Je le savais déjà, mais une succession de cas concrets me l’a dernièrement confirmé : il ne faut pas se fier aux apparences !.. Cela vaut aussi pour le décodage biologique : bien trop souvent, nous essayons de comprendre la logique du symptôme en fonction des décodages que nous avons appris par cœur, sans nous apercevoir que le conflit originel est ailleurs.

Parmi d’autres exemples, je prends celui de l’intestin grêle pour illustrer mon propos parce qu’il est caricatural. De plus, ce complément d’enquête pourra certainement nous aider à mieux comprendre la logique du symptôme dans de nombreux cas qui résistent au décodage.

Santé intestinale

Rappelons d’abord qu’un dysfonctionnement au niveau de l’intestin grêle peut être à l’origine de divers symptômes plus ou moins graves n’ayant pas nécessairement de rapport direct avec cet organe. Ce n’est pas un scoop puisque d’autres l’ont dit bien avant moi : le Dr Jean Seignalet et le Dr Catherine Kousmine, pour ne citer qu’eux. Ils ont manifestement raison puisque beaucoup de personnes ayant modifié leur régime alimentaire d’une manière ou d’une autre (élimination des produits laitiers ou du gluten, par exemple) ont de ce fait soigné leur muqueuse intestinale et se sont débarrassées de symptômes plus ou moins graves : colite, recto-colite hémorragique, maladie de Crohn, etc. ; mais aussi eczéma, psoriasis (et autres dermatoses), troubles du cycle, migraine, asthme, etc. ; et même sclérose en plaques.

Et il semble bien que cette logique intestinale puisse aussi s’appliquer au décodage biologique, une série de consultations me l’ayant démontré. Dans certains cas, du fait d’un conflit spécifique à l’intestin grêle, il se met à mal fonctionner. S’ensuit une sorte d’empoisonnement (c’est une image bien sûr) induisant un symptôme sans rapport direct avec cet organe. Dans ces cas-là, c’est donc l’intestin grêle qu’il faudra ‘décoder’, et non pas le symptôme apparent.

Conséquence Eczémateuse

Par exemple j’ai reçu deux personnes pour cause d’eczéma ; et dans ces deux cas, j’ai bien sûr cherché des problématiques de séparation dans le vécu récent et l’histoire de ces deux femmes, sans rien trouver de particulier. Puis j’ai fini par remarquer qu’elles s’exprimaient toujours dans la tonalité de l’intestin grêle. Elle est caractéristique et peut se résumer ainsi : “c’est incompréhensible – inexplicable – inacceptable – inadmissible – intolérable” ; soit dit autrement : “je n’assimile pas le morceau”, le morceau en question étant bien souvent une injustice.

Quel que soit le sujet abordé, ce qu’exprimaient ces deux femmes l’était toujours dans cette tonalité spécifique. Dans les deux cas, leur stress était lié à des difficultés professionnelles sans aucun rapport avec un conflit de séparation.

Conséquence asthmatique

J’ai aussi reçu une autre dame pour cause d’asthme chronique sévère : j’ai donc d’abord cherché les problématiques habituelles auxquelles on peut s’attendre, sans rien trouver de significatif, sauf bien sûr ce qu’il fallait pour m’aveugler. Car c’est un piège dans lequel nous pouvons facilement tomber : quand par exemple on cherche des conflits de peur (larynx) ou des conflits de dispute (bronches) dans l’histoire d’une personne asthmatique, le risque est grand d’en trouver tant et plus : qui n’a jamais eu peur et ni jamais ravalé ses mots ?!

Pour cette femme, l’événement précédant de quelques jours la première crise est la décision prise par son mari, sans lui en parler au préalable, de se présenter aux élections municipales de sa ville. Même des années plus tard, alors que son mari élu la première fois a été battu aux élections suivantes, elle continue à lui en vouloir énormément dans cette tonalité particulière : qu’il ne lui en ait pas parlé avant est inacceptable.

À noter que, pour cette femme, un autre événement, bien plus dramatique celui-là, est survenu trente ans plus tôt : un jeune homme dont elle était platoniquement amoureuse a disparu lors d’une course solitaire en montagne. Son corps ne sera retrouvé que neuf ans plus tard. Bien sûr, pendant toute cette période, cette femme a vécu cette disparition dans la tonalité d’inexplicable, d’incompréhensible.

Conséquence psoriasique

J’ai également reçu un homme d’une trentaine d’années pour cause de psoriasis sévère. J’ai donc cherché dans la période précédant l’apparition du symptôme des conflits de séparation (simples, doubles et même triples) et des problématiques d’agression, sans rien trouver de significatif (car on peut aussi trouver des histoires d’agression comme origine conflictuelle du psoriasis).

Par contre, à l’évidence, ce jeune homme a vécu un choc majeur peu de temps avant l’apparition du symptôme : sa mère a commis l’adultère, en l’occurrence avec le secrétaire de son mari (pour une fois, ce n’est pas le mari qui part avec sa secrétaire !) Manifestement, l’infidélité de sa mère était pour lui totalement inacceptable, intolérable.

Impact cérébral

Au-delà de ces quelques exemples, j’ai un jour abordé le sujet avec notre camarade Pierre Barbey, quelques temps avant qu’il ne nous quitte. Il m’avait fait remarquer qu’un très grand nombre de scanners cérébraux (60 % d’après son estimation) qu’il avait eus entre les mains montrait un impact au niveau de la zone cérébrale contrôlant l’intestin grêle, sans pour autant qu’il y ait ou qu’il y ait eu de symptôme intestinal.

Cela démontre au moins que nous sommes très nombreux à avoir pris une ‘châtaigne’ dans cette tonalité conflictuelle de “je n’assimile pas le morceau” à un moment ou à un autre de notre vie. Mieux vaut-il le savoir afin de comprendre la logique de certains symptômes, pour nous-mêmes ou pour les personnes qui nous consultent.

Conflit verrouillant

Je me demande même si ce conflit d’assimilation n’est pas aussi à ajouter dans la longue liste des “conflits verrouillants”. En effet, cette problématique peut parfois être le blocage qui nous empêche de sortir du conflit. On peut avoir parfaitement analysé le pourquoi et le comment d’une situation conflictuelle et même la comprendre sans pour autant parvenir à la dépasser parce qu’on ne parvient tout simplement pas à l’assimiler.

En tout cas, cela démontre surtout, s’il le fallait encore, que le décodage biologique n’est pas la simple application de quelques recettes invariables apprises par cœur : c’est souvent bien plus subtil.

Laurent Daillie

laurentDaillieNaturopathe causaliste et consultant en Décodage des Stress Biologiques et Transgénérationnels (Paris et Bourgogne), Laurent Daillie est passionné par les origines de l’Homme et par ses réflexes de survie primitifs. Il anime des formations et des conférences en France et en Belgique. Il est l’auteur du livre « La Logique du Symptôme », publié aux éditions Bérangel. Info : www.biopsygen.com