Le surpoids et l’obésité sont des sujets que nous avons déjà abordés dans Néosanté. Et sur lesquels nous reviendrons encore à l’avenir. D’abord parce que la surcharge pondérale est un problème préoccupant qui touche un nombre croissant d’hommes et de femmes. Ensuite parce que l’embonpoint est un dysfonctionnement corporel dont les causes psycho-émotionnelles n’ont certainement pas fini d’être décodées ! En effet, pour le cerveau archaïque, il y a de nombreuses bonnes raisons de déclencher un stockage de graisses. Si son sens biologique est pluriel, la prise de poids possède donc plusieurs explications possibles. La prise de conscience du conflit originel, clef de l’amincissement durable, exige par conséquent un travail d’exploration de toutes les pistes potentielles. Avec la « bio-logique » qui le caractérise, Laurent Daillie a fait le travail de les rassembler et de les passer en revue. Ce qui ressort de son dossier, c’est que les fameux « conflit d’abandon » et « conflit de silhouette » ne sont certes pas les seuls éléments à prendre en considération. Mais qu’en revanche, la plupart des autres chocs « kilogènes » pourraient se résumer à un « conflit d’insécurité » multiforme. Pour l’auteur de « La Logique du Symptôme », il importe avant tout, pour espérer mincir, de bien réaliser que notre inconscient veut notre bien en nous faisant grossir. On peut alors lâcher le programme des kilogrammes superflus.
(YR)

Histoire d’imiter la presse spécialisée, c’est le bon moment de l’année pour parler des kilos superflus. Bien sûr, il n’est pas question de vous proposer le dernier régime à la mode (surtout pas !) mais plutôt de faire le point sur les causes possibles de surpoids, causes au pluriel puisque ce thème est un parfait exemple pour démontrer qu’un manifesté peut avoir une multitude d’origines différentes. À noter que le sujet a déjà été abordé par Jean-Brice Thivent dans les n°13 et 18 de la présente revue, en espérant qu’il ne m’en voudra pas de revenir sur certains points qu’il a parfaitement exposés.

