Le syndrome de Gougerot-Sjögren (appelé encore syndrome sec) est une pathologie chronique auto-immune. Les maladies auto-immunes sont dues à une hyperactivité du système immunitaire à l’encontre de substances ou de tissus qui sont normalement présents dans l’organisme. La prédominance féminine de la maladie est très nette, 90 à 95% des cas, et surtout après la ménopause. Elle n’existe pas chez l’enfant. Ce syndrome se caractérise par un dysfonctionnement (blocage) de certaines glandes exocrines. Les glandes salivaires et lacrymales sont les plus atteintes, ce qui provoque chez les patients une sécheresse à la fois buccale et oculaire. Il existe aussi, de façon moins fréquente, une localisation génitale, nasale et aussi articulaire. Les glandes touchées par ce blocage des sécrétions sont parfois très volumineuses et douloureuses. Ces manifestations sont très invalidantes. Danse le syndrome sec oculaire (xérophtalmie), le patient se plaint d’une sensation de corps étranger et de sable intra-oculaire, puis de photophobie, de brûlures ophtalmiques. Parfois il décrit une baisse de l’acuité visuelle avec une sensation de voile devant les yeux. Dans le syndrome sec buccal (xérostomie), le patient a une sensation de bouche sèche, pâteuse, gênant parfois la déglutition des aliments solides secs et l’élocution. Elle oblige le patient à la prise répétée de gorgées de liquide lors des repas, et même parfois la nuit. Cette xérostomie est parfois douloureuse, responsable de brûlures buccales et de glossodynie.

Comme de nombreuses autres pathologies, le syndrome de Gougerot-Sjögren est une maladie chronique que la médecine ne peut pas guérir. Les traitements classiques se contentent de traiter la sécheresse (larmes artificielles, etc.), faute de pouvoir remettre les glandes en fonctionnement normal. Certains malades se retrouvent sous traitement de cortisone ou immunosuppresseurs, avec toutes les complications que cela peut provoquer ! Grâce à la compréhension des lois de la Psycho-Généalogie, plusieurs personnes ont pu obtenir des guérisons définitives. Il y a donc des situations vécues par ces malades avec des ressentis importants, des deuils inachevés dans leur histoire personnelle et généalogique.

Approche psycho-bio-généalogique

La question importante à se poser est toujours la même. Pourquoi les glandes se bloquent-elles afin de ne plus sécréter ? Pourquoi est-ce positif en termes biologiques de survie ? En quoi cela solutionne-t-il un conflit psycho-émotionnel et quel message de mon inconscient est contenu dans cette pathologie ? Les larmes et le clignement des paupières (automatique toutes les 5 secondes environ) servent à humidifier, à nettoyer et à lubrifier la cornée afin de toujours y voir du mieux possible.Dans une situation psycho-émotionnelle intense, le fait de bloquer le larmoiement sert à ne pas montrer son chagrin, à ne pas pleurer.

La femme qui ne pouvait pas craquer

Cette femme, maman d’une fille de 14-15 ans, a développé le syndrome sec oculaire suite à la maladie de sa fille. Celle-ci, atteinte de leucémie aigue en phase terminale, ne conaît pas la vérité sur son état. Tout le monde continue à faire semblant que l’évolution est favorable alors que c’est tout le contraire. Il ne faut donc pas qu’elle sache ou se doute pour ne pas la paniquer. Vous imaginez une maman au chevet de sa fille et qui ne doit pas montrer sa peine, son désespoir alors qu’elle sait que sa fille va mourir ! Elle doit retenir ses larmes pendant toute la visite pour ne pas se trahir. Essayer d’être positive, voire gaie dans une telle situation est au-dessus des forces d’une mère, et d’un père aussi d’ailleurs. Mais beaucoup d’hommes ont appris très jeunes qu’un garçon ça ne pleure pas ! (Ils se cachent pour le faire). Au début, cette femme éclatait en sanglots dès qu’elle sortait de la chambre de sa fille. Puis, peu à peu, au fil des jours, plus l’échéance approchait, elle a bloqué ses glandes lacrymales afin d’être sûre de ne pas craquer devant elle. Ce n’est que dans l’acceptation de toutes les explications et du deuil de sa fille que cette femme a pu retrouver une fonction lacrymale normale. Et surtout en décidant de ne plus faire semblant à l’avenir, de ne plus tricher avec la réalité, aussi dure soit-elle !

