Dans son article sur « les Bienfaits du jeûne » (Voir Néosanté N° 20) Jean-Brice Thivent nous avait vanté les vertus de cette technique de santé millénaire, en s’appuyant notamment sur l’excellent reportage d’ Arte (*) montrant que l’approche empirique jouit désormais d’une solide légitimité scientifique. Aujourd’hui, la thérapie par le jeûne est une pratique médicale officiellement reconnue dans plusieurs pays !
Notre collaborateur nous a également raconté les origines modernes du jeûne thérapeutique et nous en a dévoilé les mécanismes d’action. Dans ce dossier, Jean-Brice Thivent envisage d’abord deux questions importantes : peut-on aider le corps à éliminer davantage et, si oui, quelle est la meilleure méthode d’accompagnement ? Ensuite, il met en évidence les effets de l’abstinence alimentaire sur le psychisme et il avance plusieurs hypothèses qui font du jeûne un puissant adjuvant du décodage biologique. Poursuivant la réflexion, il examine enfin l’opinion du Dr Hamer qui déconseille formellement la privation de nourriture durant la seconde phase des maladies. En désaccord sur ce point avec le médecin allemand, le naturopathe français défend l’idée que la diète est plutôt un vecteur de guérison « postconflictuelle ». Au-delà de ce débat, il conclut que le jeûne est surtout un merveilleux moyen de prévention. (YR)

Nombreux sont les instituts qui proposent en accompagnement du jeûne des soins (massages, hydrothérapie, gymnastique…) sensés accélérer l’élimination des toxines. Cette vision est aussi partagée par de nombreux naturopathes ou médecins spécialistes du jeûne. Mais peut-on réellement forcer le corps à accélérer son nettoyage ? Avant de répondre à cette question, définissons au préalable ce que l’on entend par « élimination ». Bien souvent on confond « excrétion » et « élimination ». Lorsqu’on prend un diurétique (sous forme de complexe de plantes ou autres) pour uriner davantage ou que l’on utilise une technique laxative (hydrothérapie du colon, lavements ou plantes drainantes …) pour favoriser la vidange des intestins, on ne fait qu’accélérer l’excrétion de déchets qui auraient tout de même fini par être évacués hors du corps. Ce qui est contenu dans les reins, vessie ou intestins n’est en fait que des déchets déjà en voie d’être éliminés et déjà en dehors du milieu cellulaire. Or, c’est au plus profond de nos tissus que l’élimination doit se faire pour améliorer les échanges cellulaires et libérer le corps de ses toxines profondes. L’élimination se confond donc avec l’autolyse. Eliminer, c’est désintégrer ses vieilles structures profondes et les transformer afin de les utiliser pour régénérer nos organes. Shelton écrit : « La texture, la tonicité, l’aspect et l’utilité de nos organes et de nos fonctions seront aussi beaux, après avoir été purifiés et nettoyés par le jeûne, que sont les soieries et les dentelles salies, après l’opération de nettoyage. »(3)
Ainsi, on comprend que les stimulations périphériques favorisant diverses excrétions telles que les lavements, des respirations profondes, des exercices, des bains, l’ingestion de grandes quantités d’eau ou de tisanes, le sauna, le hammam…n’auront pas d’effets sur l’activité autolytique mais ne feront que stimuler la fin du processus d’élimination. Certes, il est important que toutes les voies de l’excrétion fonctionnent correctement durant un jeûne, car les reins, la peau ou les intestins vont recevoir une quantité non négligeable de déchets à filtrer et extraire du corps, mais en aucun cas les soins décrits ci-dessus n’accélèreront l’élimination au niveau cellulaire. C’est même le contraire qui risque de se produire. Certains jeûneurs pensent par exemple qu’en faisant plus d’exercices pendant le jeûne, ils élimineront plus rapidement toutes les impuretés contenues dans leur corps. En réalité, toutes ces techniques sont, pour de nombreux hygiénistes, inutiles et provoquent même des pertes d’énergie nerveuse. En effet, faire une marche de deux heures, prendre des bains ou faire du sauna ne font que détourner notre énergie nerveuse du processus d’autolyse. Shelton précise : « Toute nouvelle source d’énervation devient un nouvel obstacle à l’élimination. Tous nos efforts devraient tendre à conserver par tous les moyens, les forces et les réserves du malade, et non à la dissiper aussi rapidement que possible. Le repos, le calme, la tranquillité, la chaleur sont plus importants que n’importe quelle méthode de traitement jamais conçue ». Il rajoute « Rien d’autre ne peut mieux augmenter l’élimination par toutes les voies d’excrétion que le jeûne. Rien d’autre ne fournit aux organes d’élimination une occasion semblable de combler leur retard et de mettre leur travail à jour »(3).

