Comme postulat de base du décodage biologique, il est dit que, en dehors des cas particuliers, l’origine du symptôme répond à une certaine logique, la biologie mettant en œuvre la stratégie qu’elle estime appropriée. Si, le plus souvent, la logique du symptôme est parfaitement évidente, je remarque aussi qu’elle ne l’est pas toujours. En effet, dans certains cas, alors même que le lien entre le stress vécu et le manifesté est parfaitement évident, la logique du symptôme est parfois incompréhensible. Manifestement, comme ceux de Dieu, les desseins de Mère Nature peuvent être impénétrables.

L’histoire de Catherine

Pour illustrer mon propos, voici d’abord le cas de Catherine, une belle jeune femme de vingt-cinq ans confrontée à une importante perte de cheveux qualifiée de pelade atypique par son médecin puisque n’affectant que sa chevelure et non pas l’ensemble de sa pilosité. Cela ne manque pas de beaucoup la stresser. Catherine perd ses cheveux dans une circonstance bien définie : lorsqu’elle est éloignée du cocon familial. Mais elle cesse immédiatement de les perdre dès qu’elle est de retour parmi les siens. On peut donc envisager un conflit de séparation, d’autant plus que Catherine a vécu sa première année de vie dans un orphelinat en Pologne avant d’être adoptée par un couple français. De plus, Catherine a remarqué qu’elle perd ses cheveux seulement lorsqu’elle s’éloigne de sa famille pour raisons ‘professionnelles’ (études, séjours linguistiques à l’étranger, formations, stages, emplois, etc.) et jamais lorsqu’elle part en vacances, par exemple. On pourra mettre cela en relation avec les fréquentes et longues absences pour raisons professionnelles de ses parents adoptifs durant son enfance, ces derniers étant à l’époque navigants dans une compagnie aérienne.
Il se peut même que cette pelade ait un lien avec le décès brutal de sa mère adoptive lorsque Catherine a dix-huit ans et alors que cette famille vit sur son lieu de travail, ses parents étant devenus hôteliers précisément à cette période. En effet, Catherine a remarqué que cette chute de cheveux est plus marquée lorsqu’elle habite sur son lieu de travail, c’est-à-dire un hôtel puisqu’elle est employée dans ce secteur d’activité. Quoi qu’il en soit, la relation entre la cause et l’effet est parfaitement évidente. On peut facilement concevoir que vivre séparée de sa famille puisse être un stress inconscient majeur en considérant le contexte de sa venue au monde et/ou les absences répétées de ses parents adoptifs durant son enfance. On peut aussi concevoir qu’il y ait un rapport avec le décès de sa mère adoptive, Catherine pouvant inconsciemment faire le lien entre le fait de vivre dans l’hôtel où l’on travaille et le drame induit par ce deuil (voir le mécanisme de l’allergie).
Et on peut même concevoir que Catherine puisse être prise dans une peur inconsciente genre ‘Travailler dans un hôtel = mort’ puisque la maladie de sa mère adoptive s’est précisément déclenchée au moment où ses parents deviennent hôteliers. Jusque là, je n’ai aucun mal à suivre. Par contre, je ne saisis absolument pas la logique du symptôme : en quoi la perte des cheveux (et seulement des cheveux) est-elle adéquate dans ce cas ? J’avoue ne pas le comprendre ! À moins que le symptôme ne réponde à aucune logique. Cela dit, dans le cas de Catherine, nous ignorons tout de l’histoire de ses parents biologiques, du vécu de sa mère pendant la grossesse, ni de sa première année de vie en orphelinat. On peut imaginer beaucoup de choses qui expliqueraient la logique du symptôme. Ainsi, par exemple, on peut émettre l’hypothèse suivante : bien souvent dans les orphelinats, on rase la tête des enfants pour combattre les poux.

L’histoire de Vincent

Un autre cas s’est présenté dernièrement : celui de Vincent, un charmant jeune homme de dix-huit ans soudain confronté à une prostatite inflammatoire aiguë. J’ai présupposé une problématique liée à sa sexualité d’une manière ou d’une autre puisque la prostate est, en quelque sorte, le chef d’orchestre de la sexualité masculine. Mais le fait est que je n’ai strictement rien trouvé dans cette tonalité. Par contre, le déclencheur du symptôme est parfaitement évident de mon point de vue, puisque les premiers signes de cette prostatite apparaissent seulement quelques heures avant une des épreuves les plus difficiles de sa vie : informer son entraîneur qu’il renonce à poursuivre sa carrière sportive.
Les points essentiels de l’histoire de Vincent sont les suivants : en deuxième année de maternelle, on détecte chez lui une très forte dyslexie. Même s’il est entouré d’adultes très bienveillants à son égard, il sera profondément affecté du fait de sa peur que ce handicap lui vaille le désamour de ses parents. Cela dit, à la même époque, il entre dans un club sportif où sa dyslexie ne pose strictement aucun problème et qui peut même être un avantage. Très motivé, il est rapidement remarqué par l’entraîneur que Vincent considère aujourd’hui comme son deuxième père. Dans ce contexte très favorable, il s’épanouit jusqu’à devenir champion de France cadet à 14 ans. Sauf que Vincent est un garçon sensible et surtout très perspicace qui va rapidement comprendre combien le monde sportif en général est un panier de crabes, et plus particulièrement dans sa disciple : il va observer comment son petit club de province est brimé par la Fédération ; il va être confronté à la stupidité (ou pire encore) de certains dirigeants , etc.
Tant et si bien que cela va l’écœurer et complètement le démotiver : ses résultats s’en ressentent bien sûr, il doute de lui . C’est à partir de ce moment qu’il va petit à petit renoncer à sa carrière sportive pourtant très prometteuse. Mais le problème est qu’il doit l’annoncer à son deuxième père, ce qui le met dans une peur très profonde. C’est à mon avis cela le déclencheur de sa prostatite ; mais je ne peux pas expliquer pourquoi cette peur s’est mise sur cet organe précisément. Si vous le savez, merci de me le dire (laurent.daillie@wanadoo.fr). Cela dit, on peut tout simplement envisager que ce renoncement puisse le mettre en cause dans sa virilité.

En conclusion

Tout cela ne fait que renforcer ma certitude : ce n’est jamais le symptôme qu’il faut considérer en premier lieu, mais toujours l’histoire de la personne. Que la logique du symptôme soit évidente ou qu’elle ne le soit pas, cela n’a finalement pas d’importance.

Laurent Daillie

Naturopathe causaliste et consultant en Décodage des Stress Biologiques et Transgénérationnels (Paris et Bourgogne), Laurent Daillie est passionné par les origines de l’Homme et par ses réflexes de survie primitifs. Il anime des formations et des conférences en France et en Belgique. Il est l’auteur du livre « La Logique du Symptôme », publié aux éditions Bérangel.
Info : www.biopsygen.com
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