La maladie de Basedow, ou maladie de Graves, est une maladie auto-immune de la thyroïde un peu particulière. La personne atteinte produit des anticorps « anormaux » dirigés contre les cellules folliculaires de la thyroïde. Mais plutôt que de détruire ces cellules, comme le ferait tout anticorps normal, ceux-ci reproduisent étrangement les effets de la TSH et stimulent continuellement la libération d’hormones thyroïdiennes, provoquant une hypertrophie de la thyroïde et une hyperthyroïdie accompagnée de signes cliniques spécifiques : accélération du métabolisme basal, pulsations cardiaques rapides et irrégulières, sudation, thermophobie, augmentation de la nervosité, crise d’angoisse, perte pondérale… A ces manifestations s’associent souvent une exophtalmie (les yeux sortent de leur orbite).
Si nous retrouvons tous les symptômes de l’hyperthyroïdie classique, le sens de cette maladie sera donc proche de celui d’une hyperthyroïdie classique (liée à une trop grande sécrétion en hormone T3 et T4 de la glande). La gestion du temps et la notion de devoir « faire vite » (déjà décrite dans l’article d’Elodie Mourrain –Néosanté n°10) va bien sûr être une tonalité essentielle du conflit de la maladie de Basedow.

Fuir en vitesse

Entrons maintenant dans la spécificité de la maladie. Que savons-nous d’elle ? Elle est la cause de près des trois-quarts des hyperthyroïdies et elle est cinq à dix fois plus fréquente chez les femmes. Il s’agirait donc d’un programme majoritairement féminin. Dans la nature, un comportement essentiellement féminin associé à « il faut faire vite… » correspond à la fuite. La personne atteinte de cette maladie réagit comme si elle devait échapper à un prédateur. Cette idée est renforcée par d’autres symptômes : l’amaigrissement (mieux vaut être léger pour fuir rapidement) et surtout l’exophtalmie.
L’exophtalmie (œil saillant), c’est-à-dire les yeux qui « sortent » des orbites, est une caractéristique qui permet d’augmenter le champ visuel et ainsi de voir bien au delà de nos 200 degrés d’angle de vision habituelle. Dans la nature, les prédateurs ont généralement un champ visuel restreint et orienté vers l’avant (pour mieux cibler leur proie) alors que les animaux les plus chassés ont un champ de vision élargi proche de 360° (les herbivores comme le lapin, cheval, antilope…). De la sorte, ils repèrent plus tôt leur prédateur et ont un temps d’avance pour mieux préparer leur fuite. Pour la maladie de Basedow, c’est comme si le patient était constamment sur le « qui-vive » : « le danger peut venir à tout moment et de partout. Il faut être toujours prêt à fuir très rapidement. ». On peut alors penser qu’il existe une forme de paranoïa chez ces patients, paranoïa qui pourrait expliquer d’éventuelles crises d’angoisses.

Données historiques

Dans certaines recherches médicales, on a constaté que le nombre de maladies de Basedow déclarées était à son comble en périodes de guerre. Dans cette situation, le rapport de la répartition par sexe s’est déplacé vers les hommes. On en a conclu que le stress joue un rôle de déclencheur. D’après des recherches datant de l’année 1946, les prisonniers des camps de concentration ont développé quatre fois plus souvent la maladie de Basedow que ceux qui n’avaient pas été enfermés. Ces données nous montrent qu’il existe une tonalité de destruction et d’extermination associée à cette maladie. De plus ; on l’appelle aussi maladie de Graves = la tombe (en anglais).

