Microbiome

On a déjà beaucoup dit sur le lien entre les intestins et le cerveau, ou sur le lien entre nos « deux cerveaux ». Mais il existe peu d’écrits sur le lien entre la flore dominante dans notre appareil digestif et les maladies ou afflictions psychologiques d’une personne. Pour cela il est important de d’abord définir nos flores principales.
Le microbiome est généralement défini comme l’ensemble des micro-organismes vivant à la surface et à l’intérieur du corps (Encyclopédie Universalis). Si le microbiome est l’ensemble de cette flore, le microbiote est restreint à la flore d’un organe. L’existence d’une flore intestinale est connue depuis le XIXe siècle, depuis que des biologistes ont donné au microbiome une place importante dans la physiopathologie de l’organisme humain.
Un siècle et demi plus tard, on sait à présent que, à beaucoup d’égards, notre microbiome détermine qui nous sommes et l’état de santé ou de maladie qui nous caractérise chacun.
Comment cela se fait ?
En vieillissant, les intestins vont perdre leur capacité d’absorption et laisser de plus en plus de composants résiduels venir nourrir les bactéries qui composent notre flore. Ces dernières en créeront des gaz, des électrons ainsi que des acides gras qui seront pour la majorité absorbés. Jusqu’à une soixantaine de gaz différents pourront être ainsi produits dans nos intestins et se diffuser au travers de leur paroi dans notre sang. L’excès et le déséquilibre de la flore apparaîtront inexorablement à terme pour former ce que l’on appelle la « dysbiose ».
La flore qui nous habite et qui domine les autres flores, détermine notre biotype. Elle peut se décrire sous 3 grands types de flore dits « entérotypes » et avoir une influence sur notre personnalité.
La première d’entre elle est une flore productrice d’hydrogène, de méthylacétate et de méthane en petite quantité. C’est la flore désirable puisqu’équilibrée et diversifiée. C’est celle de l’actif, du travailleur et du sportif qui transforme bien l’énergie qu’il ingère, avec peu de « restes » pour nourrir ces bactéries. C’est également de cette flore que naît un excès de production d’hydrogène issu des bactéries de la famille des Bacteroïdètes. Elle favorisera un profil psychologique de type aventureux, « casse-cou » même. De ceux qui n’ont peur de rien ni de personne, avec une confiance en eux inébranlable, voire à l’excès. Bien sûr, l’excès peut les amener à prendre des risques non maîtrisés avec leur lot d’échecs et de conséquences plus ou moins délétères. Ce type de personnes aura une forte capacité de résilience et, comme dit le dicton, ce qui ne les tue pas les rend plus fortes. Cette flore à dominance d’hydrogène est également très développée chez les enfants qui débordent d’énergie.  Elle est tout à fait désirable, si elle respecte quand même l’équilibre général du microbiome, dans un monde qui nous en demande toujours plus. Une alimentation riche en légumes peu fermentables (FODMAP), bio bien sûr et surtout cuits ou blanchis, favorisera son développement.
La deuxième est une flore associée avec un terrain de mal digestion et de mal absorption sévères, avec les bactéries de la famille d’Acinetobacter abondamment productrices de méthylacétate et de composés similaires issus de l’abrasion de l’intestin grêle. Cela donne un type de personnes faibles, peu résistantes, fatigables et souvent très minces qui se plaignent beaucoup de leur ventre. A juste titre, puisque quoiqu’elles fassent ou mangent, l’énergie ne passe pas et est consommée par cette flore excessive. Des atteintes du système nerveux central sont associées à ce terrain et amèneront peu à peu à développer un profil psychologique de type inquiet, anxieux, ayant peur de tout. C’est un ‘non communiquant’ qui se coupera des autres et s’enfermera dans ses peurs et angoisses.
Le troisième biotype résulte d’un excès de fermentation au méthane dans le côlon, gaz issu des bactéries de la famille des Firmicutes. Un transit lent, voire très lent, énormément de graisse produite et absorbée généreront un surpoids avec une graisse abdominale et viscérale importante. Ce terrain sera celui de la dépression et de la lenteur, l’esprit et le corps étant au ralenti. L’avenir n’aura rien de bon à leur proposer, pensent-ils, et le laisser aller ou le laisser faire les domineront peu à peu.
 
