« Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ? » chante Noir Désir. « On peut toujours saluer les petits rois de pacotille. On peut toujours espérer entrer un jour dans la famille… Infiniment se voir rouler dans la farine, à l’envers, à l’endroit. » Et pour la tête, c’est à gauche, à droite, à gauche, à droite…

La maladie

Les vertèbres sont chacun des os courts et cylindriques qui, empilés les uns sur les autres, forment la colonne vertébrale. Les disques intervertébraux, situés dans chacun des intervalles qui séparent les vertèbres entre elles, assurent la mobilité et l’amortissement de l’ensemble.
Les vertèbres cervicales forment le squelette du cou. Elles sont au nombre de 7, numérotées de haut en bas. La vertèbre C1 s’appelle l’atlas et la C2 l’axis. Ce sont les seules vertèbres qui ont un nom. Elles ont une forme particulière, adaptée aux divers mouvements de rotation de la tête. Les principales pathologies des vertèbres sont l’arthrose, les inflammations (spondylarthrite,
arthrite…), les lésions traumatiques, le torticolis, l’ostéoporose, les tumeurs osseuses et métastases, le tassement et les malformations.

L’étymologie

Le mot vertèbre vient du latin « vertebra », de « vertere » = tourner, faire tourner, se tourner, se retourner, retourner, changer, convertir, transformer, traduire, se dérouler, attribuer à, faire remonter à, se diriger. L’étymologie latine nous donne déjà pas mal de pistes à exploiter pour trouver le conflit à l’origine du dysfonctionnement, principalement toutes les situations où soit on a voulu, soit on n’a pas pu, soit on a dû tourner la tête, au sens propre du terme. Il était dangereux de tourner la tête et nous l’avons quand-même fait. Nous crevions d’envie de le faire et nous ne l’avons pas fait car un interdit moral s’y opposait. Au sens figuré, tourner la tête de quelqu’un, cela veut dire l’étourdir, dans l’idée aussi de l’avoir avec nous, de notre côté, le convaincre au prix peut-être d’une certaine fiction, et cela pouvant aller jusqu’à le rendre amoureux de nous.
Le mot cervical(e) vient du latin « cervix » = nuque. Le conflit principal qui touche la nuque est celui de peur dans la nuque, autrement dit la paranoïa. Tout ce que nous ne voyons pas, qui n’est pas devant nos yeux, est susceptible d’être dangereux. Comme déjà vu plusieurs fois dans d’autres articles, il s’agit d’une composante conflictuelle extrêmement courante dans le monde actuel à cause notamment de la médiatisation mondiale à outrance de toutes les peurs qui peuvent se cacher derrière toutes les choses. A force de surexploiter notre capacité de vigilance dans la nuque, nous finissons par avoir mal où ?… A la nuque évidemment. Il serait temps de voir la réalité en face, de comprendre que le monde n’est pas aussi dangereux que ça, que c’est la représentation que nous en avons qui nous donne cette image, afin de laisser nos vertèbres cervicales, et les muscles qui vont avec, se reposer un peu.

La symbolique

Dans la mythologie grecque, Atlas est un géant condamné par Zeus à supporter la voûte céleste. Il ne peut jamais abandonner sa tâche, au risque de laisser le ciel tomber sur la terre et par conséquent sur lui-même. La tête est donc symboliquement le ciel du corps et celui-ci pèse de tout son poids sur nos actions. Nous ne sommes vraiment libres d’agir avec notre corps que lorsque nous le faisons en accord avec notre esprit : c’est l’union indissociable du corps et de l’esprit. Le mot axis, qui veut dire essieu en latin, est l’expression de l’axe du monde, un vecteur spirituel autour duquel s’édifie toute construction. Il est étroitement lié à la notion de centre, de milieu. Verticalement, il relie le monde terrestre et les sphères célestes. Tous les symboles ayant une fonction de médiateur sont aussi liés à l’axe du monde : pilier, colonne, échelle, montagne,… Cela nous donne des pistes intéressantes et cela parlera certainement à de nombreuses personnes, sans cesse à la recherche du juste équilibre, médiateurs dans l’âme, ou à celles qui se vivent, inconsciemment, comme si elles étaient toujours le centre du monde.

