portrait de Yves Rasir Coronavirus, clap, troisième. Après avoir rédigé une infolettre  et une deuxième pour prodiguer ce que j’ai appelé des « remèdes informatifs à la virophobie », je  ne pensais pas revenir sur le sujet et aborder une nouvelle fois cette épidémie chinoise dont les médias mainstream se délectent tant et plus. Je le pensais d’autant moins  que mon discours anxiolytique avait été relayé avec grand talent par mon ami – et ex-collaborateur de la revue Néosanté – Jean-Jacques Crèvecœur dans une de ses vidéos. Vu que la majorité d’entre vous visionne chaque semaine ses passionnantes « conversations du lundi »,  je ne trouvais pas utile d’en rajouter une couche. Il y a juste un élément qui me chiffonnait. Dans le tableau que Jean-Jacques nous montre plusieurs fois pour illustrer que les virus dangereux ne sont jamais très contagieux, et vice-versa, il manque en haut à droite la  célébrissime grippe espagnole. En toute logique, les décodeurs du journal Le Monde auraient dû y placer cette pandémie de sinistre mémoire puisqu’elle est censée faire exception en cumulant haute contagiosité et puissance létale phénoménale. C’est LE dogme sur lequel s’appuie la médecine pasteurienne conventionnelle pour agiter le spectre d’une catastrophe imminente et nous faire croire qu’un agent infectieux peut  être à la fois facilement transmissible et très mortel. Tout en le félicitant pour son travail, j’ai donc amicalement suggéré à JJC de s’emparer  de ce  canard et de lui couper les ailes en expliquant que la tragique hécatombe de 1918 n’était nullement due à son corollaire viral, mais bien aux dramatiques effets de l’aspirine prescrite  à l’époque à haute dose et entrainant des surinfections  bactériennes.  Dans sa réponse, Jean-Jacques approuvait ma suggestion et se promettait de lui consacrer une  prochaine séquence. Avec un tel orateur et une telle audience,  la virophobie ambiante n’avait plus besoin de moi pour être combattue.
 
C’est donc avec un grand étonnement, et même un certain ébahissement,  que j’ai découvert le « grand retournement » de mon compatriote installé au Québec. Dès lundi midi, j’ai reçu des tas d’appels et de courriels  me demandant ce que je pensais de sa deuxième et très alarmiste vidéo sur le coronavirus.   Si vous ne l’avez pas encore regardée, je vous invite à le faire en cliquant ici et on se retrouve dans une bonne heure. Vous êtes bouleversé(e) par ce que vous venez d’entendre ? On le serait à moins ! Le conférencier  nous  parle d’un sombre complot génocidaire et annonce un terrible cataclysme sanitaire qui fera des dizaines ou des centaines de millions de morts. Au risque de mettre en péril notre vieille amitié,  je vous avoue que de mon côté, le virage de Jean-Jacques Crèvecœur m’a plutôt énervé. Je suis un indécrottable sceptique et je me méfie comme de la peste des théories indémontrées. D’abord, je voudrais rappeler que la thèse, ou plutôt l’hypothèse, du très méchant microbe artificiel créé en laboratoire (civil ou militaire) et relâché (intentionnellement ou involontairement) dans la nature est un grand classique de  la blogosphère « alternative ». Cette supposition a  déjà été formulée pour le sida, pour Ebola, pour la grippe A, pour le SRAS, pour la maladie de Lyme aussi, et je ne sache pas que des preuves sérieuses ont été apportées. Il y a des coïncidences qui sont effectivement des coïncidences. Concernant le coronavirus, je voudrais ensuite rappeler une règle élémentaire du journalisme : recouper et vérifier la crédibilité des sources.  En parcourant celles de Jean-Jacques, il me semble que certaines peuvent être qualifiées de douteuses, peu fiables, voire fantaisistes. Qui sont-ils, ces « journalistes indépendants chinois » ayant héroïquement révélé le truquage des chiffres par les autorités ?  Et qui sont-ils, ces mystérieux « journalistes infiltrés » ayant constaté de visu que les centres de crémation de Wuhan tournaient à plein régime ? Comme le précise JJC lui-même, tout ça est à mettre au conditionnel.  Et dans le contexte de la guerre hybride menée par les USA contre la Chine, toutes les manipulations sont imaginables. N’ayons pas la naïveté de croire que les services secrets de divers pays observent la situation du balcon. Avec la technologie dont ils disposent, ils peuvent  même injecter sur la toile de fausses images avec de vrais personnages. Jusqu’à plus ample informé,   je pense donc que ces rumeurs circulant sur le net ne méritent pas – pour l’instant – d’être accueillies comme des vérités authentifiées.  Enfin, je vous exprime mon ahurissement face à un « argument » de Jean-Jacques pour justifier sa courbe rentrante : avec un délai d’incubation de 15 jours, le  virus 2019-nCov serait un parfait alliage  de contagiosité et de létalité. Ah bon ? Et depuis quand la période séparant la contamination et l’apparition des symptômes serait-elle indicative de leur sévérité ?  Par exemple, la mononucléose met entre 28 et 42 jours pour se déclarer, avec 0% de mortalité et 0% de séquelles. Avec sa latence de deux semaines, le coronavirus chinois nage dans les eaux de la rougeole ou de la varicelle, mais aussi de la polio   et de la variole. La durée d’incubation d’un pathogène ne présage en rien de ses dangers pour la santé. Sauf plan machiavélique, on ne voit pas le rapport. 
 
