Attribuées aux gènes ou au vieillissement, les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques…) touchent pourtant des personnes de plus en plus jeunes. Pour Roger Lenglet, ce fléau s’explique surtout par l’omniprésence de substances neurotoxiques dans l’environnement, les médicaments, les vaccins et les amalgames dentaires. Dans l’ouvrage qu’il vient de publier avec Marie Grosman (*), le journaliste dénonce l’occultation de cette pollution neuronale et la scandaleuse inertie des pouvoirs publics.
Pour lui, les familles de victimes seraient en droit de demander réparation !

Quel est le point commun entre les maladies dégénératives ?

Il s’agit de maladies qui affectent le fonctionnement des neurones. L’état actuel des connaissances scientifiques montre que ces maladies sont en grande partie induites par des neurotoxiques. Depuis une cinquantaine d’années, ces neurotoxiques sont devenus extrêmement envahissants dans notre environnement. Il y en a partout autour de nous, aussi bien dans l’alimentation que dans l’eau et l’air que nous respirons. Les plus anciens et les plus connus des facteurs de risques sont le mercure, le plomb et l’aluminium. Depuis quelques décennies, l’usage de ces produits s’est largement développé : le mercure est présent dans les amalgames dentaires et dans certains vaccins. L’hydroxyde d’aluminium est aussi présent dans les vaccins. L’eau du robinet est souvent traitée aux sels d’aluminium, etc. Et il y a de nombreux médicaments qui sont nuisibles et font partie du cocktail neurotoxique, comme les pansements gastriques, les psychotropes… Les sources de contamination sont multiples et commencent dès le plus jeune âge, sans que nous en soyons conscients. Les études nous montrent à quel point déjà le fœtus est exposé dans le ventre de sa mère. Prenons l’exemple du plomb. Même dans le cas d’une mère qui n’est plus aujourd’hui exposée, le plomb qu’elle a absorbé auparavant est stocké dans ses os. Pendant la grossesse et l’allaitement, la mère puise dans ses réserves et le plomb stocké va être libéré. Les conséquences sur le développement du cerveau de l’enfant peuvent être irréversibles. Il est aussi démontré que le taux de mercure présent dans le sang du cordon ombilical est proportionnel au nombre d’amalgames présents dans la bouche de la mère. Ensuite, après la naissance, le bébé est vacciné, puis gavé de médicaments. Les doses cumulées sont énormes !

Et quels sont les « nouveaux » polluants les plus menaçants ??

D’autres neurotoxiques ont fait leur apparition. Nous trouvons les PUF (Particules Ultra-Fines) et les nanoparticules, qui par la voie du nerf olfactif, montent au cerveau. Nous décrivons dans le livre comment ces particules touchent les neurones après avoir facilement traversé la barrière hémato-encéphalique. Pour alourdir encore la liste des substances nocives, il y a les PCB, les additifs que nous trouvons dans les aliments et la famille des solvants parmi lesquels nous trouvons aussi bien les vernis à ongles que les peintures. La liste est très longue. D’autre part, la plupart des gens ignorent qu’un quart des médicaments a un effet neurotoxique. Les neurologues – eux – le savent bien. C’est une des découvertes de cette enquête. Dans les manuels donnés aux futurs neurologues, il leur est expliqué que la 1ère question qu’ils doivent se poser devant une maladie neurologique est : « Qu’est-ce que mon patient prend comme médicament ? et «Qu’est-ce qu’il a pris par le passé ?» Il leur est d’ailleurs conseillé de remonter assez loin dans le temps car les sources d’intoxication peuvent être anciennes. Outre les substances chimiques, il ne faut pas oublier les ondes électromagnétiques qui ont des effets indésirables sur les fonctions cognitives et neurophysiologiques. Plusieurs études nous alertent sur le lien de causalité entre l’exposition à long terme aux champs à très basse fréquence et la maladie d’Alzheimer.

Pourtant, ne dit-on pas que la maladie d’Alzheimer est liée au vieillissement de la population ?

En dressant un état des lieux des connaissances scientifiques sur les origines de ces maladies, nous avons été frappés par l’écart absolument considérable entre la réalité des recherches scientifiques et le discours entretenu dans les médias. Les médias ne font que répéter ce que les autorités sanitaires nous disent. Cette information se résume en général à : « On ne connait pas les causes » ou « ces maladies sont dues au vieillissement de la population ». C’est tout. Les démonstrations en toxicologie et en épidémiologie nous montrent une autre réalité, mais il n’y a aucune répercussion de leurs travaux sur les mesures prises pour lutter contre ces maladies.

