Article N°10

Dans Néosanté, on vous parlera aussi régulièrement de biologie et d’éthologie animales. Pourquoi ?
Parce que beaucoup de solutions de survie adoptées par nos amies les bêtes seraient taxées de pathologiques chez l’être humain. L’observation des animaux et de leurs comportements peut donc aider à la compréhension et au décodage des maux humains. A tout seigneur tout honneur, voici un portrait du manchot empereur,
véritable champion de l’adaptation biologique.

Depuis le film La Marche de l’empereur, tout le monde connaît ce « pingouin » et son mode de vie extraordinaire. C’est l’occasion d’étudier dans le détail, l’éthologie de cet animal dans la perspective d’établir des liens avec les comportements de survie des humains, et plus particulièrement les solutions biologiques de survie que l’on nomme maladies. Nous nous sommes inspirés principalement de l’exposé qui paraît dans l’encyclopédie universelle Wikipédia et qui est fort semblable à d’autres articles scientifiques sur le même sujet.

Description générale

Le manchot empereur, oiseau de l’Antarctique, est le plus grand et le plus lourd de tous les manchots. Un adulte mesure jusqu’à 122 cm. Son poids peut aller jusqu’à 40 kg. Le dos et la tête sont noirs, le ventre blanc et le haut de la poitrine jaune clair. Deux marques de couleur jaune vif sont très visibles au niveau des oreilles. Comme les autres manchots, il est incapable de voler, ses ailes raides et aplaties étant adaptées à la vie marine. Son nom de genre, aptenodytes, est d’ailleurs inspiré d’un mot grec qui signifie « plongeur sans aile ». Son alimentation se compose essentiellement de poissons, crustacés et calmars. Son espérance de vie est de 20 ans, bien que certains individus peuvent atteindre l’âge de 50 ans. Les manchots empereurs sont des animaux sociables, vivant en colonies. Ils chassent ensemble. Ils sont actifs de jour comme de nuit. L’apparition de cette espèce daterait d’environ 40 millions d’années avant notre ère. Cela fait donc déjà pas mal de temps que ses solutions de survie tiennent la route. Ce sera sans doute plus difficile à l’avenir à cause du réchauffement climatique (qui réduit la taille de la banquise) et de la sur-pêche industrielle (qui réduit sa nourriture).

Adaptations biologiques à la pression et au froid

Lorsqu’il part à la recherche de nourriture, il peut rester sous l’eau durant 18 minutes sans respirer et plonger à une profondeur de 535 mètres. Il est alors soumis à une pression 40 fois plus importante que celle de la surface. L’espèce s’est adaptée pour cette plongée longue et profonde de la façon suivante :
– son corps est élancé afin de limiter les forces de frottement lorsqu’il nage, ses ailes lui servent de nageoires et ses pattes sont palmées ;
– l’hémoglobine de son sang (globules rouges) possède une structure particulière capable de fonctionner avec un faible taux d’oxygène pour pouvoir tenir le coup longtemps sans respirer et en restant conscient ;
– ses os sont fort solides pour lui permettre de résister à la pression aquatique ;
– sa fréquence cardiaque baisse à 5 battements par minute et son métabolisme est capable de mettre en veille certaines fonctions non essentielles. Lorsqu’il capture un poisson dans son bec, sa langue munie de poils orientés lui permet d’éviter que les proies ne s’échappent. Les adaptations au froid sont bien sûr fondamentales pour lui qui vit et se reproduit dans un environnement plus froid que n’importe quelle autre espèce d’oiseau. La température de l’air peut atteindre – 40° C, avec un vent soufflant jusqu’à 200 km/h, et celle de l’eau de mer peut aller jusqu’à – 1,8° C. Le manchot empereur doit donc être adapté pour limiter les pertes de chaleur :
– entre 80 et 90 % de son isolation est assurée par son plumage, fait de plumes raides et courtes, qui couvre l’ensemble du corps, d’une densité la plus forte qui soit chez tous les oiseaux ;
– la mue annuelle de son plumage est très rapide ; les nouvelles plumes sortent de la peau en ayant déjà un tiers de leur longueur finale et avant que les anciennes ne soient tombées ;
– une couche isolante supplémentaire est formée par des filaments duveteux présents entre la peau et les plumes ;
– des muscles permettent au manchot de tenir ses plumes dressées quand il est sur terre, de manière à réduire les pertes de chaleur en emprisonnant une couche d’air entre la peau et les plumes (inversement, dans l’eau le plumage est plaqué contre la peau pour mieux profiler la silhouette pour la nage) ;
– l’isolation est aussi assurée par une couche de graisse qui couvre tout son corps et qui peut atteindre jusqu’à 3 cm d’épaisseur ;
– les mouvements qu’il réalise sans cesse pour nager, marcher et frissonner lui permettent de se réchauffer ;
– sous l’action d’une hormone, le glucagon, il peut augmenter la catalyse des lipides issus de ses réserves de graisse par des enzymes ;
– afin de faire face au vent froid, les manchots de la colonie se regroupent en amas compact, chacun s’appuyant sur un de ses voisins pour limiter le contact avec l’air ; les manchots situés à l’extérieur s’introduisent progressivement dans la masse, réalisant une grande tournante qui fera que chacun se retrouvera successivement à l’extérieur puis à l’intérieur du groupe, afin que ce ne soient pas toujours les mêmes qui soient exposés au froid. (photo ci-contre)