Questions préalables

Comme mes collègues, je suis régulièrement sollicité pour ‘décoder’ des surcharges pondérales et mon expérience m’incite à me poser quelques questions préliminaires avant de rechercher dans l’histoire ou la pré-histoire d’une personne l’origine de ses rondeurs :
La dictature du 36 : la première chose à définir est la réalité d’un surpoids ou si la personne est seulement prisonnière de cette folie. Je me souviens d’une femme ayant pris rendez-vous à ce sujet et je m’attendais donc à un embonpoint significatif. Mais j’ai rencontré une femme magnifique en grande souffrance pour seulement quatre kilos. D’autres personnes encore veulent perdre des kilos qui ne peuvent ni ne doivent l’être puisque correspondant à leur schéma corporel : on ne peut pas avoir un squelette de déménageuse et entrer dans du 36. Dans ces deux cas, il faudra plutôt ‘travailler’ sur le conflit de silhouette, le regard de l’autre, la peur du rejet, etc.
Le pondérable : il faut ensuite définir si la personne a sur le dos des kilos qu’elle a effectivement mis dans son assiette ou dans son verre, en termes de quantité et/ou de qualité. Si c’est le cas, si on mange trop, si on boit trop d’alcool ou de soda ou si on est boulimique, alors il faudra ‘décoder’ la compulsion sous-jacente ; en sachant que toutes les compulsions ont pour utilité ‘bio-logique’ de faire baisser le niveau de stress : reste à comprendre sa nature et sa cause (voir mon article à ce sujet dans le précédent numéro de cette revue) Mais bien souvent, ce n’est pas le cas : on porte des kilos que l’on ne s’est même pas mis dans le gosier ; c’est désespérant ! Certaines personnes peuvent manger un cassoulet à midi et une choucroute garnie le soir (le tout bien arrosé évidemment) sans jamais prendre un gramme tandis que d’autres mangent peu, sain et bio et, malgré tout, continuent à grossir, ou en tout cas à ne pas maigrir. Quelle injustice !
L’historique : c’est un point essentiel ; la personne a-t-elle toujours été ronde depuis sa naissance ou bien s’est-elle mise à grossir à partir d’un moment bien précis. Dans le premier cas, il faudra chercher dans l’histoire familiale, dans le vécu de la mère durant la grossesse, etc.
Dans le deuxième, il faudra d’abord trouver l’événement déclencheur. Il est parfois limpidissime : une petite fille grossit de dix kilos dans le mois qui suit son entrée en primaire ; une adolescente commence à grossir au passage de la puberté ; une autre prend rapidement vingt-cinq kilos du fait des agissements incestueux de son père ; une femme en prend vingt dans l’année qui suit son mariage ; une autre quinze à l’occasion d’une grossesse – en toute normalité – mais ne les perd pas après l’accouchement ; une autre trente du fait de l’infidélité de son mari ; une autre vingt-cinq après le décès de son compagnon ; ou encore quarante dans les mois qui suivent un licenciement. En sachant que toutes ces personnes n’ont d’aucune manière modifié leur régime alimentaire à ce moment-là. Mais il peut aussi ne pas y avoir d’événement déclencheur clairement défini. Ce peut être un contexte de vie insécurisant ; un climat familial tendu ; une vie professionnelle stressante ; une situation économique compliquée ; une souffrance affective chronique ; une ambiance conjugale difficile ; etc.
La chronologie : il faut absolument s’y intéresser car des variations dans la courbe de poids peuvent être très révélatrices : la personne a-t-elle grossi à certains moments de sa vie et maigri à d’autres ? Par exemple des personnes grossissent quand elles sont célibataires et maigrissent dès lors qu’elles vivent en couple tandis que pour d’autres, c’est très exactement l’inverse.
La vérité conflictuelle : connaître l’événement déclencheur est certes très utile mais aussi insuffisant ; encore faut-il comprendre la logique du symptôme mis en œuvre par la biologie. Savoir par exemple que quarante kilos apparaissent suite à un licenciement est certes très révélateur : mais reste à savoir pourquoi. C’est ce qu’il faut définir car il y a tellement de vérités différentes, parfois plusieurs simultanément et/ou en cascade.
L’indécodable et le hors-propos : il convient finalement de ne pas essayer de décoder ce qui ne peut pas l’être. Ainsi, par exemple, il y a des lignées familiales qui, à l’évidence, sont génétiquement codées pour l’embonpoint. Je connais une famille où c’est particulièrement flagrant : de la fille au père et du père à la grand-mère, on observe très exactement le même schéma corporel baraqué, le même visage anguleux, les mêmes mains comme des battoirs et la même obésité.
Il ne faut pas non plus ignorer le terrain : certains naissent ‘sanguino-pléthoriques’ et d’autres ‘neuro-arthritiques’. Je crains qu’il soit illusoire (voire dangereux) d’aller contre sa nature. Cela dit, il peut néanmoins être utile de se poser quelques questions quant à l’origine transgénérationnelle de notre terrain et de notre génétique. Également, il faut savoir distinguer les kilos lipidiques et ceux induits par un problème de rétention d’eau. Ce n’est pas le même mécanisme physiologique ni la même origine conflictuelle : je n’en parlerai donc pas dans cet article. Il faut enfin considérer à part les kilos induits par les effets secondaires de certains traitements médicaux, hormonaux plus particulièrement.

À l’origine du kilo est le sucre

Mais peut-être avant d’énumérer toutes les pistes possibles, faut-il d’abord se poser une question pertinente : sur le strict plan physiologique, qu’y a-t-il à l’origine d’un kilo superflu ? Tout simplement du sucre ! En effet, en résumé, à l’origine du kilo lipidique est le sucre. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Le diabète, ou du moins l’hyperglycémie. Car précisément, la structure psychique sous-jacente à l’hyperglycémie et au surpoids sont très similaires. Ce n’est pas étonnant puisque le problème est le même : résister, faire face à l’adversité, tenir le coup, se protéger, etc. Reste à savoir pourquoi certain(e)s stockent l’excédent de sucre et d’autres ne le font pas : je ne parviens pas à le définir. Quant à savoir s’il est préférable d’avoir quelques kilos en trop ou du caramel mou dans les artères, je vous laisse choisir.

