ZOOM

L’Homme, ce « paléomnivore »

Je viens de dévorer « Le Mythe végétarien » (*), un livre que je recommande à tous ceux qui se posent des questions sur l’alimentation. Il a été écrit par une Américaine qui sait de quoi elle parle – elle a été végétalienne pendant 20 ans – et qui a elle-même milité pour la cause « vegan » durant deux décennies. Dans ce bouquin abondamment documenté, Lierre Keith explique très bien que le refus d’absorber toute chair animale s’appuie sur trois motivations distinctes : l’éthique (il faut respecter des animaux), la politique (il faut nourrir les gens plutôt que le bétail) et la nutrition (il faut exclure la viande pour être en bonne santé). Ce sont les trois piliers de ce qu’elle appelle un mythe et qu’elle démonte méthodiquement durant plus de 300 pages.

Je ne vais pas vous résumer l’argumentation, qui demanderait de longs développements, mais me borner à mentionner deux passages de l’ouvrage qui concernent le troisième pilier. Dans un chapitre, l’auteure compile les preuves archéologiques que l’Homme a toujours été mangeur de viande et que c’est l’avènement de l’agriculture qui l’a éloigné à la fois de la nature et de sa nature omnivore. On peut d’ailleurs le vérifier sans voyager dans le temps puisque les 84 tribus encore « primitives » recensées par les ethnologues vivent autant de chasse et/ou de pêche que de cueillette. Et de citer les célèbres docteurs Michael et Mary Dan Eades qui écrivent : « Dans les milieux scientifiques anthropologiques, il n’y a absolument aucun débat à ce propos ; chaque autorité respectée confirmera que nous étions chasseurs (…). Notre héritage de mangeurs de viande est un fait incontournable ». Dans un autre chapitre, Lierre Keith aligne les preuves anatomiques que l’Homme n’est pas adapté au végétarisme et elle met en parallèle la physiologie digestive de l’être humain, du chien et du mouton : il saute aux yeux que les deux premiers sont très ressemblants et qu’ils n’ont rien de commun avec le troisième. Par rapport aux grands singes qui se nourrissent de fruits et feuilles, Homo Sapiens a aussi un intestin plus proche de celui du chien. Bref, toutes les raisons respectables d’être végétarien ne peuvent suffire à effacer le fait qu’il est dans la nature humaine de se comporter partiellement en carnassier. Si elle se veut naturelle, l’alimentation saine est forcément « paléomnivore » !

Il y a deux petites différences entre les êtres humains et les chiens. L’une est que nos canines sont plus courtes. Le consensus est que celles de nos ancêtres étaient autrefois plus longues mais qu’elles ont raccourci suite à l’utilisation du feu et des outils. L’autre différence est que nos intestins sont plus longs, bien qu’ils ne soient clairement pas aussi longs que ceux d’un mouton. C’est le vestige de notre lointaine histoire en tant que frugivores vivant dans les arbres. Mais pour le reste, le tableau publié dans « Le mythe végétarien », et qui est lui-même tiré du livre « The stone Age diet », de Walter L. Voegtlin, est impressionnant de similitudes : de la dentition à l’activité du côlon, en passant par le fonctionnement de la mâchoire, de l’estomac et de la vésicule biliaire, nous sommes les cousins physiologiques du chien ! Pour lui comme pour nous, la survie sans alimentation végétale est possible alors que c’est impossible pour le mouton. Et la survie sans protéines animales ? Au risque de faire hurler les végétariens, Lierre Keith la qualifie d’impossible tant pour l’Homme que pour le chien. Et c’est bien là que son bouquin, par ailleurs très convaincant, se déforce un peu : empressée qu’elle est de brûler ce qu’elle a adoré, l’auteure pousse le bouchon un peu loin. Mais un autre constat vient à sa rescousse : notre cerveau est deux fois plus gros qu’il ne devrait être pour un primate de notre taille. Et dans le même temps, notre tube digestif est 60 % plus petit. Ça signifie que nous sommes des « enfants de la viande » : le cerveau des australopithèques s’est développé pour atteindre les proportions de l’Homo car la viande a rapetissé notre tube digestif, ce qui a libéré de l’énergie pour le grossissement du cortex. Les gorilles sont végétariens et ils possèdent à la fois le plus petit cerveau et le plus grand tube digestif de tous les primates. Nous sommes l’opposé. Et notre cerveau, le véritable héritage de nos lointains ancêtres, a besoin d’être nourri. Davantage encore que les protéines, c’est la consommation de graisse animale qui explique nos performances cérébrales, donc notre humanité !

