Et si l’art pouvait aider chacun de nous à vivre mieux et plus longtemps ? « La beauté sauvera le monde », écrivait Dostoïevski, complété par Sergueï Boulgakov : « et l’art en est un instrument »… On ne sait si elle sauvera le monde, mais il semble de plus en plus probable que la beauté nous sauvera. Si les philosophes ont les premiers pressentis l’impact du beau et des créations artistiques sur le cours de notre vie, nos émotions, notre bien-être et notre santé, ils sont aujourd’hui rejoints par les neurosciences qui nous révèlent, preuves à l’appui, comment notre cerveau et, par extension, notre corps entrent en résonance avec la beauté. Le neurologue Pierre Lemarquis¹, déjà auteur du best-seller « Sérénade pour un cerveau musicien », consacre un ouvrage lumineux à l’importance cruciale de la beauté et de l’harmonie dans notre vie, et nous relate comment elles peuvent nous aider à conserver ou retrouver la santé. Dans ce « Portrait du cerveau en artiste », il nous fait entrer en communion avec la beauté du monde.

Propos recueillis par Carine Anselme

C’est un matin d’été qui flirte avec la lumière vibrante du solstice. Dans cette campagne où je vis, j’ai cueilli à l’aube quelques instants de perfection… éclats de coquelicots dans le blond des blés, battements d’ailes joyeux des hirondelles dans l’azur du ciel, caresse solaire de la douceur de l’air. Les sens en éveil, mon âme a vibré. Le cœur, au diapason, s’est gorgé de joie. De vie. L’esprit apaisé, déployé, s’est retrouvé de fait dans de bonnes dispositions pour travailler, pour créer. À mille lieues de ces matins chagrins où, pressée, j’avale, sur le coin du bureau, un café pour booster mes neurones fatigués. Nous pouvons tous en témoigner : oui, la beauté du monde nous porte. Oui, l’harmonie fait chanter nos vies. Oui, la musique adoucit nos mœurs. Oui, on peut être transporté, bouleversé, métamorphosé par une œuvre d’art, un éclat de lune, la courbe harmonieuse d’une nuque… Ça tombe bien, parce qu’en ce matin de juin, j’ai rendez-vous avec un scientifique pas comme les autres, qui parle de la beauté comme il respire. Un spécialiste du cerveau prompt à trouver les mots justes pour évoquer, en finesse, l’impact du beau sur notre santé mentale ou physique. Qui nous plonge dans l’harmonie du monde, en évoquant l’effet thérapeutique de la Petite musique de nuit, des peintures Navajos ou encore des merveilles de la nature. Et qui aime à citer les mots de Sol, héros du merveilleux film d’anticipation Soleil Vert (Soylent Green, Richard Fleischer, 1973), en train de s’éteindre sur une planète Terre « asséchée » par une catastrophe écologique : « Je n’ai pas rassemblé l’art, l’art m’a rassemblé », dit ce dernier dans le film en guise de testament, tout en admirant sur écran géant, les larmes aux yeux, le monde d’avant, entre champs ondulant sous le vent, cerisiers en fleur et sous-bois moussus, sur fond de Symphonie pastorale… Oui, l’art nous rassemble ! Il nous replonge dans l’harmonie de l’unité perdue, tout autant qu’il nous ouvre sur l’infini des possibles. Au cours de cet entretien, Pierre Lemarquis nous éveille à cette beauté qui nous fait du bien… et c’est si bon !

Voilà un cocktail étonnant : un neurologue évoquant, avec poésie, l’impact de la beauté sur nos vies… D’où vous vient ce goût du beau ?

J’ai grandi dans un bistrot pour Routiers, à mi-chemin entre une église et l’école des Beaux-Arts (Rire). Enfant de chœur, j’étais fasciné par l’organiste… Du coup, j’ai joué de l’orgue entre 15 et 25 ans. C’est cette enfance heureuse, entre orgue, artistes et ouverture au monde, aux voyages (grâce, entre autres, à cet univers des routiers) qui constitue l’empreinte initiale de mon parcours.