Ces maladies sont pourtant déclarées « priorités de santé publique » pour la politique de prévention…

L’utilisation du mot « prévention » relève d’un abus de langage. Prévenir, c’est mettre en œuvre des mesures pour que la maladie n’apparaisse pas. La vraie prévention, c’est s’intéresser aux causes. C’est agir avant que les gens ne soient malades. C’est tenir compte des études scientifiques pour développer de nouveaux produits non toxiques, pour prendre des mesures de précaution et pour alerter la population. Nous en sommes très loin! La prévention est le continent refoulé de ces maladies. C’est la grande découverte de notre enquête. C’est effarant ! Construire des maisons médicalisées pour les personnes touchées, dépister plus tôt la maladie ou encore mettre au point des traitements pour ralentir sa progression, ça ne relève pas de la prévention. Où sont les mesures d’intervention pour diminuer l’exposition neurotoxique ? Inexistantes ! Ce sont juste des marchés très lucratifs pour des laboratoires pharmaceutiques mais aussi pour des chercheurs qui déposent des brevets, éventuellement sur des futurs traitements. Je n’appelle pas ça « prévenir » mais profiter ! Il y a une marchandisation de la maladie. En clair, ce qui ne permet pas de faire de l’argent sur le malade n’existe pas. Leur seule motivation est l’argent. Si vous mettez un euro dans les traitements, vous avez un retour sur investissement de 39% par an. A l’inverse, il n’y a pas un euro à gagner sur la prévention, sauf pour l’assurance-maladie et la population.

Peut-on parler d’une conspiration contre nos neurones ?

Honnêtement, on ne peut guère blâmer les laboratoires pharmaceutiques de ne pas agir sur les causes pour éviter les maladies, même si bien sûr ils sont moralement condamnables en participant au mensonge. Ce n’est pas à eux de réduire notre exposition aux produits chimiques. C’est le rôle de l’État. L’ambiance affairiste autour de la santé fait que l’État lui-même n’investit pas dans la prévention. Or, s’il ne le fait pas, personne ne le fera. Aujourd’hui, on observe que l’État se désengage au profit d’acteurs privés. Et par définition, les acteurs privés ne sont pas intéressés par la prévention.
Le nombre de malades d’Alzheimer double tous les 20 ans. La possibilité d’enrichissement est gigantesque et le déni est proportionnel… A ce prix, beaucoup sont prêts à croire ce qui les arrange. Nous ne sommes pas dans la théorie du complot. Nous sommes juste dans l’analyse du puzzle infernal qui rend cette situation possible.
Il n’y a pas que les traitements qui rapportent. Il y a aussi tous les marchés annexes (baskets munies de GPS, aliments contre la dénutrition… ) représentés dans le fameux « train Alzheimer »…

Le train Alzheimer(1) est un bon résumé de la situation. C’est comme une immense métaphore du scandale. Tout d’abord, à l’intérieur de ce train, il y a une autopromotion du Président de la République qui répète ,de wagon en wagon sur des écrans, qu’il a fait de la maladie d’Alzheimer une priorité présidentielle. C’est de la com’. Des milliards ont été débloqués pour cette cause. Où sont-ils allés ? Quand on analyse les circuits, on réalise vite que l’argent a été versé à des acteurs privés, ceux-là même qui vivent du traitement et du suivi de la maladie. Il n’y a rien eu pour la lutte contre les neurotoxiques. Ce train était censé mettre des experts à la disposition des visiteurs pour répondre à toutes les questions sur la maladie, mais ce sont seulement des spécialistes en force de vente ! Dans le wagon Nestlé, par exemple, ces représentants de commerce nous ont appris que toute une gamme de produits Nestlé était dorénavant remboursée par la sécurité sociale. Ces barres dont la composition prête à sourire – mélange d’huile et de sucre – sont censées combattre la dénutrition des malades d’Alzheimer. Pourquoi ces produits sont-ils remboursés plutôt que d’autres ? Le lobbying a dû être intense ! C’est d’autant plus scandaleux que les produits Nestlé, de par leur composition, sont globalement des facteurs d’obésité. Et nous savons que l’obésité est un des facteurs favorisant la progression de la maladie d’Alzheimer. Autre exemple : Alain Delon – qui préside un certain nombre de manifestations autour de la maladie d’Alzheimer – demande aux visiteurs de ce train de faire des dons à l’Ifrad (2). Rappelons qu’il a par ailleurs prêté son image et son nom à des cigarettes en Inde. Or, les études nous montrent que le tabac est aussi un des facteurs de la maladie d’Alzheimer.

Mais que font les agences de contrôle ?

