Pour la médecine classique, la cause d’une allergie s’appelle… l’allergène. Même si elle admet le rôle de cofacteurs (pollution, alimentation, médicaments…), la science médicale désigne en effet comme facteur causal ce qui déclenche la réaction exacerbée du système immunitaire : les pollens, les acariens, les poils d’animaux, le latex, les cacahuètes, les crevettes, bref toutes sortes de matières ou d’aliments naturels. Et de fait, la désensibilisation aux molécules « fautives » est la seule thérapie conventionnelle qui donne des résultats durables. Mais alors, comment expliquer, comme s’amusait à le raconter le Dr Claude Sabbah, qu’un allergique aux roses exprime ses symptômes à la vue de fleurs en plastique ? Ou, comme le racontait David Servan-Schreiber, qu’un allergique à une plante urticante se couvre de boutons sur le bras où l’on verse de l’eau en lui faisant croire qu’elle contient le végétal ? Simple: c’est dans le cerveau que tout se joue ! Et tout allergène n’est jamais qu’une circonstance extérieure réveillant une souffrance intérieure, d’ordre psycho-émotionnelle. Pour le Dr Salomon Sellam, qui leur a consacré un livre(1), la compréhension des allergies permet de comprendre la genèse psychosomatique des autres maladies. Et d’en saisir la chronicité en prenant conscience des « rails » qui nous ramènent aux souvenirs conflictuels.

Qui comprend la dynamique conflictuelle intime du phénomène allergique comprend également la dynamique générale des maladies. Avec tout son cortège de signes cliniques, la crise allergique nous permet de focaliser toute notre attention consciente sur les conséquences d’une banale intrusion d’un allergène dans notre organisme, afin de nous empêcher de revivre les effets émotionnels néfastes attachés à une situation ou un événement précis du passé, toujours ressenti comme étant très déstabilisant au moment de sa survenue et que l’allergène, qui occupait une simple place de témoin, vient remémorer. En décodage, nous parlons du « conflit du souvenir de la première fois. » Comment est-on arrivé à formuler une telle phrase ? Avec l’aide d’autres formateurs et en écrivant le livre sur ce sujet (1), je me suis aperçu de l’existence d’une similitude flagrante entre trois versions apparemment différentes de l’allergie: la version officielle, la version freudienne et la version biologique.

La version officielle de l’allergie

Elle décrit deux phases distinctes et espacées dans le temps.
1. La première phase silencieuse dite « de sensibilisation » ou « d’identification de l’agresseur » : l’allergène, considéré comme un antigène, pénètre ou entre en contact avec l’organisme — peau, yeux, muqueuse nasale ou digestive, par exemple. Le système immunitaire de défense, considérant l’allergène comme un corps étranger, analyse biochimiquement ce dernier et produit silencieusement des anticorps spécifiques afin de le neutraliser en cas de nouvelle intrusion.

2. La seconde phase dite « d’hypersensibilisation allergique » ou « phase bruyante de neutralisation de l’agresseur » : lors de cette nouvelle intrusion dans l’organisme, les anticorps deviennent réactifs et déclenchent une réponse immunitaire démesurée dite « réaction allergique » avec la participation de certains globules blancs, la sécrétion d’immunoglobulines et d’histamine, entre autres. La manifestation clinique dépend principalement du type d’allergène et de son mode d’entrée. Exemples: un allergène alimentaire pénètre par la bouche et peut provoquer des douleurs digestives plus ou moins fortes en fonction du degré d’intolérance. Le pollen des arbres pénètre par les yeux, les narines ou la peau et peut être à l’origine d’une conjonctivite, d’une rhinite, d’un asthme ou d’un eczéma. Dans quelques cas, la brutalité de l’installation et de la gravité des symptômes traduit un choc anaphylactique, un œdème de Quincke ou une détresse respiratoire.
La thérapeutique classique propose trois grands axes :
1. L’éviction de l’allergène.
2. Le traitement de la crise allergique, par les antihistaminiques, par exemple.

