Non, la ménopause n’est pas une maladie !
C’est un état physiologique qui marque la fin de la fertilité et se caractérise par la diminution progressive de l’activité ovarienne, point à la ligne. Etymologiquement, ce terme signifie d’ailleurs la fin des menstruations ! Dans nos sociétés occidentales, prévaut malheureusement une vision fausse et pathogène de la ménopause, interprétée comme le glas de la féminité. Tout comme la puberté marquerait le commencement de la vie de femme, la ménopause serait le moment où on cesse de l’être ! Pour le Dr Eduard Van den Bogaert, qui a beaucoup travaillé sur la question, cette confusion entre féminité et maternité est source de beaucoup de conflits pour les femmes ménopausées. Et ces conflits sont certainement liés aux troubles et aux symptômes qui accompagnent fréquemment – mais pas toujours, ce n’est donc pas une fatalité ! – l’entrée en ménopause. Qu’ils soient hormonaux ou naturels, les traitements peuvent atténuer certains de ces symptômes, mais ils ne font que masquer le problème de fond, à savoir l’image négative que les femmes ont d’elles-mêmes à cette période critique de leur vie. Grâce au décodage biomédical, le médecin belge propose de modifier cette perception intérieure et d’influer ainsi positivement sur la physiologie.

Par le Dr Eduard Van den Bogaert (synthèse de Corinne Grumberg)

Jeune et jolie ! Il n’y a pas d’âge pour le revendiquer… et ce, dès l’école primaire. GeoGirl, une firme américaine, propose en effet aux jeunes filles de 8 à 12 ans de mettre en valeur leur joli minois avec toute une gamme de cosmétiques. Préserver leur capital jeunesse est aussi au programme puisque des soins aux extraits de thé vert, supposés anti-âge, sont proposés. Il ne s’agit plus de jouer à se maquiller en empruntant la trousse de maman, mais bel et bien d’avoir ses propres soins. Sachez-le : on ne commence jamais assez tôt ! Mais – surtout en période de crise ! – plutôt que d’investir dans des crèmes pendant 80 ans, sans garantie de résultat, ne pourrions-nous envisager une autre manière de vivre les années qui passent et apprendre à respecter les différents âges de la vie ? Il y a un temps pour courir et être dans l’action avec le travail et la famille. Et puis vient le temps où les enfants sont grands et la retraite toute proche. La transition n’est pas facile. Que ce soit au niveau social, psychique ou physiologique, les transformations sont profondes. Comment trouver de nouveaux repères ? Comment tendre vers l’accomplissement ? Pour mieux comprendre cette étape de vie… et la vivre au mieux, intéressons-nous à la ménopause.

Il y a crise et crise

Le Dr Van den Bogaert nous propose une autre compréhension des symptômes associés à la ménopause grâce à son expérience en décodage biomédical. Ce décodage va nous permettre de mieux nous comprendre et d’accompagner les changements qui s’opèrent. La ménopause marque un passage important dans la vie d’une femme. Ce passage peut être vécu très différemment. Les Chinois représentent le mot crise par deux idéogrammes. Le 1er signifie « danger de mort ». Et en effet, pour certaines femmes, ménopause signifie mort. C’est fini. Elles ont confondu menstruation et féminité. Quand les règles s’arrêtent, elles ne sont plus femmes. Leur monde s’écroule. L’autre idéogramme nous dit : « opportunité de vie nouvelle ». Nous pourrions caricaturer ces deux manières de vivre cette « crise » avec l’image du verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. Commençons par le verre à moitié vide : je vieillis , les enfants sont partis de la maison , je ne sers plus à rien, ni à personne . Je suis moche et mon mari ne me regarde même plus. Le verre à moitié plein : ouah ! Super ! Plus d’inconvénients mensuels , plus de risques de se retrouver enceinte . Les enfants sont grands, j’ai plus de temps pour moi et mon chéri. Bon, d’accord, j’ai les seins qui ne sont plus aussi fermes et les rides sont plus nombreuses, mais j’ai plus d’expérience. Ce qui compense bien, non ? J’ai plus de temps pour moi, je n’ai plus autant de contraintes. Une nouvelle vie commence ! Je ne suis pas si vieille. J’ai encore de belles années devant moi ! Il est couramment admis aujourd’hui que la ménopause se « soigne » par des «médications» appropriées. Comme si vieillir était une maladie. Les laboratoires nous disent, par la voix des médecins, qu’il faut réagir dès les premiers symptômes, qu’il y a des personnes à risques et des traitements médicaux à prévoir. Une autre approche est envisageable : le décodage biomédical nous apprend que c’est notre représentation de nous-mêmes qui va engendrer ou non les désagréments liés à cette période de vie. Envisager la ménopause sous un axe ou sous l’autre n’aura pas le même effet sur notre physiologie. Et en fonction de notre manière de nous percevoir, nous développerons – ou non – certains symptômes. Les symptômes couramment associés à la ménopause ne sont donc pas des passages obligés. Personne n’est obligé de passer par la case bouffées de chaleur, sécheresse vaginale ou baisse de la libido ! Etudions les symptômes les plus courants… et voyons comment ne pas se laisser malmener !

