La course au profit

Dans ce sixième et avant-dernier volet de cette série d’articles consacrés à la vaccination,
le Dr Eric Ancelet en aborde les aspects économiques. Pour les labos, le marché des vaccins représente véritablement la poule aux œufs d’or. Au Nord comme au Sud, leur objectif n’est pas la santé mais la rentabilité maximale.
La santé a-t-elle un prix? Selon l’économiste Gérard Blanc, «une grande activité de la médecine allopathique consisterait à traduire en termes marchands une demande qui n’est pas marchande au départ» («Autres médecines, autres mœurs» – Editions Autrement – Série mutations-poche n°16 – 1993). En effet, le souci majeur de l’industrie pharmaceutique est la RENTABILITE. «Le marché du vaccin constitue un pôle économique important de la planète, essentiellement contrôlé par cinq producteurs mondiaux», peut-être moins aujourd’hui. Les petites sociétés ont été absorbées, ou ont abandonné le marché vaccinal par crainte des tribunaux qui les déclarent responsables en cas de réaction secondaire postvaccinale. Seules les grosses multinationales ont suffisamment de pouvoir pour étouffer les scandales, éventuellement dédommager quelques victimes un peu bruyantes.

Stratégie double

Comment soutenir ce marché tout en ouvrant largement les perspectives commerciales à l’échelle mondiale? En créant deux types de produits, destinés à deux types de clientèle. Pour le Sud, l’objet «vulgaire» destiné à la masse et aux maladies courantes. C’est l’aspect quantitatif, qui consiste à inonder la planète de vaccins bon marché et donc peu rentables en Occident. Ce programme a le double avantage de cibler une immense population humaine et d’améliorer l’image de marque des industriels qui mettent en avant l’aspect «humanitaire» de leur projet. Pour le Nord, l’objet de luxe destiné aux nantis et à des maladies plus récentes ou plus rares. C’est l’aspect qualitatif, qui consiste à développer la recherche pour des vaccins plus onéreux destinés aux seuls occidentaux.

Le vaccin traditionnel, «objet de première nécessité»

En 1974, l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) et l’UNICEF lancent le Programme Elargi de Vaccination (P.E.V.) pour «promouvoir la Santé pour tous en l’an 2000». Les industriels fantasment : «je rêvais de vacciner tous les enfants du monde», s’exclame Charles Mérieux («Virus passion» – Robert Laffont 1997). Mais il déclare dès les années 50: «en réalité, depuis quelque temps déjà, je rêvais de faire coter nos actions en Bourse»! Alors, la Bourse ou la Vie? Un quart de siècle après le démarrage du P.E.V., observez la situation sanitaire dans les pays en voie de développement et demandez-vous sincèrement si l’aspect strictement médical est atteint? Concernant l’autre aspect, il n’y a aucun problème, ce fut et c’est toujours une extraordinaire réussite financière. Remarquons que ce sont toujours les enfants qui sont visés en priorité dans les programmes humanitaires, ce qui paraît logique sur le plan de l’éthique médicale. D’un autre côté, sur le plan économique, les enfants représentent une véritable corne d’abondance pour les vaccinateurs, car d’une part ils sont faciles à contrôler à travers les programmes éducatifs et sanitaires obligatoires, d’autre part la vaccination infantile vise cinq maladies (coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, varicelle) qui ne concernent pas les adultes, avec à chaque fois plusieurs injections et de nombreux rappels. Où y a-t-il le plus d’enfants ? Dans les pays en voie de développement. Quels parents, une fois «informés», c’est-à-dire terrorisés et culpabilisés, hésiteraient à donner à leur progéniture une chance supplémentaire de survie ? Dès lors, cette initiative internationale tente de promouvoir la vaccination universelle des enfants avant l’âge de un an, contre six maladies «meurtrières», la coqueluche, la diphtérie, la poliomyélite, la rougeole, le tétanos et la tuberculose. L’hépatite B et la méningite ont rattrapé ce peloton, et ce sont sept ou huit messages microbiens assaisonnés d’adjuvants qui sont injectés ensemble à des nourrissons dénutris! A ce rythme, il n’y aura bientôt plus personne pour revendiquer les «terres ancestrales» et leurs richesses encore inexploitées.

L’horreur humanitaire

La mortalité infantile, estimée alors à environ cinq millions de décès par an, est bien sûr confondue à la mortalité par maladie infectieuse. Les causes profondes, de nature sociopolitique et économique, telles que la colonisation, la péjoration des savoir-faire traditionnels, le pillage des richesses locales, puis la décolonisation, l’instauration de dictatures, les guerres civiles suivies de néocolonialisme et de nouveaux pillages, toutes ces causes «secondaires» sont éludées, ce qui arrange les dirigeants occidentaux et les petits tyrans locaux. Les conséquences sanitaires sont elles aussi éludées, le fait que les enfants vaccinés continuent à mourir de ces maladies, et d’autres émergées récemment «grâce» aux vaccinations comme les hépatites et le sida. Car ces enfants sont avant tout mal nourris, immunodéficients et atteints d’infections ou parasitoses chroniques, ce qui constitue en Occident des contre-indications absolues à toute vaccination. Dénutris? Retour aux aspects socio-économiques de la vaccination de masse : la destruction des structures sociales traditionnelles provoque le recul de l’allaitement maternel, peu à peu remplacé par des laits maternisés dévitalisés généreusement distribués par «l’aide humanitaire». Nos dons financent l’achat de ces laits indigestes aux multinationales qui les produisent. Or l’allaitement maternel est le meilleur garant de la santé de l’enfant confronté à des maladies infectieuses, si toutefois la mère est elle-même en sécurité et correctement nourrie, ce qui n’est pas le cas des ethnies subissant depuis des siècles les guerres tribales, le colonialisme militaire et religieux, puis le néocolonialisme économique et touristique, plus récemment le tourisme sexuel.

