ARTICLE N° 47 Par Emmanuel Ratouis.

Comme nos problèmes de santé, nos accidents et nos syndromes d’anniversaire (morts violentes, maladies fulgurantes, suicides…) ont-ils un sens ? C’est la question que se pose Emmanuel Ratouis dans son nouveau livre. Et à l’aide de cas rencontrés dans sa pratique phychogénéalogique, il apporte une réponse clairement affirmative : oui, les accidents sont le manifesté d’événements traumatisants vécus par nos aïeux ! Percer cette logique transgénérationnelle permet d’ enrayer la répétition des drames.

Certains pensent que tout est écrit, que chaque chose, chaque évènement de nos vies est inscrit quelque part dans un grand rouleau. D’autres au contraire, peut-être par une volonté vitale de croire en leur libre arbitre, réfutent toute forme de croyance déterministe. Entre les deux, j’ai cherché la voie de l’équilibre. Je ne suis pas convaincu, par exemple, que tous ceux qui ont été emportés par la vague d’un tsunami ou une coulée de boue fulgurante étaient prêts à mourir, qu’ils avaient achevé leur parcours de vie, contrairement aux rares survivants qui, par miracle, juchés sur un quelconque promontoire, ont échappé à la faucheuse. Je ne suis pas certain que tout cela dispose d’un sens précis. Par contre, ce que je sais avec certitude, c’est que ce genre de catastrophe « injuste » aura des conséquences sur bon nombre de survivants. La date anniversaire de la catastrophe s’inscrira pour des décennies et parfois même davantage dans l’inconscient collectif pour constituer un permanent et difficile cap à franchir. Si certains corps ne sont pas retrouvés, les deuils correspondants seront souvent impossibles à réaliser. Et ainsi, des cercles vicieux s’enclencheront, conduisant certains survivants ou descendants de ces mêmes survivants à rejoindre prématurément leurs morts. De funestes destins se dessineront parfois pour ceux qui auront été désignés par le clan familial pour maintenir « à tout prix » le lien avec ceux qui ont injustement perdu la vie dans ces circonstances tragiques et sans qui on ne serait pas là.
Inversement, dans mes investigations, je n’ai cessé de rencontrer des accidents qui faisaient sens, des accidents dramatiques aux circonstances totalement improbables qui montrent clairement que pour parvenir à se blesser ou à mourir, certains ont déployé des trésors d’imagination inconsciente qui ne laissent aucune place au hasard. Et j’irais même bien au-delà, en osant affirmer que ces trésors d’imagination inconsciente révèlent un sens caché de nos existences pour qui sait les percevoir, comme si un « gentil » ou « méchant » organisateur prenait le contrôle parfois de nos éphémères destinées. Et moi l’agnostique, ça me rendrait presque croyant en une logique transcendante supérieure qui régirait nos existences. Cette logique est le plus souvent transgénérationnelle, preuve que quand nous débarquons sur terre dans un clan familial donné, nous héritons de mémoires spécifiques liées au vécu de certains ancêtres, parmi lesquels l’un d’entre eux avec qui nous nous trouvons en lien privilégié. Ces mémoires peuvent dans bien des cas nous conduire à reprendre le fil de la vie de cet ancêtre, là où il l’a quitté. Elles peuvent également nous pousser à expérimenter des stress du même ordre ou des évènements traumatiques correspondants aux dates ou aux âges anniversaire de cet ancêtre-là.
Dans mon livre, indépendamment des catastrophes naturelles a priori aléatoires, j’ai réparti en 4 catégories les accidents que l’on s’organise pour répondre à une injonction inconsciente.