Le sens des symptômes

Le décodage biomédical nous apprend beaucoup sur les différentes pathologies généralement associées à la ménopause.

L’ostéoporose
L’ostéoporose – un des grands symptômes de la ménopause – est liée à la dévalorisation. La dévalorisation ne concerne pas seulement les femmes sans enfant(1). Quand une femme ne se sent plus femme, quand, par perception négative d’elle-même, elle se refuse à son mari, alors on découvre que son ossature se fragilise et que le risque de fracture au niveau du col du fémur est important. Alors, on entend souvent dire : « Elle est tombée. Elle s’est cassé le col du fémur. » En fait, ce serait plutôt l’inverse. La femme fait une ostéoporose et , à un moment donné , le col du fémur n’est plus capable de la soutenir et se casse. La dévalorisation peut prendre sa source dans le départ des enfants : quand une femme a tout investi dans sa maternité au détriment de sa féminité, le départ des enfants peut être un grand traumatisme. Si une femme n’a de valeur – à ses propres yeux – qu’en tant que mère, que lui reste-t-il quand elle se retrouve seule avec son mari ? Elle se retrouve avec une féminité dont elle n’a pas pris soin pendant parfois 25 ans et c’est la catastrophe. Elle avait une place en tant que mère. Elle n’a jamais pris sa place en tant que femme, et au moment où elle cesse d’être mère, son monde s’écroule. Si maternité et féminité sont bien différenciées, il n’y a aucune raison qu’une femme ménopausée fasse une dévalorisation, et encore moins une dépression.

La dépression
La dépression est un autre symptôme qui peut apparaître autour de la ménopause. C’est en prenant pleinement sa place de femme et en vivant pleinement sa vie qu’une femme évite la dépression.

Les bouffées de chaleur
Toutes les femmes n’ont pas de bouffées de chaleur. D’où vient cette différence ? Le Dr Van den Bogaert a constaté que les femmes qui n’ont pas de bouffées de chaleur sont, en général, très féminines. Et elles le deviennent peut-être encore davantage à la ménopause. Celles qui, au contraire, ont une allure beaucoup plus masculine souffrent de ce désagrément. Ce sont des femmes beaucoup plus actives, beaucoup plus combatives, et en rivalité avec le masculin. Elles ont dû jouer le rôle de la mère et du père, elles ont dû se battre et développer durant toute leur vie une énergie masculine. Leur physiologie change pendant la ménopause et leur demande plus de yin. C’est comme si, dans l’action et dans cette jeunesse après laquelle elles courent, elles refusaient ce changement de physiologie. Leur corps aspire au ying tandis qu’elles sont encore dans le yang, comme disent les Chinois. Le corps, pour compenser, évacue alors le trop plein de yang, d’où cette chaleur qui demande à sortir. Très masculines, très yang, elles doivent expulser leur excès de yang.
Ces femmes-là font les pires bouffées de chaleur. C’est un symptôme typique de femmes hyper actives qui refusent de s’arrêter. La philosophie chinoise nous invite à respecter les différents âges de la vie. Il y a un temps pour apprendre, faire sa place et agir… et il y a un temps pour la « retraite », se retirer et profiter de la vie. Certaines femmes ne sont pas dans cette dynamique et continuent à forcer le yang : le corps chasse le yang qui est bien obligé de sortir. Quand une femme comprend l’origine de ses bouffées de chaleur, elle peut obtenir une rapide amélioration de ce symptôme, pour peu qu’elle prenne conscience de son fonctionnement. Tant qu’elle fonctionnera sur une énergie masculine, le yang cherchera à sortir.