Technocentrisme totalitaire

En 1990, l’objectif d’immunisation universelle parait atteint. Le marché pèse alors l’équivalent de cinq milliards de francs français, ce qui ne représente toutefois que 1% du marché pharmaceutique mondial! Qui dira que la maladie n’est pas lucrative? En 1991, «l’industrie pharmaceutique augmente le prix des vaccins P.E.V. et se restructure pour pouvoir mieux s’attaquer au marché des futurs vaccins nés du génie génétique, dont on prévoit qu’il va exploser, au moins dans les pays industrialisés» ( Cfr« L’aventure de la vaccination », opus cité). En 1992, la «demande» s’élève à plus d’un milliard de doses de vaccins bon marché, du fait que les investissements de recherche et d’exploitation les concernant sont amortis depuis longtemps. Ils sont destinés à 88 pays en voie de développement, avec des taux de perte de l’ordre de 60 à 70% en relation avec une infrastructure locale insuffisante, rupture de la chaîne du froid notamment. En conséquence les multinationales impliquées modifient de fond en comble leur «management», hier plutôt scientifique et médical, devenu aujourd’hui ouvertement de type «marketing» avec recherche de rentabilité maximale. Cet aspect fait intégralement partie de la fuite en avant évoquée ci-dessus, d’autant que les Etats sont totalement impliqués sur le plan financier, soit comme actionnaires, soit par le truchement des multiples impôts sur les sociétés. Concernant le P.E.V., le Professeur Banerji (Inde) parle de «totalitarisme technologique», et condamne «une approche condescendante, technocentrique et créatrice de dépendance».

Le vaccin «high tech», objet de luxe.

Le deuxième aspect concerne la thérapie génique et les «vaccins du futur» issus des biotechnologies, dont on prévoit «l’explosion» dans les pays industriels. Ici, on cherche ouvertement le profit maximum, puisque la clientèle visée est bien conditionnée par une incessante désinformation, une longue médicalisation, et suffisamment aisée pour payer le prix fort toute illusion concernant sa santé. La campagne contre l’hépatite B, et plus récemment celle contre la grippe A témoignent de cette tendance. Les industriels se sont fait la main depuis cent ans avec les vaccins «héroïques» contre la tuberculose, le tétanos ou la poliomyélite. Une gigantesque et très coûteuse infrastructure est en place, ainsi que le savoir-faire de milliers de chercheurs conditionnés par la faculté. Dès lors, comme pour la transgenèse (O.G.M. : organismes génétiquement modifiés) ou le clonage, la faisabilité scientifique va prendre le pas sur l’éthique médicale et l’utilité publique. Le marché mondial des nouveaux vaccins se chiffre aujurd’hui en milliards d’euros, ce qui rend totalement inconcevable de chercher d’autres solutions à la situation sanitaire catastrophique des pays occidentaux. Ces nouvelles vaccinations ne sont pas toujours obligatoires mais vivement conseillées, et il faut donc créer puis entretenir la demande en terrorisant (hépatite B, grippe A) ou en affublant n’importe quelle maladie d’un microbe (schizophrénie, dépression, diabète, ulcère d’estomac, cancer du col utérin…).

Un marché infini

Si du jour au lendemain les gens n’avaient plus peur et comprenaient le sens profond de la maladie, ce sont des dizaines de milliards de francs qui… resteraient dans nos poches! Le Titanic médical aurait rencontré son iceberg. Mais pour l’instant il est lancé à fond vers son objectif, et il faut dès lors créer la demande en créant le besoin. C’est encore un autre aspect de la fuite en avant : si la vaccination de masse est à l’origine de maladies nouvelles, et si le refus de considérer cette hypothèse persiste, ces maladies émergentes pourront être exploitées pour créer de nouveaux traitements, de nouveaux tests de dépistage et de nouveaux vaccins. Quelles maladies vise-t-on aujourd’hui? Toutes les maladies dites «de civilisation», qui ne sont que les maux d’une civilisation malade. Les gros instituts producteurs planchent sur les vaccins du futur, recombinants, synthétiques ou à ADN nu, avec pour premiers objectifs le sida, les hépatites, le cytomégalovirus, la grippe, le streptocoque, le paludisme. Et au-delà? La vaccinologie moderne ayant parfaitement intégré le génie génétique dans son savoir-faire, le champ de la vaccination peut s’étendre à l’infini, passer du préventif au curatif et viser les cancers, les infections chroniques, les maladies auto-immunes, les allergies, et même les psychoses, pathologies dont les composantes affectives et émotionnelles sont pourtant démontrées, et dans la gravité desquelles la vaccination est sans doute fortement impliquée. A quand le vaccin contre la peur, la solitude, le mal de vivre ?

(A suivre)