1. Les accidents postérieurs à un surstress ingérable ou antérieurs à un surstress programmé

Ces accidents sont liés à nos stress du moment étant devenus ou allant devenir insupportables. Exemples types :
Ma femme vient de me quitter, je viens de perdre mon emploi. Tout s’écroule autour de moi. Ma vie n’a plus de sens. C’est alors que l’accident survient (postérieurement au stress) .
Un enfant est forcé de suivre des stages de compétition loin de chez lui. Il se « fabrique » des accidents juste avant chaque stage pour ne pas y participer (antérieurement au stress)
Un homme doit partir à la guerre. Il pressent qu’il n’en reviendra pas. C’est alors qu’il se blesse ou se tue accidentellement (antérieurement au stress).
L’origine de ces accidents est évidemment la plus simple à identifier. Pour autant, celui qui en est la victime y parviendra rarement seul, puisque, par nature, c’est le caractère insupportable de son stress (qu’il ne peut regarder en face !) qui l’aura conduit inconsciemment jusqu’au drame (en cachette de son cerveau gauche).

2. Les accidents liés a une empreinte négative de conception, de gestation ou de naissance

On trouve là tous les enfants non désirés ou ayant posé un gros problème durant la gestation. L’enfant arrive dans un contexte de stress terrible (honte, viol, guerre…). Sans lui, c’eut été tellement plus simple ! A-t-il fallu choisir à un moment entre la mère et l’enfant ? La mère est morte en couches, ou on découvre qu’on attend des jumeaux. L’un des deux est en trop ! Ce genre d’empreinte négative (et difficile à effacer) peut conduire celui qui en est le dépositaire à risquer sa vie régulièrement pour réparer le « problème » que sa venue au monde a posé. Il peut avoir un accident à l’âge qu’avait l’un de ses parents lorsqu’il a souffert de son arrivée, par exemple. (Voir à ce sujet mes deux articles sur « la prise de risque » dans Néoanté n° 16 et n° 17)

3. Les accidents liés à des deuils non faits

Si l’un des parents (ou les deux) ne parvient pas à réaliser le deuil d’un être cher, alors, l’un des enfants risque fort d’hériter de la délicate mission de maintenir le lien avec le regretté disparu. Au fil du temps, le poids associé à cette mission pourra se révéler trop lourd à supporter. Exemples types : le jumeau mort in utero, l’enfant de remplacement né après une fausse couche tardive, un enfant mort à la naissance ou en bas-âge… L’accident pourra se produire lorsque celui qui porte ces drames atteindra l’âge qu’avait l’un de ses parents quand l’enfant à qui il « doit la vie » est mort.
L’exemple d’Yvan
Yvan est guide de haute montagne depuis une dizaine d’années. Il vient me voir pour tenter de percer le mystère d’un accident étrange qui lui est arrivé 6 mois plus tôt et au cours duquel il aurait facilement pu passer de l’autre côté de l’existence. Travaillant sur un toit, il est allé se positionner au-dessus d’une petite trappe, point faible de la verrière qu’il était censé nettoyer. Cette trappe n’avait pas été verrouillée correctement par une équipe d’ouvriers travaillant sur le même chantier. Mais de l’avis même d’Yvan, compte tenu de sa faible largeur, le simple fait d’avoir pu ouvrir les bras par un geste réflexe lui aurait épargné une chute de 6 ou 7 mètres. Plusieurs vertèbres abimées, deux mois d’hôpital, le double de rééducation, Yvan aurait pu s’en sortir beaucoup moins bien. Il est passé tout près de la mort ou de la paralysie.
Cet accident s’est déroulé le 2 novembre, le jour des morts (comme par hasard, le week-end de la Toussaint est traditionnellement le plus meurtrier de l’année sur les routes de France). Déjà sensibilisé par la lecture de mon livre « Pourquoi j’aurais dû mourir en montagne » à la question des syndromes d’anniversaire, Yvan a conscience que son accident, par sa date et son caractère improbable, raconte une histoire qui n’a rien à voir avec le hasard.
Ma première question : « De quand date ton envie de devenir guide de haute montagne ? »
« Vers 1994, 1995 »
« Qu’est ce qui t’a poussé à franchir le pas ? »
« Ma mère ! »
Du coup, ces réponses fort claires – ce n’est pas toujours aussi limpide, loin s’en faut !- m’envoient vers l’arbre maternel avec une question très simple : « Qu’est-il arrivé à ta mère dans la période d’avant 1994 ? »
Yvan ne met pas longtemps à me répondre… « Elle a vécu une série de deuils qui a commencé en 1991. D’abord Serge, le fils aîné de son frère aîné qui était aussi mon parrain. Il est mort écrasé par sa propre voiture. Il s’est interposé alors que des voyous essayaient de lui dérober sa voiture. Ces derniers n’ont pas hésité à lui rouler dessus. Ce fut un véritable drame familial. Serge était très aimé. Le clan familial maternel était plutôt du genre soudé. Après cette mort injuste et violente, tout s’est écroulé comme un château de cartes. Ne s’en étant pas remis, le père de Serge est mort près d’un an plus tard. Puis en 1993, l’autre frère de ma mère, si bien qu’en l’espace de deux ans, ma maman a perdu son neveu chéri et ses deux seuls frères. Environ un an plus tard encore, son père est décédé ! C’était en 1994… »
Tout s’éclaire. Les deuils en série devenaient insupportables. Après avoir perdu son neveu préféré, ses deux seuls frères puis son père, la mère d’Yvan lui demande d’aller là-haut vers le ciel, le plus régulièrement possible pour maintenir le lien avec les disparus. En cela, le métier de guide de haute montagne constitue une solution parfaite à sa problématique. Pour rembourser sa dette, Yvan va donc accepter l’injonction inconsciente de sa mère, quitte à y laisser sa vie, à son tour.
Quel enseignement peut-on tirer ?
Son accident surviendra dans sa 36ème année. Sa mère a eu 36 ans entre le deuil de son neveu adoré et celui de son frère aîné. Je ferais donc la supposition suivante : pour Yvan, en dette et en lien avec sa mère, il s’opère dès l’âge de 35 ans une relecture inconsciente des stress non digérés et vécus par sa génitrice au même âge. De telle manière que le poids des deuils non faits de celle-ci était devenu trop lourd à porter à partir de 36/37 ans. L’accident d’Yvan fait donc sens. Il s’agit d’un syndrome d’anniversaire dont le but caché est de lui permettre de ne pas revivre cette série noire et accessoirement d’aller rejoindre prématurément ceux qui sont déjà là-haut, au royaume des morts, et dont l’absence pèse infiniment sur le clan familial. La seule clef possible : réaliser enfin ces deuils en suspens.

