Article N°5

Formé à plusieurs sources dont il a fait sa propre synthèse, Laurent Daillie professe et pratique en France
« le Décodage des Stress Biologiques et Transgénérationnels ». Il est aussi l’auteur de « La Logique du symptôme  » , un excellent livre démystifiant le décodage biologique, ses atouts et ses limites. Pour Néosanté, il a accepté de résumer son ouvrage en quelques pages.

Oser prétendre qu’un symptôme est logique peut sembler pure folie  ! J’en conviens bien volontiers, et d’autant plus que j’ai aussi été pour le moins dubitatif la toute première fois où j’ai entendu parler de Décodage Biologique. Et même si aujourd’hui je n’ai plus le moindre doute, il m’arrive encore d’être profondément surpris par la pertinence de cette approche lorsque je constate ce qu’elle peut apporter à certaines personnes qui me consultent.

De l’Aube des Temps à la Psychosomatique

Depuis qu’il est sapiens, l’Homme cherche à découvrir la cause de ses maladies et de ses souffrances psychiques. Au tout début de l’humanité, il a juste constaté qu’il ne se sentait pas très bien ou qu’il souffrait, tout comme le ferait un animal malade. Puis, il a pensé qu’il y avait derrière sa maladie une intervention du Divin pour le mettre à l’épreuve ou le punir d’une faute commise.
Ensuite, de façon empirique tout d’abord, puis de plus en plus scientifique, l’Homme a découvert que certaines choses sont toxiques et d’autres indispensables à sa santé ; il a compris qu’on peut être malade à cause d’un déséquilibre énergétique ; il a découvert que des agents pathogènes invisibles peuvent gravement l’infecter ; et même que la maladie peut avoir pour cause un désordre génétique. Puis, finalement ( pour ne pas dire enfin ), il a découvert que la maladie peut être psychosomatique et avoir pour origine des difficultés existentielles ou un drame survenu dans sa vie.

De la Psychosomatique au Décodage Biologique

Mais si toutes ces remarquables découvertes médicales peuvent indéniablement expliquer beaucoup de choses, il en est d’autres qui ne peuvent l’être. Et c’est bien souvent à ce moment-là que nos bons docteurs ( j’en parle avec respect ) envisagent que l’origine du symptôme peut être psychosomatique, sans pouvoir, bien malheureusement, en dire davantage.Car même lorsqu’on peut incontestablement faire le lien entre un événement survenu dans notre vie et un symptôme apparu peu de temps après, cette simple constatation ne permet pas d’expliquer ni pourquoi ni comment, et encore moins d’expliquer le lien entre un événement particulier et un symptôme spécifique.Imaginons le cas de figure suivant : une mère est soudain confrontée à un stress majeur parce qu’un de ses enfants est gravement malade. Quelque temps plus tard, on diagnostique chez cette femme un cancer du sein. Il ne faudra pas être devin pour faire le lien entre ces deux événements, mais cela n’expliquera pas pourquoi cette femme fait spécifiquement cette maladie dans ce contexte : c’est précisément ce que le Décodage Biologique se propose de faire.

