L’auteur

Philippe Sansonetti est chercheur à l’Institut Pasteur, dont il est directeur médical de 1995 à 1999, et Professeur au très renommé Collège de France, membre de nombreuses Sociétés françaises ou internationales. Il dirige le Comité pour le Développement de Vaccins Entériques de l’OMS (1995-2006). Il a à son actif 489 publications dans des journaux à comité de lecture, “reconnu comme l’un des scientifiques Français les plus cités”. Il possède à l’heure actuelle 10 brevets actifs.

Egalement distingué comme Commandeur de l’Ordre national du Mérite, comptant 5000 personnes environ.
Récipiendaire de nombreux prix, dès 1983 jusqu’au Grand Prix de l’Inserm en 2012, “plus haute reconnaissance en recherche biomédicale en France” d’après son CV[1]. Prix qu’obtint d’ailleurs en 2008 Alain Fischer, bien connu par la commission éponyme chargée du débat sur la vaccination en 2016.
 Créateur et directeur de plusieurs unités Inserm au cours de sa carrière.

“Il pense avoir été l’un des pionniers, dès 1979-1980, dans l’analyse génétique et moléculaire des bactéries pathogènes et le premier à disséquer les bases génétiques du pouvoir invasif d’une bactérie”. Lui et son équipe ont enfin “développé, le premier candidat vaccin vivant de virulence atténuée contre [la shigellose. Elle] tue en effet chaque année environ 500 000 jeunes enfants dans le monde et la mise au point d’un vaccin est considérée comme une priorité par l’OMS” [2].


C’est donc avec retenue que je me permets d’exposer les commentaires et critiques formulées dans cet article. C’est malgré tout avec étonnement que je dois conclure que son livre manque à mon sens d’une teneur scientifique solide. J’étaierai autant que possible en m’appuyant sur des passages de ce livre. Comment un si éminent chercheur peut-il arriver à de fausses conclusions ? Je ne chercherai nullement à déceler les raisons psychologiques sous-jacentes, et je me bornerai à exposer un constat. On pourra alors mieux savoir si c’est vraiment grâce aux vaccins que “nos petits [ont] cinquante fois plus (sic) de chance de survivre dans leur première année de vie que n’en avaient leurs arrière-grands-parents” (page 12).



Un manque de sources

Par cet euphémisme, j’entends que la bibliographie se résume à une douzaine d’ouvrages, simplement cités en fin de livre. Parfois, un article est cité, par son journal, sa date ou son auteur, sans toutefois en donner une référence précise. Pour ces quelques rares cas, il revient au lecteur d’aller vérifier : retrouver l’article original sans certitude, en lire l’intégralité en anglais, pour être sûr que l’auteur a bien correctement interprété et cité celui-ci. Nous pourrions a priori lui faire confiance ; cela dit l’absence de citation précise manque de rigueur et rend plus difficile l’adhésion. Mais c’est bien la rareté de ces références qui demeure la principale problématique de ce livre. Tout y est cité comme coulant de source, en limitant la nuance à sa plus stricte expression, comme si le consensus espéré par l’auteur était évident

Un seul exemple parmi tant d’autres : “Ce vaccin [ROR] est parfaitement toléré, déclenchant tout au plus et exceptionnellement une « rougeolette »”. Aucune référence à une fiche produit, à un article, à un chiffre sur le caractère “exceptionnel”. Aucun non plus sur les déboires de certaines souches[3], Urabe, Rubini ou Leningrad-Zagreb qui augmentaient par 15 à 20 les risques de méningite, par 5 les convulsions, et qui causait un cas du grave purpura thrombocytopénique pour 25.000 vaccinations. Un document[4] de l’Agence Européenne des Médicaments résume les effets secondaires du M-M-RVAXPRO de Merck, comme rhino-pharyngite, urticaire ou vomissements. La plupart des complications sont de fréquence indéterminée : anaphylaxie (grave réaction allergique), paralysie oculaire, atteinte du système nerveux périphérique, syncope. Pour information, un article de 2012 comptait au Royaume-Uni “12 cas [d’anaphylaxie] pour 100.000 doses de vaccin monovalent contre la rougeole”[5]. Aucune référence évidemment aux cas d’autisme, aux procès gagnés par les plaignants, à Mme Gerberding du Centre de Contrôle des Maladies états-unien qui reconnaît qu’une vaccination peut déclencher l’autisme par le truchement d’une fièvre. La phrase du livre paraît ainsi un peu téméraire et quelques sources eussent été bienvenues.