Pour la végétalienne repentie, c’est l’ignorance qui pousse ses anciens camarades à se fourvoyer sur les tableaux éthique (la mort fait partie de la vie, on peut tuer en respectant), politique (c’est l’agriculture qui dévaste la planète et provoque la faim dans le monde), mais surtout nutritionnel (ce sont les aliments « végétariens » – céréales, sucres, soja…- qui ont engendré les maladies de civilisation) . Et en point d’orgue de son livre, elle témoigne qu’elle a vécu intensément le bouleversement cellulaire de recommencer à manger de la chair animale (en l’occurrence une boîte de thon) après 20 ans d’abstinence : c’était comme si son corps se réveillait d’un long cauchemar, comme si la vie reprenait brusquement possession de son organisme inanimé ! Après avoir visité les forums végétariens et lu quelques commentaires, je ne suis pas certain que ce livre à contre-courant va ébranler le « mythe végétarien ». Car ce qui est sûr, c’est que la force des convictions est souvent supérieure à celle de l’expérience sensorielle. Mais pour les personnes en recherche de vérité scientifiquement étayée, la lecture sera probablement salutaire.

Michel Manset

(*) « Le Mythe végétarien », Lierre Keith, Editions Pilule Rouge

Statines & polémique

Suite à la parution du livre polémique « La vérité sur le cholestérol » des Prs Bernard Débré et Philippe Even, un groupe de cardiologues parisiens avait mesuré l’impact de l’ouvrage sur leur patientèle et en avait déduit que l’arrêt des statines pourrait entraîner 1 150 morts. Le Pr Even a vertement réagi contre ce qu’il a appelé une « opération de publicité » envers une classe de médicaments qu’il persiste à trouver inutiles « En dessous de 3g/l de cholestérol, il n’y a aucune efficacité démontrée des statines ; Je maintiens et j’accentue ce que j’ai écrit » a-t-il déclaré au micro dEurope 1.

Statines & cataracte

D’après une étude américaine parue dans JAMA Ophtamology et pour laquelle les chercheurs ont utilisé les données médicales de 46 000 patients suivis pendant 10 ans, les consommateurs de statines ont un risque augmenté de 27 % de développer la cataracte par rapport à ceux qui n’en prennent pas. Dans une autre étude portant sur plus de 6 000 diabétiques, il avait déjà été démontré que l’utilisation de statines augmentait de 57 % le risque de déclarer cette affection du cristallin. Une « casserole » de plus pour cette classe de médicaments anticholestérol …

Sport anticancer

La Ville de Strasbourg a annoncé mi-septembre qu’elle allait permettre aux patients ayant souffert d’un cancer de pratiquer gratuitement une activité sportive afin de réduire le risque de récidive, élargissant ainsi son dispositif de « sport sur ordonnance » lancé fin 2012. La procédure, qui a bénéficié jusqu’à présent à plus de 300 patients traités pour obésité ou diabète, va être élargie aux personnes ayant été traitées pour un cancer du côlon ou du sein, a indiqué le Dr Alexandre Feltz, conseiller municipal délégué à la santé. « Plusieurs études le montrent : faire régulièrement du sport permet aux personnes en rémission de ces deux cancers de diminuer le risque de récidive de 30 à 50 % » a précisé le Dr Feltz.

Sport & santé

Des chercheurs britanniques et américains ont passé en revue les données fournies par plus de 300 études scientifiques internationales pour évaluer l’impact de l’exercice physique sur diverses pathologies en terme de mortalité. Pour la prévention secondaire des maladies coronariennes, ils ont découvert que le sport était « aussi efficace », voire légèrement supérieur à un traitement à base de statines. Ils ont également montré un léger avantage de l’activité physique par rapport à un traitement médicamenteux à la suite d’un AVC. En conclusion de leur travail publié dans le Bristih Medical Journal, les auteurs estiment que les autorités de santé devraient systématiquement demander aux labos pharmaceutiques de comparer les vertus de leurs nouveaux médicaments avec celles de l’exercice physique lors des essais cliniques. Un vœu sans doute pieux, mais ô combien pertinent !

Bitume & cancer

Il existe bel et bien un risque de cancer accru pour les travailleurs exposés au bitume. Telle est la conclusion d’un récent rapport de l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Alors que l’industrie routière a toujours nié le danger, l’agence estime que les produits d’étanchéité sont des « cancérogènes probables » et les bitumes routiers des « cancérogènes possibles ». Les études épidémiologiques ont également mis en évidence des effets aigus d’irritation oculaire et respiratoire chez les ouvriers de l’asphalte.