Pourquoi, alors, avoir choisi de vous diriger vers la neurologie ?

Cela appartient aussi à ma biographie. Quand j’avais 5 ans, ma maman souffrait de tuberculose et était en sanatorium. Elle a passé le diplôme de secrétaire médicale. Du coup, dans la famille, le médecin était un peu le « summum ». Je me suis alors dirigé assez naturellement vers la médecine, attiré dans un premier temps par la psychiatrie pour l’aspect « ouverture au monde », mais j’ai finalement opté pour la neurologie, privilégiant le côté concret, pragmatique. Je n’ai aucun regret. Le fait d’écrire à côté m’ouvre à d’autres champs de réflexion. J’ai toujours été animé d’une grande curiosité ; une fois mes études terminées, j’ai prolongé en étudiant, entre autres, la médecine chinoise ou encore la sexologie.

Les neurosciences démontrent aujourd’hui que la beauté a une action tangible sur notre cerveau et, par là, sur notre corps. Mais depuis la nuit des temps, dans de nombreuses cultures, on a fait ce lien entre beauté et santé…

Absolument, mais l’Occident, rationaliste, matérialiste, avait perdu cette notion de vue. Que ce soit chez les Shipibos d’Amazonie ou les Tibétains, pour ne citer qu’eux, cette analogie entre beauté et santé est évidente. Déjà pour le médecin grec Galien, « la santé implique la beauté ». Sous-entendant que la perte de l’harmonie entraîne la perte de la santé. On est là dans une pensée naturaliste. Pour reprendre Georges Canguilhem, professeur de philosophie de Michel Foucault, et occasionnellement médecin, qui prolonge la pensée d’Hippocrate : « La nature, en l’homme comme hors de lui, est harmonie, équilibre. Le trouble de cet équilibre, de cette harmonie est la maladie. Dans ce cas, la maladie n’est pas quelque part dans l’homme ; elle est dans tout l’homme et elle est tout entière de lui, les circonstances extérieures sont des occasions mais non des causes… »².

Si la science est prête à admettre que la perte d’harmonie prédispose à la maladie, elle a encore du mal à croire que la restauration de l’harmonie, la beauté, permettraient la guérison…

Oui, parce que nous sommes cette fois dans une pensée analogique, empirique, qui a cours dans de nombreuses cultures traditionnelles (en Australie, en Amazonie…), ardemment combattue par la pensée matérialiste, scientifique qui sévit en Occident. Et pourtant, il est clair que je me sens déjà mieux après avoir reçu un baiser de mon épouse, senti son parfum, vu le sourire de ma fille, admiré un coucher de soleil, écouté Mozart et plané avec les Pink Floyd ou admiré une toile de Van Gogh. Dans ce mode de pensée, l’univers est en moi, je suis dans l’univers, la beauté pénètre dans mon « esprit », réjouit mon « âme », gagne mon corps et le soigne…

Vous citez en exemple de cette écologie de l’esprit qui guérit, les pratiques des Indiens Navajos qui utilisent le même mot pour « santé » et « beauté »…

« Santé », chez eux, se dit hozho et ce terme désigne en effet également « beauté », « équilibre », « harmonie », « ordre », « bien ». Ils se réfèrent à l’harmonie, à l’analogie, entre micro- et macrocosme. Pour les Navajos, la maladie résulte d’un équilibre rompu avec la beauté, l’harmonie qui non seulement entoure l’individu, mais qui est également en lui, et cela à cause d’une faille dans sa manière de vivre et de penser ; à cause de ses colères, de ses excès et autres dérèglements.

Comment cherchent-ils à rétablir ce lien perdu avec la beauté, l’harmonie ?

