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Prostate : le dosage PSA n’est plus recommandé au Canada

Le mythe des avantages du dépistage est en train de se lézarder de toutes parts, notamment celui des prétendus bienfaits du dosage du PSA pour le cancer de la prostate. En Europe, on considère encore que la mesure dans le sang de cette protéine prostatique spécifique (ou « Prostate Specific Antigen », en anglais) est un acte utile et bénéfique. Outre-Atlantique, et singulièrement au Canada, les autorités sanitaires en sont beaucoup moins sûres. En octobre, ce pays a publié une recommandation dont la principale nouveauté est précisément le rejet du dosage systématique du PSA. Selon la synthèse d’études scientifiques réalisée par la Canadian Task Force on Preventing Health Care, il y a aujourd’hui des preuves suffisantes pour dire que « la mesure du PSA comme support principal d’un dépistage organisé du cancer de la prostate, non seulement ne permettra pas de réduire la mortalité imputable à ce cancer, mais créera plus de mal que de bien, notamment en provoquant des gestes thérapeutiques potentiellement lourds de conséquences pour des cancers qui seraient restés silencieux ».
De manière encore plus claire, les autorités de santé canadiennes ont précisé dans le Canadian Medical Association Journal que le dépistage par mesure du taux de PSA est susceptible de générer entre 11,3 et 19,8 % de faux positifs et que 40 à 46 % des cancers diagnostiqués pourraient être traités en excès, avec des effets indésirables importants, estimés à 11 à 21 % pour les complications infectieuses urinaires, à 17,8 % pour l’incontinence urinaire et à 23,4 % pour la dysfonction érectile. Pour le dire plus crûment, ça signifie que les proctologues doseurs de PSA condamnent inutilement environ une fois sur cinq leurs patients à la débandaison et au pipi dans le pantalon. Même si le dépistage permet de repérer plus tôt des cancers au stade métastasique, voilà des « dégâts collatéraux » qui ne sont pas anodins et qui pourrissent considérablement la vie de leurs victimes. « L’inconvénient potentiel du test PSA surpasse le bénéfice », a déclaré le Dr Neil Bell, président du groupe de travail à l’origine de ce pavé dans la mare.
La plupart des gens pensent que si le diagnostic de cancer est posé plus tôt, ils vont bénéficier de meilleures chances de guérison. Mais « pour le cancer de la prostate , cela n’est pas vrai pour un certain nombre de raisons » a encore déclaré le Dr Bell, qui est également médecin de famille et professeur à l’Université d’Alberta. En fait, la grande majorité des cancers de la prostate ne sont pas mortels et ne provoquent même aucune sensation de maladie. Le risque de mortalité par cancer de la prostate sur une vie entière est seulement de 4 %. Bell et ses collègues revèlent d’ailleurs qu’environ 70 % des hommes décédés entre 70 à 79 ans présentent un cancer prostatique non diagnostiqué avant leur trépas. Dans leur rapport, les chercheurs canadiens écrivent encore que pour 1 000 hommes âgés de 55 à 69 ans dépistés par le PSA, un seul sera sauvé de la mort par le test. Et que parmi les 999 autres dépistés par dosage, 720 seront négatifs. Parmi les 280 positifs, 178 subiront des examens supplémentaires, tels que des biopsies invasives, qui montreront au final qu’ils n’ont pas de cancer. Parmi les 102 correctement alertés sur base du marqueur, 33 se verront diagnostiquer un cancer qui n’aurait pas posé de problème et qui leur vaudra de graves complications liées au traitement. Seulement 5 hommes mourront de cette pathologie, et ce indépendamment du fait qu’ils aient ou non été dépistés.
Bref, de toute évidence, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Dans ses conclusions, la Task Force canadienne stipule que « les preuves disponibles ne montrent pas de manière convaincante que le dépistage du PSA réduit la mortalité liée au cancer de la prostate ». En revanche, le groupe de travail affirme que ces mêmes preuves disponibles « montrent clairement un risque accru d’inconvénients ». Désormais, au Canada, les hommes dévirilisés et réduits à porter des couches-culottes ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas. À quand autant de transparence sur le vieux continent ?