L’allié du jeûne, c’est le repos

On ne peut donc pas stimuler ou augmenter l’élimination par une quelconque technique tout simplement parce qu’on ne peut intervenir dans un processus entièrement autogéré par l’organisme sans l’entraver. C’est toujours le corps qui va orienter son travail d’élimination en fonction de ses besoins et de l’énergie vitale dont il dispose. Est-il pertinent de stimuler les reins alors que le corps est en train de mobiliser l’essentiel de son énergie nerveuse vers les profondeurs tissulaires ?
La médecine allopathique aura du mal à admettre les bienfaits du jeûne, car elle ne peut admettre qu’il puisse exister une intelligence biologique (la nature guérisseuse, « Natura médicatrix » dont parlait Hippocrate). Cette approche vitaliste consiste à reconnaitre l’idée que notre corps possède en lui des capacités autoguérisseuses et autorégénératives. La médecine officielle est une médecine interventionniste qui ne peut donc concevoir de laisser le corps agir de lui-même. Pourtant, la meilleure chose à faire pour favoriser l’élimination est de placer l’organisme dans les conditions idéales pour économiser ses réserves d’énergie vitale. Comment réaliser cela ?
Tout simplement en se reposant : limiter les déplacements et les exercices physiques, éviter de se confronter à des agressions sensorielles (froid, bruits, pollutions…), ne pas chercher à faire de soins (hydrothérapie, drainages…), s’éloigner de ses soucis quotidiens, éviter toutes sortes de stimulations coûteuses sur le plan nerveux qui nuiraient au travail de régénération organique. L’une des principales consignes à respecter pour le jeûneur est de garder le lit tant que cela reste agréable pour lui. C’est pendant le sommeil que le travail d’élimination et de restauration tissulaire est le plus intense !
Une autre idée préconçue, souvent répandue, est qu’il faut beaucoup boire d’eau pour éliminer davantage. Pourtant, l’eau bue en grande quantité ne fera que diluer les urines. Au final, je ne fais qu’éliminer l’eau ingurgitée en faisant travailler davantage mes reins, mais la quantité de déchets rejetée est la même. Les reins travailleront plus, mais ils ne filtreront pas plus de déchets. De plus, lors du jeûne, la soif ne se fait pas trop sentir. Il y a même des jours où l’eau écœure le jeûneur. Les expériences de jeûne sec (sans boire) montrent que le corps s’accommode très bien d’une absence de boisson durant près d’une semaine sans que le rein n’éprouve de difficulté dans son travail de filtration. Les jeûneurs que j’ai pu accompagner sont effectivement rapidement dégoûtés par la tisane ou même par l’eau. Ils s’aperçoivent bien vite que les petits désagréments digestifs des premiers jours (nausée, reflux gastrique…) sont bien mieux supportés lorsqu’on ne boit qu’avec parcimonie. Cependant, il est préférable de laisser le jeûneur gérer librement sa consommation d’eau en fonction de ses besoins.
Pour résumer, je reprendrais ce que dit Nicole Boudreau « Le corps en jeûne se livre donc à une vaste opération de rénovation afin d’extraire de ses structures usées des substrats qu’il recyclera pour s’en nourrir. Outre la stimulation de l’autolyse des tissus, le jeûne accélère le nettoyage des vaisseaux, des cellules et du milieu dans lequel elles baignent (milieu interstitiel). […]En somme, le jeûne est une séance intensive de réparation et de décrassage de l’organisme. Dans notre vie de tous les jours, nous mangeons et assimilons des aliments régulièrement. En jeûne, le corps n’assimile plus : il désassimile et élimine à temps plein ses réserves, ses déchets, ses tissus endommagés. Il investit ses énergies dans la mise à jour de toutes ses fonctions biologiques et se répare »(1).

De l’hygiénisme à l’approche psychobiologique.

