A l’évidence, la péridurale, utilisée en obstétrique pour soulager la parturiente au cours du travail et de l’accouchement est, sans conteste, une victoire gagnée sur la souffrance. Il n’est pas de notre propos d’établir un réquisitoire contre cet usage et ce confort.

Mais à chaque progrès son revers de médaille. Avoir recours à l’analgésie sous péridurale est une chose acquise ; en évaluer les conséquences et savoir les traiter, c’est autre chose.

Selon les médecins-anesthésistes, le seul gros risque dans l’infiltration de l’espace épidural est de réaliser une brêche de la dure-mère (1) qui aurait pour conséquence des céphalées (maux de tête) consécutives à la fuite du liquide céphalo-rachidien.

Mais les effets secondaires, directs et indirects, ne semblent pas se restreindre à cet avis. Nous traitons, bon an mal an, une centaine de patientes en post-partum, patientes dont les troubles sont directement liés à l’usage de la péridurale. Ecoutons leurs doléances :

– « j’ai l’impression de ne plus avoir de force dans les jambes ; j’ai les reins en compote ; mon bébé est trop lourd, je n’arrive plus à le porter ; je n’arrive pas à récupérer de mon accouchement ; je n’étais pas sujette aux maux de tête avant… ».

Les motifs de consultations, après un accouchement sous péridurale, constituent un tableau clinique pratiquement constant, à savoir :

maux de dos divers céphalées, nouvelles ou augmentées asthénie, tant sur le plan physique que psychique

Comment peut-on tenter d’expliquer les effets secondaires ressentis quelques temps après une péridurale ?

Il y a d’abord l’hyperpression générée par l’injection d’une certaine quantité de liquide dans un espace qui n’est pas anatomiquement conçu pour cela.

De plus, l’introduction de la première aiguille, de par sa taille, crée un stress au niveau des tissus traversés, ainsi qu’un spasme local musculo-ligamentaire qui va entraîner un positionnement adaptatif de L2 par rapport à L3 (ou L3 par rapport à L4).

Enfin, la piqûre réalise un shunt énergétique du point 4 du vaisseau Gouverneur « Tou Mo ». Ce méridien (pour résumer) dont l’énergie ascendante part du coccyx et se termine au maxillaire supérieur, en suivant la ligne des épineuses, gouverne la force et l’activité physique et mentale.

A l’évidence, ce sont là des pistes de réflexion pour tenter d’expliquer ce que nous constatons cliniquement depuis plus de 15 ans. Et c’est cette expérience de terrain qui ouvre une brêche dans l’attitude globalement minimaliste du milieu médical quant aux effets secondaires vécus et décrits par nos patientes.Le rôle de l’ostéopathe, en tant que praticien de 1er rang, est de savoir renseigner sa patiente sur l’origine réelle des symptômes ressentis, de faire le diagnostic d’exclusion parmi d’autres étiologies possibles (bon nombre des patientes connaissent déjà des problèmes de dos ou autres avant leur première grossesse) et d’être en mesure de proposer une solution de traitement.

Le drainage isothérapique séquentiel (à base d’homéopathie) semble s’imposer, à la lumière de plus de 15 années d’expérience, comme le moyen le plus sûr pour faire en sorte que les corrections ostéopathiques réalisées ne restent pas vaines, évitant ainsi de constituer le lit d’une symptomatologie récurrente.

Encore une fois, la péridurale n’est pas responsable de tous les maux, mais si elle reste ignorée dans la génèse des problèmes que nous soumettent ces femmes quotidiennement, cela peut faire échec aux traitements manipulatifs plus classiques proposés par d’autres praticiens. Ce que nous constatons régulièrement.

 

Conclusion

L’analgésie sous péridurale en obstétrique s’étant largement répandue et généralisée depuis 20 ans, il nous a paru intéressant d’alerter nos confrères et nos patientes sur la nécessité d’aborder différemment les dysfonctions algiques après accouchement.

En tant que praticien de 1er rang, nous nous devons d’offrir à nos patientes une réponse rapide, adaptée à la pluralité du profil étio-pathogénique.

La technique de drainage isothérapique séquentiel rétrograde, élaborée par le Docteur Jean ELMIGER dans les années 70, s’impose de plus en plus par son efficacité à « lever » les verrous occasionnés par des toxémies modernes diverses, non reconnues ou volontairement occultées et aux effets intercurrents.

La péridurale est l’un de ces verrous posés ultimement sur le passé de l’individu. A nous, praticiens exclusifs, de savoir évoluer avec notre temps et de pouvoir proposer au moment idoine le traitement et/ou le conseil qui va répondre de la façon la plus ajustée qui soit à la demande et au besoin de nos patient(e)s.

(1) Dure-mère : l’une des 3 méninges, la plus épaisse, qui tapissent l’axe cérébro-spinal.

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Toutes les notions abordées dans ce condensé connaissent un développement plus circonstancié dans l’essai intitulé « Ostéopathie et analgésie péridurale », par Gilles Canvel, ostéopathe D.O agréé. Et disponible sur le site (au choix) de la revue Néo-Santé, du S.N.O.F, ou par le biais du moteur de recherche « Google » en tapant « ostéopathie et péridurale ».