Qu’est-ce qu’une blessure narcissique ? En psychologie freudienne, cette expression désigne une profonde altération de l’estime de soi.  C’est en quelque sorte une blessure d’amour propre suffisamment grave pour perturber l’équilibre psychique d’un individu. Mais cette notion a également fait carrière dans une toute autre discipline, l’histoire des sciences. À la suite de Sigmund Freud, on parle en effet de « blessure narcissique » pour évoquer les grands tournants qui ont jalonné l’évolution des connaissances scientifiques et qui sont autant de « ruptures épistémologiques » à l’origine d’une désillusion de l’être humain, lequel a vu s’effondrer sa vision anthropocentrique de l’univers. En clair et sans jargonner davantage, ce sont les étapes qui ont fait comprendre à l’Homme qu’il n’était pas le nombril du monde !  Selon l’inventeur de la psychanalyse, ces grands virages historiques sont au nombre de trois : avec Copernic, on prend d’abord conscience que la terre n’est pas au centre du cosmos puisque c’est elle qui tourne autour du soleil et non l’inverse ; grâce à Darwinn, on réalise ensuite  qu’Homo Sapiens est le fruit d’une longue évolution et qu’il n’est donc qu’un animal comme un autre, ni inférieur ni supérieur ; Enfin, la découverte par Freud lui-même que le bipède humain n’est pas maître de son cerveau et qu’il est largement guidé par sa partie inconsciente constitue une troisième et fatale blessure narcissique. Depuis une centaine d’années, plus personne ne peut croire en la toute-puissance d’une créature déconnectée de la nature, d’un habitant de la terre affranchi de toute contingence terrestre. L’avènement de l’écologie peut être vu comme le couronnement  de ce triple processus cognitif.

Et si ce n’était pas fini ? Et si nous étions en train de vivre une quatrième mutation des connaissances nous infligeant une nouvelle blessure narcissique ? Je me la pète un peu car je ne suis pas un historien des sciences, mais il me semble que c’est bel et bien le cas : les découvertes récentes et actuelles sur le microbiote ressemblent furieusement  à une nouvelle étape majeure de l’intelligence humaine. Depuis quelques décennies, on sait que nos intestins et d’autres endroits du corps (bouche, nez, peau, vagin…) abritent une flore microbienne extrêmement riche et nombreuse. Pensez : Il y a dix fois plus de bactéries dans nos entrailles que de cellules dans notre corps ! Et depuis quelques années, on mesure à quel point les micro-organismes qui nous habitent impactent notre fonctionnement physiologique et conditionnent notre santé, tant psychique que somatique. Mais depuis peu, un saut vertigineux vient encore d’être accompli : les scientifiques spécialisés dans ce domaine nous disent que le microbiome – autrement dit l’ensemble des gènes codant le microbiote – représente 99% de notre génome total ! Ça veut dire qu’un pourcent à peine de notre « moi » nous appartient vraiment, et que tout le reste est la propriété des germes que nous véhiculons.  Même dans notre minuscule valise héréditaire personnelle, il y a encore un dixième de gènes d’origine virale ou rétrovirale, donc qui ne sont pas vraiment à nous. Autrement dit, les singes que nous sommes sont très majoritairement composés d’un patrimoine génétique étranger ! Il n’est donc par étonnant que, selon les dernières recherches de pointe, le microbiome exerce une influence colossale sur l’être humain : pas seulement sur son écosystème intestinal et son système immunitaire, mais aussi sur son fonctionnement cérébral, ses capacités mentales, sa mémoire, ses émotions, bref sur tout ce qui définit la personnalité individuelle. Comme le postulait déjà la biologiste Lynn Margulis dans son livre « L’univers bactériel », le microcosme  dont nous sommes le produit nous manipule et nous gouverne à notre insu.