Lors d’un jeûne, il est fréquent de voir apparaitre certains symptômes : mal de tête, points devant les yeux, nausées, vomissement, brûlure et sensation de vide dans l’estomac sont les principaux éléments parfois ressentis dès les premiers jours du jeûne. Ces symptômes sont principalement dus au sevrage en aliments stimulants comme ceux contenants des molécules alcaloïdes telles que café, thé, tabac, cacao, coca… et à la crise d’acidose de la première semaine. Mais l’on constate aussi que ces symptômes sont souvent ceux que le patient a tendance à voir apparaitre par moment au cours de sa vie ou qu’il a pu avoir dans le passé. Ces manifestations symptomatiques sont d’ailleurs considérées par les hygiénistes comme l’expression de « crises curatives », recherchées par le jeûneur averti puisqu’elles sont la manifestation de la force vitale qui travaille à la détoxination et à la régénération du corps.
Ainsi, dès les premiers moments du jeûne, un migraineux aura tendance à faire plus facilement des migraines, un hépatique aura des nausées, un bronchiteux pourra voir une toux aiguë apparaître… En avançant dans le jeûne, on peut voir aussi ressurgir des symptômes que l’on croyait oubliés. Des maladies du passé ressurgissent mais de façon très furtive. Certains des jeûneurs que j’ai pu accompagner ont ressenti des douleurs articulaires, vestiges d’anciennes blessures, d’autres voient réapparaître brièvement des éruptions cutanées de leur enfance ou leur adolescence… Le jeûne s’apparente donc aussi à une remontée dans le temps de notre mémoire symptomatique, comme si l’organisme pouvait enfin finir les réparations qu’il avait laissées en suspens.

Un autre regard sur les symptômes

L’éclairage de la psychobiologie nous apporte un autre regard sur ces symptômes. Si j’ai un symptôme, c’est qu’il existe encore en moi un conflit actif. Se peut-il que ce que l’on croyait appartenir au passé refasse surface (à cause) ou grâce au jeûne ? Le jeûne ne serait-il alors qu’un révélateur de notre histoire conflictuelle ? Le jeûne pourrait-il s’apparenter à un moyen de ré-accéder à ce qui a été refoulé en nous et qui structure notre inconscient ? En tous cas, nous avons pu constater que le jeûneur semble plus réceptif pour démarrer un travail psychologique. Le jeûne serait-il la deuxième voie royale qui mène à l’inconscient ? En tous cas, nous pouvons nous autoriser à penser que libéré de son travail digestif, délesté de nombreuses toxines et éloigné de ses stress et de sa routine quotidienne, le jeûneur semble accéder plus facilement aux parties refoulées de son inconscient tout en prenant le recul nécessaire à une analyse plus lucide de sa vie et des difficultés rencontrées. L’association du jeûne et du travail en décodage psycho-bio-généalogique, semble offrir une plus grande facilité dans l’accession aux conflits familiaux et dans le lâcher- prise émotionnel. Et ce, tout particulièrement lorsque le thérapeute est aussi jeûneur ! Peut-être est-ce une question de confiance ? (Ces constatations n’engagent que moi !). A ce sujet, Shelton écrivait : « une des choses les plus remarquables à propos du jeûne, qui impressionne les malades encore plus que les gains physiques… est le bienfait mental. La clarté d’esprit, l’aisance avec laquelle les problèmes préalablement trouvés difficiles peuvent être traités, l’amélioration de la mémoire…, tout cela étonne et fait plaisir au malade ». Le témoignage presque général des jeûneurs est que « leur esprit devient plus clair… et semble être ouvert à de nouvelles perspectives »(3). Bien sûr, il faudra attendre de passer le cap des cinq jours de jeûne (phase d’adaptation organique) pour ressentir cette ouverture psychologique.

Le jeûne et les deux phases de la maladie.

