Depuis deux mois, je vous invite à réfléchir avec moi aux conditions à mettre en œuvre pour se guérir d’une maladie, quelle qu’elle soit. À l’instar de Carl Gustav Jung, je persiste à dire qu’il faut réunir trois éléments pour se donner un maximum de chances de guérir : la prise de conscience, l’action et la persévérance.

Remarquons que, même lorsque ces trois facteurs sont réalisés, nous n’avons encore aucune garantie absolue de guérison. Tout ce que nous faisons pour guérir, en effet, n’est qu’une condition nécessaire, mais jamais suffisante. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, l’homme propose, mais c’est la Nature qui dispose…
Le mois dernier, je concluais mon article par une question que beaucoup de personnes se posent : « Que faire lorsqu’une solution concrète ne peut être mise en œuvre ? Que faire, en effet, lorsqu’on n’a aucune prise sur les circonstances extérieures qui ont “provoqué”, qui ont “déclenché” l’apparition de notre maladie ? » Comme le disait un de mes anciens professeurs d’épistémologie des sciences, souvent la réponse est dans la question.
En effet, dire qu’aucune solution concrète n’existe, c’est entretenir la croyance que c’est l’événement extérieur qui a déclenché la maladie, que ce sont les circonstances extérieures qui ont provoqué le déséquilibre morbide. Affirmer cela nous place dans une double posture de victime. Nous sommes victime une première fois en croyant que nous n’y sommes pour rien dans le fait d’être « tombé malade », que c’est l’événement qui en est responsable. Et même si nous connaissons les lois de la Médecine Nouvelle, en croyant cela, nous ne pensons pas différemment des adeptes de la médecine allopathique. Sauf qu’ici, ce n’est plus le microbe « extérieur » qui a provoqué notre maladie, mais l’événement choquant « extérieur ». Nous sommes victime une seconde fois en croyant que, si nous n’avons aucune prise sur les circonstances, alors nous sommes totalement impuissant pour nous guérir.

Reprendre notre part de responsabilité

Alors, quid ? Ma réponse est assez simple, finalement. Hamer lui-même insistait sur ce point : « ce n’est pas l’événement qui déclenche le sur-stress, disait-il, mais c’est le ressenti face à cet événement… » Dans ma pratique pédagogique, j’ai pu constater qu’un même événement peut être vécu, perçu, ressenti, interprété très différemment par différentes personnes. Par conséquent, en cas de maladie, la logique nous ferait dire que ce n’est pas « à cause » de l’événement que ces personnes sont tombées malades, mais que c’est « à cause » de la manière dont celles-ci ont interprété l’événement. Et que donc, pour guérir, il s’agirait de changer leur manière de voir l’événement plutôt que d’essayer de le changer. Bien entendu, ces filtres d’interprétation sont, la plupart du temps, inconscients et involontaires.
Pour bien comprendre cela, je voudrais illustrer mon propos par un exemple volontairement provocateur et caricatural. Et nous savons tous que la réalité est souvent bien plus complexe et bien plus nuancée. Mais dans le cadre de cette rubrique de deux pages, il m’est difficile de rentrer dans toutes les nuances. Imaginons dix hommes rentrant chez eux plus tôt que d’habitude. Chacun a décidé ce jour-là de faire une surprise à sa femme qui se plaint de ses absences régulières… Mais finalement la surprise est pour eux, puisque chacun découvre sa femme au lit avec son meilleur ami. Imaginons la réaction de chacun des maris trompés…
Le premier le vit comme une trahison (de la part de son meilleur ami), le deuxième comme une dévalorisation (je ne suis pas assez bon sexuellement), le troisième comme une attaque de son territoire (ça se passe chez MOI, dans MON lit), le quatrième comme une perte de son territoire (je vais perdre MA femme), le cinquième comme un événement impossible à avaler, le sixième comme une saloperie dégueulasse. Le septième lui, n’hésite pas à saisir son fusil de chasse et à tuer les deux amants. Quant aux trois derniers, leurs perceptions sont très différentes : le huitième saisit enfin l’occasion de rompre avec sa femme, le neuvième se déculpabilise d’être infidèle tandis que le dixième entrevoit la possibilité de concrétiser enfin son phantasme d’un trip à trois… Bien entendu, il serait simpliste d’affirmer que les six premiers maris cocus vont tous tomber malades. Non. Si Hamer a précisé que toutes les maladies résultaient d’un choc, ça ne veut pas dire que tous les chocs débouchent sur une maladie. Mais pour ma démonstration, faisons l’hypothèse que le deuxième déclenche un cancer des os du bassin et que le sixième fait un cancer du côlon, ce qui serait dans la logique biologique des choses…
Ont-ils la possibilité de changer la situation extérieure à l’origine de leur maladie ? Non. Ils sont cocus, leur femme a couché avec leur meilleur ami, on ne peut pas effacer cet événement, ni le changer. S’ils rendent l’événement responsable de leur maladie, nous l’avons vu, ils se placent alors dans la posture de victimes, se condamnent à rester en situation de sur-stress et probablement à rester malades, et peut-être à en mourir. Par contre, s’ils prennent conscience que leur maladie résulte de la manière particulière dont ils ont « filtré » l’événement, dont ils l’ont « perçu » ou « interprété », alors plusieurs nouvelles possibilités s’offrent à eux.

