portrait de Yves Rasir Ils n’attendaient que ça !  Comme une meute de loups affamés, les médias de masse se sont rués sur la nouvelle « affaire Joyeux » et en ont fait leurs choux gras. Presse écrite et chaînes de télé ne se sont pas privées  de dénigrer le célèbre professeur qu’elles avaient déjà décrié pour ses critiques envers certains vaccins obligatoires contenant de l’aluminium. Si vous avez manqué ce nouvel épisode de la série « haro sur la santé naturelle »,  voici de quoi il s’agit : avec son grand ami Jean-Bernard Fourtillan, comme lui ancien professeur de médecine, Henri Joyeux a mis sur pied une expérimentation  consistant à administrer deux hormones à des patients  atteints de la maladie d’Alzheimer,  de la maladie de Parkinson ou d’autres pathologies neurologiques. Le but était de vérifier si l’association des molécules parvenait à réguler le sommeil des malades et, par ricochet, à améliorer leurs autres symptômes. Comme ce produit devait être diffusé sous forme de patchs pendant la nuit, les volontaires étaient priés de séjourner brièvement dans une abbaye et de participer aux frais de l’expérience, voire  de la financer généreusement si leurs moyens le permettaient. Informée de ce qu’elle assimile à un « essai clinique sauvage et illégal », l’Agence française du médicament (ANSM) y a mis fin immédiatement pour « atteinte grave au code pénal  et au code de la santé publique ».  Les 350 participants à cette  étude clandestine ont été sommésde ne plus utiliser les patchs, de consulter rapidement leur médecin traitant et de réaliser urgemment un bilan de santé. La Justice a été saisie et la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déjà promis des « sanctions et des poursuites ». 
 
Que penser de ce ramdam politico-médiatique ? Chacun son avis, mais je pense personnellement qu’il s’agit d’un ouragan dans une pipette d’eau. Certes, il semble bien que le test réalisé par le tandem Joyeux-Fourtillan puisse être qualifié d’étude clinique et que son protocole ait été établi au mépris des règles en vigueur. En dépit de leurs dénégations et de l’invocation d’une « erreur de langage », le chirurgien-cancérologue et son ami chimiste-phamacologue ont bel et bien tenté d’évaluer l’action d’une substance chez des « cobayes » humains, avec la circonstance aggravante que certains d’entre eux n’étaient peut-être pas pleinement conscients et consentants. Cependant, il y a tout lieu de penser que le « remède » en question – en l’occurrence deux hormones secrétées naturellement par l’organisme et que d’autres pays rangeraient probablement dans la catégorie des compléments alimentaires  – ne présente absolument aucun danger pour la santé. D’ailleurs, les autorités  se sont contentées d’affirmer qu’un « risque n’était pas exclu »  en se gardant bien de préciser quels effets néfastes pouvaient être redoutés. Interrogé en 2016 suite à un article où Henri Joyeux annonçait son projet,  le Pr Philippe Damier, vice-président du comité scientifique de l’Association France Parkinson, avait fait part de son scepticisme et de sa franche hostilité mais avait déclaré que le cocktail envisagé ne serait « vraisemblablement pas dangereux. » La valentonine et le 6-méthoxy-harmalan – ce sont les dénominations des deux composants – sont en effet des dérivés de la mélatonine, hormone présente dans tous les organismes vivants et déjà largement employée comme aide à l’endormissement. De toute évidence, les expérimentateurs n’ont donc pas joué avec le feu alors que l’enjeu – mieux traiter deux affreuses maladies incurables – en vaut incontestablement la chandelle. Quand bien même une fin honorable ne peut justifier des moyens qui le sont moins, la répression déclenchée par l’ANSM et la ministre de la Santé est totalement disproportionnée. Cette dernière s’est fendue d’une réaction où elle se disait « effondrée et horrifiée » alors même que s’ouvrait le procès du Médiator, médicament horriblement toxique celui-là et à l’origine de centaines de morts et de milliers d’hospitalisations. Par ses paroles indécemment excessives, Agnès Buzyn a quasiment craché sur les tombes de ces victimes pour lesquelles elle n’a jamais manifesté la moindre compassion. On peut reprocher beaucoup de choses au duo Joyeux-Fortillan, mais il est ignoble de réagir comme si on venait de découvrir deux émules de Joseph Mengele commettant des crimes épouvantables contre l’humanité. En tant que fille de déporté, Mme Buzyn aurait pu raison garder. 
 