Yves Rasir

Violence psychologique & traumatisme

Selon une nouvelle étude américaine, la maltraitance psychologique des parents vis-à-vis des enfants cause plus de dommage que la violence physique et sexuelle. Les chercheurs du Trauma Center at Justice Resource Institute (Massachusetts) ont comparé l’évolution de plus de 5 000 jeunes ayant des antécédents de violence. Tous souffraient des mêmes symptômes (difficultés de concentration, troubles du sommeil, maux de tête ou d’estomac…) mais ceux qui avaient été victimes de violence psychologique (hostilité, indifférence, menaces…) étaient plus susceptibles d’être affectés à long terme que les victimes de violence physique ou sexuelle. Ils étaient 92 % plus à risque de devenir toxicomanes, 78 % plus à risque de développer un dépression et 80 % plus à risque d’éprouver des troubles d’anxiété. Par rapport aux enfants sexuellement maltraités, le groupe avec violence psychologique était également beaucoup plus exposé au décrochage scolaire, à la délinquance et à l’automutilation. (Psychological Trauma : Theory, Research, Practice, and Policy 2014)

Genoux & betteraves rouges

Vous avez parfois mal au(x) genou(x) ? Alors la betterave rouge peut peut-être quelque chose pour vous. Une petite étude vient de montrer que des hommes et des femmes souffrant de douleurs au(x) genou(x) ressentent déjà un soulagement après dix jours de traitement quand ils prennent un extrait de betterave rouge. Leurs genoux fonctionnent également mieux. Les effets ont été comparés à ceux obtenus sur un groupe de patients qui avaient pris une gélule de son d’avoine. (Source : ABC Santé)

Toux & sirops

Selon le National Health Service (service public de santé au Royaume-Uni) les remèdes de grand-mère à base de miel et de jus de citron sont tout aussi efficaces et moins chers que les sirops antitussifs vendus en pharmacie. « Les preuves médicales concernant les médicaments contre la toux sont faibles et rien ne permet de dire qu’ils vont réduire la durée des maladies », a approuvé le Dr Tim Ballard, vice-président du syndicat des généralistes britanniques, qui encourage ses confrères à ne plus les prescrire. « Il n’y a aucun moyen rapide de se débarrasser d’une toux causée par une infection virale, a-t-il ajouté. Le symptôme disparaît généralement après que le système immunitaire a combattu le virus ».

Grippe & chèvrefeuille

Vaccin ou tisane ? En Chine, on boit depuis des millénaires de la tisane de chèvrefeuille (Lonicera japonica) pour traiter les infections grippales. Des chercheurs de l’Université de Nanjing viennent de trouver un composant de la plante qui inhibe la réplication du virus et qui passe la barrière intestinale pour circuler dans le sang et atteindre les poumons. Parue dans la revue Cell Research, leur étude montre que la mortalité causée par le virus H5N1 (grippe aviaire) est significativement réduite chez des souris à qui on donne de la tisane de chèvrefeuille.

Soleil & asthme

Pour une étude publiée dans la revue Allergy, des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv ont étudié les données de 307 000 personnes dont les niveaux de vitamine D ont mesurés entre 2008 et 2012. Verdict : les personnes asthmatiques et carencées en vitamine D étaient plus susceptibles ( à hauteur de 25 %) que les autres asthmatiques d’avoir récemment eu une crise d’asthme. Comme d’autres études ont montré que l’ajout de vitamine D3 aux corticoïdes inhalés n’avait pas d’effet sur la fréquence des crises, on peut supposer qu’une meilleure santé pulmonaire est encore un bienfait méconnu de l’exposition aux rayons solaires.

Statines & cancer du sein


Mystère : comment les médicaments anticholestérol peuvent-ils encore être si largement prescrits alors que leurs effets secondaires ne cessent de défrayer la chronique scientifique ? Selon une nouvelle étude parue dans le journal Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, la consommation prolongée de statines augmente de 83 à 143 % le risque de développer un cancer du sein ! D’autres études ont déjà suspecté les statines d’augmenter le risque de cancer de la prostate, du côlon et du rein.