La pilosité
La pilosité est aussi liée à l’excès de yang. Le yang peut sortir par les bouffées de chaleur ou par les poils. La femme n’est pas dans sa dynamique féminine. Il va y avoir plus d’hormones mâles qui vont entrainer une hyperpilosité et une masculinisation qui montre bien à la femme qu’elle n’est pas dans sa dynamique féminine. Alors, comment réinvestir cette énergie féminine ? Que faire de ce temps «pour soi» ? La question à se poser serait : de quoi ai-je envie ? Qu’ai-je envie de faire de ma vie ? Les activités non lucratives dont nous nous privions faute de temps durant notre « phase active » peuvent alors réintégrer notre espace : méditer, chanter, se promener, danser, séduire… ou toute autre activité intimement liée à notre bien-être.

La migraine
La migraine est un autre symptôme fréquent à la ménopause. Le conflit est de ne plus pouvoir accueillir l’autre « demi-graine », la graine de l’homme, celle nécessaire pour la conception. Ce sont des femmes – selon le Dr Van den Bogaert – qui se font du souci car elles ne peuvent plus concevoir.

Les troubles cardiaques
Le cœur est en rapport avec le territoire. Il faut distinguer les artères coronaires des veines. Souvent, les femmes sont plus touchées aux veines qu’aux artères, mais on constate que de plus en plus de femmes fonctionnant de manière masculine font des infarctus. Une femme qui est féminine ne fera pas d’infarctus. D’ailleurs, pendant sa période de maternité jusqu’à la ménopause, la femme a une plus grande protection, notamment hormonale, par rapport au risque d’infarctus. La logique est la même que pour les autres symptômes : une femme qui travaille comme un homme, qui se bat pour un territoire professionnel ou familial, et qui perd son territoire peut faire un infarctus, mais ce n’est pas lié à la ménopause. Si la situation à l’origine de l’infarctus avait été vécue avant la ménopause, l’infarctus aurait eu lieu de la même façon. Une femme arrivant à la ménopause voit ses enfants quitter le foyer. Si elle considère ses enfants comme son territoire, elle peut faire un infarctus. De même, quand le mari arrive à la retraite et passe plus de temps à la maison, la femme qui se sent envahie dans son territoire peut faire un infarctus. C’est un conflit qui s’ajoute, mais il n’est pas directement lié à la ménopause. Il est lié au foyer et aux changements de vie.

Les troubles urinaires
Les troubles urinaires sont aussi liés au territoire. Quand le mari arrive à la retraite, elle doit partager son territoire. Elle peut se sentir envahie, perdre ses marques et avoir alors le réflexe animal de vouloir marquer son territoire à l’urine. A ce moment là, elle peut faire des problèmes de vessie et des troubles urinaires. La solution serait de se réapproprier le territoire à deux : une chambre d’enfant peut devenir un bureau, un atelier de peinture ou de modélisme, un bout de jardin peut accueillir un terrain de pétanque.

La sécheresse des muqueuses
Concernant la sécheresse des muqueuses, l’explication couramment admise est la carence en œstrogènes. Sauf qu’il y a plein de femmes ménopausées qui n’ont pas la peau sèche, qui n’ont pas les yeux secs et le vagin sec, et qui continuent à avoir des rapports sexuels ! Ces femmes continuent à être touchées, à être regardées, et c’est là que se fait la différence. Si une femme atteignant la ménopause s’entend dire par son mari : « Ah je suis content de te retrouver ! Qu’est-ce que tu es belle ! Depuis que les enfants sont partis, tu es encore plus belle qu’avant. Tu as tout ce charme de la maturité et cette beauté intérieure qui transpire à travers chaque pore de ta peau. », et si cet homme lui fait l’amour comme jamais et qu’elle se sent admirée, touchée, caressée, il n’y aura aucune sécheresse d’aucune sorte. Le problème, vient de l’image mentale que la femme se fait d’elle-même. Elle n’est plus mère et ne se sent plus femme. Elle pense de ce fait que son mari ne l’aime plus et qu’il préfère regarder les autres, notamment les jeunes femmes. Et quand son mari la regarde, elle détourne le regard, un peu honteuse. Elle dénigre ses seins, elle regarde ses rides et fait ainsi tout ce qu’il faut pour qu’il ne la regarde plus ! Elle accentue ainsi sa dévalorisation. Elle va tout faire pour ne plus être attirante. C’est toute la différence entre une femme qui continue à être désirée, aimée, pénétrée et caressée, et une femme qui entre dans une frustration. Messieurs, soyez encore plus présents auprès de votre femme ! Votre rôle est important. Et sachez, mesdames, que votre mari regardait probablement les autres femmes avant la ménopause, mais vous n’y prêtiez pas autant attention. Il les regardait, point. Regarder ne signifie pas tromper… ni même en éprouver le désir (2).