3.  Le traitement de fond essentiellement centré sur la désensibilisation.
Les résultats cliniques sont variables, de très bons à nuls et, de notre côté, nous ne voyons que les cas rebelles… d’où la nécessité de notre discipline, la psychosomatique clinique.

La version freudienne de l’allergie

Elle date de plus d’un siècle et peut être résumée ainsi : tout d’abord, l’allergie est avant tout une protection psychique, déplacée certes, mais qui protège l’individu en adaptant son organisme à la réalité de la vie quotidienne. Une question fondamentale en résulte : pourquoi se protège-t-il ainsi ? Le symptôme allergique est le signal de la résurgence d’un vécu émotionnel du passé, source de déstabilisation, devenu inconscient par un processus de refoulement et déplacé par projection sur un élément périphérique, auparavant neutre et anodin : l’allergène. En d’autres termes, pour tout phénomène allergique, il existe un premier épisode déstabilisant et source de souffrance où l’allergène occupe la position anodine de témoin concomitant. Initialement protecteur, cet épisode est plus ou moins refoulé dans l’inconscient, mais l’énergie emmagasinée se déplace et se projette sur le suspect numéro un, l’allergène. Ce stratagème psychique nous permet ainsi de focaliser toute notre attention sur ce dernier et d’oublier l’épisode déstabilisant. Cette thèse a été grandement améliorée depuis, grâce à l’apport de la version biologique de l’allergie.

La version biologique de l’allergie

Curieusement, elle décrit également deux phases distinctes et très voisines de celles de la version officielle. Il suffit simplement de changer un seul terme, agresseur en agression.
1. La première phase silencieuse d’identification de l’agression : la programmation de l’allergie. Dans une très grande majorité de cas — 90% selon mon expérience —, il existe un épisode initial vécu et ressenti comme étant émotionnellement très déstabilisant car le seuil psychique de tolérance est nettement dépassé — appelé DHS, biochoc, psy-choc ou « scud mental » selon les théoriciens —, bien précis dans le temps, plus ou moins refoulé et parfaitement enregistré par nos instances biologiques : c’est l’agression elle-même associée à la présence concomitante d’un allergène, souvent anodin pour la plupart des gens.
Ces enregistrements concernent tous les paramètres sensitifs appelés « rails » — les cinq sens habituels : les bandes auditive, olfactive, digestive, visuelle et tactile — et la pensée — la bande pensante qui matérialise la sensation de danger. Ainsi, une allergie alimentaire sera nettement dominée par un rail digestif gustatif, comme un aliment qui se trouvait à proximité lors de l’agression. De même, une allergie sinusale sera nettement dominée par un rail olfactif, comme le pollen ou un parfum. Dans 9% des cas, la programmation concerne davantage le Projet/Sens Gestationnel ou le Transgénérationnel. Il reste 1% pour la recherche…
2. La seconde phase bruyante d’avertissement du désagréable souvenir de l’épisode initial de déstabilisation : le déclenchement de la crise allergique. Ici, le principal signe clinique est représenté par l’œdème, dont la signification biologique est la suivante : par définition, l’œdème est une accumulation anormale de liquide séreux dans les espaces intercellulaires du tissu conjonctif, provoquée, dans l’allergie, par une augmentation de la perméabilité capillaire, elle-même favorisée par la sécrétion d’histamine. En fonction de sa localisation, nous verrons apparaître ici et là une rhinite allergique à l’origine d’une diminution de l’odorat en noyant les récepteurs olfactifs, une urticaire avec des démangeaisons cutanées, etc. Dans d’autres cas, le pronostic vital peut être mis en jeu comme dans l’œdème de Quincke où le liquide interstitiel envahit brusquement la région de la gorge pouvant entraîner des signes de détresse respiratoire ou comme dans le choc anaphylactique, où les réactions cardiovasculaires prédominent lors d’un collapsus. Quelle est la signification psychosomatique de l’œdème ? Pour la Psychosomatique Clinique, nous avons deux sens précis à notre disposition : mise à distance et écroulement de l’existence en rapport avec la fonction rénale d’excrétion en général, et la thématique des canaux collecteurs du rein en particulier.

