La maladie

Le ronflement, ce trouble qui semble toucher davantage les hommes (en tout cas, c’est ce que disent les femmes), est un bruit respiratoire d’intensité variable émis pendant le sommeil. Tout obstacle entravant la bonne circulation de l’air entre le nez et le larynx peut être la cause du ronflement : hypertrophie des amygdales ou des végétations, déviation de la cloison nasale, rhume, anomalie anatomique des voies respiratoires (principalement du voile du palais, dont la vibration provoque le bruit du ronflement).
Il existe un ronflement ordinaire et un ronflement avec apnée durant le sommeil. Ce dernier cas se caractérise par un bruit interrompu par de brefs arrêts respiratoires répétés, suivis par une reprise brusque de la respiration, ce qui provoque le réveil du dormeur et un sommeil de mauvaise qualité. Cela peut se compliquer au fil des ans en insuffisance respiratoire chronique ou en troubles cardiovasculaires. Pour les cas graves, quand tous les trucs ou astuces pour arrêter de ronfler ne marchent pas, deux traitements sont possibles pour élargir les voies respiratoires : chirurgie ou masque pour assurer une ventilation en pression supérieure à la normale.

L’étymologie

Le mot « ronfler » vient soit de l’ancien français « ronchier », soit d’une formation onomatopéique du type « ronchonner » avec adjonction de « fl » pour imiter le bruit du souffle. Ronfler, serait-ce une manière de ronchonner, voire de faire « chier » sa partenaire ? En tout cas, quelqu’un qui « fait ronfler des vers », cela veut dire qu’il les déclame d’une manière sonore, emphatique. Les ronflements ou une forme d’hystérie masculine nocturne ?

L’écoute du verbe

Ronfler = rond / enfler. C’est l’histoire de la grenouille qui, poussée par l’envie, la jalousie et l’ambition, veut se faire aussi grosse que le bœuf, comme dans la fable de La Fontaine.
« Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs. » Attention, dans la fable, elle en crève.
Apnée = happe / né(e). Cherchez les mémoires familiales de nouveau-nés morts à la naissance. J’ai peur de me faire bouffer le nez si je prends ma place. Je préfère rester bien au chaud dans le sein maternel.

Le sens biologique

Toute la partie du visage et des voies respiratoires concernée par les ronflements, est sensible au conflit biologique de ne pas pouvoir attraper le « morceau », et dans ce cas-ci la plupart du temps le morceau, c’est la partenaire sexuelle, car cette zone est en lien avec cette problématique (odorat, bouche, succion,…). Je suis en manque d’intimité olfactive et gustative avec ma bien-aimée. Il y a en plus des sous-tonalités conflictuelles propres à chaque cas en fonction de l’origine médicale des ronflements (cloison nasale, végétations, voile du palais,…) et nous renvoyons aux autres articles écrits à ce sujet.

Par exemple, le nez, comme nous l’avons vu en étudiant le rhume et la rhino-pharyngite, est sensible au conflit de puanteur. Certains auteurs parlent du conflit du taureau, dont l’odorat est troublé par une odeur étrangère, qu’il cherche à chasser loin de lui d’un geste colérique. On cherchera donc s’il n’y a pas un conflit chronique de ce type chez la personne qui ronfle.

Si le ronflement a lieu lors de l’expiration, cela veut dire que je veux éloigner le danger de moi. « Laissez-moi tranquille. » Si le ronflement a lieu lors de l’inspiration, cela veut dire que j’appelle au secours. Je veux retenir…ma mère, mes parents, ma femme, ma fille… Cela peut même aller plus loin : je ronfle pour garder l’autre éveillé pendant que je dors, pour assurer la surveillance à ma place. C’est sûr, quelqu’un qui ronfle fort, empêche les autres de dormir, parfois même d’une chambre à l’autre.
Le conflit peut également être orienté par rapport au stress de la partenaire, qui vient réveiller le stress ancien de la mère du patient. Quand j’étais petit, je devais tout le temps rassurer ma mère, très inquiète à mon sujet, que tout allait bien, que je n’étais pas mort (mémoire familiale de mort d’un nourrisson), que je n’étais plus malade, etc. Aujourd’hui, c’est comme si j’avais transféré ce conflit sur la femme qui partage mon lit : je « dois » tout le temps la rassurer sur le fait que je suis vivant, et rien de tel pour cela que de bons ronflements bien sonores. Chérie je suis vivant, sais-tu ? Oui merci je sais, ce serait encore mieux si tu pouvais être vivant en silence.

Quant à l’apnée du sommeil, elle a des liens très forts avec le ventre maternel, comme nous l’a déjà révélé l’écoute du verbe, et avec ce qui s’est passé au moment où le futur ronfleur a quitté celui-ci. En effet, c’est quand on est dans l’eau qu’on est en apnée, ce terme désignant les performances des plongeurs qui restent longtemps dans l’eau sans respirer de l’oxygène, comme dans le film « Le grand bleu ».

Notre première expérience avec l’eau, c’est le liquide amniotique du ventre maternel dans lequel nous baignons avec délice pendant plusieurs mois et qui ressemble à une piscine tropicale à 37° en permanence, où nous sommes bien protégés des intempéries et des dangers. Puis un jour, à la naissance, c’est fini, on se retrouve dehors et cela peut se faire brutalement, avec beaucoup de stress vital. Par exemple, l’enfant est trop gros, il ne sortira jamais. L’accouchement dure très longtemps. Ah, on était si bien à l’intérieur, dans l’eau… Plus tard, l’apnée du sommeil est la solution archaïque parfaite du cerveau pour faire comme si on retrouvait l’état de bien-être et de protection du ventre maternel, d’avant la naissance. Je survis si je suis dans l’eau, dans la « mère », dans ma femme. Après tout, si je retournais dans le ventre de ma mère, ce ne serait pas plus mal.

« Après tout, si demain j’étais mort, ce serait bien aussi », tel est le terrible message que nous font parvenir ceux qui chaque nuit vont flirter avec le bord du gouffre du manque d’oxygène. Un pas de plus et c’est l’étouffement. Cette maladie a donc un lien avec la dépression et on cherchera tous les conflits de territoire non résolus dans la vie du ronfleur « apnéiste », pour l’aider à s’éloigner de cet attrait morbide, de là où Eros et Thanatos se rejoignent.
Bernard Tihon

Exerçant la profession de juriste, Bernard Tihon s’est intéressé au sens des maladies pour des raisons de santé personnelle. Formé à la biologie totale et au décodage des maux, il a collaboré plusieurs années au mensuel belge BIOINFO avant d’intégrer l’équipe de NéOSANTé. Il est l’auteur de l’ouvrage «Le sens des maux», Tomes 1 et 2, publiés aux éditions Néosanté. www.bernard-tihon.be