Et maintenant qu’on le sait, qu’est-ce qu’on fait ? C’est bien là toute la question. Après un bon siècle de délire pasteurien, la médecine semble tout doucement comprendre que l’équilibre de la flore bactérienne est une clé de santé cruciale. Hélas, elle persiste à faire un tri manichéen entre « bonnes » bactéries symbiotiques et « mauvaises » bactéries pathogènes,  tout en hésitant entre la voie probiotique et la fuite en avant antibiotique. Toujours empêtrée dans une vision guerrière, elle part du principe qu’il faut lutter contre les agents infectieux impliqués dans l’apparition des maladies. Selon ce schéma, une infection microbienne vectrice de symptômes participe forcément d’un mécanisme morbide. Or c’est exactement le contraire, comme le démontre la médecine nouvelle du Dr Hamer à travers deux de ses lois, celle de l’évolution biphasique des maladies et celle du système ontogénétique des microbes. Sauf exception, les micro-organismes opèrent en phase résolutoire du conflit psycho-émotionnel causal et sous le contrôle du cerveau archaïque qui les « dispatche » dans les tissus lésés. Leur mission première n’est pas de nuire mais de réparer ce qui peut l’être en restant au service de la vie.  Ça veut dire quoi ?  Ça veut dire que la blessure narcissique n’a pas lieu d’être puisque l’être humain n’est pas le jouet des bactéries et qu’il demeure au volant de son véhicule corporel. C’est son pourcent de génome qui pilote véritablement et non les 99% de passagers microbiens. Mieux : la science épigénétique montre que l’environnement et le mode de vie sont bien plus déterminants que les gènes, et donc que les choix et le libre-arbitre priment dans le devenir d’un individu. En d’autres termes, ce ne sont  ni les germes  ni les gènes qui font la loi et qui décident d’une bonne ou d’une mauvaise santé.  S’il n’est pas le maître du monde, l’Homme peut demeurer maître chez lui et maître de lui.

Encore faut-il soigner la quatrième blessure efficacement. Comment ? En assumant notamment le fait que les bactéries ont tout pouvoir à l’aube de notre existence. À la naissance, nous n’avons pas le permis de conduire et c’est le microbiome qui est à la manœuvre. Il faut lui faire confiance et lui permettre de se déployer dans l’habitacle corporel. C’est pourquoi les multiples agressions vaccinales, les antibiothérapies et les soins antiseptiques de la petite enfance sont des aberrations à oublier d’urgence. Et vu que notre conducteur bactériel prend place à l’accouchement, ce dernier devrait être aussi naturel et maternel que possible. Idéalement, les femmes devraient engendrer à la maison et toujours par voie basse car c’est la mère qui transmet le viatique microbiotique à ses petits, essentiellement via sa flore vaginale. Plutôt que d’argumenter en ce sens, je vous partage ci-dessous un article rédigé par un journaliste américain, Sayer Ji, qui dirige le site d’information GreenMedInfo.  Dans ce texte consacré à la révolution du microbiome qui « pulvérise l’ego »  (une autre façon de dire qu’elle nous inflige une sévère blessure narcissique), mon confrère écrit en substance que ce changement de paradigme sonne également le glas de la société patriarcale et de ses dogmes misogynes. Tandis qu’elle rend justice aux femmes, la quatrième blessure entraîne une cinquième pour la moitié du genre humain se croyant naïvement supérieur…

 

Yves Rasir

Comment le microbiome pulvérise l’égo, la politique des vaccins, et même la société patriarcale

La (relativement) récente découverte du microbiome n’a pas seulement complètement redéfini ce que signifie être humain, avoir un corps et vivre sur Terre, mais elle remet fondamentalement en question des croyances et des systèmes qui ont perduré pendant des siècles.

Il y a dcu hangement dans l’air. Une complète remise en question de la définition même de notre « espèce », tout comme notre relation aux « microbes ». Malgré un engouement certain pour la vie intérieure de nos entrailles, les conséquences de ce bouleversement ne sont pas encore reconnues à leur juste valeur.
Tout a commencé avec la découverte du microbiome, un terme qui ne reflète malheureusement pas l’insondable diversité des micro-organismes qui le composent et dont le poids tourne autour d’un kilo et demi dans un corps humain moyen. C’est une véritable révolution copernicienne en marche car il ne s’agit ni plus ni moins que d’un nouveau fondement génétique et épigénétique pour définir, au sens biologique du terme, ce qu’est un être humain.
Le « microbiome » devrait même s’appeler « macrobiome », vu la densité de l’information génétique abritée par nos hôtes microscopiques et leur immense contribution aux fonctions fondamentales de la digestion et de l’immunité ainsi qu’aux fonctions cérébrales.
Enlevez les milliers de milliards de virus, bactéries et champignons qui coexistent avec nos cellules humaines (on appelle ça un holobionte) et il ne reste plus que 1% de tout le matériel génétique qui nous a fait traverser des centaines de millions d’années d’évolution. Un petit pourcent, ce n’est pas grand-chose pour nourrir l’égo, d’autant que celui-ci doit son existence à ce qu’on croyait auparavant être les méchants « agents infectieux ». Pire : cette contribution de 1% d’ADN au matériel génétique collectif de l’holobionte a, pour au moins 8%, une origine rétrovirale (oui, la même catégorie que l’HIV) !