Faire face à l’adversité

C’est à mon avis la cause la plus fréquente de l’embonpoint. On en parle aussi en termes de ‘conflit de résistance’, lequel peut donc être à l’origine d’un surpoids. Comme dans le cas de l’hyperglycémie, la biologie organise une augmentation du taux de sucre circulant dans le sang afin que la personne dispose d’assez de force musculaire pour se défendre. Ensuite, dans le cas de la surcharge pondérale, l’excédent de sucre est stocké pour constituer une réserve d’énergie. D’expérience, qu’il soit question d’hyperglycémie ou de surcharge pondérale, il semble que l’idée de ‘faire face à l’adversité’ soit beaucoup plus parlante pour de nombreuses personnes qui ne se sentent pas particulièrement ‘résistantes’. Pour d’autres encore, c’est la notion de ‘devoir tenir le coup’ qui a le plus de sens.
Bien sûr, l’adversité à laquelle on doit faire face (ou le manque dont je parlerai après) peut être réelle, symbolique, virtuelle ou imaginaire ; actuelle, rétrospective ou anticipatoire ; spécifique ou conceptuelle ; conjoncturelle ou structurelle ; expérientielle ou transgénérationnelle ; etc.
En tout cas, les quelques personnes que j’ai reçues en consultation et qui ont effectivement perdu du poids ont percuté sur cette notion. Par exemple, une femme a perdu une vingtaine de kilos en quelques semaines après avoir compris que, depuis toujours, elle devait ‘être prête à faire face à l’inéluctable’ du fait d’un environnement familial d’origine particulièrement douloureux.

La Protection

Avoir quelques kilos en plus est effectivement un bon moyen pour se protéger de nombreuses agressions, la toute première, la plus animale étant la Protection contre le froid. Car la graisse est un excellent isolant thermique indispensable pour résister aux frimas de l’hiver. Souvenons-nous aussi que nos lointains ancêtres ont traversé quelques longues périodes glacières. Quant à savoir si on peut être confronté dans notre monde moderne si bien chauffé à une difficulté dans cette tonalité d’une manière ou d’une autre, je n’ai aucun doute.
Par exemple : des personnes ont beaucoup souffert du froid pendant la Deuxième Guerre mondiale à cause de la pénurie de charbon. Cela n’a certainement pas manqué de s’inscrire profondément chez certaines au point que leur biologie a fait en sorte de les aider par un bel enrobage bien isolant, un tel ‘programme’ pouvant bien sûr se transmettre d’une génération à l’autre.
Par exemple : il est un instant de la vie particulièrement violent : la naissance. Car nous sortons brutalement d’un environnement très protégé pour être confrontés aux dures réalités de la vie terrestre. Entre autres, nous passons en quelques secondes de 37,2 à 22° pour les maternités les mieux chauffées : imaginez le choc thermique ! Cela peut-il être à l’origine de certaines surcharges pondérales ? Je n’en doute pas non plus, même si c’est impossible à objectiver.
Une autre utilité de l’embonpoint est la Protection contre la violence. Car un bon enrobage peut être fort utile pour se protéger des coups, ou en tout cas pour protéger ses organes vitaux. Une personne confrontée à la violence ou l’ayant été pourra-t-elle grossir pour cette raison ? On peut l’envisager. À moins qu’elle prenne du poids pour avoir assez de force et se défendre ? C’est bien là tout le problème : définir très exactement la logique du symptôme pour chaque cas particulier.
Enfin les rondeurs peuvent être utiles en Protection contre le regard de l’autre, surtout s’il est masculin, concupiscent et qu’on est une femme. Je reviendrai sur ce point un peu plus tard.

