Pour bien comprendre ces pathologies, regardons comment bat notre cœur. Une impulsion électrique naît spontanément au niveau d’un foyer (dépolarisation du nœud sinusale) et se propage en onde électrique en suivant un trajet précis, stimulant successivement la contraction des oreillettes puis des ventricules. La fréquence au repos de nos battements cardiaques se situe entre 60 et 80 pulsations/minute pour un sujet adulte « normal », mais avec un cœur bien entraîné, les pulsations tombent à 50 voir 40/mn. La taille de la cavité du cœur, ainsi que la puissance du myocarde, varient suivant l’entrainement et l’hérédité du sujet. Ils sont des facteurs qui influencent le rythme cardiaque et le débit cardiaque. Les variations du rythme cardiaque sont sous la dépendance du système nerveux autonome et de certaines hormones (adrénaline…) qui, soit l’accélèrent (tachycardie) pour faire face à une situation de stress (action de l’orthosympathique), soit le ralentissent lorsque le danger est éloigné (action du parasympathique qui détend). Ces variations de rythme favorisent l’adaptation du corps en augmentant le débit cardiaque pour envoyer une quantité de sang oxygéné suffisante, afin d’assurer une contraction musculaire adaptée (en phase active).
Approche psychobiologique
Les troubles du rythme sont liés à des impulsions électriques modifiées qui influent donc sur la contraction cardiaque. Ces impulsions sont comme des ordres imposés par une autorité. Les nerfs donnent l’ordre au muscle de ralentir ou d’accélérer. En médecine chinoise, le cœur est un élément feu (solaire) et symbolise le père. L’influx nerveux qui alimente la contraction cardiaque, c’est de l’électricité. Nous sommes encore dans une symbolique masculine. Le conflit général des arythmies pourraient être: « Subir l’oppression vis-à-vis des ordres (d’une autorité, souvent paternelle) exécutés à contre-cœur ». Mais chaque arythmie est très particulière et doit être interprétée de façon très spécifique.

La tachycardie

Si une personne a une fréquence cardiaque de repos supérieure à 80 pulsations/mn, on parlera de tachycardie. Celle-ci peut avoir de nombreuses origines (surpoids, prise d’excitants, modification hormonale, angoisses…). Lorsqu’elle est chronique et ne présente pas de causes médicales apparentes, il est intéressant de comprendre ce symptôme à la lumière de la psychobiologie. Sur le plan physiologique, la tachycardie sert à augmenter le débit sanguin pour préparer le sujet à l’action (fuite ou combat) et aller plus vite. On gardera à l’esprit la notion d’ordre venant du système nerveux. Le conflit pourrait s’exprimer ainsi: « Toujours devoir (ordre) faire plus et plus vite au travail, à l’école ou à la maison (tâches quotidiennes) pour être aimé du père et avoir le droit de vivre. (cœur) » (D’après Eduard Van den Bogaert). La problématique tourne souvent autour d’un père omniprésent ou d’une figure masculine autoritaire (patriarcale).
Il existe différentes formes de tachycardie pouvant toucher différentes parties du cœur. Si l’on considère les oreillettes comme la partie évoquant le principe féminin du cœur (elles aspirent le sang vers l’intérieur : force centripète yin) et les ventricules le principe masculin (ils expulsent le sang vers la périphérie : force centrifuge yang), on peut interprétér ces symptômes ainsi (selon Georges Lahy) :

-Tachycardie auriculaire gauche : Je demande plus d’efforts à ma mère . -Tachycardie auriculaire droite : je demande plus d’efforts à ma femme. -Tachycardie ventriculaire gauche : je demande plus d’efforts à mon père. -Tachycardie ventriculaire droit : je demande plus d’efforts à mon frère ou mari.
Pour d’autres, la tachycardie est aussi une solution pour sentir battre son cœur et être toujours en vie (pour ceux qui associent mort et arrêt cardiaque). Elle est comme un moyen de se rassurer d’être bien vivant.
On pourra aussi trouver des conflits en relation avec l’électricité provoquant un arrêt cardiaque (mémoires d’électrocution, foudre…). Soit le cœur sera soumis à une forme de «survoltage» (tachycardie) soit au contraire il manifestera une circulation de
l’influx électrique plus faible (bradycardie).

La bradycardie

On parle de bradycardie pour un rythme cardiaque inférieur à 60 pulsation/mn, mais elle ne sera pas considérée comme pathologique pour un sportif ayant une adaptation cardiaque particulière. Certains connaissent peut-être l’anecdote de médecins français qui étudiaient des électrocardiogrammes dans un hôpital belge et qui, après l’observation de l’un d’entre eux (avec un pouls à 36/mn), conseillèrent la pause urgente d’un Pacemaker. Il s’agissait de l’électrocardiogramme d’Eddy Merckx , le plus grand coureur cycliste de tous les temps !
Au delà des causes adaptatives (entraînement), médicamenteuses, électrolytiques ou hormonales, si le cœur bat plus lentement, c’est pour qu’il puisse prendre son temps pour mieux se remplir. Se remplir de quoi? D’amour bien sûr. On prend son temps pour se remplir de l’amour que nous n’avons pas reçu. Quand on met le temps pour faire les choses, en général, c’est pour l’apprécier. C’est comme lorsque l’on mange un très bon plat, on prend le temps de déguster.
Pour le décodage de la bradycardie, s’il existe une problématique reliée au père, c’est en terme de manque ou d’absence qu’elle s’exprime. «Je ralentis mon rythme cardiaque pour apprécier le peu de moments d’amour que j’ai vécus avec mon père (ou un autre membre de mon clan)»
Mais l’on va aussi trouver aussi des bradycardies dont le sens est de placer l’organisme dans une incapacité de se battre. Si le débit cardiaque est ralenti, les muscles ne sont pas approvisionnés en sang oxygéné. On ne peut alors ni fuir, ni combattre efficacement. Il s’agit du conflit du refus de l’affrontement. On cherchera dans la généalogie des combats qui ont mal tourné, des assassinats, des guerres ou autres affrontements qui se sont soldés par des drames. Cette maladie est une réponse à l’injonction « interdiction formelle de se battre ! »

Relation Cœur – territoire – rythme (*)

Nous possédons tous un territoire (une propriété). Sa chambre pour un enfant , l’entreprise que l’on crée, le conjoint avec qui l’on vit, le service dont on est chef … Dans ce territoire, nous fonctionnons à notre rythme, selon nos convictions et nos croyances, et surtout : au rythme de notre cœur. Les visiteurs devront se plier au rythme du maître des lieux (heures des repas, lever, coucher, croyances et règles internes…). Mais si le visiteur tente de porter atteinte au rythme et à l’intimité du territoire, il sera perçu comme un agresseur et le cœur commencera à réagir afin d’imposer son rythme. Si l’agresseur s’impose trop ou va jusqu’à prendre possession du territoire et chasser le maître des lieux, le cœur de ce dernier se trouvera en danger (à moins que la personne accepte la situation ou trouve un autre espace). Au fond, les personnes atteintes de troubles du rythme aimeraient vivre à leur rythme, et non au rythme qui leur est imposé. Ces personnes pourront réfléchir à la place qu’elles occupent dans leur territoire.

Jean Brice THIVENT

(*) inspiré des travaux de Georges Lahy