Le Décodage Biologique

Peut-être faut-il d’abord définir le sens de cette expression. Car si le mot décodage est évident pour tout le monde, le qualificatif biologique l’est déjà beaucoup moins puisque, dans ce cas, il veut dire tellement de choses différentes, y compris certaines que nous n’avons pas l’habitude de classer sous cette appellation.Quand à l’association de ces deux mots dans le même titre, elle est parfaitement incompréhensible au néophyte : il faudrait plutôt l’énoncer en termes de «Décodage des conséquences de nos stress biologiques inconscients sur notre santé physique ou psychique». Mais c’est aussi nettement plus long.
Pour résumer : le Décodage Biologique peut expliquer, dans certains cas ( et donc pas toujours ), la cause profonde d’une maladie physique, d’un blocage psychique, d’un comportement ou d’une difficulté existentielle grâce à la compréhension des réactions de notre physiologie face au stress et aussi à la connaissance de nos réflexes de survie primitifs et de nos codes archaïques de comportement hérités de nos lointaines origines animales et préhistoriques.Cette approche propose de découvrir que nos symptômes physiques ou psychiques, des plus anodins aux plus graves, ne sont pas nécessairement le fruit du hasard ou de la fatalité, ni même une absurdité aléatoire ou une aberration anarchique.
Bien au contraire : le symptôme est souvent la conséquence indésirable d’un mécanisme naturel de survie et d’adaptation à la pression du milieu aussi vieux que la vie elle-même. Dans de nombreux cas, il est une sorte de programme d’assistance biologique parfaitement cohérent mis en œuvre par notre cerveau archaïque pour tenter de nous venir en aide lorsque, à tort ou à raison, il nous croit en danger.A tort ou à raison, car notre cerveau a une façon très particulière de considérer les stress et les peurs de notre vie : à l’aube du troisième millénaire, il réagit comme si nous étions toujours confrontés aux dures réalités et aux dangers de la vie sauvage, au temps où l’Homme ne l’était pas encore et à l’époque où rester en vie était un véritable défi Imaginons le cas d’une personne confrontée à un énorme stress car bloquée dans un embouteillage inextricable alors qu’elle a un rendez-vous extrêmement important. Dans cette situation actuelle sans réelle gravité, son cerveau archaïque pourra, quant à lui, estimer qu’un tel stress est forcément le signe d’un très grand danger.
A noter que l’expression «cerveau archaïque» ne sous-entend pas une zone cérébrale en particulier mais le lieu de résidence de tous les mécanismes de régulation de notre organisme qui nous maintiennent en vie ; du système nerveux végétatif qui gère nos réflexes de survie ; des codes archaïques de comportement spécifiques à notre espèce ; etc.. Certains parlent de tout cela en termes de cerveau reptilien.

Épouvantable malentendu

Même si elle peut provoquer la mort lorsqu’elle s’emballe, la maladie peut dans certains cas être comprise, du moins au tout début du processus pathologique, comme un formidable programme de survie mis en œuvre par Dame Nature pour nous aider à résoudre une difficulté dont, le plus souvent, nous n’avons pas la moindre conscience. Et si cette solution parfaite au départ peut devenir à ce point imparfaite, c’est le plus souvent parce qu’un épouvantable malentendu s’instaure entre nous et notre cerveau archaïque, malentendu qui peut même nous être fatal s’il dure trop longtemps Imaginons par exemple le cas d’une personne confrontée à un stress intense et durable parce qu’elle est au chômage. Elle ressasse son inquiétude, a peur de manquer d’argent et de ne plus pouvoir payer ses factures ; en seulement six mois, cette personne prend vingt kilos alors qu’elle ne mange pas plus que d’habitude. Pourquoi  ?
Tout simplement parce que son cerveau archaïque estime qu’un tel stress dans cette tonalité spécifique de manque ne peut vouloir dire qu’une seule chose : c’est la disette, la famine, soit une situation extrêmement critique. Quant à la logique de ce symptôme, elle est fort simple à comprendre : stocker des réserves sous forme de graisse tant qu’il y a de la nourriture disponible, tout comme le font les animaux à la belle saison en prévision de l’hiver.A noter que toutes les surcharges pondérales n’ont pas nécessairement cette cause pour origine et qu’un licenciement mal vécu pourra induire bien d’autres symptômes physiques ou psychiques : cela dépendra de l’intensité du stress vécu et surtout de sa tonalité spécifique. C’est précisément sur ce dernier point que le Décodage Biologique peut être précieux pour nous aider à découvrir l’origine de nos problèmes de santé et de nos difficultés existentielles.

