Pour étudier  le sens de cette maladie fréquente  (*) , nous allons nous appuyer, comme à l’accoutumée,  sur sa description médicale objective, telle qu’on peut la lire sur Wikipédia  et que nous reprenons en italique dans notre texte.
Silence mortel
« L’acouphène est une sensation auditive non liée à un son généré par une vibration d’origine extérieure à l’organisme, et inaudible par l’entourage. »
C’est donc la personne seule qui l’entend et qui le crée. Dans quel but ? Dans le but d’éviter le silence, lequel est devenu insupportable. il vaut mieux encore créer du son que de ne rien entendre. Bien sûr, il s’agit, comme pour toute maladie, d’une adaptation à un moment unique et  précis. Le reste du temps, c’est ce bruit qui est insupportable !
Au retour de vacances, le mari de Mme X lui dit : « je te quitte », et il part sur l’heure, sans explication. Elle vit  alors dans le silence de son absence. C’était un homme qui parlait et chantonnait sans cesse. Sa biologie va ‘piéger’ son esprit en remplissant de bruit ce silence mortel. Ainsi, son esprit, ou plutôt une partie de son esprit, est apaisée, il n y a plus de silence.

J’ai souvent observé que ce silence était en lien avec du définitif et  de l’irréversible, comme la mort. Mme Y perd son père brutalement, elle a 20 ans, et c’est le silence définitif de cet homme qu’elle adorait. Elle entend des bourdonnements, car en effet : « Le ou les bruits perçus peuvent avoir des niveaux divers. Selon les cas, les personnes atteintes peuvent endurer des bruits d’intensité plus ou moins élevée, allant d’un simple rasoir électrique à une tondeuse à gazon ou à un réacteur d’avion. On distingue différentes appellations en fonction de la tonie perçue par le sujet acouphénique : le tintement, le bourdonnement, le chuintement ou le sifflement ou des sons purs comme des notes de musique ». Et dans le cas de cette femme, pourquoi des bourdonnements ? Son père était apiculteur et sa mère avait peur des abeilles. Alors,  le seul lieu privilégié où elle pouvait rencontrer son père seul à seul était au milieu des ruches, là où tout bourdonne. En fabriquant des bourdonnements dans sa tête, elle est comme en permanence avec papa, l’acouphène piége son esprit : papa n’est pas mort !

Pression & douleur
« Les chocs auditifs peuvent être dûs à une exposition trop violente ou trop répétée à des bruits très forts, dans les boîtes de nuit, lors d’un concert, en écoutant un baladeur, sur un lieu de travail très bruyant, etc. »
Un autre décodage des acouphènes est  en  effet: «JE ME SENS SOUS PRESSION». Ainsi de  cette femme qui va guérir de ses acouphènes à partir d’une situation concrète : il s’agit des jeunes qui, sans cesse,  tournent en mobylette autour de chez elle et elle se sent véritablement sous pression, elle a l’impression qu’elle va exploser.
« Ils peuvent être permanents, intermittents, variables ou temporaires ».
Cela  varie effectivement en fonction de l’intensité et de la durée du conflit.
« Les cas graves sont assimilables à de véritables douleurs chroniques ».
Nous verrons plus tard que les conflits de la douleur  sont en effet très proches de la tonalité des conflits que nous étudions aujourd’hui.
Autoprogrammation
«Ceux-ci peuvent s’accompagner (ou non) de surdité ».
Il s’agit là d’une forme de conflit autoprogrammant particulier. Le conflit autoprogrammant est une conflit généré par le corps (Ex : ma diarrhée me fait chier, mon asthme m’angoisse, mon eczéma m’isole des autres, mes rhumatismes me dévalorisent, etc) Ici, il s’agit souvent de la phrase émotionnelle suivante qui est vécue par la biologie du sujet, c’est-à-dire son inconscient : « je ne supporte plus d’entendre mes acouphènes ! » Alors l’oreille coupe le son, c’est la surdité. Dans d’autres cas c’est la surdité qui est insupportable : « Je veux entendre quelque chose » et les acouphènes  arrivent pour briser le silence de la surdité.
« Les acouphènes peuvent être unis ou bi-latéraux (perçus sur un ou deux côtés), selon ce qui les a provoqués ». En effet, chaque oreille a un décodage possible. Selon une hypothèse de travail (*),  le son rentre  symboliquement par l’oreille droite et sort par la gauche ; c’est l’inverse pour les gaucher(e)s. L’acouphène de l’oreille droite signifierait donc  : « je veux entendre un son qui ne vient pas, ou qui n’est plus ». De l’oreille gauche : « Je veux qu’un son sorte de moi, c’est-à-dire que l’autre entende quelque chose que, malheureusement ,je n’ai pas pu dire. »
Conflit de diagnostic
« Ils peuvent avoir différentes causes : souvent dus au vieillissement de l’oreille »,

Voici l’exemple typique d’un conflit de diagnostic qui a,  entre autres inconvénients,  de rendre passif le patient : « il n’y a plus rien à faire puisque cela est dû à l’âge » Alors pourquoi de nombreuses personnes du même âge n’ont-elles pas d’acouphènes ?

« Ils peuvent être dus à une tumeur, notamment un neurinome, mais ils peuvent aussi survenir à n’importe quel âge après un traumatisme auditif, un choc infectieux ou viral».

Ce point est très important, car il nous rappelle encore et toujours l’importance incontournable de la médecine. Le thérapeute en décodage n’intervient jamais à la place du médecin. C’est d’ailleurs le  diagnostic  médical  qui nous orientera dans la recherche des conflits. Si l’acouphène est dû à un neurinome, il nous faut alors chercher, non plus les conflits de l’acouphène,  mais   celui du neurinome.

Pour conclure, je mentionnerai une forme d’acouphène particulière, qui est de laisser la télévision, la radio ou tout autre objet sonore allumé(e)  en permanence ! Il ne s’agit  bien sûr pas, d’une maladie,  mais d’un comportement  que l’on pourrait qualifier  de maladif.  « Je remplis le vide. Le silence m’angoisse, alors je le couvre de bruit. Je n’écoute pas , je ne peux pas être attentif en permanence à ce qui est dit.  La télé ou la radio sont là pour traiter mon mal-être intérieur. » . Mais ce bruit de fond est aussi un piège pour l’esprit…

Christian Flèche

(*) Le nombre de Français atteints d’acouphènes définitifs serait de 300 à
500 000,  et d’acouphènes chroniques de 2 à 3 millions

(**) Le décodage biologique n’est rien d’autre qu’une somme d’hypothèses de travail, faisant suite aux observations de femmes et d’hommes de terrain voulant faire profiter de leurs découvertes leurs confrères et leurs patients .

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