LA MALADIE, ÉCHEC DE LA CRÉATIVITÉ

Auteur du livre « Le cancer apprivoisé », le psychologue belge Léon Renard a été un des premiers à intégrer les découvertes du Dr Hamer dans sa pratique thérapeutique. Dans cette série de 3 articles, il développe une vision personnelle de la santé et de la maladie qui englobe l’évolution spirituelle de l’être humain, celle qui concerne sa conscience. Le premier volet aborde l’idée que la santé globale réclame souplesse, ouverture au changement et créativité.

Cet article part du principe que l’être humain n’est pas qu’un corps mais est constitué aussi de pensées, d’imagination, d’émotions, de sensations et de sentiments, et qu’il existe une interaction constante entre les deux pôles de son être. A chaque instant de la journée, nous nous adaptons aux situations que nous rencontrons afin de maintenir un équilibre dynamique. Cette adaptation est similaire à celle que nous utilisons pour garder l’équilibre de la position verticale de notre corps soumis à la gravitation. Lorsque le sol est plus ou moins plat et stable, le maintien de l’équilibre est facile, mais dès que le sol est accidenté et instable, en pente ou en montée, cela devient plus ardu. Comme vous le savez, la vie n’est pas toujours « un long fleuve tranquille » et il est parfois nécessaire de faire face à des situations qui sont bouleversantes ou dangereuses. Dans ces situations, nous rencontrons les ressources qui nous manquent et celles que nous pouvons utiliser afin de pouvoir nous adapter ou agir pour y survivre. Lorsque nous sommes confrontés au diagnostic d’une maladie, nous ne sommes pas tous égaux. Avez-vous anticipé, vous êtes-vous préparé à rencontrer éventuellement une situation bouleversante ou êtes-vous démunis et désorientés lorsqu’elle se présente ? Que vous soyez préparés ou non à une maladie, lorsqu’elle survient vous avez le choix d’être un partenaire actif ou passif dans le retour à la santé. Selon que la maladie soit considérée par la médecine et/ou par vous-même comme grave, la stratégie que vous allez utiliser sera différente. La gravité d’une maladie est admise lorsqu’elle met, à plus ou moins long terme, votre vie en danger. Ce diagnostic est établi selon des données objectives relatives à l’évolution de la science à une époque donnée. La gravité d’une maladie sera perçue par vous-même, à la fois d’une manière objective et subjective, selon l’importance que vous octroyez au diagnostic.
Voyons trois perceptions subjectives différentes.
– Depuis des années, Simone a été incitée à adopter des comportements qui, selon elle, permettaient d’éviter la maladie. Elle s’est investie dans des lectures, des séminaires, des ateliers, des actions pour se maintenir le plus longtemps possible en santé. De plus, elle souhaite servir d’exemple aux autres, donne des conseils afin d’aider chacun à imiter son comportement. Lorsqu’une maladie se déclare, elle est déçue et gênée de ne pas avoir pu prouver que son investissement était capable de la préserver de la maladie. Si on lui diagnostique un cancer, c’est un énorme choc car cela arrive à contre-pied du résultat attendu. Une telle personne se trouve alors plus démunie qu’une autre qui ne s’était pas investie toute sa vie pour conserver sa santé, car elle n’a plus de solution. J’entends alors : « Je me nourris sainement, je ne bois pas, je ne fume pas, je veille à mon équilibre mental et émotionnel, je respecte mon corps (en lui offrant
activité, repos, hygiène), les autres et l’environnement, alors pourquoi ce cancer ? ».
– Vincent n’a jamais fait attention aux règles de vie qui sont régulièrement proposées dans les médias : activité physique, alimentation équilibrée, détente, hobby, évitement du tabac, de l’alcool et des graisses, gestion des émotions. A l’annonce d’un cancer, c’est le choc. Deux réactions sont possibles : soit il remet complètement sa santé dans les mains de la médecine dans l’espoir de guérir, soit, tout en suivant les traitements proposés par la science, il décide de se renseigner afin de pouvoir agir pour favoriser le retour de sa santé.
– Sylvie est, elle aussi, atteinte d’un cancer, mais elle est persuadée que c’est une punition pour certaines actions dont elle se sent responsable. Ce n’est pas vraiment un choc, car elle s’attendait à un châtiment sans en connaître la forme.

