Article N°24

Rougeole, oreillons, rubéole, coqueluche, varicelle… Pour la médecine classique, ces maladies infantiles sont autant de maux à prévenir par les vaccinations ou à combattre par des médicaments, notamment fébrifuges. Et si elle faisait fausse route ? L’expérience des médecins antroposophes et celle des homéopathes apportent en effet une autre vision sur les épisodes infectieux de la petite enfance, celle d’étapes précieuses de la construction immunitaire et de moments clés dans le développement psychologique des nouveau-nés. Lorsqu’on veille à leur déroulement naturel, ces différents caps révèlent d’ailleurs leur rôle positif , notamment dans la santé
harmonieuse des futurs adultes et même dans la disparition immédiate de certains troubles et symptômes !
Le Dr Françoise Berthoud plaide donc pour qu’on respecte les maladies d’enfance, en appuyant ses arguments
sur quelques exemples vécus durant sa longue pratique pédiatrique.

La médecine académique étudie les causes des maladies surtout sur le plan du corps physique. Il y a souvent pour elle un coupable extérieur, bactérie, parasite ou virus ou alors une cause statistiquement évidente, comme le rôle du tabac dans le cancer du poumon.
Heureusement, certains médecins renommés comme Dominique Belpomme, Henri Joyeux, Catherine Kousmine, Jean Seignalet et même récemment Luc Montagnier ont compris le rôle des causes environnementales et alimentaires. D’autres évoquent des origines psychologiques, émotionnelles ou mentales et quelques-uns comme Christophe André s’aventurent même sur le terrain métaphysique.. Et nous nous souvenons tous avec émotion et reconnaissance de David Servan-Schreiber. Cependant, pour ces médecins ayant une ouverture vers la recherche des causes, la maladie reste avant tout un ennemi à combattre, à faire disparaître.
Les maladies d’enfance n’échappent pas à cette règle, les armes du combat étant bien sur les fébrifuges et surtout les vaccinations.

Le sens et le respect des maladies

La notion de « maladie-crise » qui nous fait grandir, comme toute autre épreuve sur notre chemin de vie a surtout été développée par le philosophe Rudolph Steiner, fondateur de l’anthroposophie. Cette vision est liée à la prise en compte de l’âme et à la notion de réincarnation. Dans la galaxie des maladies d’enfance, qui toutes sont accompagnées de fièvre, Rudolph Steiner affirme que le complexe de lois régissant les fonctions de la chaleur est lié à « l’organisation du Moi » qui permet l’intentionnalité, le déploiement de la volonté et porte l’individualité de l’esprit humain . Pour les anthroposophes, le respect des maladies d’enfance est fondamental pour la construction d’une santé adulte harmonieuse sur les plans physique, psychologique et spirituel.
Un groupe de pédiatres anthroposophes a étudié 14 893 enfants d’écoles Steiner de cinq pays européens (Autriche, Allemagne, Hollande, Suède et Suisse) en comparant la santé des enfants élevés dans le style de vie des anthroposophes avec un groupe témoin . Ces enfants sont moins vaccinés que la population générale et ont donc encore l’occasion de « faire leurs maladies d’enfance ». L’étude montre qu’ils se portent mieux que les autres, ayant en particulier beaucoup moins d’allergies et de troubles du comportement.
Je cite plusieurs autres exemples d’études semblables dans mon petit livre « La santé des enfants non vaccinés » . (1)

Deux histoires de rougeole

Point n’est besoin d’être anthroposophe pour observer les conséquences du respect des maladies d’enfance. Dans mon expérience de pédiatre homéopathe, voici deux histoires de rougeole.

– Yves et Fanny, âgés de cinq ans, ont joué ensemble en salle d’attente de mon cabinet de pédiatre homéopathe. La maman d’Yves m’avait demandé une consultation au sujet des tics du visage de son fils. Fanny avait de la fièvre, et on a compris le lendemain qu’elle nous faisait une belle rougeole ! J’ai averti au téléphone la maman d’Yves de la situation en lui disant : dans une quinzaine de jours, Yves pourra avoir une sorte de « crève » avec pas mal de fièvre, puis le troisième jour une éruption, derrière les oreilles d’abord puis assez vite partout sur le corps, ne laissant guère de peau de couleur normale. « Pas de panique, lui-dis-je, garde-le bien au chaud et au calme, avec quelques granules si tu es inspirée (cette maman avait suivi mon cours d’homéopathie familiale). Parles-en le moins possible autour de toi, sauf si d’autres mamans désirent une « measles party » …mais alors très vite, car il ne sera bientôt plus contagieux. »
C’est plusieurs mois après qu’on s’est téléphoné pour une autre raison.
Moi : Et alors, cette rougeole ?
Elle : Juste comme tu l’avais dit. J’ai pris dix jours de congé et suis restée avec lui, c’était très chouette.
Moi : et les tics ?
Elle : quels tics ?
Moi : on ne saura jamais s’ils ont disparu grâce à notre conversation ce jour-là, grâce à l’action magique de la rougeole ou grâce à vos dix jours d’amour…