Les pistes de guérison

En guise de préambule, je veux souligner fortement le fait que toutes les pistes énumérées ci-dessous ne sont efficaces en termes de guérison qu’à la condition expresse où elles sont vécues dans une perspective somato-émotionnelle, au niveau du ressenti et des émotions. Une fois de plus, la compréhension des processus, l’intellectualisation des causes, tout cela ne leur sera d’aucun secours pour se guérir… Et c’est bien là la difficulté majeure, surtout quand on vit un événement aussi douloureux que l’exemple proposé ici.
Une première piste que je connais bien pour l’avoir pratiquée et enseignée est inspirée de l’alchimie psychologique de Carl Gustav Jung. L’idée centrale de cette approche consiste à plonger dans la douleur émotionnelle associée à l’événement (plutôt que de s’en éloigner), à fusionner avec elle pour ne faire qu’un avec elle, pour reconnaître, accepter cette souffrance et poser un regard d’amour sur elle. En pratiquant cette transmutation alchimique au niveau cellulaire, une véritable guérison peut survenir tant sur le plan psychique que physique. J’en ai fait l’expérience personnellement au moment où un cancer du cervelet s’est déclaré chez moi, comme je l’ai raconté dans le numéro 10 de Néosanté…
Une deuxième piste consisterait à reconnaître leur part de responsabilité dans l’infidélité de leur femme (« c’est vrai que je n’ai pas entendu ses demandes répétées de plus de présence… »). Il ne s’agit pas ici de se culpabiliser ou de se flageller, mais d’accepter pleinement le fait que leur désinvestissement conjugal a eu cette conséquence, et d’en prendre pleinement la responsabilité…
Une troisième piste consisterait à changer leur regard sur l’événement. Au lieu de considérer cette crise comme une catastrophe (avec comme seule issue possible la rupture définitive), ils peuvent l’accueillir comme une opportunité. N’oublions pas qu’en grec, le mot crise est dérivé du verbe « krinein » qui signifie discerner, choisir, passer au crible du jugement. Donc, cette infidélité pourrait être saisie par le couple comme une opportunité de réévaluer leur relation et de repartir sur de nouvelles bases…
Une quatrième piste, plus spirituelle, consisterait à appréhender l’événement sans aucun jugement, ne cherchant pas à déterminer si la rencontre amoureuse de leur femme avec leur meilleur ami est un bien ou un mal… En effet, quel humain ici sur Terre peut vraiment savoir si ce qui nous arrive est placé sur notre route pour nous offrir quelque chose de meilleur ou de pire ? Cette forme de détachement, si elle est vraiment vécue et ressentie (et n’est pas une forme de rationalisation ou de déni émotionnel), peut amener les maris infortunés à un apaisement et une pacification.
Une autre piste possible consisterait pour ces hommes à analyser leur système de valeurs, car c’est bien ce dernier qui fait que nous jugeons un événement comme positif ou négatif. Dans ce cas, ces hommes pourraient être amenés à s’interroger sur la nature de leur relation. Considèrent-ils leur femme comme une entité ou un objet leur appartenant ? Leur amour est-il conditionnel à certains comportements ou est-il inconditionnel ? Leur relation conjugale est-elle fondée sur la possession, sur le contrôle, sur la peur, sur le désir de fusion ou sur la reconnaissance de la liberté fondamentale de l’autre ?
D’autres pistes sont encore possibles, mais la place me manque… Peut-être qu’en lisant ce qui précède, vous réagirez fortement en disant que toutes ces pistes relèvent de la science fiction ou d’une théorie farfelue. Pourtant, nous savons qu’il existe des êtres capables de vivre des transformations profondes, même lorsqu’ils sont confrontés à des situations extrêmes. Mais cette capacité n’est pas innée. Elle a un prix : celui du travail sur soi, honnête et profond, régulier et patient. Le docteur Hamer répétait souvent : « Informez-vous avant que vous ne tombiez malade ! » En écho à son conseil, je conclurais cet article en disant : « Travaillez sur vous avant que vous ne tombiez malade ». Car je suis bien conscient que lorsque l’incendie se déclare, il est souvent trop tard pour suivre des cours de sapeur-pompier… L’acceptation profonde de ce qui est nécessite un apprentissage dans la durée. Sans cela, la seule issue pour nous serait alors de nous en remettre aux autres pour être pris en charge de manière allopathique… Suite de la réflexion le mois prochain…

Physicien et philosophe de formation, Jean-Jacques Crèvecoeur promeut une approche pluridisciplinaire de l’être humain pour redonner du sens à ce que nous vivons, mais aussi et surtout pour favoriser chez chacun de nous la reprise en main de notre propre vie, de manière autonome et responsable. Formateur et conférencier de renommée internationale, il est auteur d’une dizaine d’ouvrages, réalisateur de documentaires et producteur de nombreux outils pédagogiques au service de l’ouverture des coeurs et des consciences.
Son site Internet : http://www.jean-jacques-crevecoeur.com