La marge de tolérance

Chaque organe, chaque système de notre organisme possède un seuil, une marge de tolérance à ne pas dépasser au risque d’être déséquilibré, endommagé ou détruit. En pharmacologie, cela s’appelle la dose létale (DL), la dose à ne pas dépasser au risque de mettre en danger l’organisme. En mécanique appliquée, on parle de résistance des matériaux (RDM), de point de rupture. Il existe une marge de tolérance pour le physique mais également pour le psychique (pensée, imagination, émotion).
à la naissance, nous avons reçu un corps et donc une certaine hérédité, mais également un psychisme conditionné par le vécu de notre mère dans un environnement qui comprend le père et les autres. Nous pouvons avoir hérité d’un corps et d’un psychisme fort, d’un corps fort et d’un psychisme faible, d’un corps faible et d’un psychisme fort, d’un corps et d’un psychisme faibles.
Pour favoriser la compréhension de la dynamique de la tolérance, je vous propose de vous visualiser en voiture sur une route limitée par une bordure à droite et à gauche. Si, par distraction, vous avez laissé votre véhicule se diriger vers la limite de la route à ne pas dépasser, le comportement de la voiture va vous inciter à corriger votre conduite. Il en est de même pour notre corps, ce véhicule que nous utilisons pour rencontrer les divers paysages de notre vie.
Prenons l’exemple de l’alimentation. Un excès ou un manque de certains éléments indispensables au bon fonctionnement de notre corps peut amener un déséquilibre plus ou moins important. Les symptômes viennent pour nous obliger -comme la voiture qui roule sur la bordure- à corriger la manière de «conduire» notre vie alimentaire. De même, trop ou pas assez de sommeil, d’activité physique, crée des pics ou des creux qui peuvent dépasser notre marge de tolérance comme le montre la figure1:
Même si toute notre vie nous avons veillé à ne jamais dépasser notre marge de tolérance grâce à une alimentation équilibrée, un sommeil et une activité suffisante, une gestion des stress, cela n’évite pas nécessairement le cancer.
Cela veut-il dire qu’il ne faut pas tenir compte de l’alimentation, du respect du corps, de ses pensées, de ses émotions, de ses comportements et des autres ? Le bon sens recommande, si je reprends l’exemple de la voiture, de lui donner une eau, une huile et un carburant de qualité, de veiller à sa propreté et de la conduire dans un environnement adapté et dans le respect des autres usagers de la route. Il en est de même avec notre corps, un véhicule bien plus précieux qu’une voiture car nous ne pouvons pas le remplacer par l’achat d’un neuf.
Ce comportement relié au bon sens est donc indispensable au respect de la vie mais ne va pas nécessairement empêcher votre voiture, votre corps de « tomber» en panne. Même l‘écologie la plus parfaite ne va pas empêcher toutes les tempêtes, les inondations, les tremblements de terre ou les glaciations. Comment intégrer ces paradoxes ? Comment admettre que, même en respectant les règles qui favorisent le bien-être et la santé, nous puissions quand même être malade, vivre des drames ? Nous verrons cela dans le paragraphe consacré à l’évolution, car l’être humain, vu globalement, n’est qu’une partie d’une immense évolution. Sa marge de tolérance n’est qu’un fragment d’hologramme d’un immense hologramme dont actuellement il n’a pas encore complètement conscience. Nos marges de tolérance physique et psychique reçues à notre naissance (y compris la période fœtale) sont dynamiquement élastiques. Nous pouvons les réduire ou les augmenter jusqu’aux limites de l’extension de leur élasticité. L’élastique possède également une marge de tolérance.
Voyons ensemble ce qui contribue à réduire ou augmenter une marge de tolérance. Pour cela, imaginez cette marge comme un territoire. Ce territoire est celui que vous avez reçu par héritage. Pour avoir un corps, vous dépendez de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovocyte. Ces derniers possèdent la mémoire, l’hérédité de leur créateur et de nombreux potentiels non encore activés par vos géniteurs. Au début de votre vie, vous dépendez complètement de vos parents et vous allez améliorer, décorer votre territoire intérieur avec les expériences sensorielles proposées par votre environnement immédiat. Au même moment, dans votre cerveau, de nombreuses connexions neurologiques vont se créer. Progressivement, vous allez vous identifier aux expériences vécues, qu’elles soient positives ou négatives, et cela va créer votre personnalité. Ces identifications, bien que nécessaires, possèdent un désavantage car elles créent une rigidification, une cristallisation, un manque de souplesse. Tant que l’avantage est propice aux vécus des expériences que vous rencontrez, tout est parfait. Par contre, si de nouvelles circonstances recommandent de modifier votre comportement, cela peut devenir difficile si votre personnalité s’est identifiée aux anciennes habitudes. Vous l’aurez compris, l’identification ne peut-être une aide que dans le territoire connu. Pour agrandir votre territoire, il est nécessaire de quitter le connu pour aller vers l’inconnu et c’est là que se trouve la difficulté.
