ll est peu probable qu’on puisse un jour écrire l’Encyclopédie universelle du Décodage définissant le conflit à l’origine de chaque symptôme physique, psychique et comportemental. La notion d’invariant conflictuel est sûrement une illusion, considérant la complexité de la biologie et surtout la spécificité de chaque personne, de son histoire et de ses réactions.
Cependant il semble qu’on puisse définir quelques constantes et mettre certaines choses en équation, à condition bien sûr que le symptôme soit psychosomatique puisque ce n’est pas toujours le cas.

La peur

À bien y réfléchir, toutes nos difficultés existentielles – conscientes ou inconscientes et leurs conséquences sur notre vie ou notre santé – sont finalement dues à une élévation de notre niveau de stress et donc à une peur. Derrière toute somatisation, il y a une peur : c’est une constante. Mais elle est parfois difficile à cerner, surtout si la situation à l’origine de cette peur n’a pas de réelle gravité.
Pour notre cerveau archaïque, le stress est synonyme de danger, éventuellement de mort, proportionnellement à son intensité. Dès lors qu’il capte une élévation de notre niveau de stress, notre cerveau nous croit en danger même si ce n’est pas le cas. Pour l’imager : dès que nous sommes stressés – et donc que nous avons peur – notre cerveau nous croit attaqués par un prédateur, la taille et la férocité de ce dernier dépendant de l’intensité de notre stress. Le problème étant que notre cerveau peut estimer nécessaire d’intervenir à sa façon si nous ne le faisons pas nous-mêmes.

La performance

À bien y réfléchir, toutes nos difficultés existentielles conscientes ou inconscientes sont finalement dues à un problème de performance d’une manière ou d’une autre. Le fait est qu’en milieu naturel, il n’est jamais question que de cela : la survie de l’individu dépend de ses performances et il n’a aucune chance de survie s’il est défaillant.
Dès lors que nous nous sentons en déficit de performance, à tort ou à raison et quel que soit le registre, cela induit proportionnellement une élévation de notre niveau de stress et notre cerveau archaïque nous croit donc en danger. Si le stress est intense et/ou durable, il peut estimer nécessaire d’intervenir en fonction de la tonalité spécifique de notre stress.
Si, le plus souvent, il est induit par un déficit de performance, surtout en milieu naturel, il est parfois dû à un excès de performance. C’est rare chez l’animal et un peu plus fréquent chez l’humain puisque nous avons l’art et la manière de nous compliquer l’existence. En sachant que c’est précisément cette notion de déficit ou d’excès de performance qui va définir la spécificité du symptôme : j’en parlerai une autre fois.
Imaginons par exemple une personne impliquée dans un accident de voiture mortel dont elle se sent responsable à tort ou à raison : elle pourra faire un conflit d’excès de performance si elle se reproche d’avoir roulé trop vite ; ou de déficit de performance si elle se reproche d’avoir manqué de réflexe.

L’inadéquation entre vouloir – pouvoir – devoir

À bien y réfléchir, toutes nos difficultés existentielles, conscientes ou inconscientes, sont finalement dues à une inadéquation entre ces trois notions : vouloir – pouvoir – devoir , dans toutes les combinaisons possibles :
Je veux mais je ne peux pas
Je veux mais je ne dois pas
Je peux mais je ne veux pas
Je peux mais je ne dois pas
Je dois mais je ne veux pas
Je dois mais je ne peux pas
Le premier cas de figure est à considérer comme un problème de performance et les autres comme une peur de la sanction d’une façon ou d’une autre (voir mes articles à ce sujet dans les n°13-14-15 de cette revue ou à la rubrique « Publications » de mon site internet www.biopsygen.com).
C’est particulièrement le cas dès lors que la notion de devoir figure dans l’équation puisque sous-entendant une incapacité, un refus ou une transgression de notre part et donc une éventuelle sanction. Mais le problème peut aussi se poser vis-à-vis de nous-mêmes en termes de mauvaise conscience et de culpabilité.
Il se pose aussi en termes de pouvoir lorsqu’on ne peut pas du fait d’une incapacité ou lorsqu’on ne peut se le permettre moralement ou légalement ; et en termes de vouloir lorsqu’on ne veut pas parce qu’on refuse ou parce que c’est interdit. Comme rien n’est simple et l’humain fort complexe, le problème peut même se poser en termes de : je veux mais je ne veux pas – je peux mais je ne peux pas – je dois mais je ne dois pas.

Pour ne décortiquer qu’un seul cas de figure :
Je dois mais je ne peux pas : s’il est question d’une obligation envers l’autre, je risque d’être sanctionné du fait de mon incapacité et éventuellement d’avoir honte de moi d’en être incapable. Exemple : j’ai promis à ma copine en plein divorce de lui rendre visite mais je ne peux pas à cause d’une réunion imprévue ; elle va sûrement m’en vouloir et j’ai très mauvaise conscience de lui faire faux bon.
S’il est question d’une obligation envers moi-même, je risque de me sentir coupable de ne pas le faire. Exemple : j’ai l’obligation morale de soutenir ma copine en plein divorce mais j’en suis incapable parce que cela me rappelle trop le mien ; donc j’ai très mauvaise conscience de ne pas pouvoir l’aider.
S’il est question d’une obligation envers moi-même que je ne peux pas respecter car contraire à la loi ou à mes principes, je risque d’avoir mauvaise conscience ou d’être sanctionné, en double contrainte. Exemple : j’ai obligation morale d’aider ma copine qui m’a tellement soutenu à l’époque de mon divorce. Mais la fausse attestation qu’elle me demande de faire contre son abruti de mari est contraire à mes principes et en plus illégale ; donc si j’accepte ou si je refuse, dans les deux cas je suis sanctionnable.
Quant à ce qu’on puisse devoir et ne pas devoir tout en même temps, on peut imaginer le cas de figure suivant : j’ai l’obligation morale d’aider ma copine qui m’a tellement soutenu à l’époque de mon divorce. Mais je dois m’en abstenir car ce serait prendre parti contre son mari que par ailleurs j’estime beaucoup.
Je vous laisse le soin de mettre en équation tous les autres cas de figure.

L’inavouable

Et à bien y réfléchir, nos difficultés existentielles conscientes ou inconscientes sont bien souvent dues à une culpabilité. Ce sont classiquement ces petites ou grandes choses dont nous n’avons jamais parlé à personne parce que nous en avons honte.

Laurent Daillie

laurentDaillieNaturopathe causaliste et consultant en Décodage des Stress Biologiques et Transgénérationnels (Paris et Bourgogne), Laurent Daillie est passionné par les origines de l’Homme et par ses réflexes de survie primitifs. Il anime des formations et des conférences en France et en Belgique. Il est l’auteur du livre « La Logique du Symptôme », publié aux éditions Bérangel. Info : www.biopsygen.com
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