La maladie

Le péritoine est une membrane séreuse tapissant les parois de l’abdomen (péritoine pariétal) et la surface des viscères digestifs qu’il contient (péritoine viscéral), il recouvre complètement le tube digestif et les organes adjacents, il délimite une cavité dans laquelle se déplacent les anses intestinales. Les pathologies les plus fréquentes sont d’une part la péritonite ou inflammation, le plus souvent d’origine infectieuse et presque toujours consécutive à une atteinte d’un organe viscéral, soit par contagion soit par perforation, qui peut avoir pour conséquence une occlusion intestinale, et d’autre part la tumeur cancéreuse du péritoine.

L‘étymologie

Le mot péritoine vient du grec « peritonaion » = ce qui est tendu autour. L’étymologie nous renvoie à un climat de tension autour de la personne. Quelles sont les personnes tendues autour de vous ? Vous auriez tant voulu qu’il(elle) se détende un peu et cela n’a jamais été le cas. Quand on vit dans un climat de tension permanent, on est toujours sur ses gardes, la main sur le bouclier pour se protéger de toute attaque. Et il vaut mieux se protéger avec un gros ventre, une solution fréquente chez les messieurs après la quarantaine ! Ceux qui ne peuvent pas passer outre, des attaques des autres, deviennent des outres.

L’écoute du verbe

Péritoine = père / rit / toi / ne = ton père ne rit pas avec toi. Ou je ne veux pas que mon père rie de moi. Mon père n’a jamais ri avec moi et je ressens cela à la fois comme un manque et comme une chose indigeste. Un père qui rit avec son enfant, c’est un père qui valorise et qui rassure. C’est le drame de l’absence de protection du père. Il faut le remplacer par un bouclier. Ou alors c’est un père qui rit de son enfant : je ne veux pas que mon père rie de moi, car cela veut dire que je suis mort, en effet la moquerie « tue » les enfants, ils se blessent l’un l’autre à coups de moqueries, alors si mon père s’y met aussi, je ne suis pas sorti de l’auberge.

Le sens biologique

Le sens du péritoine est de protéger la cavité abdominale contre les attaques mortelles qui pourraient porter atteinte à l’intégrité du contenu. Un exemple de conflit déclenchant est le diagnostic d’une maladie grave, la menace d’un mal qui attaque le ventre ou le ronge en dedans. « Vous avez un cancer du foie. » « Vous avez des métastases dans tout l’abdomen. » C’est pourquoi on retrouve souvent le cancer du péritoine comme cancer secondaire à un autre cancer d’un organe digestif. Un autre exemple de conflit pouvant déclencher ou programmer la maladie est le coup dans le ventre, l’agression contre le ventre, réelle (un coup de couteau) ou symbolique (une insulte, un mot méchant, un « coup bas »,…) et toujours avec beaucoup de peur. On retiendra aussi les mémoires d’avortement et d’éventration. La maladie du péritoine est la solution biologique parfaite pour faire une coque de protection, un blindage. En fonction de la manière et de l’endroit où l’attaque aura été ressentie, il y aura développement d’une masse péritonéale ou d’un épaississement de l’ensemble du péritoine.

La guérison

Après la solution du conflit, le péritoine entre dans la phase de réparation, au cours de laquelle la tumeur est détruite ou réduite par infection ou enkystement. Il y a présence d’ascite (liquide) dans le ventre à ce moment, ce qui permet aux viscères de nager dans l’eau, pour éviter que, pendant le processus de réparation, les intestins fassent des adhérences ou une occlusion en formant des brides. Attention à la ponction d’ascite qui pourrait être ressentie par la patient comme une nouvelle attaque contre l’abdomen et entraîner une récidive. De plus, en faisant la ponction, on ôte de l’albumine, ce qui fatigue beaucoup, car le corps doit ensuite en reconstituer. On essaiera donc de faire le moins possible de ponctions et de les précéder d’une bonne préparation psychologique. On vérifiera aussi s’il n’y a pas un conflit d’écroulement actif qui, en bloquant les liquides dans le corps, pourrait empêcher l’évacuation naturelle de l’ascite.

Le bouclier contre les attaques du père

Freddy n’était pas capable de s’en sortir seul, sans son papa, sans la protection de son père, son père qui a plusieurs fois été le sauveur de la ferme familiale, mais aussi celui qui a fait du mal à la mère, à tel point que le sens de la vie de Freddy est de contrecarrer les effets négatifs du père, d’être le bouclier contre son père ! Il va s’en sortir en fondant sa propre famille, jusqu’au jour où la maladie, cette saloperie indigeste, l’attaque au ventre de ses coups bas et l’éloigne de son propre devoir de père : il va manquer beaucoup à ses enfants et il aimerait tant rire à nouveau avec eux. Mais en lui résonnent encore les mots terribles de son père : péris toi, je ne te veux pas. Un triste et sérieux programme de mort.

Bernard Tihon