RETROUVER SON ENERGIE, RAJEUNIR ET GUERIR PAR LA SOBRIETE ALIMENTAIRE ET LE JEÛNE

Notre société occidentale est en train de s’autodétruire par l’abondance. Bien que paradoxale aux yeux de certains, cette affirmation est une évidence. Trop posséder, trop manger sont tout aussi mauvais pour l’homme que posséder trop peu et manger trop peu. 90 % des maladies actuellement constatées en Occident sont des maladies de civilisation, autrement dit directement liées à notre mode de vie, en particulier à notre alimentation et plus particulièrement encore, à l’excès de nourriture.

A cet excès généralisé de nourriture s’ajoute la toxicité des produits de base, légumes, fruits, céréales et viande qui la composent, empoisonnés par des quantités de produits chimiques déversés dans les champs et introduits dans la nourriture industrielle de façon irresponsable par les producteurs de ces aliments, à l’exception des produits alimentaires authentiquement biologiques. Nous ne développerons pas ici ce dernier aspect des problèmes de l’alimentation moderne mais plutôt l’aspect quantitatif de l’alimentation, ses graves conséquences et la façon d’y remédier.

En moyenne, les français mangent une fois et demi à deux fois plus qu’il n’est nécessaire pour être en bonne santé, résistants et bien nourris. Le français moyen ne brille pas par sa vitalité mais il en est de même pour tous les occidentaux. Cela veut dire, entre parenthèses, qu’il avale deux fois plus de poisons alimentaires que s’il était sobre. C’est cet excès d’alimentation qui remplit les cabinets des médecins, ce qui ne change rien d’ailleurs, bien au contraire, car 90 % des médicaments sont aussi des poisons. Si on ne supprime pas la cause de ces maladies de civilisation, aucun traitement chimique ne peut les supprimer. Cette nourriture avalée en excès pendant toute la vie se stocke dans de multiples endroits du corps humain sous forme d’amas de graisse, de dépôts organiques, articulaires, vasculaires et cellulaires.

Finalement, les milliards de cellules qui constituent tous nos tissus sont étouffées par ces excès de sucres, de graisses et de protéines, et cessent de se reproduire, entraînant un affaiblissement général de la personne, des maladies de civilisation puis le vieillissement prématuré, et ceci malgré toute la vaine dépendance médicaliste offerte par le merveilleux système dans lequel nous vivons. Comme le corps et l’esprit sont étroitement interdépendants, cette dégradation physique s’accompagne d’altérations psychologiques et de désordres émotionnels auxquels les personnes concernées ( c’est-à-dire 90 % de la population même les enfants) réagissent en mangeant encore plus à titre de compensation au mal-être engendré par ce mode de vie.

Quelles sont les causes de cette situation ? Il y a d’abord des causes sociales.

– Pour continuer d’exister, la société matérialiste et mercantile qui est la nôtre, a besoin que les gens mangent le plus possible. De plus, manger trop rend l’esprit des hommes lourd et passif ce qui les rend politiquement plus dociles. C’est la fuite en avant suicidaire d’un monde fondé sur l’économisme et le productivisme. Ensuite, bien sûr, l’industrie agro- alimentaire marche main dans la main avec l’industrie pharmaceutique : je mange trop donc je suis faible ou malade, comme je suis faible ou malade, je vais voir mon médecin et je prends des produits pharmaceutiques et comme je prends ces produits, je suis encore plus mal et je mange encore plus pour me consoler. On sait depuis longtemps que manger est l’une des façons les plus courantes de compenser toutes les frustrations et les mal-êtres de la vie quotidienne parmi lesquels figurent en premier le sentiment d’affaiblissement et de lourdeur chronique que produit une alimentation excessive ainsi que les effets secondaires très nombreux des drogues pharmaceutiques. Pour le système économiste dans lequel nous vivons, broyeur de consciences individuelles, la santé et le bien-être des personnes n’ont aucune valeur, il ne peut fonctionner que sur le profond sommeil et le grégarisme des populations.

Viennent ensuite les causes individuelles, psychologiques et comportementales auxquelles il est déjà fait allusion dans les lignes précédentes et qui, bien sûr, s’associent aux causes collectives et culturelles.