De la même manière, l’auteur considère que l’épidémiologie est “le premier mousquetaire” (142) de la santé publique. “Modélisatrice, elle implique les mathématiques, les statistiques dans l’anticipation des évolutions”. Nous ne pouvons que regretter que le livre, à mission de vulgarisation, ne contienne aucune courbe, aucune équation, aucune vue d’ensemble de l’épidémiologie d’aucune des maladies. Simplement nous trouvons parsemés des chiffres d’incidence ou de mortalité à une date donnée, avant le vaccin, puis quelques années plus tard. Comment ces dates sont-elles choisies, que se passait-il avant, que se passait-il après ? Nous ne le saurons pas à la lecture de ce livre.

Un manque de rigueur argumentative

Avec si peu de contenu objectif et vérifiable, comment l’auteur va-t-il pouvoir argumenter ? De manière peu convaincante à vrai dire. Tout d’abord, le plan ne permet de suivre correctement un raisonnement sur telle ou telle maladie. Ainsi aucune ne reçoit un traitement localisé et systématique, et se voit souvent couverte simplement en une double page, comme la rougeole (46-48).


Ensuite, c’est par des assertions péremptoires que le Pr. Sansonetti étaye ses idées. Ainsi selon lui, “il fait peu de doutes (sic) que l’application universelle de la vaccination par le BCG a permis de quasiment éliminer les formes extrapulmonaires de la tuberculose, en particulier la terrible méningite tuberculeuse infantile” (41). Que veut dire “quasiment”, surtout quand il reconnaît une “protection proche de 80 %” seulement ? Rappelons simplement, appuyé d’un rapport du Sénat[6] qu’en “Europe, il est difficile d’établir une corrélation dans un pays donné entre la stratégie vaccinale retenue et l’incidence de la tuberculose”. Dans l’ordre du flou, on trouve aussi des assertions du type : “La vaccination [contre la grippe] est passée par là, qui diminue de 25 à 50 % la mortalité” (198), alors que la mortalité a chuté “de 10.000 à 20.000 dans les années 60” à un millier aujourd’hui. Qui donc est responsable de cette diminution par plus de 10, et pourquoi le vaccin ne joue que pour ce petit facteur ?

L’argument du post hoc ergo propter hoc, sophisme qui entend qu’un évènement qui arrive avant un autre en est la cause fleurit plusieurs fois dans le livre : “Regardons les faits : 28 000 cas de polio aux Etats-Unis en 1955, 121 en 1965. N’est pas cela qui compte ?” (46). Non, ce n’est pas ce qui compte, surtout pour une maladie aussi imprévisible et chaotique que la polio – bien que ce vaccin soit en effet efficace. Ainsi encore de la baisse de la méningite de 90 % au Brésil après vaccination (109), mais après une épidémie, qui ne reflète pas un niveau d’incidence normale. Pour le cancer du col de l’utérus, il annonce que “la combinaison [du vaccin et du frottis annuel] devrait diviser par deux le nombre de cancers” en France (159) : verbe au conditionnel, mélange des causes, aucun calcul, et aucune référence. De même l’abandon des vaccins entraînerait un “retour du tétanos” (181) ? rien n’est moins sûr vu la déjà faible couverture des personnes âgées en Europe et l’absence du fléau tétanique.


Sans exhaustivité, c’est ainsi que l’on se convaincra (ou pas) du fait que : les adjuvants sont “diabolisés”, mais “essentiels” (140) ; que l’aluminium est “très rapidement éliminé” et en concentration “très inférieure au seuil toxique” (161) ; que “seuls les industriels [peuvent] garanti[r] la sécurité des produits et le suivi des études” (155) ; que “le taux de couverture permettant d’éliminer définitivement la rougeole” est calculé (comment ?) à “95 %” (180) ; et également que “le monde du vaccin qui veut tendre vers le zéro effet secondaire” (138) (et non le profit le plus élevé ? cf. leurs procès et amendes[7]) “n’est d’ailleurs pas une activité très rentable en termes de retour sur investissement” ! (153).


Enfin, Pr. Sansonetti prend du temps pour nous expliquer ce qu’est un sophisme, “faciles à démasquer”, et nous en donne des exemples : “« Les vaccins sont dangereux, donc le risque l’emporte sur le bénéfice »” (164) – comme si notre argumentation pouvait être aussi succincte et simpliste. On a le droit à la (fausse) belle histoire de Galilée contre l’obscurantisme religieux, et au pernicieux “extrême”. Voilà pourtant un sophisme : “l’inquiétude [sur les sels d’aluminium est] globalement tout à fait (sic) injustifiée”, “alors que de nombreux métaux sont présents dans notre organisme, à commencer par le fer et le zinc” (162). L’aluminium, lui, ne l’est pas à l’état naturel, ce qui change beaucoup de choses.


