portrait de Yves Rasir Connaissez-vous Xavier Bazin ?  Je parie que oui. Ce jeune Français installé en Suisse diffuse des infolettres attendues par des millions de lecteurs et  il édite des journaux de santé naturelle qui comptent des centaines de milliers d’abonnés, comme « Santé-Corps-Esprit » ou « Médecines extraordinaires ». Ce succès ne doit rien à la chance mais à un mélange de talent, de travail et d’expertise dans la communication numérique. Je lis toutes ses newsletters gratuites et suis abonné à certaines de ses publications.  Je l’ai rencontré à plusieurs reprises, il m’a donné plusieurs coups de pouce et j’ai pu apprécier son engagement sincère en faveur des thérapies alternatives et d’une médecine plus écologique,  holistique et libérée des lobbies pharmaceutiques. Entre lui et moi, il y a cependant quelques petites différences et un grand différend : il ne partage pas ma  ferme conviction que la grande majorité des maladies proviennent d’un stress psycho-émotionnel.  Malgré mes tentatives de l’y intéresser,  il ne s’est jamais penché sur les travaux du Dr Hamer et sur ses lois biologiques. C’est pourquoi il reste persuadé que les maladies infectieuses sont causées par des « méchants » microbes qu’il convient d’affronter. J’ai beau me moquer ironiquement de  sa « religion pasteurienne » et d’en souligner les failles, il demeure obstinément accroché à ses croyances biophobiques, voire antibiotiques.  C’est dommage mais ça ne retranche pas grand-chose à l’estime que je lui porte. Moi aussi, il m’a fallu longtemps avant de comprendre que la « théorie du germe » chère à Louis Pasteur  n’est qu’un miroir aux alouettes ne valant pas tripette. 
 
En revanche, je déplore amèrement que Xavier Bazin se laisse parfois aller à désinformer  ses lecteurs, soit par omission soit par tromperie intentionnelle. Par exemple, Il met régulièrement en garde son lectorat contre la maladie de Lyme et la principale bactérie qui lui est associée, la Borrélia. À lire ses messages alarmistes, il faudrait redouter comme la peste cette sournoise ennemie transmise par les tiques. Je lui ai pourtant signalé ce que je vous révélais dans une de mes dernières lettres sur le sujet, à savoir que le spirochète prétendument à l’origine des borrélioses a été  VU au microscope dans TOUS les échantillons de sang prélevés sur des patients, diagnostiqués ou NON. Cela s’est passé dans le laboratoire du « Lyme Doctor »Christian Perronne, lequel ne s’attendait pas du tout à ça et s’est bien gardé de divulguer les résultats de l’expérience. Normal, car si tout un chacun est porteur sain  de la bactérie, celle-ci ne peut raisonnablement  plus être accusée d’être l’agent causal de la maladie. Et c’est tout le château de cartes pasteurien qui s’en trouve menacé d’effondrement. J’aurais aimé que mon ami Xavier relaie au moins l’info et qu’il s’interroge sur sa dissimulation, mais il a préféré lui aussi  se mettre la tête dans le sable et faire semblant de ne rien savoir. Je parie qu’au printemps prochain, il va encore sonner le tocsin et nous bassiner lucrativement avec sa psychose des tiques et sa hantise des borrélies. La semaine dernière, l’éditeur franco-suisse a fait encore plus fort en envoyant une lettre intitulée « Avez-vous une mite dans l’estomac ? ». Photo percutante à l’appui, il y compare la bactérie Helicobacter pylori à un lépidoptère qui rongerait l’estomac comme un vulgaire vêtement en laine.  Non seulement ce texte adhère complaisamment au dogme classique selon lequel l’ulcère gastrique est d’origine infectieuse, mais il travestit la vérité historique pour mieux s’y conformer. 

 Voici le passage problématique de cet article :« Ce n’est qu’en 1982 qu’un médecin Australien, le Dr Barry J. Marshal, persuadé qu’elle est la cause des ulcères gastriques (qui ne sont donc pas liés au stress !) décide de se rendre malade pour prouver sa bonne foi ! Il laisse la bactérie se développer dans un tube à essai dans son laboratoire… puis l’avale lui-même directement. Il tombe gravement malade… et tord le cou aux préjugés de toute la communauté scientifique. » Ainsi donc, l’héroïque Dr Marshall aurait risqué sa vie pour démontrer qu’Helicobacter pylori  provoquait bien des ulcères de l’estomac. C’est également la légende qui est répandue partout sur internet et sur sa page Wikipédia  en langue française, où l’on précise ridiculement que le toubib intrépide aurait développé la maladie en quelques jours : « L'hypothèse H. pylorifut moquée par la communauté médicale, qui ne croyait pas que des bactéries puissent survivre dans un environnement aussi acide que l'estomac. Dans le but d'inciter la communauté à croire à leur hypothèse, Marshall a avalé le contenu d'une éprouvette de culture et a développé en moins d'une semaine un ulcère gastrique, qu'il a ensuite guéri avec des antibiotiques. » Diantre, on se dit que ce brave Barry en avait dans le ventre et qu’il a bien mérité le Prix Nobel de physiologie et de médecine reçu en 2005 pour ses découvertes.  Le hic, c’est que la même encyclopédie en ligne  se contredit en présentant une autre version des événements sur la page dévolue à la bactérie : « Après que des études complémentaires eurent été réalisées, dont celle durant laquelle Marshall ingurgita un tube à essai de H. pylori, contracta une gastrite (il n'eut pas la patience d'attendre le développement d'un ulcère) et se soigna avec des antibiotiques (satisfaisant de ce fait trois des quatre postulats de Robert Koch), la communauté médicale commença à changer d'avis ». Voilà qui est déjà plus fidèle aux faits, mieux détaillés encore dans la page en anglais sur Barry Marshall : After failed attempts to infect piglets in 1984, Marshall, after having a baseline endoscopy done, drank a broth containing cultured H. pylori, expecting to develop, perhaps years later, an ulcer.  He was surprised when, only three days later, he developed vague nausea and halitosis (due to the achlorhydria, there was no acid to kill bacteria in the stomach, and their waste products manifested as bad breath), noticed only by his mother. On days 5–8, he developed achlorydric (no acid) vomiting. On day eight, he had a repeat endoscopy, which showed massive inflammation (gastritis), and a biopsy from which H. pylori was cultured, showing it had colonised his stomach. On the fourteenth day after ingestion, a third endoscopy was done, and Marshall began to take antibiotics. Marshall did not develop antibodies to H. pylori, suggesting that innate immunity can sometimes eradicate acute H. pylori infection. Marshall's illness and recovery, based on a culture of organisms extracted from a patient, fulfilled Koch's postulates for H. pylori and gastritis, but not for peptic ulcer. This experiment was published in 1985 in the Medical Journal of Australia and is among the most cited articles from the journal.  »  En langue de Voltaire et sur un site plus fiable, vous pouvez lire ici un autre récit encore davantage respectueux de la vérité historique.
 