La mise à distance

Dans la majeure partie des cas, le sens biologique de l’œdème est résumé par : « Je ne veux pas ou je ne peux pas être en contact avec … sous peine de ressentir à nouveau une grande souffrance ».
Prenons plusieurs exemples :
– Dans la rhinite allergique, le principal signe est la disparition de l’olfaction et les éternuements. Pour nous, cette pathologie voudrait indirectement dire : «je ne veux plus ou je ne peux pas sentir quelque chose » pour l’olfaction et « je veux expulser quelque chose de mon territoire» pour l’éternuement. Quand il y a des éternuements, nous nous orienterons vers une problématique où je désire rejeter un intrus de mon espace vital de sécurité ou de liberté.
– Dans la conjonctivite allergique, l’écoulement oculaire et les démangeaisons nous empêchent de voir correctement. Donc, leur signification pourrait être : « je ne veux plus ou je ne peux pas revoir quelque chose de déstabilisant ». L’expression « perdu de vue » prend également tout son sens.
– Dans la dermatose allergique, l’œdème épaissit la peau et noie les récepteurs cutanés signifiant biologiquement : « je ne veux plus ou je ne peux pas être en contact avec quelque chose ou quelqu’un ».
– Pour l’œdème du Quincke, les principaux signes alarmants se situent au niveau de la gorge. Nous rechercherons une problématique de secret familial, de non-dit, de mémoires d’étouffement, de pendaison, d’étranglement comme le cordon ombilical autour du cou lors de la naissance de la personne concernée ou d’un ascendant, entre autres.
– Concernant le choc anaphylactique, nous pourrions penser que nous sommes devant une problématique des plus dramatiques qu’il nous est proposé d’élucider pour une prévention après un passage obligé en réanimation. Pour ces deux dernières pathologies, il existe également d’autres significations plus spécifiques en corrélation avec l’histoire de la personne concernée et que seule une exploration minutieuse peut mettre en évidence.

Le métabolisme de l’eau et la fonction rénale

Voici les mots clés de cette problématique dont la conséquence biologique peut aboutir au fait de garder l’eau à l’intérieur de l’organisme et être la source d’œdèmes : sensations d’avoir tout perdu, d’écroulement de l’existence, de perte des repères, de peur d’être confronté au néant. Ainsi, à chaque activité conflictuelle où nous retrouvons ces sensations, le système rénal empêche l’évacuation normale de l’eau.

Au total, dans la majeure partie des cas, nous serons à la recherche d’un épisode marquant et très déstabilisant, la source événementielle conflictuelle. Quelquefois, cette dernière est encore présente dans notre mémoire « vive », celle qui est rapidement accessible à la conscience. D’autres fois, elle est plus ou moins refoulée dans la mémoire « morte » et, enfin, il peut être encore davantage et plus profondément refoulée dans l’inconscient de la personne elle-même, appartenir à son histoire gestationnelle (Projet Sens Gestationnel) ou occuper une place particulière dans l’histoire familiale sur plusieurs générations (Transgénérationnel). Ce dernier point explique assez aisément les difficultés à la mettre en évidence mais, heureusement, il existe des techniques thérapeutiques pour l’effleurer et la faire remonter à la surface de la conscience. C’est la prise de conscience, tant recherchée au premier abord, et qui fonctionne très bien pour l’allergie en général.

Quels événements de vie sont concernés ?