La prise de poids
Les femmes qui grossissent pendant la ménopause sont celles qui ont peur de manquer ou qui ont un conflit « d’a-graisse-ion ». La graisse sert en effet à protéger. La femme peut se sentir agressée, elle peut s’agresser elle-même à travers les pensées qu’elle rumine, ou imaginer qu’elle est agressée. Elle va prendre du poids, ce qui va encore accentuer sa dévalorisation et donc aggraver l’ostéoporose. Elle va être à ses yeux encore moins désirable. Elle risque alors de devenir encore plus sèche, encore plus agressive, et cette spirale devient encore plus pesante, au sens psychologique mais aussi au sens physique. Le poids s’accumule autour des hanches. Un travail supplémentaire de soutien va être à faire par le reste du corps. Et s’il y a cette ostéoporose, le risque de fracture augmente.

Les cancers
Les cancers qui peuvent apparaître à cette période ne sont pas spécifiques de la ménopause. Le cancer du sein et celui de l’endomètre (la matrice) sont tous deux liés à la maternité. Si une femme ménopausée est dans un conflit parce que ses petits ont quitté le nid, elle peut, si c’est tragique pour elle, déclencher un cancer du sein gauche (chez une droitière) ou un cancer de l’endomètre.

Le diabète
Les femmes qui font du diabète sont celles qui veulent lutter à tout prix contre le vieillissement, perçu comme dramatique et répugnant. Dès que nous résistons à quelque chose de répugnant, nous pouvons déclencher un diabète. Une femme qui se sent belle, qui est valorisée et qui n’a pas cette perception affreuse du vieillissement, ne va pas faire de diabète. Certaines femmes passent à travers la ménopause. Elles continuent comme elles l’ont toujours fait, avec courage et énergie, à mener leur vie : elles s’occupent de leur enfant handicapé, elles élèvent leurs enfants qu’elles ont eu tardivement, elles élèvent – comme une mère – petits-ou arrière-petits-enfants. Elles sont toujours actives et quand elles s’arrêtent, le risque de tomber est grand. Elles ont fui leur féminité et s’écroulent quand leur rôle – à leurs yeux – est terminé. Prendre conscience de notre fonctionnement permet d’éviter ou, au-moins, d’atténuer les problèmes.

Un bilan de vie

Pour résumer, nous pouvons dire que plus une femme est Femme, plus la ménopause se passera bien. Et, pour aller plus loin, nous pouvons aussi vivre la ménopause comme un passage important sur le chemin de l’accomplissement . La ménopause n’est pas une punition, mais une étape de notre évolution. Nous avons bien compris qu’en fonction de nos pensées et de notre perception de nous-mêmes, nous ferons tel ou tel symptôme. Aucun, évidemment, n’est obligatoire ! Nous pouvons dire que la ménopause et ses « émergences » sont un très bon reflet de notre état d’être. Chaque symptôme nous indique où nous en sommes. Cette « crise » permet de voir ce qu’on a fait de sa vie… et ce qu’on a envie d’en faire ! C’est, en définitive, un bilan de vie redoutable.
Comment alors anticiper et ne pas se piéger toute seule avec des pensées nuisibles ? Dans un premier temps, le Dr Van den Bogaert invite les femmes à s’écouter, à se regarder avec amour, et à prendre conscience de toutes les bêtises qu’elles racontent sur elles-mêmes sans les entendre ! Est-ce que je prends encore soin de moi (maquillage, vêtements, coiffure) ? Comment est-ce que je parle de moi ?-Quel regard est-ce que je porte sur ma personne ? Apprendre à se regarder, prendre conscience de ce qu’on dit, prendre soin de soi, regarder la manière de se tenir, sa stature, comment je me « tiens » dans mon corps. Tous ces éléments sont importants pour une reconquête de soi quand l’estime s’est envolée… ou pour éviter qu’elle ne se sauve !!! Cette approche nous invite aussi à repenser la ménopause et ses traitements. Nous n’entrerons pas dans le débat sur les traitements de substitution et les liens avec certains cancers. Relevons juste certains aspects.

