Le Dr Michel Moirot et L’origine psychosomatique des cancers

Parmi les nombreuses études consacrées à démontrer l’origine psychosomatique du cancer, il y a l’œuvre, commencée en 1949, du Dr Michel Moirot (1912-1997), ancien chef de clinique à l’Hôtel-Dieu de Paris, membre du collège des chirurgiens français et membre de la Société française de médecine psychosomatique. Son vœu le plus cher était que le biologiste, le médecin, tout autant que tous les chercheurs, aient au cœur le désir de considérer l’homme -et tout ce qui le constitue- au moyen d’un angle de vision largement ouvert sur tout ce qui sous-tend le « manifesté ». Il avait compris que la science médicale était sous la dépendance de l’esprit gestionnaire. L’aspect économique détermine toutes les fonctions, recherches, études, créations des nouveaux traitements. La médecine, disait-il, serait-elle devenue un simulacre de science exploitée par les industries de produits chimiques ? Depuis quelques années, les nombreux scandales concernant des

médicaments mis sur le marché alors qu’ils étaient dangereux ont défrayé la chronique sociale et lui donne malheureusement raison. On pourrait croire qu’il soit nécessaire d’accepter les dommages collatéraux, comme en tant de guerre, quand il s’agit de rassurer le contribuable maintenu sans cesse dans la peur de la maladie. Les scandales révèlent des mensonges, des manipulations de chiffres, des dénis, des pots de vins, des chantages, des prises de pouvoir, des menaces et cela est inacceptable dans le domaine de la science. Ses différentes prises de position l’ont obligé à une carrière hors du circuit traditionnel et il est mort dans la misère, non reconnu par ses pairs.

 

L’éthio-pathologie des maladies chroniques

Dans les années 49-50, l’intérêt tout récent pour la psychologie et la psychanalyse vit l’apparition de quelques études qui tentaient de montrer le lien entre le corps et l’esprit.

Le Dr Moirot découvrit deux études intéressantes qui le poussèrent à investiguer plus avant les relations entre l’esprit et le corps :

1° Nature psycho-affective de la maladie de Parkinson.

2° Psoriasis et mélancolie réversible.

La première étude montre que le Parkinsonien est un sujet de type « contraint », tiraillé entre ses attirances vis-à-vis de la société et sa fixation au conjoint. Le conditionnement des noyaux gris centraux du cerveau, qui règlent et contrôlent les états posturaux, seraient le résultat de cette ambivalence permanente, installée depuis l’enfance et ce conditionnement serait, à l’âge mûr, la source d’oscillations indiquant l’hésitation affective du sujet, en relation avec ses attachements. Le tremblement du Parkinsonien serait le résultat d’un malaise impliquant le tiraillement entre deux tendances contradictoires.

La seconde étude a été présentée par Madeleine Cavé sur un malade de Tinel, dans l’ouvrage « Médecine psychosomatique » de Weiss et English.

Le malade présentait alternativement, soit un psoriasis, soit un état mélancolique, chacune de ces affections remplaçant l’autre une fois le traitement appliqué, aussi bien pour agir sur la lésion organique de la peau que sur l’état mental. Cette alternance obéit à la loi dite de « conversion » bien connue en psychiatrie et en psychosomatique, et qui se manifeste particulièrement sur des sujets hystériques. Le fait que le sujet ne puisse pas, en même temps, présenter une maladie organique et sa correspondance psychologique diffuse pose un problème crucial (Les travaux du Dr Hamer répondent aujourd’hui à ces études comme à bien d’autres dont la recherche médicale actuelle est incapable de trouver une solution).

A partir de ces deux études, le Dr Moirot à envisager l’étiologie psychosomatique de toutes les maladies organiques, excepté celle de maladie à caractère héréditaire, donc génétique, et en est arrivé également à se demander si le cancer, lui aussi, n’était pas à classer dans la même catégorie.