Ne cherchez pas trop loin ! Dans la majorité des cas, il s’agit d’un drame personnel et en voici la description que je propose régulièrement pour mettre la personne sur la piste : il s’agit d’un épisode marquant de la vie quotidienne, déstabilisant émotionnellement avec un avant et un après. Avant, vous étiez « normal », et après un grand changement interne est apparu. Vous l’avez vécu dans un certain état d’isolement, sans pouvoir en parler au début, et ressassé pendant un certain temps. Vous avez pu l’aborder ensuite avec votre entourage et, plus ou moins rapidement, il s’est quelque peu progressivement effacé de votre conscience.
En fonction de l’allergie, nous pouvons également préciser certains points.
-Allergie alimentaire : lors d’un repas.
-Intolérance au gluten : le pensionnat, les séparations de la famille, les réunions familiales, le pain, la baguette, le bâtard…
-Allergie à la poussière, aux acariens : dans une chambre, une grange ou tout autre endroit poussiéreux.
-Allergie au pollen, aux graminées : à l’extérieur ou en rapport avec les amours, la sexualité, les relations charnelles.
-Allergie à l’eau : noyade, piscine, mer, etc.
-Allergie au soleil : dehors en plein soleil, le père ou la fonction paternelle.

Immédiatement après cet épisode ou beaucoup plus loin dans le temps, la première crise d’allergie est survenue dans un contexte particulier à détailler en fonction de sa nature.

Quelques cas cliniques

Je vous propose de passer aux exemples cliniques. J’ai choisi de vous présenter quelques cas cliniques où plusieurs rails seront illustrés. Ils ont tous abouti à une guérison ou à une amélioration notable.
– Allergie aux fraises (rail digestif)
S’agissant de nombreux aliments pouvant devenir allergisants, je commence toujours par la magnifique histoire de Monsieur La Fraise. Cet homme d’affaires prospère manquait de s’étouffer s’il mangeait le moindre milligramme de fraise. L’origine de son allergie remontait à un repas au restaurant durant lequel sa femme, qu’il adorait, lui avait annoncé qu’ elle le quittait. Cette rupture brutale, se rappelait-il , s’était abattue sur lui « comme la foudre sur un arbre isolé en plaine » . Or, ils en étaient à ce moment-là au dessert, et le mari abandonné s’apprêtait à mettre une fraise en bouche. La thérapie a été simple : dans un premier temps, il a fait la relation entre ce choc émotionnel déstabilisant et ce rail de la fraise. Dans un second temps, il a effectué le travail de deuil de cette relation amoureuse. Quelques semaines plus tard, il m’annonçait qu’il était guéri.
– Intolérance au poisson (rail digestif transgénérationnel)
Un jeune homme ne pouvait pas manger du poisson sans ressentir des douleurs violentes se terminant en diarrhées. De plus, ce jeune Basque Espagnol ne supportait pas le contact avec l’eau de la mer. En fait, il s’agissait d’une mémoire de noyade. Dans son arbre généalogique, il est relié à un enfant mort au cours d’une baignade en Méditerranée. Il en est donc le Gisant et se prénomme Ur, qui veut dire «eau» en basque ! Equation psychosomatique : poisson + eau de mer = rappel de la mémoire de noyade. Le sens biologique de cette allergie est donc de l’empêcher de se noyer.
– Intolérance aux produits laitiers (rail digestif du Projet-Sens Gestationnel)
Depuis plus de 40 ans, cette femme se plaint d’une forte intolérance à tous les produits laitiers. Les douleurs sont violentes et immédiates. L’exploration de son histoire personnelle a aboutit au bout de cinq mois à mettre en évidence un drame survenu lorsqu’elle était dans le ventre de sa mère. Cette dernière a perdu sa propre mère dont le symbole archétypal est représenté par le lait. Equation psychosomatique : produits laitiers = rappel du drame de ma mère, endeuillée par le décès de sa propre mère à 5 mois de grossesse.
– Allergie au parfum Mitsouko (rail olfactif)
Lors d’une soirée, un homme déclenche subitement une crise d’asthme. Après enquête, il s’avère qu’il a embrassé une jeune femme qui portait un parfum particulier, celui de sa femme décédée 10 ans auparavant. Equation psychosomatique : Mitsouko = ma femme décédée. Donc la thérapeutique sera davantage un accompagnement de deuil qu’une simple prise de cortisone en urgence.
– Allergie à la poussière (rail olfactif)
Un homme de 40 ans se plaint d’une rhinite allergique à la poussière de la maison familiale aveyronnaise, qui a commencé à l’âge de 8 ans. Un épisode complètement refoulé depuis 32 ans a été progressivement mis en évidence : un viol par son oncle. Son équation psychosomatique était donc : poussière de la maison familiale = viol.

