Vous connaissez  mon avis sur la Maladie de Lyme : on en fait tout un foin pour pas grand chose. Il y a peut-être  une légère augmentation de la population de tiques, une hausse subséquente du nombre de piqûres et donc une plus grande fréquence de contamination  par la bactérie Borrélia,  dont les acariens sont les vecteurs.   Mais il n’y a vraiment aucune raison de dramatiser. D’abord parce que l’infection débouche rarement sur une affection grave, même en l’absence de tout traitement médical.  Une étude allemande (*) a montré que chez 89% de malades non traités, la maladie s’est limitée à un érythème migrant effacé après quelques semaines. Seulement 5% d’entre eux ont mentionné des douleurs articulaires passagères et à peine 3% furent victimes de manifestations neurologiques. Si ses symptômes sont parfois spectaculaires et douloureux, la borréliose de  Lyme n’en reste pas moins une pathologie  généralement bénigne. Sa forme chronique ? Vous connaissez aussi mon point de vue là-dessus : en l’absence de consensus scientifique, je fais plutôt confiance aux spécialistes qui rassurent et minimisent. Certes, il semblerait que l’agent bactérien puisse persister longtemps dans les tissus et jouer à cache-cache avec le système immunitaire. Mais rien ne prouve que les plaintes des patients soient en rapport avec la présence du microbe. D’ailleurs, la grande majorité des recherches montrent que l’administration prolongée d’antibiotiques, même par voie intraveineuse, ne soulage pas mieux les malades qu’un placebo. La minorité d’améliorations attribuées aux antibiothérapies peut s’expliquer par leurs effets antalgiques et anti-inflammatoires. Pour moi, la pseudo épidémie de « Lyme chronique » est donc une psychose créée de toutes pièces sur base d’éléments peu probants. C’est même carrément  devenu une mode : on range désormais parmi ses victimes toutes les personnes souffrantes qu’on déclarait naguère atteintes de spasmophilie, de fibromyalgie, de fatigue chronique ou de candidose. Je veux bien croire que certains  cas authentiques de Lyme échappent à la sagacité  de médecins peu habitués à rencontrer cette  maladie rare. Mais je crois surtout que le spectre épidémique est alimenté par des milliers, si pas des millions de diagnostics erronés.

En voici un exemple typique. Il y a quelques semaines, je rencontre « par hasard » à l’entrée d’un magasin mon vieil ami Jean-Marie D. Sacré personnage que celui-là ! Licencié en sciences chimiques et directeur scientifique d’un laboratoire homéopathique, il en a démissionné  pour devenir consultant indépendant. Auteur de plusieurs ouvrages sur la biophysique quantique et la pollution électromagnétique, il a introduit en Belgique plusieurs méthodes thérapeutiques énergétiques venues de l’Est, notamment l’appareil Mora, la biorésonance et les champs magnétiques pulsés. De nombreux praticiens de santé se sont équipés sur ses conseils et de très nombreux particuliers ont bénéficié de ses éclairages médico-scientifiques dispensés lors de conférences ou sur des salons bio. Avec sa pétulante épouse, nettement plus jeune que lui, il  tonitruait volontiers contre l’allopathie et prêchait à tout vent la puissance prédictive et curative de ses machines venues d’Allemagne ou de Russie. Bizarrement, celles-ci n’ont rien vu venir et n’ont pas pu le guérir lorsqu’il a développé  un cancer de la prostate, voici quelques années de cela. C’est aux rayons, aux hormones et au bistouri, bref à l’oncologie classique, que Jean-Marie s’en est remis pour traiter sa tumeur prostatique. Bien que cette dernière soit apparue peu de temps après le départ de sa femme pour d’autres cieux amoureux, il n’a pas fait, ou voulu faire le lien. Mais cette prétendue coïncidence  n’est pas le sujet que je veux aborder ici.  Quand je vois arriver Jean-Marie l’autre jour, je remarque qu’il boîte bas et je lui demande ce qui ne va pas. « Mon genou », me répond-il. Et comme je m’enquiers d’une éventuelle arthrose, il me réplique que « non, c’est cette saloperie de Lyme, il y a plein de tiques par ici et la bactérie me bouffe le cartilage ».  Je vous économise le reste de la conversation, mais je vous en résume les points forts : 1) Jean-Marie ne se souvient pas d’avoir été mordu ni d’avoir fait un érythème ; 2) C’est son médecin, « spécialisé là-dedans », qui l’a mis sur la piste parasitaire et bactérienne ; 3) Comme les deux tests habituels ne valent rien (dixit Jean-Marie), ce toubib a directement envoyé un échantillon sanguin pour analyse en Allemagne ; 4) C’est sur base de cette sérologie positive et de sa gonarthrose que le diagnostic de Lyme a été posé.

