Comme cela arrive de temps en temps, je m’invite dans ce Cahier Décodages afin d’y proposer une piste de réflexion qui me semble peu ou pas explorée par les « décodeurs » de métier. En l’occurrence, je vais lancer l’idée que le diabète est une maladie de résistance au froid, son sens biologique étant de réchauffer l’organisme par afflux de glucose sanguin.

Plus réel que virtuel

Certes, je ne vais pas réinventer l’eau… chaude. Hormis le Dr Hamer, qui situe le déclenchement du diabète dans un conflit de peur d’un danger et qui attribue ainsi à l’hyperglycémie une fonction purement combative (le sucre dans le sang est censé fournir de l’énergie aux muscles), tous les grands noms du décodage biologique ont déjà souligné que le diabète était également un moyen naturel de résister au froid. Chez l’écureuil arctique et la grenouille du grand Nord, par exemple, l’excès de glucose est une solution de survie qui permet de traverser la rigueur hivernale. Le diabète passager des animaux a une véritable fonction antigel puisqu’il empêche leur eau corporelle de se congeler durant la saison froide. Passant de l’éthologie à la biopsychologie, les experts en décodage en ont également déduit que les diabétiques pouvaient résister ainsi à la froideur. Qui ou quoi m’a glacé le sang ? A quelle atmosphère glaciale dois-je résister ? A ma connaissance, aucun n’a pourtant relié cette réponse biologique à la température réelle, trop occupés qu’il étaient à percevoir qu’un conflit pouvait être virtuel, symbolique ou imaginaire. Ou généalogique, bien sûr. Dans son livre Le Sens des Maux, Bernard Tihon suggère notamment aux thérapeutes de rechercher chez leurs patients diabétiques des mémoires de soldats frigorifiés dans les tranchées. Mais pourquoi les ancêtres et pas nous ? Pourquoi évacuer le froid comme potentiel choc programmant de l’enfance et comme facteur déclenchant plus tard ? Je pose l’hypothèse que le diabète est une réaction adaptative au froid réel, à celui qui s’affiche sur les thermomètres.

Une maladie très nordique

Evidemment, c’est moins une question de degrés que de ressenti. Une personne peut avoir froid par 20° et une autre étouffer sous zéro Celsius. Toujours est-il qu’un ressenti de froideur a plus de chances de se produire quand le mercure descend. A l’appui de mon hypothèse, j’ai consulté les statistiques mondiales sur la prévalence du diabète : il apparaît clairement que celle-ci augmente à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur pour remonter vers le Nord. Elle est de 3% environ en Afrique mais elle dépasse les 8% en Europe. Ce qui est intéressant, c’est que l’Amérique du Nord et la Scandinavie sont moins touchées que, par exemple, la Russie, la Pologne et la Turquie. En apparence, cela contredit mon hypothèse mais cela me semble plutôt la renforcer : la diabète prévaut surtout dans les pays où il est encore possible de souffrir du froid par conjonction de la rigueur climatique et d’un contexte social peu reluisant. Autre fait qui accrédite ma « piste du froid » : la courbe du diabète épouse parfaitement celle du déficit en vitamine D. Moins cette « vitamine du soleil » est présente dans le sang des populations, plus celles-ci risquent de développer le diabète. Or, l’ensoleillement, qui procure les UV bénéfiques, n’est-il pas aussi un vecteur d’infra-rouges réchauffants ? Je formule la sous-hypothèse que les vertus antidiabétiques de la vitamine D sont un effet masquant du véritable remède solaire, à savoir la chaleur qu’il prodigue. Moins on se sent au chaud, plus le cerveau inconscient aurait tendance à convoquer de la chaleur substitutive, en l’occurrence le glucose sanguin.

Frilosité et obésité

Fondée ou farfelue, mon intuition repose aussi sur ce que j’ai observé chez mon diabétique de père. C’était un homme perpétuellement frileux qui ne pouvait sortir en hiver qu’abondamment couvert. A la maison, il trouvait toujours qu’il ne faisait pas assez chaud et remontait le thermostat en catimini. Et par hantise du froid, il se séparait rarement de sa « petite laine ». Bien sûr, on pourrait facilement retrouver, dans sa vie et sa généalogie des prédispositions émotionnelles à la frilosité : enfance peu chaleureuse sans frères ni sœurs, maman peu maternante, décès précoce du père, accueil glacial de sa belle-famille, j’en passe et des plus refroidissantes. Mais j’ai connu ma grand-mère paternelle et sa modeste demeure entièrement chauffée par une cuisinière à charbon. Je mettrais ma main au feu que mon papa, qui avait dix ans au déclenchement de la guerre, a concrètement souffert du froid. En plus de développer un diabète, il était aussi un adulte en surpoids. Pas franchement obèse, mais nettement en infraction avec son IMC. En médecine classique, l’obésité est un facteur de risque du diabète. Pour le biodécodage, la surcharge pondérale signale le plus fréquemment la présence d’un « conflit d’abandon ». Pour ma part, je constate que la graisse offre également une protection concrète contre le froid concret. Si les deux dysfonctionnements sont si souvent associés, n’est-ce pas que le diabète et l’obésité offrent une double réponse à un même ressenti conflictuel ? Je serais très curieux de savoir si l’allergie au froid est significativement plus présente chez les patients obèses et/ou diabétiques.

Le froid et le chaud

Bien sûr, on va m’objecter que le diabète n’est plus une maladie des « pays riches ». Puisqu’elle n’est pas absente du Tiers-Monde et qu’elle se répand à toute allure en Inde et en Chine, l’influence du mode de vie et de l’alimentation semble bien plus évidente que le rôle du froid. Et de fait, l’épidémie s’étend aux pays du Sud à mesure qu’ils occidentalisent leurs habitudes alimentaires. Chez les peuplades de chasseurs-cueilleurs découvrant brutalement la « civilisation », le diabète déboule en force. Il est notoire que quelques mesures diététiques permettent de contrôler la glycémie et il commence à se savoir qu’un régime drastique à base de végétaux crus permet de guérir jusqu’à l’insulinodépendance. (voir le livre « Guérir le diabète en 21 jours », de Gabriel Cousens). Dans une optique holistique, cette voie nutritionnelle permet de résoudre la cause émotionnelle du « conflit de résistance ». Mais je persiste dans mon hypothèse et j’avance une autre explication qui la conforte : le propre des aliments crus, c’est qu’ils sont froids. Or, avant de découvrir la cuisson et le diabète, même les Esquimaux mangeaient exclusivement des aliments froids, du poisson et de la viande crue. Je soumets l’idée que l’alimentation chaude décuple la sensibilité au froid et que celle-ci, sous toutes les latitudes, est un facteur causal du diabète. Dans cette hypothèse, la question à poser aux malades serait : « quel cruel manque de chaleur a pu inciter votre cerveau inconscient à enrichir votre sang de carburant sucré ? ». Merci d’avance aux décodeurs chevronnés de réagir et aux lecteurs diabétiques de partager ce que cette lecture leur aura inspiré.

Yves Rasir

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