Physiologie du cheveu

Nous possédons pas moins de 100 000 (pour les moins fournis d’entre nous) à 200 000 cheveux (pour les plus nantis). Leur fonction principale est de protéger et d’isoler la tête du froid. Un cheveu se compose de deux parties :
la tige qui émerge à la surface du cuir chevelu (partie visible) et qui est biologiquement morte.
la racine implantée dans le follicule pileux qui constitue l’unité de production du cheveu. Le follicule pileux comporte, à sa base, le bulbe où aboutissent de petits vaisseaux chargés d’apporter les nutriments et l’oxygène nécessaire à la croissance et l’entretien du cheveu. C’est à ce niveau qu’est sécrétée la kératine, une protéine fibreuse qui compose le cheveu et le rend extrêmement solide . Au dessus du bulbe, se trouve la glande sébacée à l’origine de la sécrétion de sébum qui lubrifie en permanence le cheveu. Le lavage journalier abîme le cheveu et le cuir chevelu en augmentant la production de sébum. Le rôle du sébum est de protéger le cuir chevelu. En somme, plus on fait de shampooings, plus on a besoin d’en faire.
Le cheveu est un élément à part entière du corps , et sa santé dépend de l’état de santé général (nutrition, stress, etc)

Perte des cheveux

Un individu moyen perd environ 60 cheveux par jour en automne, 45 au printemps, et de 20 à 25 en hiver et en été. Un cheveu vit en moyenne 6 ans. Chez la femme, la durée du cycle de croissance est de quatre à sept ans, contre deux à quatre chez l’homme. Les cheveux poussent plus vite chez la femme que chez l’homme. Lorsqu’un nombre supérieur à 125 cheveux par jour est perdu, c’est qu’il y a un souci (ou un programme particulier) !
Si l’on a montré l’importance de la testostérone comme facteur de perte des cheveux, la plupart des alopécies restent une énigme pour la médecine. Voici donc nos hypothèses…

L’alopécie féminine ou le conflit de la renarde(1)

Il existe une période de la vie de la femme souvent marquée par une forte augmentation de la perte de ses cheveux. C’est la période qui suit l’accouchement. On associe généralement ce phénomène à la fatigue ou la dénutrition (allaitement). Cependant, nombre de femmes épuisées durant cette période ne perdent pas leurs cheveux !
Dans la nature, c’est le comportement de la renarde qui nous permet de comprendre ce phénomène. Lorsque celle-ci est sur le point de mettre bas et une fois que la portée est arrivée , elle s’arrache régulièrement ses propres poils afin de les utiliser pour faire un nid le plus douillet et le plus chaud qui soit. Il s’agit donc de protéger (cocooner) au mieux ses enfants. Ainsi, la perte des cheveux de la femme traduit un besoin inconscient d’apporter une forme de protection supplémentaire au nouveau-né afin d’être sûre de bien l’accueillir. L’alopécie chez la femme peut donc renvoyer aux questions suivantes : « Quelles sont mes angoisses vis-à-vis de mes enfants ? Ne suis-je pas une mère surprotectrice ? N’y aurait-il pas dans ma généalogie des enfants mort-nés ou des enfants morts jeunes suite à une négligence parentale ? »

La calvitie ou le conflit du vautour

La calvitie se traduit par l’apparition de zones dénudées sur le crâne. En quoi le fait d’avoir le crâne dénudé peut-il être une solution biologique de survie ? Un animal a le crâne chauve, c’est le vautour. Sa particularité, c’est d’être un charognard. Avec sa tête dégarnie et profilée, c’est extrêmement pratique pour pénétrer très loin dans les entrailles des cadavres dont il extrait sa nourriture. Sans prétendre expliquer de manière exhaustive les causes de la calvitie on peut tout de même rechercher des mémoires de cadavres. Un ami atteint de calvitie précoce me raconta que ses parents avaient dû rapatrier eux-mêmes, sur la banquette arrière de leur voiture (sur un long trajet), le cadavre de leur jeune enfant mort à l’hôpital (sans tout à fait comprendre les causes de sa mort) . C’est comme s’il eût mieux fallu fouiller dans ses entrailles pour élucider les raisons de son décès, étape nécessaire pour faire le deuil. Sauf que la biologie ne connaît pas les scanners et autres technologies médicales pour explorer l’intérieur du corps ! Mon ami, donc le frère de cet enfant mort, naîtra quelques années après ce drame et sera atteint plus tard de calvitie précoce….

Approche symbolique (2)

Les cheveux symbolisent la force vitale. En naturopathie, la beauté du cheveu (épaisseur, luisance…) est un critère de vitalité. Paradoxalement, un taux de testostérone élevé (hormone de la puissance masculine et de la force ) est associé en médecine à la calvitie. Pourtant, dans la bible , Samson, le héros solaire, est rempli d’une force extraordinaire et le secret de sa force réside dans sa chevelure qu’il coiffe en sept tresses (symbole des sept planètes dont le soleil est le centre). En hébreu, le cheveu, dont la racine est « shâar » ou « sâar », signifie déchainer, tourbillonner, assaillir. Le même mot désigne à la fois le cheveu et la tempête. Ainsi, le cheveu est sensible aux tumultes, au fait d’être assailli. D’ailleurs, après une altercation, si la personne n’a pas de blessure, le signe de la querelle sont les cheveux en bataille. On peut en déduire que la perte des cheveux concerne à la fois la peur et le refus de se battre. (Abdiquer, refuser l’affrontement).
« Elle endormit Samson sur ses genoux, appela un homme et lui fit raser les sept tresses des cheveux de sa tête. Ainsi , elle commença à le dominer et sa force se retira de lui » (Juges 16 :19).
La perte des cheveux nous parle donc aussi d’un état de soumission ou de résignation pouvant être associé à un sentiment de culpabilité et une inquiétude pour autrui (peut-être ceux que l’on veut protéger).

Jean-Brice Thivent

  1. D’après les travaux de Gérard Athias
  2. inspirée de Georges Lahy , « La voix du corps »
jeanBriceThiventPraticien–naturopathe et consultant en bio-décodage, Jean-Brice Thivent dirige avec cette double approche la « Formation Alsacienne de Naturopathie et de Psychobiologie ». Conférencier- formateur, il anime aussi (dans l’Est de la France) des séjours de détoxination par le jeûne. Son ambition : donner les moyens à chacun de devenir acteur de sa santé. Il est aussi l’auteur du livre « De l’homme dévitalisé à l’homme vivant », aux éditions Néosanté. Infos : www.alsace-naturo.com
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