Ces agences ne font pas leur travail. Elles devraient mieux prendre en compte les études et l’état actuel des connaissances pour favoriser la prévention. Et même au niveau des traitements, elles ne font pas leur travail. Un exemple précis : l’Afssaps et la HAS (la Haute Autorité de Santé) ont favorisé la mise sur le marché de quatre nouveaux médicaments anti-Alzheimer: non seulement ces quatre médicaments sont inefficaces mais ils sont dangereux. Leurs effets secondaires sont importants et touchent un grand nombre de malades. Il a été montré que l’expertise sur laquelle s’est basée la décision des agences n’était pas indépendante, c’est-à-dire que des experts ayant des liens d’intérêt importants avec des laboratoires sont intervenus dans le processus d’autorisation et de recommandation. Suite à une intervention auprès du Conseil d’Etat, la HAS a donc retiré sa recommandation. Puis, la décision prise fut de baisser significativement le taux de remboursement. Cette baisse signifie que le médicament n’a pas d’efficacité et qu’il n’a pas d’autre intérêt que de maintenir les dividendes des laboratoires concernés.. en attendant l’arrivée de nouveaux médicaments.

Il y a aussi les associations de malades…

Ce n’est guère mieux. Il suffit de lire leurs rapports d’activités ou de recueillir les confidences des responsables des associations – autisme, Alzheimer, Parkinson – pour réaliser que la plupart d’entres elles reçoivent des financements des laboratoires.
Cela provoque une sorte de paralysie générale. Les autorités sanitaires elles-mêmes laissent souvent la place à quelques leaders du monde médical dont le discours est généralement repris sans discernement par ces associations. Le système est simple : un expert s’exprime et les autres répètent ! C’est extrêmement grave. Les conflits d’intérêt étouffent l’information dont les malades et leurs familles auraient besoin. Rien n’est fait pour empêcher la pandémie. Les familles de victimes seraient tout à fait en droit de demander réparation.

Vous observez ce monde de mensonges depuis longtemps déjà. Quel est votre sentiment actuel ?

J’ai commencé à enquêter sur l’aluminium il y a 15 ans. J’ai écrit plusieurs livres sur la santé, la corruption et les conflits d’intérêts. Je suis révolté. Ce que j’observe me donne un sentiment de colère et de profond gâchis. J’ai vraiment envie de secouer les médecins et les responsables des autorités sanitaires. Ils n’ont même pas conscience du cynisme et de la barbarie dans laquelle nous sommes plongés. Il y a les labos et les industriels qui sont loin d’être philanthropes. Mais que dire des chercheurs qui trahissent leurs travaux ! Ils publient leurs résultats dans des revues scientifiques internationales. Mais quand il s’agit de s’adresser aux grands médias, ils édulcorent leurs conclusions et vont parfois même jusqu’à affirmer exactement le contraire de ce qu’ils ont publié. Même dans le dossier de l’amiante, il n’y avait pas un tel écart entre le propos public et le propos scientifique. Ces personnes acceptent des responsabilités en échange d’un adoucissement considérable de leurs propos dans les grands médias. La corruptibilité des leaders d’opinion est incroyablement grande. Comment peuvent-ils se regarder dans une glace ? Ils sont dans le refoulement d’une vérité dont ils sont eux-mêmes les artisans. C’est moralement et intellectuellement injustifiable ! Par contre, j’ai pu observer que ces personnes ont tendance à se réveiller quand une plainte a été déposée et qu’elles se trouvent à la barre d’un tribunal, devant une cour, pour répondre de leur responsabilité. Tant qu’il n’y a pas cette confrontation, elles ne semblent pas prendre conscience des conséquences de leur attitude. La capacité d’indignation est naturelle. Mais si on ne la cultive pas, elle peut s’endormir très vite, étouffée par la capacité de déni et les pressions économiques.

Mais comment expliquer que la culpabilité des neurotoxiques soit encore tellement sous-estimée ?

Il y a un autre paramètre important, c’est la force du consensus. Un mensonge répété devient vérité par la force de la répétition et le nombre de leaders qui reprennent le refrain. Quand vous entendez à longueur d’année que la maladie d’Alzheimer est liée aux gènes et à la vieillesse, vous n’allez pas chercher plus loin. Les médecins aussi ont leur part de responsabilités. Un certain nombre d’entre eux nous rejoignent, mais la plupart, il faut le dire, ne font que répéter ce qu’ils ont entendu et ne prennent pas le temps de se documenter à la source. Toutes les études montrent pourtant que l’explosion des maladies neurodégénératives est très supérieure au rythme de vieillissement de la population. La maladie d’Alzheimer a un temps de latence assez long. On la retrouve donc le plus souvent chez les personnes âgées, mais le vieillissement n’est pas la cause. Ce qui inquiète les spécialistes qui suivent de près l’explosion des maladies neurologiques, c’est le nombre croissant de jeunes touchés, notamment par l’autisme. Malgré les études qui montrent des corrélations très fortes avec les neurotoxiques, les mensonges continuent dans un cynique mélange de folie et de déni. Il y a à la fois un délire institutionnel et un délire de l’opinion publique, sans parler de ceux qui entretiennent ce consensus pour des raisons mercantiles. Et il y a aussi ceux qui pourraient/devraient se réveiller davantage et faire connaître plus largement les résultats de leurs travaux. Je pense aux toxicologues et aux épidémiologistes.
Mais ils se sentent seuls et ont le sentiment que ce n’est pas à eux de porter sur leurs épaules la parole qui va restaurer la vérité.