4. Les accidents liés à des mémoires héritées de fautes terribles inavouables ou de vécus indicibles associés

Voltaire a écrit : « L’hérédité du suicide à un âge précis, a été remarquée bien des fois. Un monomaniaque, dit Moreau de Tours, se donne la mort à 30 ans ; son fils arrive à peine à 30 ans qu’il est atteint de monomanie et fait deux tentatives de suicide… Un dégustateur qui s’est trompé sur la qualité d’un vin, désespéré, se jette à l’eau. Il est sauvé. Mais plus tard, il accomplit son dessein. Le médecin qui avait soigné ce nouveau Vattel, apprit que son père et un de ses frères s’étaient suicidés au même âge et de la même manière. »
Je pense que l’on peut aujourd’hui apporter une réponse claire à Voltaire au sujet de la manière dont s’organisent les syndromes d’anniversaire (qu’il s’agisse d’accident, de suicide ou de tout autre évènement traumatique intervenant à une date ou à un âge signifiant).
Lorsqu’on se trouve en lien avec un ancêtre qui a subi ou commis l’innommable à un âge donné, on naît avec l’information que ce cap-là sera difficile à franchir. Qu’on hérite d’une mémoire de victime ou de bourreau, le résultat sera souvent le même : plutôt mourir plutôt que de risquer de commettre ou de subir cet enfer. Certaines maladies fulgurantes peuvent ainsi nous convenir. L’accident peut constituer également une solution « gagnante ». Voici 2 histoires parmi bien d’autres pour illustrer le propos. Le phénomène qui semble un rien abstrait est malheureusement infiniment concret et quelle plus grande tragédie que de mourir au nom d’une faute ou d’un traumatisme vécu il y a des décennies par l’ancêtre dont nous sommes revenus jouer la partition, et par conséquent la prolonger ou la solutionner ?
L’accident improbable de Serge
Serge est né le même jour que sa tante Sylviane. Cette dernière est aussi sa marraine. Porteuse d’une mémoire de viol et l’ayant probablement subi elle-même, Sylviane s’est suicidée à 29 ans et 10 mois. Plusieurs informations attestent la réalité de ces traumatismes subis parmi lesquels le fait que son grand-père paternel ait eu des pulsions pédophiles. Entre autres éléments, un des fils de Sylviane, qui porte le prénom de ce même grand-père, ressent également ce type de pulsions régulièrement, et un autre de ses fils s’appelle Jean-Baptiste, celui qui porte le poids de la faute. Il vit seul et fabrique ou répare des violons, l’instrument de musique qui soigne le mieux les mémoires de viol (dans « Aleph », le dernier livre de Paulo Coelho, son héroïne déclare lors d’un diner mondain au sujet de son penchant pour le violon : « j’ai commencé à en jouer à 12 ans parce que j’ai été violée à l’âge de 10 ans ! »). Serge s’est toujours senti très lié à sa tante Sylviane. Sa mort fut un choc pour lui ainsi que pour le clan familial. Le sujet, évidemment sensible, devint rapidement tabou.
Un jour, Serge se trouve au volant de sa voiture à un carrefour. Il s’arrête au stop et voit très clairement sur sa gauche un véhicule qui se rapproche. Il n’a aucune raison d’avancer, pourtant, il enclenche la première et démarre. Le choc est inévitable. Parechocs arraché, pas mal de dégâts matériels. Serge a beau se confondre en excuses, le conducteur du véhicule percuté est entré dans une colère immense.Plus tard, Serge, en avançant dans ses compréhensions, découvrit en songeant à ce 5 novembre très particulier, qu’il s’agissait de la Sainte-Sylviane. Par ailleurs, et ce n’est pas la moindre des « coïncidences », Serge avait 29 ans et 7 mois ce jour-là !