 Ce qui s’est effectivement passé  au début des années 80, c’est que le Dr Marshall et son collègue ont établi une corrélation entre la présence d’H. pyloriet la phase symptomatique des ulcères gastroduodénaux. Ce qui est également attesté, c’est que le gastro-entérologue australien a osé ingérer une fiole contenant la bactérie pour étayer son hypothèse d’un lien causal. Mais il est totalement faux qu’il l’aurait démontré !  D’abord parce que cette expérience « médicalement encadrée « n’était pas une vraie étude scientifique rigoureusement contrôlée. Par exemple, on ignore ce que contenait véritablement l’éprouvette, laquelle était peut-être polluée par  des adjuvants ou autres  produits chimiques. Ensuite parce que cette expérience n’a duré que 15 jours et ne pouvait donc prouver aucune  causalité entre infection et ulcère, pathologie beaucoup plus lente à se développer. Barry Marshall a seulement  manifesté de l’halitose (nom savant de la mauvaise haleine) et a été pris de nausées et de vomissements imputés à une gastrite, autrement dit un banal mal de ventre accompagné d’indigestion. Certes, cette inflammation bénigne n’est sans doute pas étrangère à l’auto-infection volontaire,  les symptômes ayant disparu avec la cure d’antibiotiques. Mais il est bien normal qu’un organe réagisse à l’arrivée soudaine et massive de microorganismes préalablement mis en culture. Il est logique que l’estomac se détraque et qu’on se sente patraque en absorbant une mixture microbienne n’ayant rien à faire là, à ce moment-là. D’autant que l’effet nocebo, à ne pas négliger,  fut certainement de la partie.  Le reste n’est que spéculation et extrapolation. 
 
Les récits les plus complets mentionnent d’ailleurs que les postulats de Koch, c’est-à-dire les critères permettant d’établir une supposée relation de cause à effet entre un microbe et une maladie, n’ont pas été remplis pour l’ulcère gastrique avec Helicobacter pylori. Dans le document de Biologie et Histoire,  on apprend de surcroît que l’expérience a été reproduite une fois et qu’elle a  lamentablement échoué : la personne auto-infectée a souffert de l’estomac pendant 3 ans mais n’a pas non plus contracté d’ulcère ! Bref, cette expérimentation à visée pasteurienne n’a nullement confirmé le dogme pasteurien  et n’a rien prouvé du tout, si ce n’est la capacité des bactéries à coloniser et irriter les tissus qu’on les oblige à envahir. Avec le recul, on se demande bien pourquoi un tel fiasco a valu le Nobel  aux chercheurs australiens. Ce qui est assez dingue, quand on y pense,  c’est que cette supercherie a fait sombrer la science médicale dans l’irrationalité.  Avant 1985, tous les médecins savaient, pour l’avoir maintes fois constaté cliniquement,  que l’ulcère gastroduodénal est le lot des gens excessivement stressés et/ou tracassés par des conflits existentiels. C’était enseigné dans les universités. Nos parents et grands-parents savaient cela. Toutes les générations qui les ont précédés savaient cela. Mais depuis qu’on a désigné un microbe émissaire, ce  savoir empirique est stupidement jugé obsolète. Au lieu de progresser, la psychosomatique a fait un énorme pas en arrière ! Il est absolument navrant qu’un éditeur aussi lu que Xavier Bazin contribue à cette régression des connaissances et qu’il le fasse en vous mentant éhontément. Non, Marshall n’est pas tombé « gravement malade » en avalant son petit cocktail hélicoïdal. Non, H.pylori ne corrode pas spontanément l’estomac  à la manière d’une mite dévorant un lainage. Non, l’être humain n’est pas un vulgaire sac de cellules soumis aux attaques de bactéries hostiles et condamné à riposter médicalement jusqu’à sa défaite finale. La vie ne fonctionne pas comme ça, la maladie ne se déclare pas comme ça, la guérison authentique ne s’atteint pas comme ça. Puisse cette bonne nouvelle biologique éclairer les consciences en cette période de Noël, anniversaire de naissance d’un homme (?) exceptionnel disant de lui-même qu’il incarnait la Vie…