– L’être humain a toujours eu les plus grandes difficultés à penser, ressentir et se comporter de façon équilibrée. En quelque 200 ans à peine, nous sommes passés d’une civilisation quasiment dénuée de toutes technologies et très près de la nature à une civilisation où la science, la technologie et la chimie ont pratiquement envahi la totalité de notre espace de vie quotidienne. Les moyens de production alimentaire, tant agricoles qu’industriels sont devenus tellement efficaces que le monde est passé brusquement d’un mode restreint à un mode surabondant de production alimentaire, du moins en Occident. Au détriment de la qualité certes. Le besoin et la recherche de nourriture ont été pendant de longs millénaires la préoccupation essentielle des hommes. La peur du manque est inscrite dans nos gènes et voilà que nous entrons brusquement dans une société où l’homme peut manger la quantité de nourriture qu’il veut et plus encore. Par mouvement de bascule, l’homme est passé d’une insuffisance certes souvent involontaire à une excessive abondance qu’il considère, le plus souvent comme très positive sans en percevoir le danger, ignorant tout des bénéfices incommensurables du juste milieu. Les pseudo-spécialistes de la diététique parlent certes, abondamment d’équilibre nutritionnel, se contentant d’en rester aux justes proportions entre protides, glucides et lipides mais très peu d’entre eux alertent la société sur les gros problèmes du déséquilibre quantitatif.

– La cause suivante est le grégarisme généralisé des êtres humains qui ne pensent pas suffisamment par eux-mêmes et suivent aveuglément toutes les suggestions consuméristes des médias qui servent servilement le système. L’invitation à engloutir de la nourriture en toutes occasions est partout, nous assiégeant en permanence jusque dans nos maisons.

– Enfin, et les médias ne sont pas non plus étrangers à cette croyance : manger est de plus en plus un acte consensuel lié à la sociabilité, à la fête, aux distractions. Sortir au restaurant est le plaisir le plus répandu des occidentaux. Certes il n’y a rien de mal, tout au contraire, à manger ensemble et à s’en réjouir, cela ne date pas de l’ère consumériste, sauf que dans ces conditions l’acte alimentaire est le plus souvent accompli avec un manque total d’attention à la mastication et à l’appréciation des saveurs et des parfums des aliments que ceux-ci méritent, la relation verbale des convives prenant
une plus grande importance qu’un acte alimentaire conscient. Or, ne pas manger attentivement et manger trop sont pareillement un manque de respect pour ce qu’est vraiment la nourriture : une partie future de notre corps. Manger ainsi c’est donc doublement ne pas se respecter soi-même. La publicité alimentaire ne fait que répéter inlassablement cette incitation à manger en l’assimilant au bonheur et à la joie de vivre alors que tout excès alimentaire prolongé se termine invariablement par la maladie le désarroi, l’apathie, l’obésité et finalement par une longue dépendance médicaliste et la mort prématurée.

La majorité des occidentaux n’on jamais connu la sensation de faim car ils mangent tellement fréquemment qu’ils ne se donnent tout simplement aucune chance de la connaitre. Quel dommage pour eux ! leur santé s’en trouverait certainement nettement améliorée. Il y a plusieurs années je passais quelques semaines avec un chamane sibérien qui me dit : « ne te contente jamais d’avoir le plaisir pour seule raison de manger, arrange-toi toujours pour en avoir une seconde : avoir vraiment faim car d’abord celle-ci décuplera ton plaisir et ensuite tu fortifiera ton corps et ta santé au lieu de les abîmer ».

Comment se réveiller d’un tel cauchemar et reprendre en main sa santé ? Par une alimentation qui conjugue plaisir et vitalité.

Indépendamment d’une orientation alimentaire plus saine et exempte de produits chimiques, deux pratiques sont essentielles :

manger consciemment : c’est-à-dire lentement, en mâchant et en salivant jusqu’à ce que la nourriture soit réduite en liquide, sans parler, et encore mieux sans penser pour accorder toute son attention aux saveurs et parfums des aliments. Cette façon de manger, à elle seule peut opérer des prodiges en termes de guérison corporelle et de restauration de toute la vitalité du mangeur. Le système digestif a ainsi le temps de bien digérer les aliments et de les séparer en micro-nutriments avec un minimum de déchets et un minimum de fatigue et d’usure pour les organes digestifs. Bien des maladies peuvent ainsi disparaître ou être évitées. Par ailleurs, de cette manière, on ne peut plus manger autant, le nombre de repas peut ainsi passer à deux sans le moindre risque de sous- alimentation et de carences.

Le jeûne : il y a plusieurs façons de jeûner. Nous décrirons ici les deux plus connues: le jeûne de 4 à 6 jours et le jeûne hebdomadaire, celui-ci pouvant être mené toute l’année. Pourquoi jeûner ? Pour mettre l’organisme au repos. Tout ce qui existe dans l’univers est binaire et rythmé, c’est le fonctionnement même de l’énergie. Quand vous jeûnez, vous reposez votre système digestif, vous en relancez la vitalité, tout comme vous relancez la vitalité de votre corps en dormant 8 heures. Le mot « déjeuner » inclut d’ailleurs cette idée car il veut dire : « arrêter de jeûner ». En jeûnant régulièrement, non seulement vous pouvez retrouver l’énergie que vous aviez avant mais en plus vous pouvez guérir des maladies, parfois graves. De grands chercheurs, médecins–diététiciens russes, suisses et allemands ont expérimenté le jeûne pendant de longues années et sur de nombreuses personnes et ont même pu démontrer qu’un certain nombre de cancers pouvaient être guéris par le jeûne uniquement. Enfin, tout en représentant un type de situation moins grave mais beaucoup plus fréquent, le jeûne, en relançant une circulation de l’énergie beaucoup plus fluide dans tous les organes, dans le cerveau et dans les glandes nobles du corps, fait disparaître la morosité, le stress chronique, apporte une sensation très concrète de rajeunissement et de légèreté , ce qui a évidemment une grande influence dans notre recherche du bonheur. Enfin, le jeûne élève notre niveau de conscience et nous équilibre émotionnellement et il est même utilisé par les chamanes et les grands initiés d’orient pour favoriser les états de conscience élargie.