– Caroline, 6 ans, a un rendez-vous opératoire pour enlever ses végétations car son otite séreuse provoquant une surdité détectée à l’école a résisté à tous nos efforts alimentaires, homéopathiques et ostéopathiques. La veille du jour J, elle a de la fièvre et toussote, et on remet l’opération. C’est la rougeole. Et c’est le printemps.
Convalescente, Caroline sourit : « maman, j’entends de nouveau chanter les oiseaux ».

Deux histoires de coqueluche

– Romain, 6 ans, avait passé ses vacances avec ses parents au bord de la Baltique. Il jouait sur la plage avec des copains qui toussaient. En Suède, la coqueluche se transmet plus facilement dans l’enfance car le vaccin (partiellement efficace) a été abandonné depuis des décennies à cause de ses graves effets secondaires. Les adultes suédois ont donc de meilleurs anticorps contre cette maladie que dans les pays où le vaccin est généralisé. Leurs nourrissons sont ainsi mieux protégés contre la coqueluche, qui pose chez les tout petits plus de problèmes que chez l’enfant plus grand.
Et voilà que Romain développa au retour une coqueluche particulièrement spectaculaire. Il faut dire que le couple était en crise, et ce n’est pas ma première observation que la gravité des quintes peut être liée à des difficultés dans le couple parental, que ce soient des disputes ou surtout des « non-dits ».
Quand l’enfant fut guéri, je posai à la maman ma question rituelle : « As-tu regretté de ne pas l’avoir vacciné ? » Elle fut la seule de ma carrière à répondre : « Oui. Et j’aimerais vacciner contre la coqueluche l’enfant que j’attends, c’était trop dur, ces nuits de quintes ». Les autres parents, tout en reconnaissant l’aventure que représentait cette coqueluche, en évoquaient plutôt les bons moments, la solidarité des parents lors des nuits difficiles, et les conséquences positives sur la santé ou le développement du petit.
La maman m’avait répété son désir lorsque j’ai examiné l’enfant nouveau né.
Comme ma devise de pédiatre était : « pas de nouvelles, bonnes nouvelles », c’est seulement
après une année qu’elle m’a téléphoné pour une broutille.
Moi : alors, ce vaccin coqueluche ?
Elle : j’ai changé d’avis. Depuis sa coqueluche, Romain qui attrapait au vol toutes les crèves du quartier n’a plus jamais été malade. Et mon livre d’homéopathie dit que la coqueluche améliore les terrains tuberculiniques…

-Ulysse n’aime vraiment pas du tout l’école.
La veille du jour de la rentrée scolaire, Ulysse commence à tousser en quintes caractéristiques de la coqueluche alors que personne n’avait remarqué dans les jours précédents de symptômes annonciateurs (fièvre, « crève », toux banale). Cette aventure extraordinaire m’a une fois de plus prouvé les relations étroites entre la coqueluche et l’expression des émotions.

Le respect de la fièvre

Des homéopathes sud-américains rapportent que lors des épidémies, les patients atteints de poliomyélite soignés en homéopathie ne présentaient pas de complications paralytiques. Ils disent humblement que c’est peut-être grâce aux granules …mais aussi probablement grâce au simple fait de respecter les symptômes (en particulier les diarrhées et la fièvre). La sagesse populaire juge que la température «tue les virus». Michel Georget cite un travail de Lwoff montrant en laboratoire un effet dissuasif de la température sur la croissance des virus de la polio. Même si ces travaux datent de plus d’un demi-siècle, ils n’ont jamais été démentis et tout porte à croire que les autres virus réagissent de la même manière. De plus, ajoute Michel Georget « les changements métaboliques dus à la fièvre donnent à l’organisme un avantage adaptatif sur les envahisseurs microbiens, augmentant en particulier l’efficacité des macrophages destructeurs de bactéries ». (2)