En 1971, il écrivit un manuscrit « Cancer et précancérose » contenant de nombreux cas cliniques et des hypothèses de travail basés sur son expérience personnelle en médecine psychosomatique.

 

Expérimentation animale et cancer

Alors que quelques rares chercheurs s’intéressent à l’étude des relations entre le psychisme et le cancer, la science médicale officielle préférait découvrir les facteurs exogènes considérés comme cancérigènes tels les nombreux polluants : goudrons, mercures, amiantes, tabacs, alcools, etc. La majorité de ces recherches utilisaient les expérimentations animales pour tenter de comprendre l’apparition des cancers. De nombreuses substances furent utilisées sur des animaux pour démontrer l’apparition spontanée de cancers. Le Dr Moirot montra plutôt de l’intérêt pour les animaux capables de réduire ou empêcher l’apparition du cancer mais cela intéressa peu les chercheurs car ils étaient payés pour trouver un traitement contre le cancer. Il poursuivit néanmoins ses observations sans l’aide financière des laboratoires. Il observa que les tumeurs mammaires étaient diminuées dans le groupe d’animaux ayant accès au tambour tournant. Cela rejoignait les travaux du biologiste Henri Laborit sur l’inhibition de l’action (voir encadré). Après avoir analysé de nombreux protocoles d’expériences, il découvrit qu’un facteur important avait été totalement oublié ou négligé ; l’animal lui-même. L’animal n’est pas qu’un corps avec des organes. Il est actif, recherche sa nourriture, mange, se défend, se reproduit, se déplace et éprouve des satisfactions sensorielles. Toute entrave qui bloque et freine ces activités essentielles détruisent le sens de la vie. La majorité des expériences sur des animaux ne tenaient pas compte du surpeuplement ou de l’isolement, le manque ou l’excès d’éclairage, les nombreuses manipulations agressives, une alimentation inadaptée, un repos insuffisant, un manque d’exercice, un emprisonnement dans un environnement artificiel, un total manque de stimulations sensorielles positives, etc.

 

Quelques constations :

La souris C-57 BLACK a été immunisée contre le papillome de Shope (cancer de la mamelle). Il a été possible de créer la même tumeur au point de vue histologique par badigeonnage au goudron ou en créant un stress artificiel.

Les porcs nourris à l’engrais développent des ulcères gastriques en relation avec leur nombre.

Les souris CH3 développent des cancers de la mamelle plus rapidement que celles placées dans des cages de huit.

Les poulets industriels enfin sont plus sujets que les autres aux infarctus du myocarde.

 

Dans son livre « Origine des cancers », le Dr Moirot tente de comprendre pourquoi il n’a jamais été possible de découvrir une substance et une méthode capable de cancériser le ver de terre. Pourquoi le lombric n’est-il pas cancérisable alors que les acajous d’Australie transplantés en Europe font des cancers ligneux ? Que deviennent pour le ver de terre les notions de « réalité existentielle vécue » ? Ressent-il l’agression mutilante venue du milieu ambiant comme une marque mortelle ou ressent-il le couteau qui le sectionne comme une stimulation dont chacun de ses tronçons bénéficie ?

Ce médecin scientifique et homme de cœur qu’était le Dr Michel Moirot ajoute qu’il n’est toutefois pas nécessaire d’avoir recours à des expériences sur les animaux pour découvrir l’origine psychosomatique de la cancérisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cancer et communautés religieuses

Pour approfondir ses recherches, le Dr Moirot s’intéressa à des groupes humains vivant ensemble de la même façon depuis des années dans un environnement non pollués (tabac, amiante, benzopyrène, dioxines, etc), sur le même sol, mangeant les mêmes aliments, buvant la même eau et soumis aux mêmes influences telluriques, atmosphériques et climatiques. Il s’est donc adressé aux seuls groupes humains remplissant ces conditions, c’est-à-dire les communautés religieuses. Ces investigations en France, Luxembourg, Espagne et Israël se sont intéressés aux Chartreux, Trappistes, Carmélites, Clarisses, Rédemptoristes.