Comment jeûner ?

Concernant le jeûne hebdomadaire d’une journée, il n’y a pas de précaution particulière à prendre au préalable, simplement de boire un à deux litres d’eau de bonne qualité dans la journée de jeûne. Il semble plus facile et agréable de commencer ce jeûne en supprimant le repas du soir et en remangeant le soir suivant, ainsi trois repas sont passés et l’organisme a pu se reposer. Il vaut mieux ne pas gloutonner à la reprise alimentaire. Il est essentiel de se sentir joyeux et non plaintif et malheureux, car dans ce cas, d’une part le jeûne est plus difficile, ce n’est pas une punition mais un bien que l’on se fait et d’autre part, il est beaucoup moins efficace. Le cœur et l’esprit doivent accompagner le corps. On peut avoir une haleine un peu forte, c’est normal, le corps manifestant le nettoyage et un peu d’acidose surtout si l’organisme est encrassé depuis de longues années. Si l’on veut, mais ce n’est pas indispensable bien que cela rende le jeûne encore plus efficace, on peut se faire un lavement intestinal un peu avant de le commencer, chez soi en utilisant un boc acheté en pharmacie, avec une eau chauffée à la température du corps. Bien que, surtout au cours des premiers jeûnes hebdomadaires, vous allez peut-être vous sentir un petit peu faible, vous pouvez aller travailler sauf si vous êtes de constitution très fragile, auquel cas vous pouvez rester chez vous sans toutefois vous aliter car le jeûne est plus efficace s’il y a une activité musculaire même modérée et une circulation du sang correspondante. Profitez de la reprise alimentaire pour manger très attentivement et en appréciant ce qu’est le fait de manger avec une vraie faim, un privilège rare dans notre société de surabondance où rares sont les personnes qui ne mangent que quand elles ont une vraie faim, celle que l’on qualifie de « cellulaire ».

Pour le jeûne plus long (de 4 à 6 jours), l’idéal c’est de diminuer un petit peu la quantité de nourriture des deux jours ou du jour précédent le début de celui-ci. C’est un jeûne que l’on peut faire deux fois par an, voire quatre fois, pour se régénérer et retrouver sa vitalité ou encore pour guérir une petite maladie, la guérison de maladies plus graves nécessitant un calendrier de jeûnes et un suivi médical pour lequel il vaut bien s’adresser à des organismes spécialisés qui existent en Suisse, en Allemagne ou en Russie. Ici encore, il n’y a pas de précautions spéciales à prendre, sauf qu’il est conseillé de se faire un à deux lavements intestinaux pendant le jeûne, le premier dès le premier jour, le second en milieu de jeûne, il est important de boire abondamment, de l’eau pure et des tisanes douces non sucrées. Les personnes physiquement fragiles doivent surveiller leur tension et ne pas mener une activité habituelle mais les personnes en assez bonne santé peuvent mener une activité normale qui sera un peu ralentie, ce qui est normal. On peut aussi, dès le début du jeûne prendre une purge pour bien nettoyer les intestins, par exemple 30 grammes de sulfate de magnésium dissous dans un litre d’eau pure à boire au cours de la première journée pour bien vider les intestins. Pour la reprise alimentaire, il faut reprendre très progressivement, un petit peu de fruits au premier repas, un peu plus au second, quelques légumes et un tout petit peu de riz au troisième puis augmenter progressivement jusqu’à reprendre une alimentation normale à partir du 4ème jour. Il est essentiel d’en profiter pour se mettre à manger consciemment, en se consacrant uniquement à apprécier, savourer, mâcher en purée et sans se presser et aussi pour manger deux repas par jour, à la rigueur un peu de fruits le matin. Maîtriser sa relation avec l’aliment est un acte très puissant, quand on réussit cette maîtrise, toutes les autres maîtrises de soi sont beaucoup plus faciles.

                                                         PAUL DEGRYSE

– éclaireur toltèque – auteur de plusieurs livres sur le chamanisme dont : « Chamane, le chemin des immortels » (Dervy) et « Pratique des gestes conscients toltèques » (Médicis) – conférences, stages et formations en chamanisme toltèque – site : chamanisme-ecologie.com – email : wambli.cd@live.fr

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