La fille qui ne voulait pas pleurer sa mère

Cette autre femme, âgée d’une soixantaine d’années, avait vécu une situation bien difficile avec sa mère au moment d’un héritage. Elles étaient restées fâchées et cela depuis 20 ans. Face à son sentiment d’injustice, elle ne voulait plus voir et parler à sa mère. Elle avait le syndrome sec oculaire et un peu buccal, ainsi que des manifestations arthritiques aux genoux. La pathologie évoluait depuis 5 ans et s’aggravait. La mère étant âgée et malade, la fille vivait un conflit car elle comprenait que cette situation n’avait rien d’humain. Elle ne pouvait lui pardonner, et pourtant les sentiments filiaux s’exprimaient dans ce conflit. Malgré de nombreuses explications psycho-biologiques, je ne parvenais pas à lui faire lâcher la rancœur et la colère et une phrase sortit de sa bouche, pourtant sèche : « de toute façon, elle peut bien mourir, je n’irais pas à son enterrement pleurer sur sa tombe » ! Tout était dit. Ne pas aller prier, se mettre à genoux et pleurer sur la tombe de sa maman. Comment faire ? Elle se préparait donc dans son corps à solutionner par anticipation ce qu’elle refuserait de faire le moment voulu. Il me fallut encore insister pour l’amener à de meilleurs sentiments et je réussis à la faire craquer, et elle se mit à sangloter devant moi comme une petite fille qui retrouvait sa maman. Elle était guérie.

La cancéreuse abusée

Il y a encore cette femme de 75 ans venue pour un cancer de la tête du pancréas au stade terminal. Le conflit déclenchant était la relecture inconsciente d’une situation ignoble remontant à son enfance. Dès l’âge de 4 ou 5 ans, son père avait pour habitude de la prendre sur ses genoux en rentrant du travail et d’abuser sexuellement d’elle . En grandissant, les choses ont évolué vers plus d’abus sans qu’elle puisse réagir jusqu’à l’âge de 19 ans. Avec tout ce que vous pouvez imaginer comme scènes.Outre son pancréas, elle avait développé depuis des années un syndrome de Gougerot touchant la cavité buccale et le vagin. Aucune atteinte oculaire. La sécheresse buccale lui servait à ne pas pouvoir avaler par manque de salive et la sécheresse du vagin à refuser la pénétration.
Nous voyons, ici encore, que tout cela est passé par son inconscient car cette femme a essayé d’avoir une vie normale, notamment avec son mari. Mais la sexualité réveillait les angoisses.
Elle a guéri non seulement de son syndrome sec, mais aussi de son cancer du pancréas au grand étonnement de ses médecins. Elle a pu sortir du jugement extrêmement négatif qu’elle avait gardé de son père. La thérapie consiste à accepter de ne pas juger les comportements animaux, de les comprendre et de faire la paix avec soi-même. Il est évident que la société doit tout faire pour éviter que ces situations continuent à exister mais le constat est un échec. Depuis des siècles, l’Homme se conduit, par peur, comme un animal. Cette femme devait-elle mourir parce qu’elle avait eu un père de la sorte ? Et après ? Ne peut-il y avoir une vie normale après de tels actes ?

Dr Jean-Claude Fajeau

Dr-Jean-Claude-FajeauDiplômé de la faculté de médecine de Paris, Jean-Claude Fajeau est docteur en médecine, psychothérapeute, ostéothérapeute et conférencier. Il a étudié et approfondi la plupart des thérapies énergétiques, a exercé en homéopathie, acupuncture et médecine manuelle pendant 20 ans en France avant de se consacrer à la recherche en Psycho-Généalogie. Il est l’auteur des livres « Guérir, un acte d’amour », « La maladie, un deuil inachevé », « Le malade face à la maladie » et « La diététique biologique » (Editions Philae) et anime avec son épouse Corinne des ateliers et des conférences en Suisse. 
Site : www.centrephilae.com