– allergie aux pollens et graminées (rail olfactif)
Cet homme de cinquante ans environ ne sait plus que faire, car il a tout essayé depuis plusieurs années, en vain. Dès le début janvier, une rhinite s’installe progressivement et évolue rapidement en sinusite très douloureuse jusqu’en juillet. Comme il a déjà vu plusieurs «décodeurs», je me suis immédiatement dirigé vers la signification symbolique du pollen et des graminées : l’amour, la sexualité, la reproduction et par extension, les relations affectives, amoureuses et charnelles. Cette première piste nous a dirigés vers son divorce… qui dure depuis une dizaine d’année. Une grosse réaction neurovégétative inaugure cette première investigation. Nous sommes donc sur une bonne piste. « Je n’arrive pas à divorcer de ma femme, même si nous ne vivons plus ensemble. Je ne sais pas pourquoi. » De mon côté, j’étudie son arbre généalogique et je constate le fait suivant : il est né un 15 avril et sa femme un 19 avril. Ils sont donc jumeaux symboliques.
-Question : lors de votre rencontre, avez-vous senti une sorte de coup de foudre, si oui, avec ou sans électricité ?
-Réponse : oui, avec électricité.
-Interprétation : il se pourrait que vous aviez un jumeau dans le ventre de votre mère et que celui-ci soit parti assez rapidement. Qu’en pensez-vous ?
-Réaction : seconde décharge émotionnelle instinctive et immédiate avec soupirs, tremblements et sueur.
 Nous étions en décembre 2010 et dès la fin janvier 2011, les signes habituels d’allergie avaient totalement disparu. Une année plus tard, pas la moindre crise !

Je pense que tous ces cas cliniques renforcent la compréhension générale du phénomène allergique. Depuis le début de ma carrière, il m’a semblé très important d’illustrer toute la théorie de base par ce type d’exemples, pour permettre au patient de diriger son attention et sa mémoire afin qu’il puisse lui-même trouver et rencontrer ses propres épisodes ou événements conflictuels encore actifs aujourd’hui et transformés en symptômes. Avant de conclure, je vous propose de passer aux extensions de l’allergie vers les phobies, les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC) et la maladie.

Extension de l’allergie à la phobie

Dans l’allergie, le signe principal est représenté par l’œdème à l’origine des symptômes. Dans la phobie, pas d’œdème mais une réaction plus émotionnelle d’évitement, plus comportementale qu’organique. Dans la phobie, il existe un sentiment de peur profonde, d’aversion démesurée pour un élément, un animal, une chose ou tout autre objet… de projection. En fait, ce dernier est exactement considéré comme un allergène, dont le rail principal serait plus volontiers la vue et la pensée. Dès que la personne le voit, le sent ou y pense, une réaction d’évitement disproportionnée se produit instinctivement, je dirais pulsionnellement. C’est plus fort qu’elle, elle ne peut se raisonner et cette réaction peut la conduire vers une véritable crise car il faut à tout prix éviter de rencontrer l’objet sur lequel se fixe la phobie.
L’analyse d’un tel cas passe par plusieurs étapes : la mise en évidence de l’objet phobique réel comme le chat ou l’araignée, par exemple. Dans un deuxième temps, étudier cet objet en le mettant dans le contexte historique de la personne. Ensuite, prendre la ou les significations symboliques de l’objet comme les filets dans lesquels nous sommes emprisonnés pour les araignées, la perte de l’indépendance pour le chat. Bien souvent, il est nécessaire de prévoir une autre technique thérapeutique comme la relaxation ou l’hypnose afin d’aller chercher la véritable source de la phobie et la traiter.