Selon les thèses du Dr R.G Hamer (déjà évoquées dans les précédents Néosanté) la maladie, qui est associée à un conflit psychologique, se déroule en deux phases. La première phase qui correspond à la phase active du conflit (phase cancer) peut voir apparaitre la croissance de masse (tumeurs, polype, kyste, fibromes) ou la perte de matière (ulcère, ostéoporose, nécroses…). Cette phase active est associée à un état de sympathicotonie (stress) caractérisé par un état de tension permanent, insomnie, perte d’appétit, perte de poids, souffrance morale…. Lorsque le patient trouve une solution à son conflit, il lâche cet état de tension. L’organisme bascule alors dans une phase de réparation qui se manifeste par la reconstruction ou l’élimination des tissus excédentaires (ceux produits lors de la phase conflictuelle). Le patient se sent alors soulagé et retrouve de l’appétit. Cependant, ces réparations sont souvent accompagnées par la formation d’œdèmes et d’inflammations (nécessaires à la reconstruction tissulaire) et amplifiant souvent les symptômes habituels du patient. Migraines, douleurs, chaleurs (parfois fièvre) sont souvent les témoins de cette phase de reconstruction (qu’il faut contrôler médicalement).
La question que l’on est tenté de se poser (et que de nombreux défenseurs du jeûne se sont posée) est : le jeûne serait-il susceptible d’aider à guérir du cancer ou d’autres maladies ? Si oui, à quelle phase de la maladie est-il pertinent de jeûner ?
Nombreux sont les témoignages de personnes atteintes de maladies qui ont guéri à la suite de jeûne (les statistiques des dix mille cas suivis au centre de Gorinschinsk en témoignent).
Mais pour les cancers, qu’en est-il ? Les guérisons de cancer bien connues, comme J.Brandt et sa cure de raisin ou R.Breuss et sa cure de jus, nous invitent à nous enthousiasmer mais aussi à faire preuve d’une certaine réserve. Ces auteurs attribuent leur guérison aux vertus du fruit ou des jus qu’ils consommèrent sans tenir compte du fait que se nourrir exclusivement de ces aliments (monodiète) a provoqué une autolyse et sans doute des bouleversements psychologiques importants dans leur vie. N’importe quel fruit ou légume aurait fait l’affaire du moment qu’il n’apporte pas trop de nutriments et de toxiques (pesticides). De plus, ont-ils tenu compte dans leur analyse de tous les changements produits par la cure et de la multidimentionnalité de notre être ?
On sait que les tumeurs, comme tous les autres tissus, ont besoin de glucose pour se développer. Jeûner serait a priori un moyen efficace de retarder la croissance des tumeurs voir de les désagréger complètement grâce à l’autolyse. Les exemples de tumeurs autolysées sont nombreux dans la littérature du jeûne. Shelton cite l’exemple d’une jeune femme de 21 ans qui avait une enflure au sein droit. Elle se vit diagnostiquer, par trois médecins différents, un cancer qu’on lui conseilla vivement d’opérer. Au lieu d’avoir recours à la chirurgie, elle eut recours au jeûne ; au bout de trois jours exactement sans nourriture, le « cancer » et les douleurs disparurent sans aucune rechute. Shelton concluait cet exemple par cette phrase qui fait écho à une certaine actualité évoquée dans Néosanté n° 10 sur les ravages du dépistage(7) : « Des boules dures au sein, semblables à des tumeurs, dont la grosseur peut varier de celle d’un petit pois à celle d’un œuf, disparaissent dans un espace de temps allant de trois jours à trois semaines. Des centaines de cas semblables, résultant du jeûne, m’ont convaincu que beaucoup de « tumeurs » et « cancers » qui sont enlevés par les chirurgiens ne sont pas du tout des tumeurs ou des cancers. (cf. les statistiques de surdiagnostics pour les cancers dans le Néosanté n°10). Ces cas me rendent très sceptiques quant aux statistiques établies dans le but de prouver que lorsque l’opération est faite au début, cela prévient ou guérit le cancer ». On comprend à travers le regard de la médecine nouvelle de R.G Hamer que l’enflure décrite dans cet exemple n’est sans doute que la manifestation d’une phase de vagotonie (douleur, rougeur, inflammation…) d’une pathologie du sein. Celle-ci aurait sans doute fini par disparaitre même sans le jeûne, mais l’expérience montre que ces phases inflammatoires sont nettement mieux vécues lorsqu’elles sont associées au jeûne. R.G Hamer conseillait au contraire à ses patients qui entraient dans cette phase réparatrice (et inflammatoire) de se placer dans des conditions favorables à la guérison. Il préconisait le repos et la prise de cortisone à faible dose pour « pomper » les œdèmes mais encourageait le patient à manger pour apporter au corps les nutriments nécessaires à sa reconstruction.
De son coté, l’animal, moins sujet que l’homme aux conflits psychologiques, (soit il trouve rapidement une solution, soit il meurt), jeûne lorsqu’il sait que ses blessures ou sa maladie (au stade de la vagotonie) sont guérissables et nécessitent d’orienter toute l’énergie vitale vers la réparation tissulaire.
Alors, face à une phase inflammatoire, est-il indispensable de nourrir l’organisme ou est-il préférable de jeûner ?
Hygiénistes et « Hameriens » s’opposent donc sur ce point. Pourtant, ces deux philosophies sont basées sur des connaissances issues de l’observation et du respect des lois biologiques naturelles. Etant convaincu de la justesse des deux approches, je pense que l’on peut trouver un terrain d’entente. Voici mon point de vue qui ne vaut que par mon expérience. Avec tout le respect que j’ai pour ses découvertes géniales, je pense que le Dr Hamer n’avait pas d’expertise du jeûne (du moins, il n’en fait mention nulle part, à ma connaissance). Il est alors normal qu’il ait peur de l’état de carence, en particulier au moment où le corps a besoin de nutriments pour se reconstruire.
Pourtant, le jeûne ne crée pas de carences susceptibles d’empêcher la reconstruction tissulaire. Le Professeur Forser
(Munich) a comparé des animaux en état de jeûne et des animaux soumis à des régimes déminéralisés. Les animaux nourris d’aliments déminéralisés mouraient plus rapidement que les animaux qui n’étaient pas nourris du tout. Shelton explique que ces premiers sont obligés de dépenser leurs réserves dans deux directions , dans les processus réguliers de la vie et en essayant d’équilibrer les aliments pauvres en sels minéraux qu’ils consomment, tandis que les animaux qui jeûnent ne dépensent leurs réserves qu’en continuant les processus ordinaires de la vie. Les réserves de l’animal en état de jeûne durent beaucoup plus longtemps, et l’équilibre chimique du corps est ainsi maintenu. Lors du jeûne, toutes les forces de l’organisme seront mobilisées pour la réparation et l’organisme mobilisera ses réserves minérales, vitaminiques… avec plus d’efficacité que s’il était nourri. Cependant, ses réserves ne sont pas inépuisables. C’est pourquoi, nous pensons qu’en phase de vagotonie, au moment où les œdèmes et les douleurs inflammatoires sont les plus fortes et que les demandes cellulaires pour les réparations sont importantes, le jeûne apportera à la fois un grand soulagement et une aide à la reconstruction tissulaire grâce à la mobilisation des forces vitales et des réserves minérales vers un but unique : la régénération. La vagotonie est, selon moi, une phase favorable à la mise en place du jeûne à condition qu’il ne soit pas trop long (moins de sept jours). Après ce jeûne court, on s’orientera vers une alimentation riche en micronutriments facilement digestes et pauvres en déchets car ce n’est sûrement pas le moment d’épuiser l’organisme dans des digestions interminables coûteuses en énergie vitale ou par la prise irraisonnée d’aliments déminéralisés, chimiques et pourvoyeurs de déchets. Mieux vaut donc jeûner que de s’alimenter de façon anti-spécifique(8)). On est en droit de se poser des questions lorsqu’on voit la qualité des repas (industriels) proposés en milieu hospitalier !