Antibiotiques & résistance

Selon un rapport des autorités sanitaires américaines, la résistance microbienne aux antibiotiques touche au moins deux millions de personne par an aux Etats-Unis et fait au minimum 23.000 morts. « Si nous ne faisons pas attention, nous serons bientôt dans l’ère post-antibiotique et nous sommes déjà dans cette situation pour certains malades et certains microbes » a déclaré à la presse le Dr Frieden, directeur des CDC (centres de contrôle et de prévention des maladies ». Par ailleurs, une étude parue dans la revue JAMA Internal Medicine indique que le risque d’infection par un staphylocoque résistant est augmenté de 38 % chez les personnes vivant à proximité de champs où du lisier de porcs a été répandu. Autant savoir en effet que les ¾ des antibiotiques administrés aux animaux se retrouvent dans leurs déjections…

Cancer & médecines douces

D’après un sondage réalisé par Viovoice pour l’Institut Curie, près de deux tiers des Français (63 %) estiment que les médecines douces (yoga, hypnose,
sophrologie…) peuvent apporter du bien-être aux patients cancéreux et soulager les effets secondaires liés au traitement. L’accompagnement psychologique apparaît également comme un élément très important aux yeux de 59 % des personnes interrogées. Par ailleurs, près de ¾ des sondés (70 %) indiquent que l’amélioration de la qualité de vie des patients passe aussi par un meilleur accès à l’information sur leur maladie.

Fruits et légumes sur ordonnance

Aux Etats-Unis, depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir, plusieurs programmes ont été mis en place afin d’aider les personnes pauvres et malades à accéder à une alimentation plus saine. L’un d’entre eux consiste à mettre en relation des producteurs locaux avec des centres médicaux où les médecins prescrivent des fruits et légumes sur ordonnance . Les patients les échangent contre des coupons d’un montant prédéfini, qu’ils peuvent ensuite dépenser dans les fermes partenaires. Des indicateurs de bonne santé (poids, tour de taille, tension.. ) leur sont donnés, des objectifs sont fixés et des contrôles sont réalisés régulièrement . Et ça marche ! En Californie, par exemple, 56% des participants au programme ont enregistré une perte de poids.

Phtalates & hypertension

Des chercheurs de quatre universités américaines ont étudié l’association chez les enfants entre pression artérielle et concentration urinaire de phtalates de haut poids moléculaire, tels que ceux utilisés dans les plastiques recouvrant les parois de boîtes de conserve. Bien que modeste, une augmentation du risque de pré-hypertension a été mise en évidence chez les enfants les plus exposés aux phalates.
(J. Pediatr., 2013 ; 163 : 747-53)

Vaccin antigrippal & narcolepsie

Dans les deux pays qui ont lancé l’alerte (Suède et Finlande), l’existence d’un lien causal entre le vaccin antigrippal A(H1N1) et le risque de narcolepsie avait déjà été mis en évidence. Cette fois, c’est en France que le lien entre le vaccin et cette maladie incurable a été mis en exergue : 61 cas de narcolepsie ont été rapportés chez des personnes vaccinées avec le Pandemrix et 3 cas avec le Pandemza. L’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) conclut que les « données actuellement disponible confirment l’existence d’un risque » et que des modifications devraient être apportées à la notice des produits. Rappelons qu’en 2009, les autorités avait balayé cet argument pour nous vendre la vaccination massive….

Antibiotiques & système nerveux

Utilisés dans certaines infections respiratoires, urinaires ou génitales, les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones peuvent provoquer des effets secondaires très sévères pour le système nerveux. Selon la Food and Drug Administration, qui vient d’attirer l’attention des médecins américains, ce type d’antibiotiques a la propriété d’interrompre les connections nerveuses et de provoquer des symptômes tels que faiblesse dans les membres, vertiges, sensations de brûlure ou douleurs parfois violentes. Rien de surprenant si l’on considère que le travail bactérien s’opère en phase de guérison sur ordre du cerveau : contrarier ce processus ne peut manquer d’irriter les nerfs….

Les désavantages du dépistage sont occultés

A grand renfort de propagande payée par la collectivité, la médecine officielle encourage le dépistage systématique des cancers. On sait pourtant que cette politique comporte de nombreux effets indésirables qui peuvent provenir du dépistage lui-même (par exemple : radiations lors d’une mammographie ), des faux positifs, des surdiagnostics et des surtraitements qui s’ensuivent. C’est la raison pour laquelle les examens de contrôle ne devraient être proposés qu’après évaluation précise de la balance bénéfices/risques. Or, il s’avère que ce n’est pas le cas. Le British Medical Journal vient de publier une revue de la littérature scientifique réalisée par des auteurs danois. Il en ressort que seule une petite minorité des études signale les surdiagnostics et les faux positifs. Le report des effets indésirables n’occupe que 12 % des résultats tandis que l’efficacité du dépistage sur la mortalité est signalée dans 89% des travaux. Selon les auteurs, cette inégalité de traitement entre les avantages et les désavantages du dépistage rend très difficile, voire impossible, l’estimation de son intérêt réel.