Nous contre eux ?

Maintenant que nous avons redéfini, ou du moins perçu avec un peu plus de véracité, l’objet de la responsabilité fondamentale de la médecine moderne (càd le corps humain) en considérant que les « microbes » font partie de nous, il va falloir s’attaquer à la théorie sur les microbes. Celle-ci prône en effet de différencier les « bons » microbes qui sont nous-mêmes, des « mauvais », les autres, que nous devons combattre à coup d’antibiotiques et de vaccins.
Nos lecteurs savent très bien qu’aujourd’hui, le climat politique est unilatéralement pro-vaccins, avec des gouvernements qui durcissent les lois en faveur de la vaccination obligatoire. L’explication est connue : on ne peut protéger un hôte sain (lire : sans microbes) des microbes mortels qu’en lui injectant des morceaux de microbes morts, affaiblis ou génétiquement modifiés, afin de « prévenir », en théorie, de futures expositions et infections. Ce concept est bien sûr simpliste : en faisant un peu de recherche, on s’aperçoit qu’il n’a jamais été formellement prouvé et n’a aucun fondement scientifique.
Mais les implications intellectuelles du microbiome vont bien plus loin que la remise en question de la théorie sur les microbes, la politique de vaccination et la culture du fondamentalisme médical qui sous-tend ces constructions mentales…

De l’origine maternelle de la santé et de l’identité de notre espèce

Le microbiome a en effet taillé en pièces un préjugé patriarcal sournois concernant la contribution et l’importance relative de l’homme et de la femme dans la santé et in fine la perpétuation de notre espèce. Depuis un certain temps, on sait que seules les femmes passent l’ADN mitochondiral à la génération suivante. Ceci fait basculer en leur faveur la contribution à l’information génétique (le siège de notre humanité, de l’identité de notre espèce, non ?) de leur descendance. Le microbiome, lui, va encore accentuer cette asymétrie dans l’influence de l’hérédité. Comme nous sommes tous conçus pour une gestation dans l’utérus et une naissance par le vagin, et comme le microbiome des nouveau-nés en provient, on peut en conclure que la plupart de l’information génétique de notre holobionte est d’origine maternelle. Même si les colonies originelles évoluent au gré des nouvelles souches microbiennes acquises au cours de la vie dans différents environnements, le terrain de base, et donc la direction que prendront les évolutions futures, sont du fait de la mère – sauf en cas de césarienne.
En résumé, si 99% de ce que signifie être humain est basé sur le microbiome, et si la mère contribue pour la plupart – sinon pour la totalité – du matériel de départ, ou du moins le point de départ et la trajectoire des changements à venir de ce terrain, alors la contribution de la mère est bien plus importante que celle du père. Les conditions de la gestation (importantes à cause de la circulation intra-utérine de microbiome, de la mère au fœtus), l’état de santé général de la mère et la façon de donner la naissance (à la maison ou à la maternité) prennent une importance bien plus grande que ce qu’on imaginait auparavant. En d’autres termes, une naissance par césarienne à la maternité assortie de vaccination produira, génétiquement et épigénétiquement, un être humain si différent – qualitativement – d’un autre né de façon naturelle à la maison, qu’ils pourraient quasiment être classifiés comme deux espèces différentes, bien qu’ils partagent tous deux un ADN eucaryote presque identique (souvenez-vous, seulement 1% de l’holobionte).