Extension de l’allergie aux TOC

Ici également, point d’œdème mais plutôt un geste, un rituel. Nous sommes plus dans les troubles du comportement comme se laver les mains 50 fois pas jour, nettoyer sans cesse, essuyer un radiateur ou le rebord des fenêtres, par exemple. Il s’agit également d’une projection très précise qui relie une source conflictuelle au TOC. Un classique pour les nettoyeurs ou les laveurs : chercher une souillure personnelle ou familiale (inceste, viol, attouchements, adultère, quelque chose de sale, argent, comportement, par exemple), pour la personne elle-même ou une mémoire familiale.

Extension de l’allergie à la maladie

Dans l’allergie, nous avons pu individualiser une sorte de complexe conflictuel formé à partir de deux éléments principaux : le contexte ou la situation conflictuelle d’un côté, et le ou les rails de l’autre. Dans la maladie, le rail est représenté par un ou plusieurs ressentis très précis, principalement élaboré(s) par la pensée. Comme la revue Néosanté développe ce sujet au fil de sa publication, il n’est pas nécessaire de nous appesantir. Passons donc, si vous le voulez bien, à la conclusion.

L’arbre et la fleur

Il ne faut pas confondre prise de connaissance intellectuelle ou mentale et prise de conscience libératrice. Dans de nombreux cas d’allergie, ces deux événements apparaissent cependant en même temps et le nombre de guérisons peut atteindre des sommets. Par contre, ce n’est pas toujours le cas. Pourquoi ? Le thème de la fleur et de l’arbre revêt une importance capitale en Psychosomatique Clinique, pour une raison bien simple : elle détermine souvent la durée de la thérapie, oriente directement le ou les premiers champs d’investigation (aussi bien pour le praticien que pour le patient) et facilite l’exploration de n’importe quel cas clinique.
Une fleur est très facile à déraciner, en quelques secondes. Par contre, un arbre nécessite beaucoup plus de temps et d’efforts. Toutes ces années d’expérience m’ont permis ainsi de classer certaines pathologies ou certaines demandes dans l’une des deux catégories : pathologie-fleur ou pathologie-arbre.
A titre d’exemple, une allergie est généralement considérée comme une pathologie-fleur car sa guérison est assez rapide dans les cas simples et dans la majeure partie des cas à traiter.. Par contre dans certains cas plus rares, cette allergie est d’origine plurifactorielle et nécessite une étude plus approfondie. Comment faire le diagnostic d’une pathologie-fleur ou d’une pathologie-arbre ? Pour les pathologies-fleur, peu de consultations suffisent et c’est ici que nous trouvons la fameuse prise de connaissance étroitement couplée à une prise de conscience immédiate. Elles existent – et heureusement d’ailleurs-, mais elles possèdent un effet pervers. Le Décodage Biologique des débuts privilégiait son existence et la plupart des thérapeutes pensaient que c’était l’unique moyen d’arriver à la guérison.
Pour ma part, dès le début de ma carrière en psychosomatique, j’ai été confronté, sans le savoir précisément, à un grand nombre de pathologies-arbre, beaucoup plus difficiles à décrypter. J’ai bien été obligé de le constater : ce n’était pas aussi simple que la théorie ne voulait le montrer et les guérisons n’étaient pas toujours au rendez-vous. Ainsi, dans les allergies du Projet-Sens Gestationnel ou du Transgénérationnel, plusieurs consultations sont nécessaires car, dans un premier temps, « on » n’y pense pas d’emblée. En fait, un point pratique devra nous aider à y penser : l’absence de résultat clinique des premières intentions.
Comme tous les praticiens dans cette nouvelle discipline, je suis en mesure d’affirmer que le phénomène allergique demeure à la portée de la biologie. Dans la plupart des cas, les résultats cliniques sont au rendez-vous, à ma grande satisfaction. Pour les cas rebelles, il s’agit certainement de pathologies-arbres et l’exploration de toute l’histoire de la personne — individuelle et familiale — est nécessaire. Enfin, il existe de rares échecs. Mais ceux-ci ont le mérite de nous réserver de belles recherches futures…

