Si les sportifs sont fréquemment sujets à des ennuis musculaires, comme les claquages, reflets de leur dévalorisation sportive, les autres aussi n’échappent pas aux pathologies musculaires de toutes sortes. Que veulent nous dire nos muscles quand ils nous parlent ?

Le jour où Micheline a été clouée sur place

Dès avant sa conception, il n’y avait pas de place pour Micheline, qui était attendue en garçon : c’est Michel que les parents, et surtout le père, voulait. Qu’aurait-elle pu faire face à cela ? Rien. Impuissance totale et aussi dévalorisation de n’être qu’une femme. A défaut d’être un homme, elle a reçu le nom d’une locomotive : il faudra donc qu’elle avance et qu’elle tire les autres. Pendant l’enfance, elle est une première fois clouée sur place par la maladie, ce qui lui sauve la vie, car sinon elle partait avec l’oncle pédophile, le monstre de la famille qui agit en toute impunité et face à qui un enfant est tout petit. Adulte, elle vivra le plus grand des drames, la mort d’un enfant nouveau-né, ce qu’elle ressentira avec une profonde culpabilité, beaucoup de dévalorisation et en totale impuissance : elle n’a pas pu sauver son enfant de la mort, et de plus, elle ne pourra pas faire les démarches du deuil et restera clouée sur place face à son mari qui brûle les affaires de l’enfant mort sans lui avoir demandé son avis. Depuis lors, Micheline souffre de myopathie.

La maladie

La myopathie est le nom générique donné aux affections des fibres musculaires. Certaines myopathies débutent dans l’enfance, comme par exemple la myopathie de Duchenne. Les autres débutent à l’âge adulte. Il y en a de trois types : myopathie dégénérative, myopathie métabolique, due à une perturbation biochimique entravant périodiquement le fonctionnement des muscles, occasionnant à ce moment paralysie, crampe ou insuffisance musculaire, et enfin myopathie secondaire à une intoxication, à la prise de certains médicaments ou à une affection endocrinienne, comme par exemple la maladie de Basedow qui touche la thyroïde, entraînant une faiblesse progressive des muscles.

L’étymologie

Le préfixe « myo » vient du grec « mus » = muscle. Le suffixe « pathie » vient du grec « pathein » = souffrir, ressentir. La myopathie est bien l’affection de ceux qui souffrent, qui ressentent, donc qui sont en conflit, dans leurs muscles. De plus, le mot myopathie a la particularité d’être composé d’un préfixe et d’un suffixe, une chose qui vient avant et une chose qui vient après, le mouvement et le temps sont des éléments importants dans cette maladie.

L’écoute du verbe

Myopathie = mis / au / pas / ti = tu es mis au pas, tu dois freiner. Il y a un ralentissement du mouvement.
Myopathie = mis / haut / pas / ti = celui qui est mis haut, qui est valorisé, ce n’est pas toi. Il y a donc aussi dévalorisation de celle ou celui qui doit ralentir.

Sens biologique

La myopathie est la conjonction de plusieurs conflits : impuissance, dévalorisation et déplacement horizontal (le présent qui défile). C’est se sentir incapable d’effectuer une action, ou entravé dans l’action que l’on veut effectuer, parce qu’on n’a pas la force, la puissance musculaire requise. Le conflit sera affiné en fonction des muscles qui sont précisément atteints et de leur fonction particulière. Claude Sabbah, au cours de son séminaire de base, compare la myopathie à la sclérose en plaques pour bien montrer que la première concerne des conflits de « jet », on est dans le présent, voire dans le passé, avec une notion de remords, alors que la seconde concerne des conflits de « pré-jet », on est dans le futur et dans la peur, l’ordre d’effectuer le mouvement n’est pas encore donné. Dans le cas de la myopathie, l’ordre d’agir est déjà donné par le nerf au muscle, il ne reste plus que le muscle comme dernière solution de survie pour l’arrêter. Le sens de la maladie est donc d’arrêter le mouvement, qu’il ne soit plus effectué, par destruction du muscle. Une immobilisation forcée comme solution, par exemple pour une épouse qui est dans l’hyper stress de garder son mari volage au foyer, ce n’est pas du futur, c’est du présent, il est tous les jours parti et il rentre tard, d’où l’idée de lui faire un enfant pour le fixer à la maison. Le sens de la vie de cet enfant sera d’être porteur du projet maternel, de trouver une solution au conflit de sa mère et il déclenchera un jour la maladie suite à un conflit personnel du même type.

Parmi les autres cas de figure, on relèvera aussi les situations où il faut faire deux choses en même temps, ce qui est impossible par essence, et qui est propice à susciter l’impuissance et la dévalorisation pour qui veut ou doit quand même le faire. Enfin, on notera que les manifestations de la maladie (perte de force due à la nécrose des fibres musculaires) constituent souvent un conflit verrouillant et autoprogrammant, le malade entrant dans un cercle vicieux où la maladie elle-même le rend toujours plus impuissant.

La guérison

La myopathie n’aura plus de sens lorsque le conflit qui est à son origine sera solutionné. Mais souvent la personne est prise dans un conflit en balance, alternant phases de conflit actif et phases de guérison. Cela a été le cas de Micheline pendant longtemps, jusqu’à ce qu’elle termine enfin, vingt ans après, le deuil de son enfant mort et qu’elle mette en place des solutions durables avec son mari et sa famille où elle ne soit plus dans la dévalorisation ni l’impuissance. Maintenant, elle peut tranquillement reconstruire sa musculature, qui lui permettra de prendre sa place de femme, avec ses mouvements, dans l’espace et le temps.

Bernard Tihon

bernardTihonExerçant la profession de juriste, Bernard Tihon s’est intéressé au sens des maladies pour des raisons de santé personnelle. Formé à la biologie totale et au décodage des maux, il a collaboré plusieurs années au mensuel belge BIOINFO avant d’intégrer l’équipe de NéOSANTé. Il est l’auteur de l’ouvrage « Le sens des maux », Tomes 1, 2 et 3, publiés aux éditions Néosanté. www.bernard-tihon.be