Cycle de reproduction et de nourriture des oisillons

Le plus extraordinaire se trouve ici et c’est ce qui a principalement inspiré les scénaristes du film précité. Les manchots empereurs présentent la particularité de se reproduire dans une des régions les plus inhospitalières du monde : l’Antarctique pendant l’hiver ! Qu’est-ce qui les pousse à faire ça ? Sans doute d’une part la nécessité d’être sur un terrain stable et pas sur la banquise, d’autre part la perspective d’éloigner les prédateurs pendant cette période au cours de laquelle ils sont particulièrement vulnérables. Au moins là, on leur foutra la paix. Il n’y auront plus qu’un seul ennemi : le froid. Le cycle de reproduction commence au début de l’hiver austral, quand tous les adultes se dirigent vers les aires de nidification des colonies. Il leur faut marcher sur 50 à 120 km (!) de la périphérie de la banquise vers l’intérieur des terres. Les manchots commencent leur parade amoureuse alors que la température n’est parfois que de – 40° C. Les couples se forment pour toute la saison de reproduction, mais cette fidélité ne se poursuit généralement pas l’année suivante, car il est plus important de se reproduire que d’attendre de retrouver son partenaire de l’année précédente. La femelle commence à fabriquer un œuf qui est un des plus petits, par rapport à son propre poids, de toutes les espèces d’oiseaux. Etant donné que la terre est recouverte de glace, le manchot empereur ne nidifie pas, mais il porte l’œuf sur ses pattes et le recouvre d’un épais repli de peau. Au moment de la ponte, la femelle réceptionne l’œuf sur ses pattes et va le présenter au mâle. Le transfert de l’œuf est dangereux et de nombreux couples le font tomber durant cette opération, ce qui est une cause de mortalité importante, car l’œuf ne peut résister au gel immédiat. La femelle qui a épuisé ses réserves pondérales – un manchot peut perdre jusqu’à 45 % de son poids – se dirige vers l’océan où elle va se nourrir pendant deux mois. Le mâle reste dans la colonie où il va couver l’œuf sous son repli de peau, le balançant sur la pointe de ses pattes, durant 64 jours jusqu’à l’éclosion. Lorsque l’œuf éclot, le mâle a jeûné pendant 115 jours depuis son arrivée dans la colonie. Si le jeune naît avant le retour de sa mère, le père le nourrit par régurgitation avec une sécrétion composée de protéines et de lipides, produite par une glande de son œsophage. La femelle revient dans les dix jours qui suivent la naissance et elle retrouve son partenaire grâce à son cri. Elle va s’occuper du petit, le nourrissant en régurgitant la nourriture qu’elle a stockée dans son estomac. Le mâle part alors à son tour vers l’océan pour s’alimenter et y passe 24 jours avant de revenir. Les parents entament alors un roulement, s’occupant tour à tour de leur oisillon tandis que l’autre part chercher de la nourriture en mer. Le printemps austral venu, les jeunes sont suffisamment âgés pour être capables de réguler leur température et ils sont laissés dans des crèches qui regroupent les poussins de plusieurs couples pendant que les parents vont tous les deux au boulot. A l’été austral, ils ont grandi et mué et ils sont prêts à prendre le large sans leurs parents. Et l’année suivante, tout le cycle recommence. Comme l’a dit un jour un explorateur de l’Antarctique, « je ne crois pas qu’un animal sur terre ait une vie plus difficile que le manchot empereur ».