Conditionnel de vitesse

Gérard Athias nous explique que les maladies auto-immunes expriment un conditionnel. C’est-à-dire qu’elles se déclinent par un « si…alors » ou « il aurait fallu que… ». Bien sûr, pour la thyroïde, il s’agira d’un conditionnel de vitesse puisque cette glande gère notre rapport au temps. Le conflit de la maladie de Basedow pourrait donc être : « il aurait fallu faire plus vite pour éviter la tombe » ou « je dois me préparer à la fuite avant l’extermination » avec des mémoires pouvant s’exprimer ainsi : « si mes ancêtres avaient fui plus vite, alors ils n’auraient pas été déportés et exterminés ».
Imaginons une mère qui vit avec un mari violent. Son fils et elle se font battre régulièrement et de plus en plus violemment. Elle sait qu’il faut fuir cet homme rapidement avant qu’il ne finisse par les tuer, mais elle n’arrive pas à préparer son départ « Je n’ai plus beaucoup de temps pour l’empêcher de nous tuer ! ». Et si un jour elle retrouve son fils mort sous les coups, elle ressentira « si j’avais fui cet homme plus vite, mon fils serait toujours vivant », avec les ressentis de regret et de culpabilité qui peuvent y être associés (déclenchement d’une maladie de Basedow). On pourra aussi rechercher, par exemple, des histoires de suicide ou de destruction par la drogue en se demandant « Qui n’a pas agi assez vite pour sauver sa peau ou celle d’un proche … » ?

Thyroïdite d’Hashimoto

Dans cette pathologie auto-immune, à la différence de la maladie de Basedow, les anticorps attaquent les tissus thyroïdiens et aboutissent, après une phase inflammatoire marqués par de l’hyperthyroïdie, à une hypothyroïdie accompagnée de son cortège de symptômes (sans traitement de substitution) : ralentissement des fonctions vitales (respiration, fréquence cardiaque, digestion…), prise de poids, fatigue….Bien sûr, la tonalité de cette maladie sera l’inverse de la maladie de Basedow. Toujours dans un conditionnel de temps, il s’agira ici de « ralentir les choses ».
Un très bel exemple est décrit dans le livre de Gérard Athias (Racines familiales de la mal-a-dit- Tome 2 –Editions Pictorus). Une patiente atteinte de thyroïdite d’Hashimoto avait dans sa généalogie un enfant de 8 ans qui fut écrasé sur son vélo par un chauffard qui roulait à vive allure en ville. La phrase inconsciente dont a hérité cette patiente était « si le conducteur n’était pas allé aussi vite, l’enfant serait toujours en vie ». Ce conditionnel de vitesse se cristallisa dans sa maladie.
Lors d’un stage de jeûne que j’organisais, une jeune femme atteinte d’hypothyroïdie accepta une séance de travail improvisée. Voici un bout de son histoire. Son hypothyroïdie débuta dans les semaines qui suivirent la mort de son conjoint. Depuis ce terrible drame, cela faisait quelques années qu’elle vivait seule, ne réussissant pas à tourner complètement la page. Les circonstances de la mort de cet homme sont les suivantes : il se trouvait assis sur le bord d’une remorque tirée par un tracteur (conduit par son ami). Lors de la montée d’une bosse très pentue, le tracteur recula brusquement et se souleva en même temps que la remorque, écrasant ainsi le passager. Après lui avoir expliqué la relation entre l’hypothyroïdie et la nécessité vitale de « ralentir les choses », elle éclata en sanglot sur cette phrase : « si le conducteur avait freiné correctement le tracteur n’aurait pas reculé et mon conjoint serait encore vivant ». Cette prise de conscience allait, je l’espère, l’aider à faire son deuil.

Jean-Brice Thivent

Praticien–naturopathe et consultant en bio-décodage, Jean-Brice Thivent dirige avec cette double approche la
« Formation Alsacienne de Naturopathie et de Psychobiologie ». Conférencier- formateur, il anime aussi (dans l’Est de la France) des séjours de détoxination par le jeûne. Son ambition : donner les moyens à chacun de devenir acteur de sa santé. Il est aussi l’auteur du livre « De l’homme dévitalisé à l’homme vivant », aux éditions Néosanté.
Infos : www.alsace-naturo.com
Partager