Je ne sais pas vous, mais moi je soupçonne très fort ce verdict d’être abusif. Le test employé chez nos voisins germains n’est pas reconnu par la communauté scientifique car il produit énormément de « faux positifs ». Et quand bien même Borrélia est repérée au microscope, rien ne permet de transformer la corrélation en causalité. Certes, la borréliose de Lyme peut se manifester par des douleurs articulaires. Mais à moins de verser dans le paralogisme, on ne peut nullement en déduire que ce symptôme est d’origine infectieuse. Ce n’est pas parce que vous souffrez des articulations et que vous avez contracté des borrélies qu’il y a un rapport causal entre les deux événements. L’arthrite de Jean-Marie n’a probablement pas suivi une improbable morsure de tique passée inaperçue. La suite de notre conversation  m’a conforté dans mon scepticisme : pour se soigner,  l’ex expert en homéopathie s’est détourné des antibiotiques et s’est tourné vers l’aromathérapie, en l’occurrence le fameux « Tic Tox » qui a fait couler tellement d’encre en France avant et après son interdiction pour défaut d’autorisation. « Je connaissais la recette de ce produit et je l’ai reproduite, me raconte Jean-Marie,  mais ça n’allait pas mieux.  Heureusement, on peut encore se le procurer en Allemagne. Ça coûte la peau des fesses mais c’est un remède formidable ». Étrange, vous avez dit étrange ?  Comme c’est étrange : avec exactement les mêmes dosages en huiles essentielles que dans la formule originale du Tic-Tox,  mon vieil ami n’a obtenu aucun résultat. Mais dès qu’il a pu payer vilain une copie allemande, il a senti quelques progrès.  Par amitié empathique, je n’ai pas fait remarquer à Jean-Marie que l’efficacité d’un placebo varie précisément en fonction de son prix. Plus un faux remède est cher, plus il a de chances de marcher. En revanche, je lui ai fait diplomatiquement la réflexion que sa claudication prononcée ne semblait guère attester d’une guérison profonde. C’est à ce moment là qu’il a subitement changé de sujet pour bavarder de tout autre chose…

En rentrant du magasin, j’ai songé que notre rencontre n’était  vraiment pas le fruit du hasard. Elle a eu lieu quelques jours après la diffusion du Néosanté Hebdo où je contestais justement la réalité de l’épidémie de Lyme et incitais à ne pas éprouver une  phobie des tiques. Ce cas douteux semble avoir été mis sur ma route à point nommé pour faire farine à mon moulin. On trompe plein de gens en leur faisant croire que leurs tourments proviennent d’une petite bestiole et de son banal  bagage bactérien.  Suite à cette infolettre, j’ai cependant reçu quelques témoignages de personnes qui m’ont confié combien la morsure de l’arachnide avait incontestablement coïncidé avec  de sérieux ennuis de santé. C’est ce que j’appelle des « vrais Lyme » typiques. La semaine prochaine, je vais vous partager le récit le plus éloquent que j’ai reçu. Et vous verrez qu’avec l’éclairage du décodage biologique,  la bactérie impliquée n’est pas non plus la coupable que d’aucuns accablent !