Le féminisme commence à la naissance

Les interventions obstétriques sont l’expression archétypale d’une approche dominée par les mâles qui vise à contrôler l’expérience de la naissance chez les femmes, en ignorance totale des conséquences pour la santé de notre espèce. La protection de la santé et la prévention des maladies commencent dès l’origine du microbiome, favorisé au maximum par une naissance naturelle à la maison. On l’estime mille fois plus sûre qu’une naissance à la maternité, malgré la propagande qui clame le contraire. Du point de vue du microbiome, le rôle masculin de protection de la santé des femmes des enfants va donc diminuer en importance, pas seulement professionnellement et médicalement, mais aussi biologiquement. Tout d’abord, examinons de plus près l’origine ancestrale des disparités psycho-spirituelles entre l’homme et la femme, qui influencent aujourd’hui encore la pratique de la médecine.
Depuis l’aube des temps, les hommes auraient envié le rôle créateur des femmes dans la conception, la grossesse, la naissance et la prise en charge des enfants. Erich Fromm décrit aussi les implications psycho-spirituelles pour les hommes, de cette disparité existentielle d’origine biologique en l’appelant « l’envie de l’utérus ». Le passage de la Bible où Dieu prend une côte à Adam pour « créer » Ève est exemplaire en ce sens : c’est un renversement évident de l’ordre naturel des choses, qui reflète l’impuissance inhérente que ressentent les hommes qui savent que leur pouvoir créateur est d’importance secondaire. On a dit à juste titre que le plus grand pouvoir dans l’univers est de créer la vie – c’est peut-être pourquoi on l’attribue à Dieu. Et le second plus grand pouvoir est celui de retirer la vie. Ce n’est donc pas une coïncidence que l’histoire, depuis qu’on la décrit, est largement faite de guerres, d’hommes qui « créent du sens » en en tuant d’autres et en établissant un système de symboles destiné à s’approprier par procuration le pouvoir créateur latent de chaque corps de femme. Voilà pourquoi, dix mille ans après, dans un monde gouverné par les systèmes religieux et culturels monothéistes dominés par les mâles, les faits biologiques semblent bouleverser ces systèmes de croyances inconscientes pour faire éclater la vérité ancestrale : les femmes sont fondamentalement supérieures aux hommes. Certes, il ne faut pas utiliser cette supériorité contre le « sexe faible » (les hommes), mais plutôt montrer une plus grande prise de responsabilité, voire un plus grand besoin d’associer les hommes pour accomplir les tâches ensemble, comme c’est inscrit dans l’ordre naturel des choses.
Le processus de la naissance a également été décrit comme ce qui est le plus proche de la mort sans mourir. C’est d’ailleurs ironique que l’anesthésie, qu’on peut aussi décrire de cette manière, rende possible des interventions obstétriques comme la césarienne ou l’épidurale, en niant l’expérience spirituelle de la naissance et le pouvoir créateur de la femme. L’expérience de la naissance offre aux femmes une plongée dans l’ « entre-deux » et une expérience directe de la Source. Les hommes, eux, devront se contenter des techniques chamaniques pour y accéder.
Il est donc clair que la protection du microbiome est d’une importance capitale si la santé de nos générations futures est une priorité. Car assurer la santé de nos descendants est peut-être notre impératif évolutionnaire le plus fondamental. Comment y parvenir ? Le microbiome est en fin de compte une palette de micro-organismes en nous qui proviennent au départ de l’environnement : dans l’air que nous respirons, le sol que nous foulons, ainsi que l’eau et la nourriture que nous ingérons, évidemment. Cela signifie tout simplement que nous ne pouvons vivre dans notre bulle hermétique de nourriture bio et certifiée non-OGM, alors que la planète entière continue à faire ses courses au supermarché de l’enfer post-industriel. Notre responsabilité s’étend au monde entier, et nos choix prennent une tout autre dimension par rapport à nos défis fondamentaux : les multinationales qui massacrent la biodiversité microbienne et qui bombardent de pesticides des champs agricoles bourrés d’OGM sont les mêmes qui nous fournissent en marques bio pour nous donner bonne conscience. Nous devons augmenter d’un cran notre activisme en arrêtant les mesures palliatives qui ne changeront pas grand-chose à terme.

Lorsque nous interagissons avec la nature, lorsque nous honorons et reconnaissons notre ignorance par rapport au système complexe que nous partageons tous, nous contribuons à raviver une santé vitale qui nous semble encore hors de portée. Toutefois, en développant les technologies qui font la guerre aux microbes et aux organismes, nous échouerons à coup sûr et nous paralyserons non seulement notre espèce, mais nous brûlerons aussi notre maison.

Sayer Ji (Traduction : Hughes Bellin)