L’émotion viscérale

Même si l’idée qu’une maladie puisse être psychosomatique est une avancée majeure dans l’histoire de l’humanité, elle est pourtant une voie sans issue puisque la psychologie, au sens où nous l’entendons habituellement, n’a que peu d’influence sur notre cerveau archaïque ( pour ne pas dire aucune ) : elle n’est donc pas directement la cause de nos maladies ou de nos difficultés.Car notre cerveau se moque finalement bien de nos petits problèmes psychologiques humains puisqu’il ne s’intéresse qu’à notre niveau de stress pour apprécier la gravité d’une situation et surtout à notre émotion viscérale, c’est-à-dire la façon dont nous vivons chaque chose au plus profond de nous, dans les vestiges de notre animalité. Il considère et gère les stress de notre vie, quels qu’ils soient, très exactement comme il le fait depuis la nuit des temps et sa façon de réagir face à ce qu’il estime être une situation critique est strictement la même qu’à l’époque de nos lointaines origines. Même si nous sommes aujourd’hui des créatures particulièrement évoluées, nous réagissons encore, sans la moindre conscience, selon des paramètres d’une toute autre époque.Comme des animaux sauvages, nous sommes confrontés à des peurs primitives liées à des problèmes de conquête, de perte ou de marquage de territoire, de pérennité de l’espèce, de lutte pour l’existence, d’affrontement ou de fuite, de déficit de performance, de choix de direction, de manque de nourriture, de rupture de contact, de dispute dans le groupe, de lutte pour la position dominante, de peur du bannissement, de perte de l’intégrité, etc.En tout cas pour ce qui me concerne, je ne manque jamais de faire d’abord un conflit d’envahissement de mon territoire dès qu’une personne gare sa voiture juste devant ma porte avant de me souvenir, à la seconde suivante, que la Place de l’Église de mon petit village ne m’appartient pas. Il se trouve que j’ai un cerveau archaïque très attentif qui, dans ce cas, estime que je suis potentiellement en danger, et aussi par bonheur une conscience humaine très développée qui me permet de réaliser que ce n’est pas le cas.

Tout est Bio-logique ( en deux mots )

Que cela nous plaise ou non, tout ( ou presque ) est finalement, pour le meilleur et pour le pire, la conséquence d’un stress archaïque ignoré. Cela vaut pour nos maladies physiques ou psychiques, nos difficultés existentielles ou nos comportements, pour nos blocages, nos phobies, nos compulsions ou nos dépendances, pour nos échecs ou nos excellences, nos détestations ou nos préférences, nos hobbies, nos professions, nos sympathies ou nos antipathies, etc..
Par exemple : une mère peut donc développer une grave maladie au niveau du sein parce que son enfant est gravement malade. Pourquoi  ? Parce qu’elle vit au plus profond d’elle un très grand stress auquel sa biologie archaïque répond par un mécanisme d’activation de la glande mammaire. En effet, dans la nature, c’est grâce à son lait qu’une mère peut le mieux soigner son petit lorsqu’il est malade ( à noter que toutes les pathologies mammaires n’ont pas cette problématique pour origine puisqu’il y a d’autres cas de figure ).
Par exemple : une personne peut être soudain gravement handicapée par la perte de la vision centrale peu de temps après être rentrée d’une mission humanitaire dans un pays en guerre où la population meurt de faim. Pourquoi  ? Parce que les souvenirs visuels qu’elle a ramenés de ce voyage sont particulièrement insoutenables et la hantent. Dans ce cas, le symptôme est une tentative pour éviter à la personne de voir l’horreur.
Par exemple : une personne peut déclencher des crises d’asthme dès qu’elle est en présence d’un collègue de travail par ailleurs fort sympathique. Pourquoi  ? Parce que la moustache poivre et sel de ce dernier réactive un vieux souvenir oublié et ramène la personne trente ans en arrière : à l’époque, elle a subi les violences physiques et morales d’un instituteur à la moustache poivre et sel. Dans ce cas, le sens archaïque du symptôme est de l’avertir de l’imminence du danger.
Par exemple : une petite fille peut être sujette à un eczéma chronique qu’aucun traitement ne parvient à soigner. Pourquoi  ? Parce qu’au cinquième mois de grossesse, sa mère a vécu une situation très douloureuse dans une tonalité de rupture de contact et de séparation en venant s’installer en France pour rejoindre son mari. Elle se sentira profondément séparée de son pays natal, de sa ville, de sa famille, de sa mère, de ses amis, de son travail, etc.. Dans ce cas, l’enfant exprime sur son corps le stress de la mère perçu durant sa vie intra-utérine.
Par exemple : un jeune garçon peut être profondément handicapé par une fatigue chronique qui lui vaut même d’être hospitalisé plusieurs fois pour examens, alors même qu’il retrouve toute sa vitalité pendant les congés scolaires. Pourquoi  ? À cause d’une très forte «allergie» à la notion de travail. Dans l’histoire de sa famille, un arrière-grand-père est mort au bagne pour cause de condamnation aux travaux forcés et une arrière-grand-mère s’est tuée à la tâche afin d’élever seule ses six enfants. Ainsi, dans la mémoire profonde et pour la biologie archaïque de cet enfant, il est dit que le travail tue et qu’il vaut mieux l’éviter.
Par exemple : une personne peut être très handicapée depuis toujours, jusqu’à la maladie, par une dynamique psychique particulière lui faisant considérer la vie comme une épreuve pleine de difficultés insurmontables. Pourtant, elle a une existence paisible, elle n’a jamais manqué de rien ni été confrontée à aucun drame qui puisse justifier un tel regard sur la vie. Pourquoi ce symptôme  ? Parce qu’elle est l’héritière de la souffrance de grands-parents et d’arrière-grands-parents qui eux ont eu des vies particulièrement épouvantables à la fin du XIXe siècle puisque travaillant à la mine.