Le livre vit au travers d’anecdotes, ce qui rend agréable sa lecture ; mais que la grippe espagnole nous enlevât Apollinaire et Rostand (23), que Manon Gropius fille de la veuve de Mahler mourût de polio bulbaire (27), la diphtérie emportât le génial peintre Seurat (21), la polio diminuât Roosevelt (43), le purpura fulminans amputât le jeune Michel (62) n’entretient qu’une meilleure diversion contre l’argumentation trop légère.

Un goût pour l’émotion

Contre les courants opposants, comme le courant vaccino-critique, on n’hésite pas à fustiger le recours illégitime à “l’émotionnel – facilement exploité” (212), à la peur, à la haine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le livre n’est pas dénué de références effrayantes pour mieux convaincre.


“Mais qui souhaite à des parents voir, ne serait-ce que quelques heures, quelques jours, leur enfant comateux, ne les reconnaissant pas, pris de convulsions subintrantes ? Pis encore, l’encéphalite chronique subaiguë sclérosante, survenant tardivement, des mois après la guérisons”, avec 250 cas annuels, un “scandale”, un “cauchemar programmé” que le “bénin geste [vaccinal] pouvait gommer d’un trait” (47). Les chiffres sont gonflés et la problématique de l’épidémiologie de l’encéphalite réduite à sa plus simple expression, mais le message sera passé. On se doute par contre que divulguer l’état clinique d’un enfant endommagé par un vaccin ne serait que jouer sur les sentiments et les émotions, hors de toute rationalité.
Chaque maladie se voit ainsi décrite – certes à juste titre – par des qualificatifs percutants : ainsi “des fins atroces, inhumaines” des blessés de guerre ayant attrapé le tétanos ou la gangrène gazeuse (21), de la “malédiction” qu’était la poliomyélite (28), des “malformations foetales dramatiques” causée par la rubéole (48), de l’amputation de Michel et la cruauté de la nature (62), de la mortalité “effrayante” des maladies infectieuses en Asie et du “désespoir d’un médecin devant un tel chaos” (75), des “souffrances et une angoisse de l’asphyxie effroyables” qu’engendraient la diphtérie (22).


Se juxtapose pour l’éveil certain des consciences une mise en garde par la peur, car “la diphtérie sévit toujours [et] est prête à nous reprendre à la gorge” (23). Pour ceux qui ne sauraient être sensibles à ces arguments, qui n’auraient pas d’enfants ou qui resteraient stoïques face à la propagande vaccinale, on trouvera comme souvent quelques couplets culpabilisants pour resserrer l’étau dogmatique. Pour l’auteur, les “lanceurs de fausses alertes” dont je fais partie “prennent de façon irresponsable le risque de torpiller la politique de santé de leur pays” (134). La remarque faisant référence aux inquiétudes face au vaccin Gardasil (contre les Virus du Papillome Humain), rappelons que la politique vaccinale d’un pays ne semble guère jouer sur l’incidence du cancer. Par exemple, la Finlande, dont un article[8] constatait que “les autorités refusent d’accepter les indiscutables (sic) preuves scientifiques de l’efficacité et de la sûreté des vaccins VPH, [et qui] rapportent que le cancer du col est efficacement contrôlé par le programme national de dépistage”, se classe première[9] en terme de faible incidence, à 4 pour 100.000. A l’opposé, le Groenland, “qui a été le premier[10] [pays Nordique avec le Danemark] à introduire la vaccination VPH” atteint 25 pour 100.000, taux “le plus élevé” parmi les pays nordiques.
Vient enfin la critique ultime, quand ceux qui nient par “délires paranoïaques” la responsabilité du VIH dans le Sida deviennent coupables de “dérapages négationnistes”. L’attaque fatale tue en un mot, et l’on attend une loi Gayssot des vaccins – qui se profile d’ailleurs à grand pas.