Via des cérémonies rituelles très complexes fixées par les ancêtres avec, notamment, des chants, des prières, des danses, mais aussi des peintures initialement tracées par les êtres sacrés sur les nuages, les toiles d’araignées, les peaux de bêtes, et transmis aux héros mythiques qui les expérimentèrent en premier et leur donnèrent leurs noms avant de les léguer aux hommes-médecine. Le traitement spécifique, adapté au diagnostic, est une « Voie » (Voie de la beauté indiquée pour la gastro-entérologie, Voie de la nuit pour les céphalées, la cécité, la surdité et la démence, etc.) pouvant comporter des centaines de chants et une douzaine de peintures de sable au minimum, dans lesquelles chaque détail compte. Les cérémonies, qui comportent notamment des purifications, s’étalent sur plusieurs nuits, se poursuivent le jour et s’achèvent en beauté avec l’aube qui suit la dernière nuit. Le patient est guéri lorsqu’il a retrouvé l’harmonie et sa place dans l’univers… même s’il venait à mourir de sa maladie. On a pu constater que sur les Navajos, ces rituels ont des effets supérieurs aux placébos, mais, semble-t-il, parce que ces rituels entrent dans leurs codes culturels. Mais sans être Navajos, nous pouvons expérimenter que la communion avec la beauté favorise cette sensation d’intégration au macro- et au microcosme.

« L’art, c’est le reflet que renvoie l’âme humaine éblouie par la splendeur du beau », écrivait Victor Hugo… Qu’est-ce que l’empathie esthétique, à la lumière des neurosciences ?

Les philosophes, qui ont les premiers pressenti l’impact du beau et des créations artistiques sur notre existence et ont développé cette idée d’empathie esthétique, voient aujourd’hui leurs thèses confirmées par les neurosciences. L’étude des réponses de notre cerveau à la beauté et des modifications physiologiques qui en résultent montre, en effet, que nous imitons mentalement telle statue, que nous apprécions inconsciemment les proportions harmonieuses d’une composition, que la musique nous soulage, que tel tableau sera vu par notre cerveau à l’image d’une personne aimée. Face au beau, à une œuvre d’art, nous activons donc notre système du plaisir et de la récompense, notre empathie, nos neurones miroirs ou notre reconnaissance des visages. Nous entrons en résonance, nous faisons littéralement corps, avec l’harmonie, la beauté.

Dans votre ouvrage, vous nous apprenez d’ailleurs que le concept d’empathie a d’abord désigné cette entrée en résonance « transformatrice » avec l’art…

C’est le philosophe allemand Robert Vischer qui a utilisé le premier ce terme d’« empathie » (Einfühlung), en 1873, dans sa thèse de doctorat sur l’esthétisme et la vision des formes. Ce concept d’empathie, ce « ressenti de l’intérieur », s’est donc appliqué à l’art, avant qu’il ne connaisse un succès phénoménal et soit employé pour désigner le mécanisme psychologique par lequel un individu peut comprendre les sentiments et les émotions d’une autre personne. Ainsi, écrivait-il dans sa thèse, « nous possédons la merveilleuse capacité de projeter et d’incorporer notre propre forme dans une forme objectale. Je projette donc ma propre vie individuelle dans une forme sans vie, exactement comme je le fais avec une autre personne, un autre non-moi vivant. C’est seulement en apparence que je conserve mon identité, même si l’objet demeure distinct de moi… je suis mystérieusement transporté et magiquement transformé dans ce non-moi. »

Voulez-vous dire que nous nous transformons vraiment au contact de la beauté, de l’art ?

C’est ce qu’on appelle le processus de chimérisation : on expérimente une hybridation. J’absorbe l’œuvre d’art… et je deviens différent. Il y a moi + l’œuvre d’art, et cela donne une entité singulière. L’art est une forme de pensée analogique, tant dans sa création qui extériorise et reflète notre vie intérieure, que dans sa contemplation qui, dans un premier temps, ne s’adresse qu’à ce qui est relié à nos acquis, nous sécurise, avant de nous éveiller, de nous ouvrir à d’autres dimensions, en nous offrant de nouvelles variations sur notre vision du monde, parvenant à nous transformer progressivement par un processus d’empathie et de métabolisation, de répétitions familières et de différences, de tensions et de résolutions, qui peut s’avérer thérapeutique. Oui, on peut donc être transformé par une œuvre d’art : comme un « médicament », elle va modifier nos connexions nerveuses. En plus, c’est contagieux, puisque l’on peut ensuite transmettre à d’autres personnes (Rire) ! La chimérisation constitue ainsi l’un des mécanismes essentiels du processus de résilience, menant lui-même à la cicatrisation, la guérison et la métamorphose.