Peut-on jeuner en phase active de conflit ?

Jeûner pour éliminer une tumeur en voie de développement, c’est nier l’utilité de la maladie et le processus d’adaptation qu’elle représente. Une patiente m’a raconté qu’elle avait jeûné 21 jours pour faire disparaitre un fibrome de la taille d’une orange. Celui-ci a bien été totalement désagrégé, mais il est rapidement revenu dans les semaines qui ont suivi son séjour de jeûne. Elle jeûna une deuxième fois, le fibrome fut autolysé à nouveau puis se reconstruisit une nouvelle fois à la reprise alimentaire. Ceci nous montre que, tant que nous avons un conflit actif, nous aurons besoin de la maladie qui l’accompagne. Nous pensons qu’entreprendre un jeûne pour guérir d’une maladie peut s’avérer inutile ou même incohérent lorsqu’on ne connait et ne respecte pas les processus qui gouvernent notre biologie. Est-il judicieux de jeûner en pleine phase de stress, alors que le patient vit un énorme conflit qui le consume à un point tel qu’il perd, en peu de temps, de nombreux kilos pouvant le conduire à la cachexie ? Certes, son corps ne sera pas dans des conditions idéales pour digérer (l’énergie étant détournée au profit du mental qui cherche des solutions au conflit psychologique) mais dans cette phase, Il me semble souhaitable d’avoir un apport suffisant de nutriments essentiels afin de ne pas maigrir trop vite. Face à un conflit important, on préfèrera donc commencer par tenter de limiter l’état de stress du malade et de l’aider à trouver des solutions à son conflit avant d’entreprendre un jeûne. Par contre, si la chimiothérapie est utilisée lors de cette phase, des jeûnes courts répétés à bon escient pourront peut-être aider le patient à mieux supporter ses effets secondaires.