Pour moi, Jean-Jacques Crèvecœur se trompe en confessant s’être trompé : cette épidémie chinoise est une baudruche qui va se dégonfler et qui est déjà en train de se dégonfler.  Bien sûr, l’OMS et ses sponsors pharmaceutiques font tout pour nous persuader du contraire.  Loin de banaliser ce qui se passe en Chine, l’Organisation Mondiale de la Santé vient  de qualifier la maladie de « très grave menace pour le monde entier ».  Il faut bien vendre  de la peur avant de vendre les vaccins et les antiviraux salvateurs.  Mais on se fout de qui ?  Selon le dernier bilan communiqué par Pékin, le nombre de cas confirmés s’établit à 42.000 et celui des morts  à un peu plus de 1.000, soit un taux de létalité de 2,4%. C’est 10 fois plus que la grippe saisonnière mais c’est très inférieur à  d’autres coronavirus qui ont défrayé la chronique. Et ça indique, je le martèle mordicus, que cette épidémie restera localisée et éphémère. D’ailleurs, le nombre de nouveaux cas est en train de décélérer et certains experts estiment que le pic épidémique est déjà dépassé.  On nous ment et on nous cache tout ? Je crois qu’on surestime beaucoup la capacité des gouvernants communistes à étouffer les faits. Un détail qui tue, si j’ose dire : selon la première étude scientifique qui vient d’être publiée sur cette crise, 41% des infections seraient nosocomiales, autrement dit contractées à l’hôpital. En  construisant en dix jours une mégastructure hospitalière, les Chinois se sont en quelque sorte tiré un énorme missile dans le pied ! À mon sens, c’est bien là que réside la tragédie qui se déroule sous nos yeux : devant la planète entière, l’Empire du Milieu fait l’étalage de sa totale abdication devant l’impérialisme occidental. Évanouie, la médecine traditionnelle chinoise et sa sagesse multimillénaire. Évacuée, l’antique philosophie taoïste et ses méthodes de santé  globale extraordinaires. Complètement déculturés et occidentalisés, les médecins chinois sont devenus des prêtres de l’église pasteurienne universelle,  chargés de répandre la virophobie irrationnelle. Et les masses de suivre,  se ruant sur leurs masques protecteurs, consultant  leurs docteurs  à tout bout de champ et surconsommant de l’allopathie chimique. Quelle infinie tristesse de voir une civilisation s’écrouler ainsi !
 
En conclusion, sans doute provisoire, de cette troisième lettre consacrée au coronavirus, je voudrais souligner que Jean-Jacques Crèvecœur conserve mon immense respect et ma pleine admiration. Ce qu’il a fait en 2009, je l’applaudis encore rétrospectivement. S’ils se sont séparés, nos chemins professionnels demeurent parallèles et, sur bien des points, complémentaires. Ce qui nous réunit est bien plus vaste et important que ce qui  semble nous diviser.  Car au fond, je ne crois pas que nos différences méritent de dégénérer en différend. Lui raconte des horreurs en espérant se tromper. Moi, je continue à prêcher la sérénité en espérant ne pas me tromper.  Dans quelques semaines ou quelques mois, on verra bien qui aura vu le plus clair. Au final, je suis de toute façon bien d’accord avec l’épilogue  socratique de sa deuxième vidéo : quels que soient les tenants et aboutissants du dossier, la meilleure façon d’agir est d’aimer encore plus  intensément la vie  et de mener  la sienne le plus naturellement possible, en faisant confiance aux merveilleuses ressources de notre corps et de notre esprit.  Biophiles de tous les pays, notre heure est arrivée ! Soyons les grands timoniers de cette douce révolution.