Cette « hybridation » est rendue possible par nos neurones miroirs…

C’est l’une des découvertes majeures des neurosciences (grâce à l’équipe de Rizzolatti) : notre cerveau est une machine à imiter, pour des raisons évidentes de cognition sociale, d’interaction entre les individus (langage, empathie…). Ce qui veut dire que si on observe une œuvre d’art (un tableau, un opéra, une chorégraphie…), notre cerveau, en miroir, va vivre, va faire comme fait le personnage peint sur la toile, comme le chanteur ou le danseur. Cette zone des neurones miroirs qui s’active face à une œuvre d’art renvoie aux comportements de séduction ; c’est comme si on était face à quelqu’un que l’on voulait séduire.

Plus précisément, que se passe-t-il au niveau physiologique quand on est confronté à la beauté, à une œuvre d’art ?

Quand ça nous plaît, cela va agir sur le système du plaisir et de la récompense, déclenchant, dans les zones des émotions du cerveau, la sécrétion de dopamine (hormone du plaisir de vivre, de faire des choses), de sérotonine (antidépresseur), endorphines (bien-être, antidouleur), adrénaline (énergisante)… De facto, cela a des implications thérapeutiques. Des recherches ont ainsi démontré, tant sur des sujets sains que sur des patients souffrant de pathologie (comme la maladie de Parkinson), qu’au contact de la musique les zones des émotions s’inondent de dopamine, offrant un vrai soutien, une meilleure qualité de vie au quotidien.

Vous évoquiez déjà dans votre précédent ouvrage, Sérénade pour un cerveau musicien, les innombrables vertus thérapeutiques de la musique…

La musique est avant toute chose et après toute chose ; elle peut nous aider jusqu’à nos derniers instants. Il y a plus de neurones pour l’ouïe, le son, que pour tous les autres sens réunis. Il doit bien y avoir une raison ? ! On sait ainsi que l’audition d’une musique plaisante démultiplie les capacités d’écoute du cerveau, activant immédiatement les circuits de la mémoire (d’où l’intérêt dans les cas de maladie d’Alzheimer) et de la récompense, qui se chargeront de capturer le morceau choisi et de le rediffuser en boucle, réactivant à chaque passage les zones du plaisir et les sécrétions humorales addictives qui en résultent. L’activation involontaire parallèle des circuits moteurs se déclenche dans la foulée, provoquant le désir de chanter et de danser, visible ou non.

Sommes-nous tous égaux quant à la réceptivité face à une œuvre d’art ?

Notre cerveau est double. Il y a d’une part, le cerveau archaïque (cerveau reptilien ou instinctif), en lien avec les besoins primaires (faim, sommeil…) et les émotions. C’est là que se situe le système du plaisir et de la récompense. C’est le cerveau consacré à Dionysos, pourrait-on dire ! Celui qui nous fait dire d’instinct devant une toile, j’aime/je n’aime pas. Au-dessus, il y a le cortex cérébral… dédié à Apollon, c’est-à-dire en lien avec l’esthétique et imbriqué dans la culture. On y retrouve la zone des neurones miroirs. Les deux (cerveaux) cohabitent. Si l’instinctif Dionysos se moque bien du nom, de la réputation d’un artiste (Rire), la réceptivité sensible à une œuvre d’art nécessite un certain apprentissage ; de former son goût, de l’ouvrir au risque de la nouveauté, etc. Mais à mi-chemin entre le cerveau des émotions et le cerveau « intellectuel », il y a l’insula ; un petit repli, zone, semble-t-il, de l’empathie. Parce que les neurones miroirs sans l’empathie se cantonneraient à imiter… faisant l’impasse sur ce déploiement merveilleux de l’être dans toutes ses dimensions.