Un goût pour l’omission

On ne saurait être exhaustif sur la question vaccinale, et des choix doivent nécessairement être faits. Il est des oublis qui ne semblent fortuits. Pour rester sur le Gardasil, et le Nobel associé en 2008 (131), on ne trouve aucune mention des liens triples entre le comité Nobel et AstraZeneca qui possède des licences sur ces vaccins, pas plus que les effets secondaires nombreux et dévastateurs du vaccin (à tout le moins fortement suspectés) quand il propose ingénument que les garçons en profitent aussi (133). Même oubli pour les Rotareq et Rotarix contre les gastroentérites (136), dont les effets secondaires sont carrément tus ; pourtant le site de la FDA[11] révèle “une différence statistiquement significative entre [placebo et Rotarix] dans le taux de sujets avec une mort liée à la pneumonie”. Oublié également le fait que le vaccin contre la grippe chez les plus de 65 ans (184) ne soit pas prouvé efficace[12], alors qu’il déplore une couverture inférieure à 50 % à cet âge. “Les chiffres ne peuvent mentir, sauf par omission…”, clame l’auteur lui-même (173).
On ne saura pas plus que les vaccins peuvent déplacer l’âge et la gravité de la maladie (rougeole, 181), entraîner des résistances fortes (coqueluche, 42) et des mutants divers (hépatite B), ou des maladies plus graves que l’original comme la paralysie flasque aigüe (polio, 104). Rien sur les conditions coercitives des vaccinations de masse qui engendrent ces réactions de “talibans pakistanais” meurtrières (104). L’omission peut être volontairement trompeuse, quand on confond, avec l’OMS et GlaxoSmithKline le fabricant, taux de séroprotection (titre d’antigène) avec efficacité réelle ; la “protection proche de 100 %” (66) contre l’hépatite B est contredite par le guide vaccinal 2012 de l’Inpes[13] : “l’efficacité de cette sérovaccination n’est pas totale”, en cause tolérance immunitaire, mutants d’échappement, sexe, obésité, tabagisme, etc.


Des thèmes d’intérêt entiers ne figurent pas dans ce livre : la liberté vaccinale et les procès aux familles ; les pénuries de vaccins en France (’hexavalent’ n’apparaît pas dans le livre !) ; les taux de mortalité infantiles dans les pays riches qui vaccinent le plus ; les amendes, procès et conflits d’intérêt dans l’industrie…



Au-delà de l’omission, on trouve la négation pure et simple des thèses anti-vaccins, sans la moindre nuance ou souhait de justesse. Les grands débats sont ainsi balayés : “pas une [étude] n’a montré le moindre signal en faveur d’une association thimérosal-autisme” ; d’ailleurs il “n’existait [même] pas d’épidémie d’autisme” (174). Rien n’étayera ces allégations, contrairement au chapitre de 20 pages que j’ai pu consacrer au sujet. De même pour l’émergence de la sclérose en plaque, ou la critique du vaccin VPH, basé sur “des intuitions délirantes” : “Toutes les études sérieuses, nationales et internationales, réfutent formellement ces affirmations infondées” (173). Comme je l’avais déjà montré, concluons donc que les études de Hernan faite à Harvard[14], Tardieu[15], Geier[16], voire les études qui montrent un lien non significatif (mais un doublement des cas) ne sont a fortiori pas sérieuses. Seraient sérieuses uniquement les études de journaux ultra-financés, dont un rapport de l’Ansm elle-même critique les “nombreux problèmes méthodologiques”[17] ? Idem pour le vaccin cellulaire contre la coqueluche : “toutes les études ont montré [que] aucune lésion neurologique durable ne pouvait lui être imputée et encore moins de décès” (110). Il serait trop long de faire la contre-liste, sachant que le vaccin acellulaire a été créé pour diminuer les effets secondaires sévères du vaccin cellulaire, tels convulsions, morts subites ou encéphalopathies[18]. Je renvoie le lecteur à mon livre pour les références et développements[19][7].

Enfin, on se rassurera de savoir que l’aluminium se “retrouve dans le lait maternel”, absorbé bien en dessous du seuil toxique, “très rapidement éliminé” et que “aucune complication chronique générale, en particulier neurodégénérative, n’y a jamais été associée” (171). Les études nombreuses sur la myofasciite à macrophages, le prurigo nodulaire, la sclérose en plaques, le syndrome auto-immunitaire/inflammatoire induit par les adjuvants n’ont donc pas droit de cité ici. Seulement le constat empreint d’angélisme de “milliards de doses vaccinales administrées sans effets secondaires sévères” (162). Que n’a-t-il mis en pratique cette phrase : “« les mères ont toujours raison, ce sont elles qui connaissent le mieux leur enfant ». Je n’ai jamais oublié” (58) !

Concessions

Le livre n’est évidemment pas tout noir, et propose des analyses justes, qu’elles soient en faveur ou à l’encontre des vaccins. On apprend par exemple que les vaccins ne sont pas le seul recours pour endiguer les maladies infectieuses.