l’Impact Transgénérationnel

Ces trois derniers exemples montrent qu’un événement ou un contexte survenu avant notre naissance ( pendant notre vie intra–utérine, dans l’histoire de nos parents ou celle de notre famille en général ) peut avoir une influence considérable sur notre vie ou même notre santé. Mais cela n’a finalement rien de magique.Car une fois encore, c’est une affaire d’adaptation à la pression du milieu : l’ascendant est confronté à une situation particulière et le descendant est adapté en conséquence. La science appelle cela la transmission épigénétique, c’est-à-dire la transmission d’un caractère acquis d’une génération à une autre. La vie fonctionne selon ce principe depuis 3,85 milliards d’années et nous en sommes tous la preuve vivante.

C’est la connaissance qui guérit

Bien sûr, puisque ces programmes biologiques s’activent en cas de nécessité, cela sous-entend qu’ils peuvent aussi être désactivés, à condition néanmoins qu’ils n’aient plus d’utilité. Cela passe par la compréhension et la résolution, d’une manière ou d’une autre, de la problématique qui aura rendu nécessaire la mise en œuvre du programme d’assistance archaïque.Dans de nombreux cas, c’est simplement en prenant conscience de la nature profonde de nos symptômes physiques ou psychiques que nous pouvons nous en débarrasser : car dès l’instant où nous en comprenons le sens, la maladie n’a justement plus de sens et donc plus de raison d’être. C’est en tout cas ainsi que beaucoup de personnes ont pu se débarrasser de maladies parfois même dites incurables ou, plus simplement, de difficultés existentielles plus ou moins handicapantes.

NOTA BENE

Bien évidemment, le Décodage Biologique n’est pas la panacée et il ne peut répondre à tout. De plus, tout ne relève pas de sa compétence, notamment lorsque le symptôme est induit par une carence alimentaire grave, une intoxication ou une irradiation. Aussi, on peut avoir la vue qui baisse parce que l’on vieillit ; on peut avoir mal au dos à cause d’un matelas trop ancien ; on peut être raplapla à cause d’une mauvaise hygiène de vie ; et on peut souffrir de migraine à cause d’une vertèbre en souffrance. Décoder est une chose ; déconner en est une autre.Cette approche est donc basée sur la découverte de nos peurs inconscientes. Mais ce n’est pas une thérapie à proprement parler même si parfois ce qu’elle révèle peut être incroyablement thérapeutique. Dans d’autres cas, il peut être nécessaire d’entreprendre ensuite un travail d’évolution intérieure, avec un psychothérapeute si cela s’impose.Le Décodage Biologique se doit d’être complémentaire à la Médecine ( ou à d’autres thérapies ) : cette approche n’est ni alternative ( puisque seule l’union fait la force ) ni parallèle ( puisque par définition deux parallèles ne se rejoignent jamais ). En aucun cas, elle ne peut ni ne doit se substituer à la médecine.Aussi, cette approche n’est pas une philosophie, ni une idéologie et encore moins une doctrine : c’est seulement un outil d’analyse et de compréhension de soi. Enfin, le Décodage Biologique ne peut être tenu pour responsable du mauvais usage que l’on pourrait en faire, y compris dans une quelconque démarche sectaire.

Par Laurent Daillie

Naturopathe causaliste et consultant en Décodage des Stress Biologiques et Transgénérationnels (Paris et Bourgogne), Laurent Daillie est passionné par les origines de l’Homme et par ses réflexes de survie primitifs. Il anime des formations et des conférences en France et en Belgique. Il est l’auteur du livre « La Logique du Symptôme », publié aux Editions Bérangel.Info : www.biospygen.com

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