Conclusion

Le jeûne peut donc s’avérer être un vecteur de guérison très intéressant quand il est utilisé dans le respect des lois qui régissent notre physiologie et nos particularités individuelles. Cependant, il ne saurait, à lui seul, constituer une panacée, même s’il participe à une remise en cause profonde de tout notre être. Parfois, certains malades voient dans le jeûne le moyen de vivre une retraite, de se couper de leurs habitudes stressantes et par là-même, de changer leur regard sur leurs histoires conflictuelles. Indirectement, en plaçant le malade dans un état de réceptivité et d’ouverture, le jeûne pourra favoriser l’expérience du lâcher-prise. C’est peut- être aussi l’une des raisons expliquant certaines guérisons lors de séjour de jeûne.
Cependant, c’est dans la prévention que le jeûne trouve tout son sens. Contrepoids au rythme effréné de la vie moderne, le repos qu’il procure assure le rééquilibre de notre métabolisme excédé par le surmenage, la surconsommation et la « chimification » de l’environnement.
Le jeûne est avant tout une aventure intérieure profonde. Moment de pause que l’on s’accorde dans un monde toujours plus agité, il peut s’avérer bénéfique chaque fois que nous vivons des états de stress passagers (qui détournent notre énergie nerveuse), chaque fois que nous sommes dans une période de fatigue ou dans une phase aiguë de la maladie (poussée inflammatoire, fièvre, douleur…) et chaque fois que l’on voudra recontacter en nous l’essence de notre « natura médicatrix » (nature guérisseuse) en vue d’une régénération profonde.

Jean-Brice Thivent

NOTES

(1) « Jeûner pour sa santé, le secret du rajeunissement biologique », Nicole Boudreau, le jour éditeur.
(2) Thèse de doctorat en médecine « L’appellation jeûne thérapeutique est-elle fondée ou usurpée ? » Faculté de médecine de Grenoble – année 2011
(3) « Le jeûne » H.M Shelton, Ed Le courrier du livre.
(4) Phénomène spécifique au jeûne selon Michel Duvernay-Guichard ,« Le jeûne, approche médicale et scientifique », faculté de médecine de Grenoble, 1985
(5) « Jeuner pour revivre », Albert Mosseri, Le courrier du livre.
(6) « Fasting and cancer treatment in humans : acase series report » longo and co, 2009
(7) « Cancer : les ravages du dépistage », Pryska Ducoeurjoly, revue Néosanté Mars 2012
(8) Nous pensons que l’alimentation spécifique de l’homme est proche de celle de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs avant l’ère glacière (alimentation à dominante crudivore et à 80% végétarienne)

Avertissement ! En aucun cas le jeûne ne saurait se substituer à un traitement médical.
Cet article pose certaines hypothèses qui n’engagent que son auteur.
Jean-Brice Thivent organise du 6 au 10 juillet 2013
un séjour de détoxination et revitalisation par le jeûne.
Lieu : Parc naturel des Vosges du Nord
(Région Alsace-Lorraine – France)
Renseignements: 03 87 07 69 36 – www.alsace-naturo.com
et mail : jbnaturo@orange.fr

Le Jeûne,
une nouvelle arme anticancer ?

Ce titre du journal « Le Monde » du 09/03/2012 fait suite aux travaux de Valter Longo, professeur de gérontologie et de biologie à l’université de Californie du Sud, qui, à la suite de travaux en laboratoire, affirme que « la combinaison de cycles courts de jeûne avec la chimiothérapie est soit plus efficace, soit nettement plus efficace que la chimiothérapie seule ». Le reportage d’Arte montre des souris saines ayant jeuné une journée avant de recevoir une chimiothérapie. Celles-ci se portent à merveille, à la différence de celles du groupe n’ayant pas jeûné et qui étaient prostrées ou mortes. Ces résultats furent attribués à une modification de la structure génétique des cellules saines qui, sous l’influence du jeûne, devenaient capables de s’autoprotéger des agents toxiques. Une patiente qui était traitée en chimiothérapie pour un cancer du sein confirma ces conclusions. Après deux traitements en chimiothérapie très difficiles à supporter (vomissements, nausée, grande fatigue, pertes de cheveux…) et ayant entendu parler des travaux du Dr Longo, elle décida de jeûner (un peu plus d’un jour) avant d’entamer son troisième traitement. Pratiquement aucun effet secondaire ne se fit alors sentir et elle put finir son traitement sans désagrément. Ces résultats furent les mêmes pour dix autres patients (6).
À quand le jeûne intégré dans les protocoles de chimiothérapie ?