Pour la peste, c’est “en un mot l’hygiène [qui aura] enfin raison de la maladie” de la peste. Pour le choléra, c’est par des “mesures draconiennes d’assainissement”, “eau potable et tout-à-l’égoût” que Paris “eut raison de la peur bleue” (17). La simple “réhydratation par voie orale” fut “le progrès thérapeutique décisif”, qui réduit la mortalité à “à peine 1% des patients” (75). Quant à la polio, d’épidémiologie certes complexe, elle “touchait aussi largement les pauvres, tant les eaux étaient contaminées” (78).
Diverses méthodes peuvent être employées ; par exemple, “une approche révolutionnaire du contrôle de la tuberculose” fait grâce à son efficacité espérer “son succès à terme, même en l’absence de vaccin” (88). “Quoique la tâche reste énorme” pour le monde entier, le paludisme fut lui aussi maîtrisé, en Amérique du Sud par exemple, avec des traitements préventifs ou l’utilisation de moustiquaires (96). En fait, “l’observation des principales émergences infectieuses récentes montre qu’aucune n’a été contrôlée par un vaccin : VIH-sida […] paludisme, voire la tuberculose” (199).
Est évoquée aussi la voie antibiotique, avec le “premier antibiotique antituberculeux” en 1943, un “proto-antibiotique” contre la syphilis en 1910 (19), la pénicilline contre le pneumocoque (128) mais avec son lot d’inconvénient comme l’antibiorésistance après utilisation abusive, ainsi que “la sérothérapie antidiphtérique qui fera spectaculairement décroître la mortalité de la maladie, de 40 à 2 % !” (37).


Il est souligné également que le vaccin contre le papillomavirus “montr[e] une très faible efficacité en cas d’infection déjà en cours” (voire une efficacité négative), ce qui pousse à vacciner tôt (132). La Haute Autorité de Santé a mis deux autres vaccins “en attente” (158) : rotavirus qui “n’offre pas d’avantages visibles”, voire “dix décès annuels” pour cause de mauvaise réhydratation et varicelle proscrit quand le nourrisson reçoit le ROR et recommandé seulement après l’enfance si épargné par la maladie. L’auteur constate la difficulté de l’éradication des maladies infectieuses en général (50), par exemple la polio à cause de “l’apparition de recombinants vaccinaux virulents” (106). Il concède également pour le vaccin coqueluche que “la difficulté de trouver le bon équilibre entre atténuation de la toxine Pertussis et maintien de ses capacités protectrices […] lui a valu une mauvaise réputation auprès des mamans et une cessation pure et simple au Royaume-Uni à la fin des années 1960” (43). A son crédit également, le fait de citer que pour la rougeole, sur les “10 décès observés entre 2008 et 2015, 7 étaient des patients immunodéprimés entre 10 et 30 ans”, et non des enfants de 12 ou 18 mois sains.

Conclusion

Lire ce livre avec connaissance et recul permet largement de modérer la conclusion. L’on sort déçu à la lecture de l’ouvrage, de voir que le très compétent auteur ne s’est pas attelé à produire une argumentation imparable. “J’ai dû parfois prendre des libertés avec la chronologie, privilégier les faits, les individus et les émotions” (215) – dommage. Son expérience et certains chiffres et faits auraient pu apporter des arguments probants à son constat du caractère “indispensable” des vaccins (tous ? sans distinction ?) comme l’annonçait le titre, mais les nombreuses erreurs et imprécisions du livre, dont on pourrait sous-entendre le parti pris, incitent à la prudence. Je reste donc convaincu que le bénéfice des vaccins reste nettement surévalué et ses conséquences néfastes largement tues.


Pierre-Jean Arduin

Né en 1981, Pierre-Jean Arduin est actuellement développeur informatique dans une société médicale parisienne. Ingénieur de l’école polytechnique et ancien élève de la Stanford University en Californie, il a travaillé sur les interfaces cerveau-machine à l’EPFL (Lausanne) puis au CNRS de Gif-sur-Yvette jusqu’en 2012, où il a reçu un doctorat en neurosciences. Après une pièce de théâtre, il signe son premier livre scientifique, Pourquoi vacciner ? qui remet en cause de manière argumentée les idées pro-vaccinales. Il anime le site correspondant www.pourquoi-vacciner.fr et tient le blog loin du troupeau, dans le but identique de favoriser l’émancipation intellectuelle vis-à-vis des pensées subies et des comportements grégaires.

NOTES