Interprétations par rapport aux humains et leurs « mal a dit »

Les plus expérimentés parmi mes lecteurs auront déjà trouvé quelques interprétations intéressantes rien qu’à la lecture du récit qui précède, en trouvant des pistes conflictuelles pour des maladies, dysfonctionnements, caractéristiques ou habitudes de vie propres aux humains. J’invite chacun à faire cet exercice très utile et qui peut aboutir à des conclusions différentes d’une personne à l’autre en fonction des diverses sensibilités. Voici les miennes :
– corps élancé : solution pour mieux glisser dans l’eau, pour aller plus vite pour attraper le morceau ;
– maladies des globules rouges du sang et de l’hémoglobine, anémie, thalassémie, leucémie,… : solutions pour ne pas mourir étouffé(e), pour tenir le coup longtemps sans respirer et sans perdre conscience ;
– os lourds et denses, acromégalie : solutions pour mieux résister à la pression ;
– hypotension, nécrose des corticosurrénales et baisse du rythme cardiaque : solutions pour mettre le corps en veille ;
– poils sur le corps : solution pour se protéger du froid ; pour ne pas que le morceau s’échappe quand on l’attrape ; pour ne pas glisser des bras de ma mère quand elle m’emporte pour échapper au danger ;
– maladies de la peau qui rendent celle-ci moins fine, plus épaisse : solutions pour lutter contre le froid ;
– chair de poule : solution pour éviter les pertes de chaleur car il y a du froid en perspective, c’est l’effroi ;
– graisse, cellulite, surpoids, obésité : solutions pour se protéger contre le froid ;
– tremblements, hyperactivité, maladie de Parkinson, tétanie : solutions pour lutter contre le froid ;
– diabète sucré : solution pour lutter contre le froid ;
– colonies, équipes, groupes, classes, écoles, entreprises, armées, religions, sectes, partis, syndicats, copropriétés, crèches, comités de quartier, ordres professionnels,… : solutions pour se sentir moins seul face au froid ;
– vertiges : solution pour mieux faire face à l’intrusion du froid ;
– vivre à la campagne avec ses enfants loin de ses parents : solution pour élever sa famille sur un terrain stable et dans la paix ; pour être loin des prédateurs (mémoire de père violent et/ou violeur ou de conflits entre parents et grands-parents) ; pour ne plus avoir qu’un seul ennemi, le gel de l’hiver sur les routes ;
– enfants nés en hiver ou juste avant : idem point précédent ;
– histoires d’amour en hiver : signe de paranoïa, de peur d’être vu, jugé et « tué » par les autres ;
– fidélité, monogamie : n’ont de sens que lorsqu’elles sont utiles à la reproduction et à l’éducation des enfants, sinon les normes ce sont l’infidélité et la polygamie qui sont bien plus utiles dans une logique de survie de l’espèce ;
– petit fœtus, petite taille et petit poids à la naissance : solutions pour pouvoir être plus facilement couvé(e) par maman et papa ;
– maladresse = la mort dans certains cas : cultivez votre adresse, exercez-vous toute votre vie, chaque jour ;
– gros ventre avec épais replis de peau : solution pour mieux couver son enfant ;
– surpoids, obésité : solution pour faire des réserves dans la perspective d’un long manque de nourriture ;
– un homme qui danse d’un pied sur l’autre : je suis seul avec mon gosse et j’attends ma femme qui est partie travailler, alors que ce devrait être l’inverse ;
– oesophagite, cancer de l’œsophage : je suis seul et je dois nourrir mon « enfant » avec mon vomi, ma merde, des trucs qui puent au nez, alors que la « mère » est partie (conflit réel ou symbolique) ;
– laryngite, cancer du larynx, polype aux cordes vocales, muguet : solutions pour retrouver mon enfant, mon homme, ma femme, car la survie dépend de ces retrouvailles, et les retrouvailles dépendent de ma voix ;
– cancer du sein chez les hommes : je suis tout seul et je dois nourrir mon enfant nouveau né, dans des conditions très difficiles, par un grand froid, pendant que la mère est partie travailler ;
– reflux gastro-oesophagien, béance du cardia, hernie hiatale : solutions pour nourrir mon petit enfant avec des morceaux pré-mâchés ;
– couples divorcés avec garde alternée des enfants : solution de survie pour les enfants, permettant à chacun des parents d’être libre une semaine sur deux et de mieux s’occuper des enfants l’autre semaine ; deux parents ensemble tout le temps, c’est l’enfer pour les enfants, c’est la mort ;
– la maturité = la capacité de réguler sa propre température : quand on en est capable, on est mature ; les humains feraient bien d’appliquer cette formule, il y aurait moins de grands « dadais » immatures scotchés bien tard chez leurs parents ;
– l’été : invitation à l’indépendance, à la liberté.
Merci les manchots empereurs pour toutes ces belles solutions de survie.

Par Bernard Tihon

Exerçant la profession de juriste Bernard Tihon s’est intéressé au sens des maladies pour des raisons de santé personnelle. Formé à la biologie totale et au décodage des maux, il a collaboré plusieurs années au mensuel belge BIOINFO avant d’intégrer l’équipe de NéOSANTé. Il est l’auteur de l’ouvrage « Le sens des maux », publié aux Editions Néosanté.

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