Pilule & embolie


La médiatisation, en décembre 2012, des risques liés à la pilule de 3e et 4e génération et le plan d’action des autorités sanitaires qui a suivi, ont conduit à un changement important des habitudes contraceptives des femmes en France. Les Françaises et les prescripteurs ont privilégié les pilules de 1re et 2e générations, qui ont un risque thromboembolique (formation de caillots) plus faible. Selon l’agence française du médicament, ce changement d’habitude s’est traduit par une réduction de 11 % des hospitalisations pour embolie pulmonaire chez les femmes en âge de procréer. Chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, la diminution observée s’élève même à 19,1 %. Et dire qu’il y a deux ans, il s’est trouvé des « experts » en gynécologie pour réprouver le lancement d’alerte !


Pesticides & cancer


S’il le fallait encore, voici une preuve supplémentaire que les pesticides agricoles favorisent la cancérogenèse : les agriculteurs risquent des types de cancers différents selon leur secteur d’activité. Menée en France depuis 2005, l’enquête Agrican montre en effet que le risque de cancer du poumon est deux fois plus élevé chez les cultivateurs de pois fourragers, de légumes et d’arbres fruitiers. Pour le cancer de la prostate, ce sont les éleveurs bovins et les agriculteurs spécialisés dans le tabac, le tournesol et les pommes de terre qui sont les plus exposés. Difficile de nier la toxicité de produits chimiques lorsque ceux qui les manipulent sont atteints de pathologies spécifiques.

Bronchiolite & traitement

Que faire si votre nourrisson développe une bronchiolite ? Patienter et ne pas nuire. C’est en tout cas ce qui ressort des dernières recommandations cliniques de l’American Academy of Pediatrics. Selon les experts de cette institution, les traitements classiques (aérosol d’adrénaline, cortisone, antibiotiques…) sont inefficaces et/ou potentiellement dangereux. Même la kinésithérapie respiratoire ne serait guerre utile ! La seule exception notable est représentée par les aérosols de sérum marin hypertonique, un traitement naturel qui est associé à la diminution du séjour hospitalier.

Dis-moi comment tu marches…

Quand on est triste, on a tendance à marcher le dos arrondi, les épaules en avant, avec peu de mouvements des bras. D’après des chercheurs allemands, l’inverse est vrai aussi : en poussant quelqu’un à marcher de cette manière, il devient de moins bonne humeur et se souvient davantage d’événements tristes et de mots négatifs. Le type de démarche affecte donc l’humeur, et l’humeur affecte la mémoire. Par conséquent, les chercheurs ont aussi montré qu’en changeant sa démarche, un individu pouvait ruminer moins d’idées noires et de mauvais souvenirs. Les personnes déprimées ont donc intérêt à marcher de manière alerte, voire altière, en balançant bien les bras. (Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry).

La guerre bactéricide bientôt perdue

« Avec un nombre de plus en plus réduit de médicaments antibiotiques efficaces, nous sommes en train de retourner progressivement à l’ère pré-antibiotique, quand les maladies bactériennes ne pouvaient pas être traitées » a déclaré Marc Sprenger, directeur du Centre européen de la prévention et du contrôle des maladies (ECDC) lors de la publication, le 17 novembre, des dernières données sur la résistance des bactéries aux antibiotiques. Parmi les évolutions les plus alarmantes, le rapport note que l’inefficacité des médicaments contre la souche Klebsiella pneumoniae, « responsable » de pneumonies sévères, a quasiment décuplé en moins de 4 ans ! Ce qui est inscrit dans les astres, à savoir la perte de la guerre bactéricide, est donc en train de se réaliser. Et c’est logique puisqu’on apprend dans le même temps que la consommation d’antibiotiques, après quelques années de recul, est repartie à la hausse depuis 2010. Malgré les impasses thérapeutiques de plus en plus fréquentes, la médecine chimique hâte donc son inéluctable défaite et son inévitable déclin. Dans l’Union Européenne, 25 000 personnes meurent déjà chaque année suite à une infection par des germes biorésistants. Tout se passe un peu comme dans la chanson du groupe Suarez : on est devant le gouffre et on fait le pas en avant…. (YR)