La maladie parodontale est une atteinte des tissus environnants de la dent (para : autour et odontos : la dent). Dans ces tissus, on trouve le ligament alvéolo-dentaire, l’os et la gencive. Conformément à ce qui se passe dans tous les tissus biologiques du corps humain, la modification physiologique peut se manifester en « plus » (apposition d’os, hyperplasie gingivale, …) ou en « moins » (perte osseuse, rétraction gingivale, …). L’approche par le décodage dentaire de ces maladies ne s’oppose pas aux observations faites au niveau « matière » et ne vient donc pas invalider les conclusions sur les effets de la causalité linéaire. L’interprétation de ces observations par le décodage prend place dans la sphère complémentaire à celle de la matière : la structure de la psyché, avec la couche mentale en tant que système de communication entre « corps » et « Esprit ». Pourtant, ainsi que nous allons le voir, même initialisée par la structure mentale et par des stress purement psychologiques, la maladie parodontale garde, dans sa dynamique, la notion fondamentale de survie du corps animal.

Pour comprendre la maladie parodontale, il est nécessaire d’évoquer la signification de la cavité buccale dans la cartographie identitaire élaborée par la structure mentale, les liens entre le corps et le mental, ainsi que les différents conflits inconscients de la sphère psychologique. Tout ceci ne peut se faire en quelques lignes, et c’est la raison qui me pousse à scinder la présentation du décodage des maladies parodontales en plusieurs articles. Vous exposer le décodage des maladies de la bouche sans décrire les mécanismes sous-jacents ne serait que temps perdu et œuvre stérile.

Place et rôle de la cavité buccale.

Nous savons que chaque partie du corps située à une extrémité relationnelle (pieds, mains, oreilles, nez, yeux) nous offre un récapitulé du corps dans sa globalité et, par extension, un accès au corps entier à partir d’une de ces extrémités : réflexologie plantaire, auriculothérapie, réflexologie endo-nasale, iridologie. La dent, située en tant qu’extrémité relationnelle dans l’axe de la relation humaine, en fait de même. Mais plus encore qu’un récapitulé du corps biologique (liens somatotopiques et énergétiques assidument étudiés par le Dr Albert Roths à la suite des travaux du Dr Orsatelli), les trente-deux organes dentaires sont les seuls capables de nous servir de récapitulé de la structuration de la psyché humaine. La cavité buccale occupe ainsi une place unique dans notre structure vivante :
– Elle est l’orifice par lequel nous donnons réponse à nos besoins biologiques. Un « besoin » est une sensation ressentie vitale par rapport à une perception de manque. Manquer de nourriture donne naissance à la faim, le besoin de manger dynamise l’animal vers la réponse à ce manque. La soif provoque le besoin de boire, et le manque d’oxygène le besoin de respirer. Le cerveau présente également le besoin de dormir pour rester en vie. Manger, boire, respirer et dormir sont donc les quatre besoins fondamentaux auxquels aucune structure biologique ne peut échapper. Les trois premiers trouvent dans la cavité buccale le lieu par lequel la réponse parfaite au stress de survie va pénétrer dans le corps biologique. Voilà pourquoi la notion de « morceau » est prédominante dans le décodage des maladies de la bouche. Nous allons cependant voir que derrière ce vocable de « morceau », la structure mentale va y placer une encyclopédie de versions conceptuelles. La cavité buccale est donc ressentie comme extrémité relationnelle au monde environnant en tant que biotope de survie pour notre dimension animale, monde extérieur dans lequel se trouvent toutes les réponses à nos manques nommés besoins vitaux.
– La cavité buccale est l’orifice par lequel notre voix sort dans le monde, nous permettant de manifester notre existence identitaire. C’est par des « mots » que nous faisons entendre aux autres nos pensées, notion hautement identitaire et individualisée (autant qu’individuelle) de l’animal que nous sommes. La phase d’individualisation débute à douze ans, lorsque le réveil des hormones sexuelles donne la puissance nécessaire à la structure mentale de s’affirmer et de témoigner de « qui je suis ». L’âge de douze ans représente le moment de l’accès à l’autonomie de pensée. Rappelons pour mémoire que l’âge de six ans, instant de la mise en fonction définitive des gonades, signe l’accès à l’autonomie biologique, accomplissant la structure biologique et la rendant autonome en fonction. La dimension mentale déployée par l’activité neuronale (donc sur un support cellulaire, biologique) nous offre à nous, animaux de l’espèce humaine, un nouvel outil d’accès à la réponse à nos manques : le langage complet et articulé. Dans l’ouvrage « Décodage dentaire Tome 2 », je me souviens avoir écrit que les mots qui sortent de notre bouche ne sont longtemps qu’une griffe à notre patte de prédateur. Pourtant, les mots sont aussi outils du Verbe, ce Verbe dont nous parle la Tradition et qui fut outil de création. Dans la suite de cet exposé, lorsque le mot esprit se trouve écrit avec un « e » minuscule, il parle de la dimension humaine animale, de cette sphère verbale dans laquelle nous tentons de survivre et avant tout, d’échapper à la souffrance. Car si le corps biologique doit éviter de mourir, notre mental a une deuxième mission : nous éviter de souffrir. La souffrance est alors ressentie intérieurement, dans sa signature émotionnelle, comme un danger de mort. Et si l’animal dispose d’instincts de survie au niveau des comportements, l’animal humain se voit porteur d’instincts relationnels au sein du groupe humain.

Une structure duale

Ainsi pouvons-nous comprendre que la cavité buccale est à l’image de la structure fondamentale de l’être humain : la dualité. Cette dualité est mal comprise, car souvent vécue comme un duel, lequel ne prend fin que par la mort de l’un des deux protagonistes ! Un système dual, quant à lui, est fait de deux parties qui fonctionnent en termes de réciprocité… Ainsi, corps et Esprit ne sauraient être plus longtemps mis en opposition, mais bel et bien en fonction réciproque. Pourtant, avant de nous occuper de l’Esprit, il nous incombe de regarder en face notre structure mentale et toutes ses données inconscientes de nature psychologique et aux innombables effets émotionnels pathogènes! Permettons-nous ici une audacieuse analogie : le corps a besoin, dans sa matière, de glucides, lipides et protides ; le mental a besoin, dans sa nature, de gloire ( reconnaissance, réussite), d’affect (amour, amitié…) et de présence (dans un groupe, dans un couple..)). Mais encore : là où le corps/ matière a besoin d’échanges gazeux, le mental a besoin d’échange de mots, de se dire et d’être entendu (écouté au minimum), que ce soit en parlant, écrivant, chantant, mais aussi en dessinant, dansant ou faisant de la musique. Et comme il est alors étrange de constater que parmi les besoins fondamentaux de l’Esprit, se trouve le Silence !

Dr Christian Beyer

[beyer]