Heureusement, à certains moments de notre vie survient une pulsion impérieuse de quitter l’identification ; la plus connue s’appelle la crise d’adolescence. L’adolescent ne veut plus être identifié à du connu et recherche des expériences en dehors du territoire offert par ses parents, la société. Sans le savoir, il agrandit ainsi son territoire, sa marge de tolérance et peut ainsi y aménager sa vie selon ses envies. Cette crise est l’occasion de rejeter les conditionnements que l’adolescent a reçus pendant son développement d’enfant dépendant. Progressivement, l’adulte qu’il devient va s’identifier à son nouveau territoire et le protéger coûte que coûte. Bien que cette protection soit nécessaire à la construction de son individualité, elle va devenir un inconvénient car, à partir de là, sa marge de tolérance ne va plus beaucoup s’agrandir. De plus, en vieillissant, l’adulte va faire de moins en moins de nouvelles expériences et va fonctionner avec des conditionnements, des automatismes rassurants pour conserver ses acquis, son patrimoine intérieur. Le manque de nouvelles stimulations va opérer une diminution de sa marge de tolérance et réduire également le nombre de connexions neurologiques dans le cerveau. Un manque de stimulations conduit à une atrophie, une réduction de la fonction par un souci naturel d’économie et c’est alors l’apparition de nombreuses scléroses.
Voyons cela dans la figure 1. Deux personnes sont représentées, l’une par une marge de type A et l’autre de type B.
Les pics et les creux 1, 2, 4, 5, 6 et 7 ne sont pas un déséquilibre pour B sauf le pic 3. L’hérédité, le manque de nouvelles stimulations sensorielles et le maintien des anciennes ont empêché A d’agrandir sa marge.
Les habitudes réduisent progressivement le territoire intérieur. Prenons l’exemple d’une personne qui, il y a des années, a réussi, selon elle, à se guérir d’un cancer en modifiant son alimentation. Ce changement a provoqué une stimulation dans son corps et favorisé à la fois une modification d’un pic ou d’un creux, et une augmentation de sa marge de tolérance. Par contre, la nouvelle alimentation va progressivement devenir elle-même une habitude et un risque d’identification qui va entraîner une diminution de la marge de tolérance par manque de nouvelle stimulation. S’il existe ou survient encore un pic ou un creux, il y a risque d’un dépassement de la marge lorsqu’elle se réduit et risque de rechute.
En résumé, même si vous vivez d’une façon saine et équilibrée, cela ne vous prémunit pas d’un dépassement d’un pic ou d’un creux. L’habitude de vivre sainement vous aura permis pendant plusieurs années d’être à l’abri d’un déséquilibre mais n’a pas nécessairement augmenté votre marge de tolérance. Il est certes préférable de réduire au mieux les pics et les creux, les excès et les manques, mais comme il n’est pas toujours possible de les éviter, il convient de favoriser l’augmentation de la marge de tolérance. N’oubliez pas que celle-ci est élastique. Comme il y a, comme on dit, « de la marge », pourquoi ne pas en profiter pour agrandir votre territoire intérieur ? Cela vous permettra d’intégrer les pics et les creux inattendus que vous ne pouvez empêcher ni contrôler.
Dans la pratique, il convient de modifier régulièrement ses habitudes, qu’elles soient alimentaires, sportives, physiques, psychiques, etc.. Je recommande souvent à mes clients de jouer à modifier leurs petites habitudes. Se lever, prendre sa douche, ouvrir une porte, marcher, parler, agir autrement que d’habitude, même manger temporairement des aliments qui ne convenaient pas auparavant. Oser rencontrer des situations stressantes, des personnes que vous avez évitées pendant un certain temps afin de vous prémunir émotionnellement. Il y a une grande différence entre être une victime impuissante et choisir soi-même d’être une victime active. C’est la même chose que choisir de sauter soi-même dans l’eau ou d’être poussé dans l’eau sans l’avoir choisi. Ces stimulations sont généralement appelées des « stress positifs ». Si le stress devient une habitude, donc chronique, il n’est plus bénéfique. La vie est un processus dynamique de changement, un processus d’évolution qui a favorisé l’émergence de nouvelles espèces ainsi que l’évolution humaine.