Prétendre qu’il n’existe pas de lien entre Serge et la trajectoire de vie de sa tante préférée Sylviane ne serait tout simplement pas raisonnable. D’autant que Serge s’est toujours trouvé des affinités avec le fils de cette dernière. Lui-même, comme son cousin, a plusieurs fois ressenti des pulsions pédophiles qui l’ont effrayé. Voilà donc un accident qui ne doit absolument rien au hasard. Récemment, pour dire au revoir à tout cet héritage, Serge, qui joue du violoncelle (afin de soigner « celle qui a été violée »), est allé jouer sur la tombe de Sylviane. Ce fut un moment puissant et libérateur pour lui.
Quel enseignement peut-on tirer ?
On voit jusqu’où peut aller se nicher l’inconscient familial. Le savoir-faire, le savoir-organiser dont il est capable est sans limite. Puisqu’il peut conduire un homme parfaitement lucide qui voit une voiture arriver en face de lui à accélérer pour provoquer un accident dont le sens conscient lui échappe totalement. Et tout cela au même âge et le jour de la fête de l’ancêtre avec qui il est en lien direct. Cela signifie que notre cerveau inconscient dispose du calendrier complet des fêtes et de toutes les dates importantes de notre histoire nationale (de la Saint Barthélémy aux grandes guerres des 19ème et 20ème siècles, à leurs dates-armistices…). Cela signifie également l’importance des dates dans l’analyse a posteriori d’un accident. Entre autres pistes, il faut toujours veiller à observer le saint calendaire concerné.
Jean et Violaine
Jean est venu me voir il y a sept ans. Il n’a qu’un seul frère. Tous deux ont connu un grave accident à l’âge de 48 ans. Leur père aussi a failli mourir dans un accident à 48 ans. Le grand-père paternel de Jean a quitté sa femme à 48 ans. Ce fut un traumatisme familial qui introduisit par ailleurs le manque de père dans l’histoire familiale. La question que Jean me posa fut la suivante : « Ces évènements sont-ils liés ? » Après avoir remonté son arbre, je lui répondis qu’il était probable que le véritable traumatisme se trouve au-dessus. Une séparation, même difficile, ne justifie pas qu’on manque de se tuer sur deux générations au même âge. Comme je l’ai dit précédemment, il faut en règle générale trois ou quatre générations pour obtenir les manifestés les plus puissants suite à des traumatismes. Je pense par conséquent que le « coupable » est plutôt le père ou un grand-père de celui qui a quitté sa femme à 48 ans. Qu’a-t-il commis autour de cet âge d’innommable, d’impensable ? Le fait que Jean soit marié à Violaine laisse entendre une histoire de viol et peut-être d’inceste qui s’est engrammée dans les mémoires de ses descendants. D’autres indices, qu’il est inutile d’évoquer ici, penchent pour cette hypothèse.
C’est par conséquent pour ne pas commettre le même « crime » que les loyautés familiales invisibles ont conduit le grand-père de Jean à quitter sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Pire, pour les deux générations suivantes, c’est « à cause » de cet ancêtre que, par la suite, les hommes ont manqué de se tuer au même âge. Et c’est ainsi que Jean, en correspondance avec sa problématique familiale, a « choisi » un métier à risque souvent relié à une tonalité de manque de père. En allant chercher dans l’arbre de Violaine, il est presque certain qu’on y trouverait une histoire de viol et de haine. Aujourd’hui, Jean, qui est sophrologue (celui qui, ayant appris à vivre avec sa propre souffrance, peut aider les autres à gérer la leur) a décidé de se tourner aussi vers la psychogénéalogie. Cette version de son histoire familiale lui a énormément parlé.