(1) Vous trouverez de nombreux cas cliniques détaillés par Salomon Sellam dans son livre « Les allergies, c’est plus simple qu’on ne le pense », édité aux éditions Bérangel et disponible dans notre médiathèque (voir page 34)

L’instant du choc et la programmation de l’allergie

Que se passe t-il à l’instant du Psy-choc, lors de la programmation de l’allergie ? Lorsque le seuil psychique et émotionnel de tolérance est dépassé, notre cerveau enregistre toute une série de paramètres qui lui permettront de se rappeler de cet instant précis, jugé très déstabilisant. Et ce, dans un seul but : éviter de revivre et de ressentir cette situation.
Ainsi, les 5 sens sont mis à contribution : ce que nous avons vu avec nos yeux, senti avec le nez, touché avec la peau, entendu avec l’oreille, goûté avec la bouche.
De plus, le cerveau enregistre, entre autres, le lieu, la température extérieure, les personnes présentes, les objets, les éléments comme le soleil, la pluie ou l’humidité, et également certaines substances comme les pollens, les graminées, les acariens, les médicaments pris ou à prendre, etc. Il enregistre bien sûr aussi nos pensées du moment.
Au total, nous gardons en mémoire une situation ou un épisode de la vie associés à une sensation de danger, couplés à ces nombreux paramètres dont l’un des principaux est représenté par un rail en particulier, l’allergène.

L’équation allergique

Voici un schéma de base que j’utilise depuis peu pour toutes les allergies… et toutes les maladies. Je le nomme « équation psychosomatique de l’allergie ». Il pourra être adapté à toutes les situations cliniques en fonction de la demande du patient. D’un côté, la situation, et de l’autre les ressentis, les rails et l’allergène. Entre les deux, un processus de fusion que la thérapeutique sera chargée de mettre en évidence en décollant l’épisode initial ou la mémoire de l’émotionnel déstabilisant associé.

Les hypersensibilités domestiques

Depuis quelques années, nous recevons des personnes présentant une hypersensibilité en lien avec un certain nombre de produits polluants l’air intérieur des habitations, notamment les COV ou Composés Organiques Volatils. Ils sont émis par les matériaux de construction : bois traités, panneaux de particules ou bois agglomérés et contreplaqués dont les résines et colles contiennent du formaldéhyde, moquettes, peintures, isolants, solvants et colles, tissus d’ameublement, etc.
J’ai pu inventorier deux cas de figure, même si mon expérience est faible. Le premier et le plus simple met en évidence un mal-être lié à un déménagement ou à une séparation. Dans les deux cas, l’allergène est représenté par la nouvelle maison d’habitation qui nous rappelle le déménagement ou la séparation difficile. Ainsi, on accuse les COV pour ne pas supporter la nouvelle situation. Le second fait apparaître des êtres de nature déjà hypersensibles, souvent préoccupés de manière constante par les grands sujets comme la pollution de la terre, les agissements politiques égoïstes, la dérive de l’espèce humaine, etc. Leur mal-être indicible est ainsi caché par une allergie à la chimie, à l’artificiel qui représente une société à la dérive. De ce fait, ils préfèrent vivre isolés de toute pollution, à l’écart de la population.

Docteur en médecine depuis 1983, Salomon Sellam est psychosomaticien, conférencier, formateur en Psychosomatique Clinique et auteur de 24 ouvrages. Parmi ses best-sellers: « Origines et prévention des maladies » (Ed. Quintessence), « Le syndrome du gisant, » « Boulimie-Anorexie », « Le sens caché des désordres amoureux » et l’encyclopédie Bérangel « Lorsque l’esprit influence le corps. » (Ed. Bérangel).
Info : www.salomon-sellam.org