Ce qui me choque encore plus que cette manœuvre de diversion permettant au gouvernement et  à l’Agence du médicament de se refaire une vertu (cette dernière est inculpée également pour blessures et homicides involontaires dans le dossier Médiator),  c’est que les cris d’orfraie et les appels à punition étouffent complètement les questions de fond soulevées par ce pseudo-scandale : oui ou non le professeur Fourtillan a-t-il fait une découverte majeure en décrivant la valentonine ? Est-il scientifiquement plausible que cette sécrétion émanant de la glande pinéale soit la vraie « hormone du sommeil » ? Et l’hypothèse selon laquelle une complémentation pourrait également soigner les maladies neurologiques tient-elle la route ?  Depuis de nombreuses années, la science soupçonne un lien entre le déficit en mélatonine et l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Pas plus tard que la semaine dernière, une nouvelle méta-analyse a confirmé  que  la dégénérescence cérébrale  était synonyme de perturbation des rythmes biologiques. Mieux : plusieurs des études cliniques analysées  indiquent que la mélatonine améliore le sommeil des patients et peut constituer un outil thérapeutique intéressant pour les troubles cognitifs et les premiers stades de la démence. Puisque Jean-Bernard Fourtillan soutient que deux autres hormones auraient un effet positif beaucoup plus prononcé, ne serait-il pas  important de l’écouter et de se pencher sur ses travaux ? Ceux-ci n’ont pas été publiés dans des revues à comité de lecture mais ils ont fait l’objet, en 2015,  d’une communication à l’Académie française de Pharmacie. Dans une vidéo d’une heure tournée en 2016 et postée sur Youtube, Joyeux interroge Fourtillan qui expose en détail ses recherches et les fruits qu’il en attend. Je ne suis pas biochimiste,  mais ses explications me paraissent à la fois cohérentes et convaincantes. Le minimum, me semble-t-il, serait que les pouvoirs publics s’emparent du message et cherchent à le vérifier au lieu de fusiller les messagers ! 
 
 
Un  passage de l’interview me semble particulièrement interpellant : celui où les deux comparses forment le vœuque leur patch fasse beaucoup mieux que les benzodiazépines en procurant un sommeil réparateur. À les entendre, cette classe de  somnifères anxiolytiques, surconsommés malgré leurs graves effets secondaires, pourrait   être avantageusement remplacée par un produit naturel, inoffensif et peu coûteux. C’est  un espoir énorme et c’est une perspective encore plus enthousiasmante que celle de mieux soigner les dysfonctions neuronales. Mais c’est aussi, vous l’aurez compris, une immense menace pour une des plus grosses poules aux œufs d’or de Big Pharma. Si elle veut prouver  que la « nouvelle affaire Joyeux » n’est pas montée en épingle, voire montée de toutes pièces,  pour protéger les intérêts de son industrie pharmaceutique, la France sait ce qui lui reste à faire : la lumière sur l’existence et les vertus réelles  de la valentonine. Au lieu de lyncher les dissidents  que leur désignent les instances étatiques, les médias pourraient également mener l’enquête et susciter le débat médico-scientifique.   Dès lors que la controverse sera tranchée, on saura si l’ « essai clinique sauvage » valait la peine d’être tenté et si les foudres de la justice se seront abattues injustement. En tout état de cause, je trouve indigne que des instances censées promouvoir la santé torpillent, par leur légalisme intransigeant et sous le prétexte d’une improbable dangerosité, une initiative potentiellement porteuse d’un grand progrès sanitaire. Ce n’est pas demain la veille que pareille sévérité sera appliquée aux firmes  pharmafieuses parvenant à commercialiser légalement de nombreuses drogues délétères …