Les leçons de la fièvre de trois jours

Cette maladie n’est pas souvent citée dans les maladies d’enfance, et pourtant je n’ai guère rencontré de bébé qui ne l’ait faite. L’enfant, âgé le plus souvent de un à trois ans, monte brusquement sa température à 40 degrés environ et cette fièvre reste en plateau pendant trois jours. Il n’y a ni toux ni vomissements, l’état général et l’état de conscience sont bien conservés. Quelque peu abattu, l’enfant reste peu inquiétant et sourit encore. Le diagnostic se fait le plus souvent par téléphone : « si tout va bien sauf la fièvre, on se donne trois jours, car très souvent apparaît le quatrième jour sur le tronc de l’enfant une éruption fine assez fugace, la fièvre ayant disparu ».
Cette maladie bénigne joue certainement un rôle dans le puzzle de la création de l’immunité adulte et elle permet aussi aux parents d’apprendre une leçon importante dans le domaine de la confiance et du respect de la fièvre.
Trois jours de fièvre….c’est le temps que la sagesse populaire donne aussi, avant de s’inquiéter. Dans ces fièvres sans symptômes respiratoires, il sera toujours temps le quatrième jour de faire un examen d’urine. Il est vrai que cette maladie est une des causes les plus fréquentes de convulsions fébriles, moment particulièrement angoissant pour les parents. Cependant, quand on sait que les fébrifuges sont inutiles pour les prévenir, car la fièvre monte trop vite, et que l’avenir des enfants ayant ainsi convulsé n’est en aucun point menacé, il est plus facile de faire les gestes simples et bien connus des grand-mères : le bain à 38 degrés.
L’expérience montre que pour les pédiatres classiques, c’est une des raisons fréquentes de prescrire abusivement un antibiotique, évoquant le plus souvent un tympan rouge….mais le tympan d’un enfant fiévreux qui hurle parce qu’on le maintient pour examiner ses oreilles n’est-il pas toujours plus ou moins rouge ? Comme ses joues ?
Autre leçon donc: les parents apprendront ce jour-là à relativiser et à mettre en doute le diagnostic du pédiatre de ville, surtout si l’enfant n’a pas du tout l’air d’avoir mal à l’oreille !

La disparition des maladies d’enfance.

Cette disparition n’est pas absolue, car il y a de plus en plus d’enfants non vaccinés et la protection due au vaccin n’est ni complète ni durable. Le gros problème de santé publique lié aux vaccinations systématiques contre les maladies d’enfance est le déplacement de l’âge auquel on fait ces maladies. La sagesse populaire disait bien que les maladies d’enfance sont plus graves à l’âge adulte. En effet, pour la rougeole par exemple, c’est entre 5 et 9 ans que les complications sont les plus rares. Avant l’ère vaccinale, les bébés étaient protégés par les anticorps de leur mère, qui sont maintenant insuffisants chez les femmes vaccinées. Les statistiques d’hospitalisation pour rougeole brandies par les autorités sanitaires montrent bien que les cas graves et parfois mortels de rougeole se présentent actuellement chez des bébés, des adolescents et de jeunes adultes dans les pays du Nord.
Nous sommes dans une situation paradoxale et néfaste où la rougeole, bénigne autrefois dans la grande majorité des cas chez un enfant bien nourri, est devenue dangereuse, au point que les médecins les plus prudents face aux vaccinations en viennent à proposer de vacciner les adolescents non immuns.
Pour les oreillons et la rubéole, les raisons de vacciner avancées par les autorités sanitaires sont leurs dangers à l’âge adulte (l’orchite suivie de stérilité pour les oreillons et l’encéphalite rubéoleuse du bébé d’une femme atteinte de rubéole en début de grossesse). Paradoxe : les vaccinations massives ont un effet contraire au but désiré. Et le rêve de l’éradication de ces virus par la vaccination (qui justDfierait la vaccination des garçons contre la rubéole et celle des filles contre les oreillons) restera toujours une utopie.
Pour les vaccinalistes, la seule réponse possible à ce grave problème de santé publique sera la multiplication des rappels, offensive particulièrement présente dans l’actualité pour la coqueluche. Ce faisant, le nombre de complications vaccinales pourrait bien suivre une courbe exponentielle…de même que les bénéfices de Big Pharma.

Notes:

(1) « Vaccinations, les vérités indésirables », Michel Georget
(éd. Dangles)

(2) « La santé des enfants non vaccinés », Dr François Berthoud
(éd. Jouvence)

Pédiatre homéopathe à Genève, le Dr Françoise Berthoud fait partie du Groupe Médical de Réflexion sur les Vaccins en Suisse francophone et du Forum Européen de Vigilance Vaccinale ; Elle est l’auteure des livres « Mon enfant a-t-il besoin d’un pédiatre ? » (Ed. Vivez Soleil), « Hyperactivité et déficit d’attention de l’enfant : comprendre plutôt que droguer » (Ed. Marco Pietteur) « La santé des enfants non vaccinés
(Ed. Jouvence) et « Trois enfants de ce temps » (Ed. Xenia)
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