Le manque

Manquer de nourriture étant de la plus extrême gravité, il n’est pas étonnant que la biologie ait tendance à faire des réserves lorsqu’elle estime, à tort ou à raison, qu’il y a pénurie. C’est en tout cas ce qu’elle fait pour beaucoup d’animaux qui se gavent pendant la belle saison afin de se constituer des réserves pour l’hiver ou pour leur migration. Ce conflit de manque est certes la cause de quelques symptômes hépatiques, mais il est surtout à l’origine de beaucoup de surpoids. Bien sûr, les vécus qui peuvent induire ce ressenti sont très nombreux, qu’ils soient réels ou symboliques, expérientiels ou transgénérationnels, etc.
Par exemple : cette personne ayant pris quarante kilos en quelques mois après son licenciement est très probablement dans ce cas de figure, du moins en partie. Et si elle a grossi sans pour autant manger plus, c’est tout simplement parce que la biologie considère qu’il faut faire des réserves tant qu’il y a de la nourriture. En réalité cette femme éprouve une grande peur de manquer d’argent pour payer ses factures mais son cerveau archaïque le comprend comme l’annonce d’une disette.
Par exemple : si des personnes ont eu froid pendant l’Occupation, d’autres ont eu faim à cause de la pénurie alimentaire, le problème pouvant évidemment se transmettre d’une génération à l’autre. S’il est rare que l’on rencontre des gens qui ont eu réellement faim dans leur vie, c’est un peu plus fréquent lorsqu’on remonte dans le temps. Je me souviens d’une personne d’origine espagnole m’ayant raconté que les frères et sœurs de son grand-père paternel sont tous morts de faim au début du 20e siècle. Et il faut se souvenir qu’en France des gens sont morts d’inanition au milieu du 19e. Tout cela peut laisser des traces au niveau transgénérationnel.

La séduction

Si la nécessité – vitale pour l’individu et pour l’espèce – de séduire peut parfois être à l’origine d’un programme d’anorexie (voir mon article dans le n°12 de cette revue), elle peut surtout induire exactement le contraire. Car Dame Nature est toujours prête à nous embellir de quelques kilos tous-ronds-tous-beaux pour nous rendre séduisant(e). En effet, dans le cas où nous ne nous sentons pas belle ou beau (et donc incapable de séduire) et/ou rejeté(e) (et donc dans la nécessité de séduire), notre cerveau archaïque peut estimer utile de nous organiser un bel enrobage. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il considère qu’un tel ressenti ne sous-entend qu’une seule chose : nous sommes trop maigre ! C’est le célèbre et très pervers conflit de silhouette. Dans la nature, les maigres n’ont guère de chance d’attirer l’attention – et donc de se reproduire et transmettre leurs gènes – puisque cela signifie qu’ils sont mal nourris et donc inadaptés. Par conséquence, ils ne sont pas intéressants sur le plan génétique. De plus, c’est au féminin la promesse d’une maternité difficile (voire impossible) et au masculin un signe de faiblesse et de rang hiérarchique inférieur. Du fait de ce quiproquo entre la pensée humaine et les priorités biologiques, je vous laisse imaginer combien de milliards de kilos superflus peut générer notre société prisonnière de la dictature du 36 (ou du 40 pour les garçons). Il faut être belle et beau, avoir le ventre plat, la fesse et le sein fermes, le teint éclatant, et bien sûr être coiffé(e) et habillé(e) à la dernière mode sous peine d’être ringardisé(e), ou du moins d’avoir peur de l’être.
Quant aux personnes déjà enveloppées quelle qu’en soit la raison, elles restent le plus souvent bloquées dans leur souffrance, les yeux rivés sur le miroir et l’aiguille de la balance. De ce fait, elles ne peuvent déjà pas maigrir et risquent même de prendre quelques kilos supplémentaires : c’est un épouvantable cercle vicieux. Évidemment, au-delà de l’esthétisme corporel, on trouve bien d’autres raisons de ne pas se sentir séduisant(e). Il suffit de ne pas s’aimer ou de ne pas se sentir aimé(e) ; de se sentir rejeté(e) ou d’avoir peur de l’être ; de se croire incompris(e) ou non reconnu(e) ; de douter de son intelligence ; de ne pas avoir de diplôme ; de n’être ‘que’ caissière dans un supermarché ou ouvrier en usine ; etc.

Ne pas déplaire à Maman

Cela dit, bien avant d’être confronté à la nécessité de mettre un beau garçon ou une jolie fille dans son lit, la toute première personne qu’il faut absolument séduire est bien sûr notre mère, laquelle est viscéralement préoccupée par notre état de santé. Et sur quoi se base-t-elle pour l’évaluer ? Tout simplement sur notre bon appétit et la courbe de poids sur notre carnet de santé : il faut avoir la joue ronde et la cuisse dodue pour que Maman soit heureuse. Et même si nous sommes grassouillet(te)s, cela aura plutôt tendance à la combler de bonheur. De ce fait, pour plaire à Maman et surtout ne pas lui déplaire, beaucoup d’enfants se trouvent dans l’obligation de manger plus que nécessaire. Par exemple, une patiente m’a raconté que sa mère l’emmenait immédiatement chez le pédiatre si elle perdait ne serait-ce que quelques grammes alors même qu’elle était déjà franchement en surpoids. D’autres enfants se font sévèrement tancer s’ils ont le malheur de ne pas finir leur assiette, même s’ils n’ont plus faim ; d’autres mères ne supportent pas qu’on leur laisse des restes après le repas ; etc. Et même, dans le cas où Maman est elle-même bien enrobée, il peut être nécessaire de lui ressembler pour être aimé(e) d’elle.

Le rejet

Comme je l’explique dans les n°13-14-15 de cette revue, être rejeté(e) équivaut dans la nature à la peine capitale : un individu rejeté, quel que soit son âge, est condamné à mort. Tout d’abord, nous sommes des mammifères et notre survie dépend donc de notre mère au début de la vie puisque c’est elle qui nous nourrit : nos chances de survie sont absolument nulles si elle nous rejette. De plus, nous sommes des animaux sociaux, cela impliquant que nous dépendons des autres toute notre existence : un individu rejeté par son groupe a peu d’espoir de survivre plus de quelques jours. En conséquence, notre cerveau archaïque est très inquiet dès qu’il nous estime rejetés ou susceptibles de l’être du fait de notre ressenti profond. Et dans ce cas, il peut nous faire prendre du poids pour nous rendre fort, pour nous constituer des réserves et éventuellement pour nous faire séduisant(e)s.
Vous remarquerez que je ne parle pas du ‘conflit d’abandon’ pourtant considéré comme LE ‘décodage’ de la surcharge pondérale. Pourquoi ? Tout simplement parce que si l’abandon implique effectivement le rejet, le rejet ne sous-entend pas un abandon, et d’autant plus quand on se sent rejeté sans raison valable. Je me souviens d’une personne ayant ‘travaillé’ très longtemps sur son ‘conflit d’abandon’ sans le moindre résultat, puisque ne l’ayant jamais été. Par contre, elle a beaucoup progressé dans sa vie dès qu’elle a compris combien elle se sentait rejetée depuis la naissance de son frère quarante ans plus tôt, du simple fait que sa mère se soit, en toute normalité, un peu moins occupée d’elle.

La concupiscence de l’homme

Si beaucoup de rondeurs féminines ont donc pour utilité d’être séduisantes au regard de l’homme, d’autres peuvent le faire fuir et surtout permettre de lui résister physiquement. D’autant qu’il est profondément inscrit au plus profond du féminin que l’homme est potentiellement très dangereux du fait de sa concupiscence obsessionnelle et/ou de sa force physique : mieux vaut-il faire le poids pour lui tenir tête. Et puis, il y a l’histoire et la pré-histoire de chacune : certaines arrivent au monde ‘programmées’ pour l’embonpoint du fait de la souffrance des femmes de leur lignée ; des enfants grossissent parce qu’elles sont confrontées à l’inceste ou parce qu’elles ont inconsciemment peur de l’être ; d’autres parce qu’elles ont subi des attouchements ou pire encore ; des adolescentes s’arrondissent à la puberté pour tenir l’homme à distance ; des femmes prennent du poids dès qu’elles vivent en couple ; etc.

La maternité

Sauf cas particuliers, la grossesse induit une prise de poids plus ou moins importante puisqu’il faut faire des réserves pour produire beaucoup de lait et bien nourrir l’enfant à venir : c’est un mécanisme parfaitement naturel. De ce fait, une femme profondément investie dans son rôle de mère peut prendre du poids (ou ne pas perdre celui qu’elle a pris durant la grossesse) pour être toujours prête à satisfaire l’enfant. J’en arrive à cette conclusion à l’étude de l’historique de la prise de poids de certaines mères de famille. Cette même piste peut expliquer l’apparition de rondeurs au moment de la puberté pour certaines adolescentes puisque dès lors tout est possible. Sans oublier que, dans la nature, il s’écoule peu de temps entre la puberté et la première grossesse. Cela peut aussi expliquer une prise de poids après le mariage ou une rencontre amoureuse, le projet biologique étant de faire des bébés. Enfin on peut même envisager que l’inceste ou le viol puissent avoir cet effet : pour Dame Nature, une relation sexuelle, quelle qu’elle soit, est synonyme de maternité.

L’insécurité

C’est, en résumé, la cause première de surpoids puisque la plupart des pistes déjà énoncées jusqu’à présent peuvent toutes être considérées comme une insécurité d’une manière ou d’une autre. En sachant que c’est plus particulièrement vrai pour la femme et l’enfant. Le conflit intrinsèque du féminin est précisément l’insécurité et celui de l’enfant la rupture de contact, et donc le rejet générateur d’insécurité.

La frustration

C’est aussi une cause fréquente d’embonpoint : la frustration en général, et sexuelle-affective en particulier, est très ‘kilogène’. C’est à mon avis la première cause des rondeurs masculines, abdominales plus particulièrement. À noter que le conflit intrinsèque du masculin est précisément la frustration, et qu’une femme peut l’être aussi, surtout si elle est masculine. En plus, du fait qu’il faut beaucoup d’énergie – donc de sucre – pour le supporter, le fait d’être frustré(e), quelle qu’en soit la raison, sous-entend biologiquement que nous n’avons pas de partenaire et donc que nous ne parvenons pas à séduire. Et puis, la frustration est à l’origine de beaucoup de compulsions, plus particulièrement de celles qui font grossir.

Les carences affectives

En toute logique, elles sont à l’origine de beaucoup de surpoids puisque cela sous-entend presque toutes les autres pistes déjà énoncées : adversité , insécurité , rejet , manque , frustration , etc. Il n’est donc pas étonnant que les personnes confrontées au non-amour d’une manière ou d’une autre puissent prendre du poids, et d’autant plus si elles ‘compulsionnent’ pour le gérer.

Le contexte de naissance

Il faut à mon avis chercher dans les tous premiers instants de la vie l’origine de beaucoup de surcharges pondérales, ce qui est plus facile à dire qu’à faire. En plus du choc thermique, il suffit par exemple qu’un enfant vienne au monde dans un contexte particulièrement stressant, qu’il soit mis en couveuse quelques jours, que sa mère ne soit pas très aimante ou qu’elle fasse une dépression post-partum pour induire un tel programme.

Les kilos de statut

Indéniablement, l’embonpoint peut être utile pour affirmer sa position sociale : je suis dodu(e) – donc je mange bien – donc je suis riche – donc je suis en haut de la hiérarchie. C’est caricatural, chez ces femmes qu’on appelle ‘Mama Benz’ dans certains pays d’Afrique noire : ce sont des commerçantes très prospères (financièrement et physiquement) qui affichent leur réussite avec de belles rondeurs et de grosses voitures allemandes. Mais on retrouve ce même principe dans presque toutes les sociétés, sauf la nôtre qui marche sur la tête. C’est plus particulièrement vrai là où tout le monde ne mange pas à sa faim et où avoir des rondeurs est considéré comme une chance. On remarquera d’ailleurs que Bouddha est souvent représenté pour le moins rondouillard, en symbole de l’idéal. À noter enfin que quelques kilos supplémentaires peuvent aussi être utiles pour assoir son autorité au sein de la famille : cela vaut, je crois, à certaines matriarches d’être aussi majestueuses.

Le ressentiment

En principe nos ressentiments inconscients nous valent plutôt des problèmes digestifs mais ils peuvent aussi nous faire prendre du poids. Je me souviens d’une femme ayant pris trente kilos suite au décès accidentel de son mari et qui les a perdus rapidement dès qu’elle a réalisé combien elle en voulait au défunt d’être mort bêtement.

Divers

Il y a d’autres pistes pour ‘décoder’ les kilos superflus, et je ne doute pas qu’on en trouvera encore. Par exemple, je crois que certaines personnes mangent pour deux, la deuxième étant un jumeau ou une jumelle perdu(e) avant ou après la naissance. Également, il faudra toujours tenir compte de la tonalité conflictuelle centrale de la personne qui peut lui faire prendre du poids dès qu’elle vit le moindre stress, quel qu’il soit, même sans aucun rapport avec une raison ‘bio-logique’ de grossir.

La vérité conflictuelle

Le ‘décodage’ des surcharges pondérales n’est vraiment pas chose facile puisqu’il y a tellement de pistes à envisager. D’autant que la cause est rarement uni-factorielle et/ou que la conséquence d’un conflit peut en induire un autre.
Pourquoi cette femme a-t-elle pris quarante kilos dans les dix-huit mois qui suivent son licenciement ? Sa biologie peut les avoir mis en place parce qu’elle doit faire face à cette adversité ; et/ou parce qu’elle se sent en insécurité ; et/ou parce qu’elle a peur de manquer ; et/ou parce qu’elle craint de ne pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants ; et/ou parce qu’elle se sent rejetée ; ou autres…
Pourquoi cette autre femme a-t-elle pris vingt kilos dans l’année qui suit son mariage ? Sa biologie peut les avoir mis en place pour se préparer à la maternité ; et/ou parce qu’elle doit ‘faire le poids’ pour asseoir son autorité matriarcale ; et/ou parce qu’elle doit tenir tête à son mari pour une raison ou pour une autre ; et/ou parce qu’elle doit être toute en rondeur pour lui plaire ; ou autres…
Pourquoi cette troisième a-t-elle pris trente kilos du fait de l’infidélité de son mari ? Parce qu’elle doit faire face à l’adversité ; et/ou parce qu’elle ne se sent plus protégée ; et/ou parce qu’elle a peur de manquer pour elle-même et pour ses enfants s’il y a divorce ; et/ou parce qu’elle se sent rejetée ; et/ou parce qu’elle doit le reconquérir ; ou autres… Et dans une situation similaire, on connaît le cas d’une femme qui fera une hyperglycémie sévère du fait de sa peur d’une éventuelle MST que son mari pourrait lui transmettre.
Pourquoi cette adolescente a-t-elle pris vingt-cinq kilos du fait des agissements incestueux de son père ? Parce qu’elle doit résister et faire face à l’adversité ; et/ou parce qu’elle doit se protéger ; et/ou parce qu’elle se sent honteuse, salie, souillée (et donc indésirable) ; etc. Dans ce cas, il se peut même qu’elle prenne du poids parce que sa biologie s’attend à une grossesse. Ou qu’elle ait un immense ressentiment inconscient vis-à-vis de sa mère de ne se rendre compte de rien.
Pourquoi cette petite fille a-t-elle grossi de dix kilos dans le mois qui suit son entrée en primaire ? Parce qu’elle est soudain confrontée pour la première fois de sa vie à l’adversité du fait d’une institutrice qui, sans le vouloir, a marginalisé l’enfant. Car la petite est très précoce et arrive au CP en sachant déjà lire et écrire : elle est donc toujours prête à répondre aux questions de la maîtresse. Tant et si bien que l’adulte dira rapidement à l’enfant : « Non pas toi Nathalie ; laisse les autres répondre ». C’est ce sentiment de rejet qui lui vaudra de prendre autant de poids en si peu de temps. Malheureusement pour elle, d’autres événements lui feront prendre une soixantaine de kilos au total : son père est brutalement décédé quelque temps plus tard ; puis son frère et sa sœur ont déclaré une même maladie neuro-dégénérative ; puis c’est Nathalie qui en a déclaré une autre ; et tout cela a rendu la mère à moitié folle. Dans son cas, il faudra prendre en compte presque toutes les pistes énumérées pour décoder ses rondeurs.
En sachant que dans presque tous les cas, vient ensuite se greffer le ‘conflit de silhouette’ du fait de la prise de poids. Quelle que soit l’origine première et à cause de la dictature du 36, il est presque toujours présent en conflit secondaire, voire verrouillant. Car on peut être ‘guéri’ du conflit originel sans pour autant maigrir parce qu’on reste bloqué dans ce conflit secondaire.

Merveilleuses
rondeurs

Sans la moindre provocation de ma part et sauf cas particulier, j’affirme que la priorité est d’être en relation respectueuse avec nos rondeurs et de ne surtout pas les détester. D’abord elles ont donc le plus souvent une utilité ‘bio-logique’ même si nous ne comprenons pas laquelle. Aussi le fait de s’en inquiéter peut donc nous valoir de prendre quelques kilos de plus ou de nous empêcher de maigrir.
Mais surtout, il faut se libérer de cette saloperie de dictature du 36 et donc de notre peur du regard de l’autre. Notre monde moderne marche sur la tête : il met en valeur un schéma corporel contraire à la bonne santé. Car si on considère les modèles féminins choisis depuis le néolithique jusqu’au milieu du 20e siècle pour représenter l’idéal, on constate que la véritable beauté féminine est toute en rondeurs puisqu’il en faut pour être mère. Et pour le masculin, elles sont synonymes de bonne santé et de prospérité. Malheureusement, on nous fait croire maintenant qu’il faut être un tas d’os pour être belle et un gringalet longiligne pour être beau, soit très exactement l’inverse de l’équilibre et de l’harmonie biologiques. J’accuse l’industrie de la mode de crime contre l’Humanité.
Je vous invite, Mesdames, à aller au musée pour observer combien les femmes peintes par Rubens et Fragonard sont belles ; je vous invite à vous inspirer de ces femmes africaines qui revendiquent leur embonpoint ; et enfin n’oubliez jamais qu’au plus profond d’eux, les hommes préfèrent les rondeurs. Quant à nous, Messieurs, n’ayons pas honte de notre abdomen : il est aussi beau que les rondeurs féminines.
Tout cela ne veut par dire non plus qu’il faille être laxiste et nier que l’obésité est un authentique problème de santé publique.

Le régime
« prise de conscience »

S’il est des cas critiques où un régime s’impose, le plus souvent ils sont à proscrire, surtout lorsque privatifs d’une manière ou d’une autre, et d’autant plus si on est dans une problématique de manque. Il faut le comprendre : nous portons le plus souvent des kilos que notre biologie estime nécessaires pour notre ‘bien-être’. De ce fait, elle est très inquiète dès que nous maigrissons ‘artificiellement’ : il est donc normal que nous revenions à notre poids ‘idéal’ dès la fin du régime, si tant est que nous ne prenions pas deux ou trois kilos de plus pour justement faire ‘bon poids’. Je déconseille absolument de jouer au bras de fer avec notre cerveau archaïque : nous n’avons aucune chance de l’emporter.
La seule vraie façon de perdre du poids est de comprendre son utilité ‘bio-logique’ et/ou de nous sortir d’un contexte ‘kilogène’. Car dès que nous comprenons exactement le pourquoi du comment de nos rondeurs et/ou qu’elles n’ont plus de raison d’être, alors elles peuvent disparaître. Pour preuve : nous connaissons tous des gens qui se sont mis à fondre après une prise de conscience ou une évolution radicale dans leur existence, et cela sans aucune modification de leur régime alimentaire.

Par Laurent Daillie

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