Conclusion

La rencontre avec les histoires de nos ancêtres, les fils que l’on commence à entrevoir au-dessus de nos têtes, les liens que l’on commence à réaliser entre eux et nous, tout cela devrait nous diriger vers un chemin d’humilité et d’amour. La clef d’un voyage réussi est, du reste, toute simple : elle consiste à faire la paix avec eux, à réaliser que, n’ayant pu accéder à leur dimension inconsciente, ils n’ont disposé que de très peu de marge de manœuvre. Au bout du chemin, il s’agit d’éprouver de la compassion envers eux, de la reconnaissance, quand bien même ils n’ont pas toujours bien agi selon les critères établis de la morale sociétale. Car nous leur devons d’avoir été conviés au banquet de la vie. Sans ce grand-père si terrible, cette arrière-grand-mère si austère, nous ne serions pas là ! Et peu importe ce qu’ils ont accompli durant leurs vies. Nos ressentiments, nos culpabilités vis-à-vis d’eux seront toujours contre-productives. A l’origine d’un bourreau, il y a très souvent une victime.
Quelle plus grande tragédie que de mourir au nom d’une faute ou d’une souffrance subie par l’ancêtre avec qui nous sommes en lien ? Ne doit-on pas voir en cette vie achevée prématurément par un accident ou une « maladie anniversaire » un échec ?
Peu importe le biais, seule la libération compte. Et en dépit de ce que bien des sceptiques pourraient penser, toutes sortes d’avancées sont possibles à tout âge de la vie. Si on ne peut porter un jugement défavorable sur quiconque du fait du peu de marge dont chacun dispose le long de sa trajectoire de vie, au moins peut-on considérer avec bienveillance le fait que, par le miracle des méandres de nos cheminements intérieurs, nous puissions nous trouver en mesure de déprogrammer parfois le pire, c’est-à-dire une mort organisée au millimètre par loyauté à l’ancêtre avec qui nous sommes en lien.

Psyschogénéalogiste spécialiste des liens entre les histoires familiales et les prises de risques, Emmanuel Ratouis est l’auteur des livres « Pourquoi j’aurais du mourir en montagne » et « Cent histoires pour mieux comprendre l’inconscient familial qui nous gouverne »(éd. Les Méandres). Il partage aujourd’hui sa vie entre les expéditions lointaines, son métier de guide de haute montagne, l’écriture et les consultations en analyse transgénérationnelle. www.tupilak.com