Le voile hormonal

La thérapie hormonale de substitution va agir sur les symptômes. Elle palie le vieillissement, elle palie la carence des hormones, mais la souffrance et la problématique des femmes à cette période de crise ne sont pas prises en compte. Le Dr Van den Bogaert insiste sur cette souffrance des femmes qui n’est ni entendue, ni comprise. Les traitements ont un résultat à court terme sur la symptomatique. Une femme qui prend un traitement hormonal a moins de bouffées de chaleur, moins de sécheresse de peau, etc., mais c’est un voile. Elle peut ainsi continuer à se voiler la face et se leurrer sur les problèmes fondamentaux pendant de nombreuses années. Et à un moment, quand le voile tombe brutalement, c’est la désolation totale. C’est l’écroulement avec une fracture du col, une anesthésie qui se passe mal, une hospitalisation ou le placement dans une maison de retraite. Le Dr Van den Bogaert insiste sur le fait que prendre des hormones de substitution maintient en quelque sorte la personne dans le passé. C’est comme si le traitement cantonait la femme à une étape antérieure. Le sens du passage n’est pas compris et le bénéfice de la transformation ou le bénéfice du changement d’état ne sont absolument pas perçus. Dans ce cas, la fin peut s’avérer tragique. Un travail d’accompagnement et de guérison de toutes les blessures et souffrances passées permet d’éviter ce dénouement funeste. Nul n’est obligé de finir ses jours seul et misérable dans des lieux déshumanisés. Il faut du courage. C’est une grande transformation qui est demandée à la femme : lâcher pour accueillir du nouveau. Le Dr Van den Bogaert parle même d’une quasi « transfiguration » pour celle qui parvient à transcender cette crise.

Rester reine ou devenir sorcière

A la ménopause, s’il y a le vieillissement physiologique mais qu’il n’y a pas le rayonnement intérieur capable de transfigurer, la femme risque de voir ses vertèbres se tasser. Elle va se replier sur elle-même, s’assécher et se momifier littéralement, un peu comme la sorcière dans Blanche-Neige. Dans ce conte, la sorcière est belle extérieurement, mais elle porte à l’intérieur souffrance, jalousie et blessures d’enfance dont elle n’a même pas conscience et qui, à un moment donné, vont être visibles sur ses traits. En vieillissant, sa physiologie va refléter et révéler son monde intérieur. Le Dr Van den Bogaert – qui a vu défiler dans son cabinet de nombreuses reines comme celle de Blanche-Neige – nous explique qu’en les voyant, on sait comment elles seront quand elles seront vieilles. C’est toute cette dévalorisation, ce repli sur soi, cette frustration par rapport à l’homme qui seront alors visibles. Cette reine frustrée, c’est la femme qui ne se perçoit plus assez belle par rapport à sa fille ou sa belle-fille qui est jeune, et qui va la jalouser. Elle n’a pas fait ce travail spirituel et intérieur sur sa beauté et passe à côté de l’essentiel.