Il y a beaucoup d’argent en jeu. Au-delà de vos enquêtes journalistiques, le philosophe que vous êtes déplore avec amertume le climat général de « corruptibilité »…

Savez-vous qu’il n’y a jamais eu aussi peu d’étudiants en philosophie et en sciences humaines ? Le département philosophie de l’université de Tours, par exemple, est même contraint d’envisager sa fermeture par manque d’étudiants alors que c’était l’un des plus importants de France il y a encore dix ans. Aujourd’hui, c’est faire de l’argent qui compte pour la plupart des gens. Etudier l’économie, le droit, le commerce, l’administration économique et sociale… Voilà pour eux les filières d’avenir ! Le climat affairiste n’a jamais été aussi grand. La corruptibilité, au sens large, est entretenue par les parents eux-mêmes. J’ai souvenir d’une confidence de Danielle Mitterrand que je connaissais assez bien. Elle m’a un jour confié qu’obsédés par l’idée que leurs enfants puissent un jour connaître le dénuement, son mari François et elle les avait poussés vers des secteurs lucratifs. C’est l’idée qu’« ils ne manquent surtout pas d’argent plus tard » qui avait prédominé. Elle le regrettait beaucoup. Quand un enfant dit à ses parents le métier qu’il veut exercer, le premier réflexe – même chez les humanistes – est de s’interroger : quel statut aura-t-il ? Combien ça gagne ? Tout le monde craint que ses enfants aient à manquer. On veut s’adapter au marché. Alors la philosophie, vous pensez !
Et pourtant… Dans le domaine de la santé, si les médecins étaient formés à exercer un œil critique sur les informations qu’ils reçoivent, nous n’en serions surement pas là. Ils n’adhéreraient pas aussi facilement aux consensus mensongers.
En tant que philosophe, j’ai vraiment découvert au cours de toutes mes enquêtes qu’il est très difficile aux différents acteurs de résister aux pressions économiques. En situation de crise, les gens sont prêts à faire des choses qui – en d’autre temps – leur auraient été insupportables. Quand ils commencent à mettre le doigt dans l’engrenage, leur propre corruption se banalise à leurs propres yeux. Ils la trouvent normale.

Avez-vous néanmoins une bonne nouvelle à transmettre ?

Oui ! Et elle est de taille ! L’état des connaissances scientifiques permet vraiment d’agir sur ces maladies neurodégénératives. Cette pandémie n’est pas une fatalité, contrairement à ce que l’on fait croire ! Il est possible de l’enrayer en réduisant l’inhalation et l’ingestion des neurotoxiques. Pour ce faire, il est nécessaire d’en faire connaître les sources : les pesticides, certains additifs alimentaires, l’eau du robinet traitée à l’aluminium, certains médicaments, les vaccins qui contiennent de l’éthylmercure, etc. Il s’agit d’être vigilant quand on doit recevoir des soins dentaires et ne pas hésiter à refuser la pose d’amalgames. Il y a d’ailleurs des précautions à prendre lors de dépose d’un plombage ou de travail sur un amalgame. Il est aussi important de se protéger des ondes électromagnétiques. D’autre part, quand on est intoxiqué aux métaux lourds, il est possible de se détoxifier en faisant une chélation, tout en faisant extrêmement attention aux procédés utilisés. Des solutions existent donc aujourd’hui.
Dans notre livre, nous consacrons la dernière partie à ce que nous pouvons faire individuellement et collectivement pour réduire les expositions de manière importante et se protéger, soi et sa famille.

Propos recueillis par Corinne Grumberg

(*) « Menace sur nos neurones – Alzheimer, Parkinson… et ceux qui en
profitent » (Ed. Actes Sud).

(1) Fort de ses 375m de wagons, ce Train pour Tout savoir sur la Maladie (TTM) a sillonné la France dès septembre 2010 en transportant une exposition et des pseudo-experts chargés d’informer les visiteurs. Il s’est arrêté dans les plus grandes villes de France.

(2) Ifrad : fondation pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer.