Le cœur est la pompe centrale de notre organisme chargée de distribuer le sang en alternant des mouvements d’aspiration et d’expulsion du sang grâce à ses quatre cavités que sont les deux oreillettes, chargées de récupérer le sang et de le transférer vers les deux ventricules (c’est la diastole) qui à leur tour vont le propulser vers la périphérie (c’est la systole). Le coté droit accueille le sang chargé de déchets (CO2) et le coté gauche le sang oxygéné.
L’insuffisance cardiaque (IC) ou défaillance cardiaque correspond à un état dans lequel une anomalie de la fonction cardiaque est responsable de l’incapacité du myocarde (muscle cardiaque) à assurer un débit suffisant pour couvrir les besoins énergétiques de l’organisme. La pompe cardiaque n’est plus assez efficiente de par une « anomalie » de la contraction des ventricules (dysfonction systolique) ou des oreillettes lorsque leur remplissage est perturbé (on parle alors de dysfonction diastolique).
Il existe de nombreuses formes et causes à l’insuffisance cardiaque. Lorsque celle-ci atteint le ventricule gauche, on parle d’insuffisance ventriculaire gauche (IVG ou insuffisance cardiaque gauche); c’est précisément cette pathologie que nous allons décoder ici. Les conséquences de cette maladie dépendent du stade de l’insuffisance. Les symptômes vont du simple essoufflement, toux ou fatigue… jusqu’aux troubles majeurs lorsque le stade est avancé ( cardiomégalie, oedèmes pulmonaires , augmentation de la pression veineuse..), si bien que le patient atteint devient incapable de fournir le moindre effort physique.

Symbolique du cœur

Le cœur est l’organe central du corps, il est le symbole de l’amour, de la vie car c’est lui qui assure la circulation du sang, symbole de vie. Le cœur, par ses deux mouvements (aspiration et expiration du sang), exprime les deux faces de l’amour: le don et l’accueil.
En hébreu le cœur se dit Lév. Si l’on fait un parallèle en langue des oiseaux, on a dit que L, c’est la jambe qui crée le mouvement, et Beith, dans la symbolique, c’est la maison. On pourrait dire que c’est le mouvement qui va dans la maison. Voilà pourquoi, chaque fois qu’un membre de la famille est mis dehors, exclu du foyer ou, en d’autres termes plus familiers, «foutu à la porte», il est à l’envers du cœur. C’est dans ce contexte, ou avec ce type de mémoire, que l’on peut trouver une pathologie du cœur.
De plus Lév semble venir de la racine «h’alav», qui signifie aussi «le lait» et renvoie au verbe «traire». Le mouvement de la traite du lait ressemble au mouvement de va-et-vient du cœur. Chaque fois qu’il y a un problème cardiaque, il serait intéressant de chercher des liens avec des enfants qui n’ont pas été allaités (dans la généalogie) , qui n’ont pas reçu le lait de la mère et donc pas suffisamment d’amour. Le cœur symbolise la maison dans laquelle nous avons reçu la vie et l’amour nourricier. Il symbolise à la fois le père et la mère, c’est à dire la source de vie. Les pathologies cardiaques racontent souvent nos premiers rapports à l’amour parental.
Décodage biologique de l’insuffisance ventriculaire (*)
Le cœur gauche reçoit le sang par la veine pulmonaire et l’envoie par l’aorte. Le cœur droit reçoit le sang par les veines caves supérieures et inférieures et le renvoie vers les poumons pour être oxygéné. Le cœur gauche contient la vie parce qu’il a de l’oxygène. Le cœur droit est lié à la mort puisqu’il contient du CO2. L’oreillette, c’est la réceptivité. Ses pathologies pourraient exprimer des mémoires dans lesquelles «je n’arrive pas à recevoir l’amour de mon clan». Je vais alors augmenter le réceptacle et créer une insuffisance auriculaire.
Au niveau du ventricule nous sommes dans l’impuissance, puisque le cœur est un muscle. (muscle = puissance) . Une pathologie ventriculaire raconte une situation dans laquelle mon ressenti serait en rapport avec «mon incapacité à donner l’amour à mon clan ». Ce qui se traduit par une insuffisance ventriculaire gauche car «je me sens impuissant pour véhiculer la vie». Le muscle (myocarde) donne la puissance et dans le ventricule gauche, il y a de l’oxygène. Si la puissance du muscle est faible, l’oxygène n’ira pas très loin. Par contre, si j’ai une grande puissance, mon oxygène va circuler dans tout mon corps. Il s’agit donc bien d’un conflit «d’impuissance pour véhiculer la vie» qui donne l’insuffisance ventriculaire gauche . Il est remarquable de noter que le sens et les initiales de cette pathologie nous ramènent à l’I.V.G (ou interruption volontaire de grossesse). On recherchera donc dans la généalogie s’il y a une mémoire d’avortement.

Exemple

Pour illustrer ceci, voici un cas relaté par Claude Sabbah.
«Dans son enfance Patrick prenait plaisir à massacrer ou mutiler les animaux de la ferme dans laquelle il a été élevé. Il faisait des rêves sanglants ou il y avait des soldats et des meurtres par millier …et il s’en délectait. Plus tard, il prit conscience de sa méchanceté . Ce fût un choc terrible. Il réalisa qu’«il n’avait pas bon coeur». Dès ce jour, il devint pacifiste, végétarien , pratiqua le yoga et entreprit une démarche spirituelle. Il était marié et lorsque sa femme lui annonça qu’elle était enceinte, pour lui ce n’était pas le bon moment. Il l’obligea alors à avorter contre son gré. Quelque temps plus tard, il se culpabilisa fortement pour cet acte qui signifiait la mort du bébé in utero et qui réveillait son vieux conflit de tuerie dans son enfance. C’est à ce moment qu’il démarra une insuffisance ventriculaire gauche (son conflit programmant dans l’enfance était «n’avoir pas bon coeur»). Patrick faisait un conflit avec l’IVG (de sa femme), mais comme il était kinésithérapeute (avec une formation médicale et sportive), son cerveau avait associé IVG à Insuffisance Ventriculaire Gauche. Alors qu’il devait se faire greffer, à la prise de conscience de ce lien et après un gros travail sur son histoire, Patrick finit par guérir et récupéra une fraction d’éjection systolique quasi normale !»
L’insuffisance ventriculaire droite
Prenons le cas d’une personne qui a le sentiment de ne pas recevoir assez d’amour de son père. Elle va alors essayer d’augmenter sa capacité pour recevoir plus d’amour, c’est-à-dire conserver plus longtemps du sang sans pouvoir l’expulser correctement. Il s’agira ici de l’insuffisance ventriculaire droite. «Mon père m’a empêché de vivre». On est à la fois dans le conflit du désir et l’impuissance de se suicider. C’est en général un conflit que l’on retrouve chez les toxicomanes. Ici , ça raconte, pour l’insuffisance ventriculaire droite : «je n’ai plus la force de vivre»(selon G. Athias).

On peut aussi trouver dans ce type de pathologie, un conflit d’origine iatrogène, suite à des représentations que le patient peut avoir au sujet de son cœur. Une douleur péricordiale, un essoufflement inhabituel peuvent créer une angoisse et alimenter le conflit de «peur de perdre de l’efficience motrice». Cette peur suscite encore plus de stress quant à l’inefficacité du muscle cardiaque et peut être responsable d’une angoisse qui, à son tour, va affaiblir le cœur. On parle alors de conflit verrouillant.

Jean Brice THIVENT