Changer l’image mentale

Le traitement peut donc être utile mais il n’est pas suffisant. C’est le changement d’image mentale qui est important. Nous venons de voir que la manière dont chacune d’entre nous allons vivre cette «crise» va influencer notre physiologie. Le psychisme y est pour beaucoup, mais l’accompagnement psy est encore mal perçu, même par les femmes. Pourquoi allez voir un psy ? Je ne suis pas folle ! Qu’est-ce qu’on va penser de moi si je vais voir un psychologue ou un psychothérapeute ? Mais n’est-il pas temps d’admettre que nous avons tou(te)s vécu des choses dans notre histoire familiale, dans la petite enfance, dans l’enfance, qui nous ont préprogrammés d’une certaine manière – et on le voit bien en biologie totale – à déclencher certaines maladies, à vieillir prématurément ou à faire des accidents? En travaillant avec un psychogénéalogiste et en s’orientant vers les pathologies de sa généalogie, les découvertes sont passionnantes. Il est donc important de ne pas seulement combattre le symptôme mais d’en comprendre le sens . Pourquoi , à un moment donné dans sa vie, une femme fait-elle tel ou tel symptôme ? Pourquoi certaines femmes vont-elles développer cinq ou six symptômes, et d’autres aucun ? Pourquoi quelques-unes sont-elles même toujours réglées ? Qu’est-ce qui explique cette disparité ? Le Dr Van den Bogaert nous propose de faire travailler l’imagination car la clef est là. Qu’ai-je en tête ? Quelles sont les images que je me suis construites ? Il a ainsi développé une technique pour travailler sur les arbres généalogiques sous hypnose ericksonienne. Cette technique permet d’aller dialoguer avec l’image véhiculée par la mémoire de nos ancêtres en nous. Et si cette image est pathogène, c’est-à-dire qu’elle entraîne des comportements qui nous conduisent à des conflits ou à des stress, on peut la changer pour qu’elle n’induise plus de stress. Nous pouvons donc travailler sur ce qu’on nous a transmis… et faire en sorte qu’en tant que grands-parents, nous arrêtions de transmettre des pathologies. Oser faire ce travail pour transmettre à nos enfants et petits-enfants quelque chose d’embelli et de guéri !

Le temps d’aimer

Pour commencer, participer à un groupe de parole peut être important pour se sentir respectée dans ce que l’on vit. Travailler sur soi, c’est se donner les moyens de finir en «vieille sage», libérée des stress du passé. Le mieux que nous puissions faire serait donc de prendre sagement notre vieillesse en main. Ne pas se laisser voler ce bel âge. Ne pas passer à côté de cette opportunité de vie nouvelle . Profiter de ce qui est, plutôt que se lamenter sur ce qui n’est plus . La ménopause est là pour nous dire : « C’est maintenant que tu as quelque chose à mettre en place, demain il sera peut-être trop tard. Alors fonce !» En conclusion, non, la ménopause n’est pas une fatalité détestable et elle ne signifie pas la fin de sa féminité. Oui, on peut éviter bien des problèmes en parlant avec son mari, ses amis, un psy, et en réapprenant à se faire belle, à donner du temps pour aimer, lire, voyager, échanger, aimer encore plus. Voilà des pistes pour ne plus vivre la ménopause comme une déchéance. Tels sont les propos porteurs d’espoir et de sagesse du Dr Van den Bogaert .

Cet article est la synthèse d’une interview de 80 mn avec le Dr Eduard Van den Bogaert effectuée par Corinne Grumberg et disponible sur le site
www.lavoiximpertinente.com

(1) Le Dr van den Bogaert précise que les femmes qui n’ont pas eu d’enfants peuvent avoir plus de difficultés à vivre cette période. Celles qui ont choisi de ne pas en avoir n’auront pas de regrets, mais celles qui ont attendu en vain le prince charmant et restent avec leur désir d’enfant peuvent se sentir dévalorisées. Dévalorisation accentuée par le regard de la société sur ces femmes sans enfant : quelle est ta valeur puisque tu n’as pas enfanté ?

(2) Dans leur ouvrage « Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières », Allan et Barbara Pease expliquent très clairement et avec humour ce qui se passe dans la tête d’un couple lorsqu’il croise une autre femme. L’homme, de par son rôle historique de « chasseur », regarde. Et comme il a une mauvaise vision périphérique, il n’est guère discret. La femme, elle, a repéré « l’ennemie» bien avant son homme. Elle a même eu le temps de dresser une comparaison, généralement à son désavantage. La femme entretiendra alors des pensées négatives que la situation ne justifiait pas.

Exerçant comme médecin de famille à Bruxelles, Eduard Van den Bogaert promeut la Nouvelle Médecine Intégrative, qui recourt notamment au décodage Biomédical et à l’Homéopathie Chamanique. Il est l’initiateur et le coordinateur de la rédaction du « Dictionnaire des codes biologiques des maladies » édité à l’intention des praticiens de santé. Il partage ses connaissances dans le monde entier par le biais d’ateliers de décodage biomédical des maladies ouverts aux médecins, soignants et personnes malades Infos : www.evidences.be