Physiologie

Le syndrome du canal carpien se manifeste par des engourdissements et des fourmillements dans les doigts, et par une perte de force musculaire dans le poignet et la main touchés.
Les symptômes résultent de la compression du nerf médian au poignet. Dans le poignet, le nerf médian et les tendons fléchisseurs des doigts traversent un « tunnel » nommé canal carpien. Ce canal est relativement restreint. Toute condition qui réduit cet espace, par exemple de l’inflammation, entraîne une compression du nerf médian. Certains mouvements des doigts, surtout du pouce, se contrôlent alors moins bien, ou plus du tout. Les sensations dans la main peuvent aussi être modifiées.
Le syndrome du canal carpien touche environ 10 % des femmes et 5 % des hommes. Il tend à apparaître soit au début de la cinquantaine, soit passé l’âge de 75 ans. Les symptômes sont d’abord légers et passagers, puis s’intensifient avec le temps.
L’origine du syndrome du canal carpien est souvent multifactorielle. Le risque est plus élevé chez les travailleurs exposés aux situations suivantes : la répétition de mouvements du poignet et de l’avant-bras durant des périodes prolongées. Les mouvements qui demandent une force importante dans la main. Les postures contraignantes pour la main. La manipulation d’outils qui vibrent. A ce titre, on peut citer les métiers à risque suivants : métiers du bois et du bâtiment, travailleurs à la chaîne, travailleurs manuels d’une manière générale, ainsi que certains musiciens.
Pour le moment, on ne sait pas si le travail à l’ordinateur peut contribuer au problème. En effet, les études menées jusqu’à présent n’ont pas établi de lien évident entre l’utilisation régulière du clavier et le syndrome du canal carpien. Cependant, l’usage fréquent de la souris (plus de 20 heures par semaine) augmenterait le risque, selon une étude.
Parmi les autres causes possibles mécaniques figurent les blessures au poignet ainsi que l’arthrite au poignet.

Conflits

Une affection du canal carpien est donc souvent en rapport avec une usure mécanique ou un geste que l’on ne souhaite plus faire, que l’on ne supporte plus de faire !
Sur un plan symbolique, cela peut vouloir dire : « Je dois tout diriger, garder les rênes et cela devient pesant, trop difficile ! » « Il me faut donc accepter de lâcher les rênes. »
Des histoires
Jacques, patron d’une entreprise de maçonnerie qui ‘il a créée et développé tout au long de sa vie, approche de l’âge de la retraite. Il a de plus en plus de mal à travailler dans son domaine, son corps est naturellement usé par les efforts incessants. Il passe le plus clair de son temps à conduire des engins de type camion ou pelles mécaniques. Transmettre son entreprise est devenu un sujet de préoccupation crucial dans son existence. Pour rembourser sa dette, sa fille aînée avait épousé il y a quelques années un maçon italien. Jacques n’ayant pas eu de garçon, il avait été décidé à l’époque que son gendre italien reprendrait l’entreprise, quand ce serait le moment. Seulement, Jacques était particulièrement perfectionniste. Il travaillait sur des chantiers plutôt hauts de gamme techniquement et à plusieurs reprises, il n’avait pas jugé son gendre digne de lui succéder. C’est à partir de là que le mal s’installa sournoisement. Maintenant, alors qu’il rêvait de passer sa retraite en Italie dans sa maison de campagne, il avait le sentiment de se trouver dans une parfaite impasse : je veux lâcher les rênes mais je ne peux pas. Je n’en peux plus de ce travail, je ne veux plus conduire cette entreprise mais à qui la confier ? En quelques mois, le rétrécissement de son canal carpien devint pour lui une source de douleurs insurmontables. Bien que redoutant des lendemains qui ne chantent guère, il finit par se résoudre à l’opération… Etait-ce le fruit de la seule usure mécanique ?
Jean , chirurgien, estime qu’il n’a pas d’autre choix que de se faire opérer du canal carpien En discutant avec lui, je note que, comme par hasard, les douleurs se sont particulièrement développées récemment, au moment où, se rapprochant de la retraite, il doit confier, lui aussi, les rênes du service de la main qu’il a créé et anime depuis des lustres dans le même hôpital. Là aussi, même question que dans le cas précédent… Qui est venu en premier de la poule ou de l’œuf ? Notre point de vue devrait être que, dès lors que les histoires entrent en correspondance avec la symbolique, elles ont leur rôle indépendamment de la partie mécanique des choses. La prise de conscience a dès lors de bonnes chances de se révéler bénéfique.

Pour conclure

Comme d’habitude, en cas d’atteinte du canal carpien, il faudra d’abord chercher les raisons mécaniques qui auraient pu entraîner le problème, notamment pour les travailleurs manuels, et lorsqu’elles ne seront pas concluantes, on ira chercher les clefs de compréhension dans la symbolique et les histoires passées. On pourra également se demander quel mouvement je ne supporte plus de réaliser.

Emmanuel RATOUIS