L’utilisation excessive ou inappropriée d’antibiotiques, d’huiles essentielles ou encore d’argent colloïdal par voie orale viendra déséquilibrer dangereusement toutes nos flores et permettra à certaines d’entre elles de se développer et de dominer l’ensemble de cet écosystème riche et fragile.
Il existe maintenant une spécialisation qui permet d’analyser et d’évaluer cette flore. Les éducateurs en santé intégrative formés à cette spécialisation tentent de mesurer (par différents moyens, notamment la gazométrie expirée), de comprendre et de corriger au mieux ces désordres du microbiome lors de leurs consultations en cabinet.
Mais souvent les consultants ont du mal à mettre en pratique l’ensemble des conseils personnalisés et les changements qui leur sont proposés en 2 heures de consultation. Cela a donné l’idée et l’envie à deux éducateurs de santé en médecine intégrative de développer une approche globale et une prise en charge personnalisée au travers de séjours d’une semaine.
Entourés d’une équipe de professionnels, éducateur sportif, masseur bien être, réflexologue ou praticien en décodage biologique et en psychogénéalogie, les participants disposent cette fois de 6 jours complets pour mieux se connaître, mieux se comprendre et trouver les outils les mieux adaptés à leur profil et à leur entérotype, afin de changer la donne sur ce que l’on maîtrise de plus en plus difficilement au fil du temps, notre microbiome.  Les séances de décodage et de psychogénéalogie qui font partie de ces séjours, vont encore beaucoup plus loin et permettent aux ‘curistes’ de dégager la cause profonde de leurs maladies digestives.
On constate depuis longtemps que de nombreuses maladies (physiques et psychiques) ont des liens avec le système digestif : dépression, anorexie, obésité… 
En voici deux exemples, deux cas intéressants qui traitent plutôt de situations vécues pendant la grossesse de la mère (projet-sens), bien que cela ait également un lien avec le transgénérationnel.
Anorexie de Corinne
C’est l’histoire de Corinne, dont les parents travaillaient à l’usine, avec déjà 3 enfants à charge, et dont le dernier, Jules, est trisomique.  Une situation économiquement difficile, faite de sacrifices et d’obsession à subvenir aux besoins de la famille.
18 mois après la naissance de Jules, la mère découvre qu’elle est enceinte pour la 4e fois, de Corinne, ce qui amplifie le phénomène de stress et d’inquiétude financière, pour cette « bouche de plus » à nourrir (dixit ses parents, plus particulièrement ressenti par Corinne comme un reproche de la mère pour sa fille).
A l’annonce de cette grossesse, le père déclenche une jaunisse (le foie étant, entre autres, le siège de la peur de manquer).
Corinne a déclenché son anorexie (après des phases d’addiction à la drogue pendant son adolescence), au même âge que celui où sa mère a vécu sa première grossesse (trop rapide pour elle) juste après son mariage.
Sa boulimie voudrait donc dire : « Il ne faut pas que je mange, car on a déjà du mal à nourrir 2 parents et 3 autres enfants ».  Dans son programme Corinne exprime au même âge la peur de sa mère d’avoir un  4e enfant …  et d’avoir une autre bouche à nourrir…
Boulimie de Gisèle
Gisèle est une « enfant de remplacement », conçue essentiellement pour combler la perte du deuxième bébé de ses parents, un garçon né prématuré, et pour gommer la profonde tristesse de sa mère.
Malgré sa naissance, sa mère persiste dans sa dépression et ressent toujours le même vide, avec un sentiment de culpabilité.
Gisèle a donc deux vides à combler : le sien et celui de sa mère ; sa propre tristesse de ne pas se sentir aimée, et la tristesse de sa mère. Elle doit donc désespérément « remplir » son ventre et devient, par la force, boulimique.  Depuis qu’elle a décodé sa maladie, Gisèle a guéri de sa boulimie, mais travaille encore à ce jour sur son problème de couple, car à chaque rencontre amoureuse, elle le vit toujours comme une « femme de remplacement » !
Ces exemples montrent qu’il est important de comprendre qu’il n’y a pas que l’environnement et le microbiome qui sont à prendre en compte, mais aussi l’histoire de la personne qui joue un rôle primordial dans sa guérison ou son mieux-être.
 
Signé :
Monique SCHWEITZER et Lilian GAUTHERON, Educateurs de Santé
Séjours d’analyse et de restauration du microbiote digestif 
www.sante-microbiote.org