Mais si la beauté guérit, on peut aussi être pris de malaise devant trop de beauté, à l’image du syndrome de Stendhal qui frappe certaines personnes face à des œuvres d’art ou dans des villes, comme Paris, Florence…

Il est vrai que devant tant de beauté, on peut ressentir une émotion d’une telle intensité… qu’elle pourrait même s’avérer fatale. Cela s’explique : la puissance, le choc de l’émotion, agit sur le système nerveux parasympathique et peut notamment provoquer un malaise vagal. On le voit notamment dans les concerts, avec ces fans qui tombent en syncope.

Sur un plan plus symbolique, est-ce que le contact avec la beauté du monde, avec l’art, accroît notre appétit de vie, notre créativité face aux défis du quotidien ?

Cela revient à monter en haut de la montagne ; ce lien, cette mise en résonance avec le beau nous aide à prendre du recul. Face à la beauté, à l’ampleur, à la singularité de l’œuvre d’art, nos problèmes nous paraissent plus lointains et nous remettons les choses à leur juste place. Au-delà de ça, entrer en résonance avec la créativité qui s’exprime à travers une œuvre accroît notre champ de conscience, nos possibles. Dès lors, on va élaborer plus facilement des solutions créatives face à nos défis quotidiens. Comme on l’a vu, nous nous projetons aussi dans ce qui est exprimé (sur la toile, dans la musique, la littérature, etc.), rendant visible des choses invisibles que nous refoulons (émotions, sentiments, blessures, secrets, etc.), aidant à la cicatrisation. « L’art ne représente pas le visible, il rend visible », disait Paul Klee.

Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime, et ce qui s’imprime déprime, dit-on…

Absolument, et l’art est une merveilleuse voie d’accès au monde intérieur. Prenez les mandalas : ils renferment symboliquement tout ce qui est dans le monde. En fait, tout ce qui est en nous est dans l’œuvre d’art. Il est plus facile d’entamer un processus de guérison, de cicatrisation, quand on porte à l’extérieur de nous les choses et que l’on peut ainsi les voir, que lorsqu’elles sont cachées, refoulées.

Ce processus est d’autant plus vrai dans l’art-thérapie, largement évoqué dans votre ouvrage…

Je cite notamment l’expérience d’art-thérapie menée par le docteur Jean-Marc Boulon, à Saint-Rémy-de-Provence, au prieuré Saint-Paul de Mausole (qui a accueilli en son temps Vincent Van Gogh, où, poussé par un contexte favorable, il s’adonnera à cette « peinture consolante », en produisant près de cent cinquante toiles et plus de cent dessins). Cet établissement comporte de nos jours des services de psychiatrie et accueille des personnes âgées dépendantes. L’association Valetudo, créée en 1995, y propose musique, chant, peinture, art plastique et écriture aux patients. Pour la petite histoire, « Valetudo » est le nom de la déesse romaine de la source vivifiante et celui d’une forme de combat née au Brésil, régie par un minimum de règles et de restrictions et qui peut se traduire par « tout est permis » – écho au « fais ce que voudras » rabelaisien…

Quand on voit les œuvres des patients exposées à Saint-Paul de Mausole, c’est un vrai choc ; j’ai le souvenir de toiles à vif, qui étaient comme des cris…

Il faut se rendre compte que les souffrances et les émotions projetées sur la toile sans aucune censure mènent pourtant sur les chemins de l’apaisement, de la reconstruction, du dépassement de soi et de l’ouverture aux autres, voire de la guérison. La beauté, que l’on soit souffrant ou non, nous permet de transcender notre existence…

1 Pierre Lemarquis est membre de la Société française de neurologie, de la Société de neurophysiologie clinique de langue française et de l’Académie des sciences de New York, attaché d’enseignement d’éthologie à l’université de Toulon-La Garde.
2 G. Canguilhem, Le Normal et le Pathologique (PUF, 2009)

POUR ALLER PLUS LOIN
1. À lire : Portrait du cerveau en artiste (Odile Jacob, 2012) et Sérénade pour un cerveau musicien (Odile Jacob, 2009) de Pierre Lemarquis.