuses, ni même parmi les facteurs de risques favorisant leur déclenchement. On ne peut pas tabler sur les autorités de santé et les associations parastatales (souvent financées par l’industrie pharmaceutique) pour avertir le public que la genèse des cancers se situe bien davantage dans le vécu émotionnel que dans des habitudes et assuétudes délétères. Normal puisque la médecine officielle repose entièrement sur des postulats matérialistes et dualistes séparant le corps et l’esprit. Mais pourquoi diable les médias de médecine naturelle, en principe acquis aux conceptions holistiques de l’être humain,  font-il la même erreur ?  C’est pour moi un grand mystère.  Récemment, j’ai encore été stupéfié par ce que j’ai lu sur un site internet très populaire se présentant comme le champion de la médecine intégrative et le héraut des méthodes de santé alternatives.  Dans une newsletter, ce géant du web a dressé le liste que voici des « 10 plus grandes causes de cancer » : 1) Le tabac 2) La pollution 3) L’alimentation 4) Les virus et bactéries 45) Le soleil 6) La prédisposition génétique 7)  L’exposition à des radiations 8) L’alcool 9) Les médicaments 10) Les perturbateurs endocriniens.

Outre le fait que cet inventaire verse dans l’héliophobie et dans l’orthodoxie pasteurienne, vous remarquerez qu’il ne fait aucunement mention du stress, du psychisme et des émotions. C’est quasiment du copié-collé de la communication de l’INCa et d’autres institutions censées nous informer sur le cancer. Quand je vois ça, je vous avoue que je suis un peu découragé. Ça fait bientôt trente ans que j’ai écrit mon premier article sur les thèses révolutionnaires du Dr hamer.  Ça fait  une trentaine d’années également que j’ai rencontré le célèbre neurobiologiste  Henri Laborit  et que celui-ci, sans la moindre hésitation, m’a confié sa certitude que le cancer était bien une maladie psychosomatique. Et ça fait  six ans que j’édite un mensuel  de santé globale reposant essentiellement  sur les travaux de ces deux grands découvreurs. Nous y avons interviewé bon nombre de médecins et chercheurs défendant également l’idée, largement étayée par la science, que le cancer est avant tout une maladie de l’âme, prenant sa source dans le cerveau. Le message tarde à percoler, mais j’espère bien qu’il finira un jour par percer le granit des vieux paradigmes dépassés. En attendant, je vous souhaite de prendre conscience que les  principaux facteurs protecteurs et promoteurs de cancer ne sont pas d’ordre alimentaire. Mangez équilibré mais ne traquez plus compulsivement le crabe dans votre assiette !

 

Yves Rasir