J’ai précédemment rappelé pourquoi la sphère hépatique peut somatiser en cas de conflit de manque (sous-entendu alimentaire), puisque le foie a pour fonction de métaboliser, de raffiner les nutriments pour les transformer en glucose, le seul élément qui puisse nourrir nos cellules. Puis j’ai expliqué pourquoi un symptôme hépatique peut aussi être la conséquence d’un conflit d’intoxication puisque le foie a aussi pour fonction de filtrer le sang pour l’épurer.

L’usine à gaz hépatique

Cela dit, le foie est une ‘usine à gaz’ d’une complexité incommensurable et la ccience ne sait pas encore tout à son sujet : il aurait entre 250 et 500 fonctions (les avis divergent), dont 35 principales. De ce fait et en théorie, on doit envisager qu’il puisse réagir à autant de tonalités conflictuelles différentes : la sphère hépatique doit donc être ‘décodée’ avec beaucoup de circonspection.

En plus d’être ce grand ordonnateur du métabolisme et le centre antipoison, le foie est aussi le plus gros organe du corps ; il est capable de se reconstituer au gramme près lorsqu’on en coupe un bout ; il est la centrale de chauffage de l’organisme ; il est le gestionnaire de plusieurs vitamines et minéraux (dont le fer), ainsi que de certaines hormones ; il synthétise les sels biliaires indispensables à la digestion des lipides ; il a une fonction immunitaire ; etc.

Foie ou vésicule biliaire ?

De plus, comme c’est souvent le cas, un symptôme au niveau d’un organe est induit par le dysfonctionnement d’un autre. Par exemple, de nombreux ictères et autres ‘crises de foie’ ont pour origine une obstruction partielle ou complète des voies biliaires intra-hépatiques qui collectent la bile pour l’évacuer, ce qui induit un ‘engorgement’ du foie. Mais toutes les ‘jaunisses’ et ‘crises de foie’ n’ont pas nécessairement cette cause.

De ce fait et en cas de doute, il faut envisager tous les ‘décodages’ possibles des sphères hépatique et biliaire. Sans compter que le foie ayant pour fonction de produire la bile (dont la principale fonction est la digestion des graisses contenues dans notre alimentation), il faut envisager qu’une somatisation hépatique puisse avoir pour cause une problématique en tonalité de ressentiment/rancœur comme pour la sphère biliaire.

La fonction immunitaire du foie

Le foie participe très activement à la défense immunitaire puisqu’il a aussi pour fonction d’éliminer certains envahisseurs indésirables, particulièrement les plus gros en taille. Par conséquent il faut envisager qu’une somatisation hépatique puisse être induite par un conflit genre ‘attaque-défense’, comme pour les lymphocytes et le système lymphatique, l’agresseur pouvant être réel, symbolique, virtuel ou imaginaire.

L’inconnu conflictuel

Il faut donc à chaque fois envisager plusieurs hypothèses pour ‘décoder’ un symptôme hépatique, y compris celles auxquelles nous n’avons pas encore pensé. Pour l’illustrer, admettons le cas suivant : une personne somatise au niveau hépatique peu de temps après le début d’un grave conflit familial provoqué par son frère qui a fait en sorte de s’accaparer l’essentiel de l’héritage parental, son frère étant manipulé par une épouse avide et malhonnête. Dans ce cas, il faudra considérer plusieurs possibilités : ctte personne peut somatiser en tonalité de manque à cause du conflit familial, la famille étant archaïquement synonyme de sécurité alimentaire (voir la première partie de cet article) ; elle peut somatiser dans cette même tonalité à cause de la perte financière induite si, par exemple, elle comptait sur cet argent pour compléter sa maigre retraite ; elle peut somatiser en tonalité d’intoxication ou d’attaque-défense si elle considère sa belle-sœur comme un poison ou un agent pathogène ; elle peut avoir de la rancœur vis-à-vis de son frère qui se laisse manipuler par sa femme ; etc.

De la même façon, si on prend le cas d’une personne qui, suite à un premier cancer, en fait un autre ‘secondaire’ au niveau hépatique, il faut envisager plusieurs hypothèses autres que le classique conflit de manque par identification genre “je vais manquer à mes enfants, ma femme, mon mari, ma famille si je meurs !.. Que vont-ils devenir sans moi ?..” : c’est en tout cas ce que m’ont jadis enseigné mes profs. Je ne dis pas que c’est faux : je prétends qu’il y a d’autres hypothèses.

Par exemple, la personne peut très mal supporter la chimiothérapie, au niveau physique et/ou psychique, et vivre un grand stress en tonalité d’intoxication ; sans compter que les traitements anticancéreux sont effectivement très toxiques et que le foie est le premier concerné. Par exemple, la personne peut être très stressée car se sentant attaquer par le crabe ; sans compter qu’une cellule cancéreuse est effectivement un agent pathogène. Etc.

Tout n’est pas conflictuel

Que ce soit pour cette sphère ou pour une autre, il ne faut jamais oublier que tout n’est pas conflictuel : j’en ai encore fait l’expérience dernièrement. Une femme me consulte pour cause d’hépatopathie sévère, au point que la Médecine commence à envisager une greffe du foie ; je décode déconne et considère qu’elle a telle et telle problématiques ; peu après, un médecin plus futé que les autres comprend enfin l’origine de son symptôme. Son analyse de sang révèle qu’elle est intoxiquée aux métaux lourds : elle a dans la bouche plusieurs dizaines de ‘plombages’ d’une autre époque qu’elle suce en permanence depuis l’adolescence.

La colère ?

Que l’on puisse dire qu’un symptôme hépatique est la conséquence d’une colère ne me dérange pas, si l’on précise bien que c’est un ‘décodage énergétique’. Mais prétendre que c’est un ‘décodage biologique’ est parfaitement faux. De plus, la colère n’est pas une émotion, mais un manifesté ayant pour utilité de faire baisser une pression intérieure (voir mon article dans le n°6 de la présente revue).

En conclusion

À l’évidence, le ‘décodage’ d’une somatisation hépatique n’est pas chose simple et pour ce faire, il faut absolument enlever nos œillères et regarder un peu plus loin que le bout de son nez pour ne pas tomber dans le piège de l’invariant conflictuel appris par cœur. Le corps humain est d’une incroyable complexité et la plupart des organes ont plusieurs fonctions. Par conséquence, ils réagissent à plusieurs tonalités conflictuelles différentes. Il convient de ne jamais l’oublier : décoder est une chose ; déconner en est une autre.

Laurent Daillie

laurentDaillieNaturopathe causaliste et consultant en Décodage des Stress Biologiques et Transgénérationnels (Paris et Bourgogne), Laurent Daillie est passionné par les origines de l’Homme et par ses réflexes de survie primitifs. Il anime des formations et des conférences en France et en Belgique. Il est l’auteur du livre « La Logique du Symptôme », publié aux éditions Bérangel. Info : www.biopsygen.com