 

Qu’a-t-il découvert ?

Un pourcentage plus élevé de décès par cancer chez les cloitrés, hommes et femmes, chez qui les règles de vie en communauté sont plus strictes. Il remarqua que le taux de mortalité augmentait vers le Nord, à l’exception de la Corse, seul pays du Sud où les règles monastiques sont aussi sévères que dans le nord. Dans ces cancers, il trouve un taux élevé de cancers du sein, des organes sexuels, de la prostate et du larynx. Il en a déduit que le cancer traduit l’autodestruction d’un sujet somatisé dans un organe cible capable d’incarner cette destruction. Le profil du cancéreux est, remarque-t-il, une rigidité psycho-affective qu’il ne peut éliminer ou changer de peur de se détruire lui-même. Il en conclut : « Le cancer est la somatisation, au moyen d’un vecteur inutile à l’ensemble de l’organisme (donc en dehors du « schéma corporel ») d’une tendance autodestructrice latente chez un sujet mal conditionné au point de vue affectif, et qui se trouve subitement rejeté de la Société où il a été élevé. Ce réflexe de survie est celui-là même qui, paradoxalement, met sa vie en danger. Il va jusqu’à dire : « Si le cancéreux pouvait devenir fou, il guérirait de son cancer ».

 

Sujets observés Mode de vie Sexe Nombre de décès récents Cancers guéris ou non %
Carmélites et Clarisses cloitrées F 626 130 20,76
Religieuses ordres divers Non cloitrées F 135 19 14,07
Moines cloitrés H 179 22 12,29
Religieux (autres) Non cloitrés H 215 10 4,65

 

Le nombre de cancers chez les cloitrés hommes et femmes est plus grand que chez les non-cloitrés. Le pourcentage de décès chez les femmes cloitrées est supérieur à celui des hommes (20,76 contre 12,29). La différence est moindre entre les femmes non cloitrées (14,07) et les hommes cloitrés (12,29) et beaucoup plus importante entre les femmes non cloitrées (14,07) et les hommes non cloitrés (4,65). Pourquoi, se demande le Dr Moirot, le croyant choisit-il le cloitre ou le contact avec la société ? Pourquoi choisit-il des règles strictes psychiques ou physiques ?

Il se demande pourquoi deux sages hindous très connus Ramakrishna et Ramana Maharshi ont tous deux eux des cancers, le premier du larynx et le second de la région scapulaire, vraisemblablement de la tête humérale ? Il étudie également les cas de cancers signalés chez certains personnages historiques : Napoléon Ier (cancer de l’estomac), Sigmund Freud (cancer de la mâchoire), le Président Pompidou (Myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse).

Dans son livre, on trouve quelques cas cliniques de mort par cancer qu’il a pu étudier dans les communautés religieuses mais aussi l’incompatibilité entre le cancer et d’autres maladies.

Dans la préface, le Pr L.-J. Delpech, Professeur à la Sorbonne, Président de la Société française de cybernétique écrit : « Ce livre est à ma connaissance l’effort le plus remarquable qu’on ait fait concernant l’étiologie psychosomatique de la cancérisation, ce qui a apporté à notre connaissance une dimension non encore étudiée sérieusement et digne d’un intérêt qu’il faudrait être de mauvaise foi pour négliger ». En effet, cette dimension nous permet de voir clair là où il faut et, comme le dit l’auteur lui-même, de nombreuses chimères se dissipent !

 

Sources

Michel MOIROT, Origine des cancers – traitement et prévention. Editeur les lettres libres, 1985 (livre épuisé). Téléchargement gratuit du livre Origine des cancers au format pdf : http://www.alasanteglobale.com/moirot.html

Léon Renard, Le cancer apprivoisé – Les ressources insoupçonnées de l’être humain. Editeur Quintessence, 2004 (1ère parution 1990, éditions Vivez Soleil).

Crédit photo Michel Moirot : Bernard Asquin