L’écoute du verbe

Cervicale = cerf / vit / cale. Quand le cerf vit, quand il prend sa place dans son territoire, et nous savons à quel point les cerfs sont des animaux très territoriaux (voir l’article sur l’infarctus), il cale, il y a quelque chose qui cale, et c’est le cou qui est calé, qui coince, car pour les humains qui sont un peu comme le cerf, c’est avec le cou principalement qu’ils marquent leur territoire (les cervidés frottent leur tête sur les arbres). Tout est dans le cou pour eux. Tout passe par le cou. Pour être dans le coup, il faut avoir du cou ! C’est comme si ces personnes faisaient tout avec le cou, et à force de surexploiter cette partie de leur corps, elle finit par s’user prématurément. Sortez de votre cou ! Redescendez dans votre corps, pour libérer le cou de ce poids si lourd à porter. Porter la voûte céleste, imaginez un peu ce que cela doit être, terrible, terriblement lourd. Or il n’y a pas besoin de la porter, elle se porte bien toute seule. Porter sa tête, c’est déjà bien, non ?

Le sens biologique

Comme on l’a déjà vu à maintes reprises, les os en général sont sensibles au conflit de dévalorisation de soi, dans sa structure. Chaque vertèbre est le siège d’une dévalorisation particulière ainsi que le siège, demi-vertèbre par demi-vertèbre, des mémoires biologiques des atteintes de la personne, en relation fonctionnelle ou symbolique, avec les différentes autres parties du corps (la colonne vertébrale = notre « conflictothéque »). De plus, vu la présence des nerfs à l’intérieur de la colonne vertébrale, qui relient chaque partie du corps au cerveau, une pathologie vertébrale est aussi le signe d’une rupture des transmissions et la localisation des symptômes nous dira à quel endroit la communication a été arrêtée. Les vertèbres cervicales quant à elles sont sous l’emprise d’une dévalorisation soit en terme de soumission et d’impuissance, avec la contrainte d’accepter une situation (comme les animaux qui vivent en groupe et qui sont dominés : ils sont obligés de baisser la tête, de courber l’échine), soit en terme de communication (la tête étant le seul endroit du corps où les cinq sens sont représentés). Passons en revue à présent les différentes vertèbres cervicales.
C1 – C2 : les vertèbres suprêmes, touchées par les valeurs morales et intellectuelles et par des choses de la plus haute importance, au-delà de tout (exemple : perte d’un enfant).
C1 : dévalorisation par rapport à des informations à donner, à la communication en terme d’émission (centrifuge, masculine), en terme de dire ; conflit de ne pas être écouté(e).
C2 : dévalorisation relative à la communication en terme de réception (centripète, féminine), à l’intégration de l’information ; conflit de ne pas pouvoir comprendre.
C3 – C4 – C5 : les cervicales du milieu, dévalorisation dans la recherche du juste milieu dans la communication, d’incapacité à trouver un compromis, une solution ; je recherche le compromis sans me positionner et sans jamais l’obtenir.
C3 : liée aux conflits de direction et au sentiment de se sentir perdu.
C4 : comme L3, la vertèbre du basculage, entre d’une part nos pensées, calculs intellectuels, qui nous limitent, et d’autre part la force animale, irrationnelle, le saut quantique dans la foi, qui nous fait peur.
C5 – C6 – C7 : plus on descend dans les vertèbres cervicales, plus il y a de l’injustice et de la soumission et cela culmine en C7 ; conflit d’injustice chronique de ne pas pouvoir exprimer son opinion.
C5 : la vertèbre la plus en rapport avec l’oralité, les difficultés à s’exprimer par le verbe, la soumission aux ordres verbaux, la bouche, le baiser.
C6 – C7 : mes bras, mes jambes, le reste de mon corps n’a rien pu faire pour me protéger et me voici condamné(e) à mort, il ne me reste que mon cou, face à la guillotine, pour survivre.
C7 : il ne faut surtout pas baisser la tête face à l’autorité des autres, ou alors on accepte d’être prisonnier.

Bernard Tihon

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