Historique

Le virus Ebola appartient au genre Ebolavirus, de la famille des filovirus. Il apparaît pour la première fois en 1976 au Zaïre, avec le type Ebola virus Zaïre, qui est le virus qui sévit dans l’épidémie actuelle. Un autre type, Ebolavirus Soudan, a sévi au Soudan. D’autre types en Côte d’Ivoire, en Ouganda (2008) en Guinée et au Libéria (1994).
Ce sont tous des pays où se sont déroulés et se déroulent encore des conflits d’une rare violence.

Physiopathologie

Le réservoir de virus est une chauve souris frugivore, ainsi que certains petits rongeurs et marsupiaux. Ces animaux sont porteurs sains et transmetteurs. Mais l’étude de leur génome montre qu’ils sont déjà en équilibre avec le virus Ebola depuis des millions d’années. Cela veut dire que le virus Ebola existe depuis la nuit des temps et qu’il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles il se manifeste aujourd’hui.
Cela va dans le sens de ce que je dis depuis longtemps, à savoir que les microbes sont l’image des difficultés que nous pouvons être un jour amenés à rencontrer. Ils en sont les confrontateurs potentiels, et ils s’activent quand la problématique apparait.

Que se passe t-il pour Ebola ? Comment avons nous fait démarrer l’épidémie ?

Symboliquement, la chauve-souris parle des fantômes et des initiations. Elle est douée d’écholocation, c’est-à-dire qu’elle a la capacité de se déplacer, de communiquer et percevoir le monde grâce à des ultrasons, comme les dauphins.
Ce sont en quelque sorte des animaux clairvoyants, qui sortent la nuit comme des fantômes. Le jour, ils dorment pendus par les pattes, la tête en bas. Ils sont donc comme des miroirs, ils voient les choses à l’envers. Ou plutôt, ils nous parlent de l’autre face de la réalité apparente, celle que nous ne voyons que la nuit dans nos rêves, dans nos peurs, dans notre inconscient. Les chauves-souris peuvent ensuite contaminer les singes, puis l’homme. La viande des singes et des chauves-souris est très prisée sur les marchés africains.

On attraperait aussi Ebola en se promenant dans les forêts africaines, comme on attrape la maladie de Lyme dans les forêts dans nos régions tempérées. J’ai déjà souvent dit que Lyme, c’est l’état d’un être fragilisé et trop facilement contaminable. Les tiques repèrent cette souffrance grâce aux odeurs émises par notre corps (monoxyde de carbone, acide butyrique etc). Ce n’est pas nouveau, les tiques piquent les promeneurs des bois et les chasseurs. Mais ce qui est nouveau, c’est que les tiques sont contaminées par les Borélies et que cela apparaît comme une des conséquences des déséquilibres du biotope autour de nous, déséquilibres liés aux activités humaines. Est-ce le même schéma en Afrique ?

Les prédateurs naturels des tiques sont les lézards, les crapauds, les gros oiseaux ou les petits vers nématodes, des animaux quasiment disparus aujourd’hui de notre environnement à cause des traitements phytosanitaires déversés partout à outrance. Il y a longtemps que les poules ne courent plus dans les jardins et que la pandémie de Boréliose a fait son lit de la dégradation générale des écosystèmes de notre planète.
Mon maitre en homéopathie, le Dr Jules Mureau, parlait du rôle du DDT insecticide (abondamment répandu en Afrique après guerre et un peu partout dans le monde) dans l’émergence du SIDA. Il nous faudra sûrement nous interroger sur ce que nous avons modifié dans l’environnement en Afrique pour faire jaillir une telle maladie. Son apparition, ancienne déjà de quelques décennies, nous donne une piste de réflexion supplémentaire..
Parmi les modifications de l’environnement en Afrique, il y a notamment les communications. Par le passé, les épidémies d’Ebola sévissaient en forêt et s’arrêtaient rapidement en quelques villages quand toute la population avait été passée au filtre de cette épreuve, mais sans extension en raison d’une vie tribale pauvre en contacts extérieurs. Nous savons qu’actuellement, ce sont surtout les rituels d’enterrement et la venue de la famille «de la ville» qui vient voir le défunt et le touche selon la tradition, qui est responsable de la dissémination.
Nous avons donc un virus qui existe depuis des millions d’années, donc rien de nouveau. Mais la modification du biotope environnemental crée en quelque sorte une mise à disposition du virus. Cependant, il a fallu une activation spécifique pour que le virus commence la « carrière » épidémique que connaissons actuellement.

Des symptômes éloquents

L’incubation du virus Ebola est en moyenne de 4 à 9 jours, (maximum 2 à 21 jours). Il sature l’organisme et atteint les organes vitaux comme le foie et le rein, puis il déclenche une CIVD, ou coagulation intravasculaire disséminée. Il provoque des petits caillots, comme des pavés qui viennent bloquer les vaisseaux (la vie ne circule plus, les émotions qui s’expriment dans notre sang sont bloquées) et empêcher l’arrivée du sang, et donc de l’oxygène (symbole de l’amour) aux tissus et entrainer ainsi le processus de mort par choc et défaillance cardiaque. Son coté très inflammatoire est responsable de l’aspect hémorragique cutané.
La CIVD est une activation pathologique de la coagulation. Le sang se met à coaguler un peu partout dans les vaisseaux. C’est une manifestation caractéristique de nombreuses maladies quand elles prennent un aspect très grave ou terminal : cancer, cirrhose, traumatisme grave, chirurgie lourde, infections graves. C’est en quelque sorte la vie qui s’arrête : le sang se bloque et l’oxygène n’arrive plus aux tissus. La vie s’arrête et l’amour n’arrive plus aux tissus. Le sang est le résumé du psychisme d’un être humain, l’ensembles des protéines du sang portent nos émotions, comme un album de notre histoire. Ces émotions circulent et sont partagées par tout le corps. Ici, en quelque sorte, tout se bloque et implose.
Que se passe t-il pour qu’une telle catastrophe se déclenche ? C’est ce que je vous propose d’examiner le mois prochain.

Dr Olivier Soulier