L’évolution jusqu’à l’être humain

Nous avons vu que la maladie est un système éducatif afin que nous puissions corriger nos comportements maladroits ou inconscients, mais cela favorise aussi de nouvelles expériences qui élargissent notre territoire, et notre liberté qui passe par la sortie de l’enfermement dans nos habitudes. Lorsque nous stagnons, le processus d’évolution s’arrête car nous ne sommes plus capables de nous adapter aux nouvelles situations et modifications apportées par la vie dans son mouvement permanent. Une nouvelle espèce ne peut apparaître que si l’espèce précédente se trouve en échec, sans solution. Les organismes vivants ont réussi à modifier, supprimer, créer de nouveaux organes pour s’adapter aux nouvelles conditions de leur environnement. Ils ont dû sortir de leurs habitudes sécurisantes pour se transformer. La plupart des tentatives d’adaptation ont échoué avant qu’un prototype devienne fonctionnel et s’intègre dans l’organisme existant. Toutes ces tentatives, toutes ces modifications biologiques inadaptées s’appellent des maladies, des déséquilibres, des malformations et pourtant elles créent le chaînon entre l’ancienne espèce et la nouvelle. Les végétaux sont également capables de se transformer pour survivre et même devenir résistants à certains traitements chimiques.
En résumé, la majorité des espèces, y compris l’être humain, sont apparues grâce à une situation qui a menacé la survie de l’espèce précédente. Autrement dit, une situation menaçant la survie a créé un déséquilibre (maladie) afin de favoriser une modification des habitudes fonctionnelles qui ne sont plus adaptées à la nouvelle situation. L’évolution est un processus créatif animé par des pics et des creux. Là où, pour certains individus, le déséquilibre est un tremplin pour créer de la nouveauté, pour d’autres, cela devient une limitation, un handicap, voire même la mort.

Le choc qui transforme

Nous avons vu que plus une personne s’est identifiée à un rôle, un objet, un titre, une chose – que j’appelle le tuteur – moins elle est souple au changement. Un individu qui est accroché, dépendant de son tuteur pour exister, va tout faire pour le protéger. Le seul moment où cet individu est vulnérable, c’est lorsqu’un événement imprévisible lui arrache brutalement son tuteur. Le pic du surstress dépasse alors rapidement la marge de tolérance confortable où il existe et l’oblige, pour que le choc soit intégré, d’agrandir sa marge en se libérant de son tuteur. Plutôt que de développer une nouvelle attitude, plutôt que de développer sa créativité, il continue généralement de vivre le choc en victime impuissante et, comme l’a démontré le Dr Hamer, c’est le corps qui prend en charge la solution. Jusqu’à l’être humain, l’évolution s’est manifestée dans les formes extérieures mais depuis l’apparition de la conscience de soi, le monde intérieur ne s’est guère transformé car toujours conditionné par la survie dans le monde extérieur. L’évolution, pour l’être humain, ne serait plus dans sa forme en relation avec le monde extérieur mais dans une modification de son monde intérieur, celui de sa conscience. Actuellement, l’être humain n’est pas encore libre dans son univers intérieur car il n’est pas encore un créateur.
Le Dr Hamer affirme, comme vous l’aurez appris dans Néosanté, que la maladie est un programme spécial bien-fondé de la nature activé lors d’un conflit biologique brutal imprévisible. Le Dr Sabbah préfère dire que la maladie est la solution parfaite de notre cerveau biologique. Quant à moi, je suis persuadé que si la maladie est une solution biologique, une tentative d’adaptation archaïque de survie des espèces végétale, animale et humaine, elle est, par contre, un échec de la créativité d’un adulte, un échec de l’évolution de sa conscience encore dominée par d’anciens réflexes de survie hérités du monde extérieur.

L’apprentissage de la créativité humaine, essentiellement consacré à sa survie et à ses plaisirs dans le monde des formes, du paraître, fut une grande réussite. Toutefois, cette créativité s’est retrouvée accaparée par l’évolution extérieure et n’a pas été adaptée au monde intérieur. Alors qu’il avait la possibilité de devenir un dieu, d’être un créateur libre dans son monde intérieur, l’être humain est resté un dominateur du monde extérieur en forçant la nature à s’adapter pour satisfaire ses besoins. Nous poursuivrons cette réflexion dans un prochain numéro.

Auteur du livre « Le cancer apprivoisé – Les ressources insoupçonnées de l’être humain » (Editions Quintessence), Léon Renard exerce depuis 30 ans au CPE (cabinet de psychothérapie évolutive). Il est passionné par la santé globale (président de l’asbl Objectif Santé Globale), les recherches sur la conscience et son évolution à travers les règnes. Il anime, sur demande, des ateliers et des conférences en Belgique et à l’étranger qui intègrent ses nouvelles découvertes.
Ses sites web : www.alasanteglobale.com,
www.selibererdespeurs.be